‹ Nosographie philosophique, ou, La méthode de l'analyse appliquée a la médecine (volume 4)Chapitre 32 sur 67 · NÉVROSES DE LA DIGESTION · texte numérisé non relu

NÉVROSES DE LA DIGESTION

J'ai exposé plus haut comment Hoffmann a guéri une affection de cette sorte en faisant prendre deux scru-. pules de camphre dissous dans Thuile d'amandes douces. J'ai obtenu une fois un résultat analogue.

250. La cardialgie attaque-t-elle les nourrices épuisées par l'allaitement , alors le remède est simple , puisqu'il consiste dans l'usage des restaurans. 11 est facile de voir de quelle manière il faut combattre les autres causes. L'oxyde de bismuth ( nitrate sursaturé de bismuth ) a été préconisé contre cette affection par plusieurs auteurs, et surtout par MM. Odier, Reil, etc. L'éthcr sulfurique est utile dans la cardialgie déterminée par la suppression de la goutte. Le traitement de la gastrodynie ne diflfère pas notablement de celui de l'affection précédente. La manière de cornbattre la pjrosis est , ea général , assez peu connue. Dans un cas de cette maladie , rapporté dans les Ephémérides des Curieux de la Nature (Dec. i* , ann. 5) , et pro- 4uit^par un excès de vin du Rhin , le mucilage de pépins de coing fut sans effet , et une boisson nitrée produisit en moins d'un quart d*heure une guérison «olide. Les habitans du Nord calment cette affection par l'usage de viandes fraîclies , de poisson , de lait doux. Il est des cas dans, lesquels le vinaigre a été employé avec avantage : on conseille aussi l'emploi de la magnésie privée , par l'exposition à la chaleur , de tout l'acide carbonique qu'elle contient.

25 1 . Le vomissement spasmodique doit être com-^ battu par de légers sédatifs , tels que l'éther sulfurique , l'extrait aqueux d'opium , l'eau de fleurs d'oranges , mais surtout par le gaz acide carbonique qu^ou feit dégager dan& l'estomac (voyez , pour le procédé ^.

a50 NÉVROSES DES FONCTIONS NUTRITIVES.

la Matière médicale de Schwilgué ) ; le Colombo a été aussi quelquefois d'une grande utilité. Les mouvemens convulsifs de l!estomac peuvent être si opiniâtres qu'il soit nécessaire d'appliquer un vésicatoire ou un moxs^ sur la région épigastrique. La boulimie cesse très-souvent d'elle-même : telle est celle qui sur* vient à la suite et dans le ^ours de fièvres intermittentes : c'est donc uniquement en dirigeant convenablement le régime , en lé proportionriant aux exercices que fait le malade , qu'on parvient à Combattre la maladie. Le pica disparaît avec les causes qui l'ont occasionné : c'est donc uniquement sur celles-ci qu'il est important de diriger les moyens curatifs. Le traitement de la dyspepsie consisté dans une distribution bien coordonnée desalimens et des boissons ^ un exercice convenable et l'emploi modéré des amers , des * aromatiques et des ferrugineux. ludL colique nerveuse cède le plus souvent à l'éther , à l'extrait aqueux d'o- ' pium , à l'çau de fleurs d'oranges , admitiîstrés à l'intérieur ou appliqués sur l'abdomen. On cohnaît l'opposition singulière qui règne sur le traitement de la: colique de plomb entre la méthode de Ûehaën et de Tronchin, et celle qui est suivie depuis tant d'années dans l'hôpital de la Charité, puisque les premiers s'en tiennent aux adoucissans ou mucilagineux , et qu'ils sont bien loin de faire usage de toutes les batteries d'une polypharmacie active. D'un autre côté , on a des témoignages nombreux en faveur d'une sorte d'empirisme consacré par une longue suite de succès, puisque , d'après le relevé des registres de cet hôpital durant dotize années , il n'est mort que soixantequatre malades sur mille trois cent cinquante-trois.

NÉVROSES DE LA DIGESTION. nZl

Bordeu cherche à concilier les deux partis d'après des vues profondes sur Féconomie animale : il distingue trois périodes dans cette maladie , et il propose l'u^ge des adoucissans dans la première période et une partie de la deuxième , et celui des drastiques vers la fin de la deuxième et durant toute la troisième ; mais il paraît qy.'il s'est renfermé encore dans les bornes d'un doute philosophique , puisqu'il a ajouté : w II y a bien w des choses , et plus qu'on ne pense , à éclaircir sur » cette maladie. »

332* Le traitement employé à l'hôpital de la Cha-J rite est celui qui réussit constamment : il suffira de le transcrire , en prévenant qu'il doit être modifié selon l'âge , le sexe , le degré d'intensité des symptômes, etc. Le jour d'entrée, on administre le laidement purgatif des peintres: il est composé de quatre gros de feuilles de séné qu'on fait infuser ou bouillir dans quantité suffisante d'eau ; on ajoute à l'infusion ou à la décoction quatre gros de sulfate de soude , et quatre onces^ Je vin émétique. Dans la journée , on administre une décQction de casse qu'on prépare avec une livre de ' casse en bâton^ qu'on fait bouillir daïis deux livres d'eau ; on dissout dans cette décoction une once de sulfate de magnésie, et trois grains' de tartrate antimonié de potasse ; quelquefois on y ajoute une once de sirop de nerprun ou deux gros de confection Hamech. Le soir , on administre un lavement dit anodin, .composé avec six onces d'huile de noix et douze onces de vin rouge : on donne à l'intérieur un gros et demi de thériaque^ dans laquelle on incorpore , suivant les circonstances^ un grain et demi d'opium. Le deuxième jour au. matin , on administre six grains de tartrate

antimonié de potasse ^ dissous dans huit onces d'eau , à prendre en deux fois. Quand le malade a vomi , on lui fait prendre j pendant 1^ journée, une boisson composée d'un gros de gaïac , d'un gros de squine > et d'autant de salsepareille, qu'on fait bouillir, pendant une heure , dans six livres d'eau commune , qu'on réduit à quatre ; on y ajoute ensuite une once de sassafras et une demi-once de réglisse : on fait bouillir légèrement, et on passe à l'étamine. Le soir, on administre le lavement anodin, et la thériaque avec l'opium , comme le premier jour. Le troisième jou^, on fait prendre l'eau de casse , mais sans tartrate de potasse antimonié , le lavement purgatif et la tisane sudorifique ; le soir, le lavement anodin et la thériaque avec l'opium. Le quatrième jour , on administre un purgatif composé de deux gros de séné qu'on fait bouillir dans huit onces d'eau, et qu'on réduit à six par rébullition ;: on y fait ensuite dissoudre une once de sulfate de soude , et on y met un gros de poudre de jalap et une once de sirop de nerprun. On aide • l'action du purgatif par la tisane sudorifique ; le soir, on administre le lavement anodin , la thériaque et Topium. Le cinquième jour, le lavement purgatif, la tisane sudorifique , ou l'eau de casse sans tartre stibié; le soir, le lavement anodin et la thériaque avec l'opium. Le sixième jour , le purgatif des peintres : le reste comme le jour précédent. La guérison a ordi- ^nairement lieu après l'administration du deuxième purgatif : on le réitère s'il est nécessaire. La boissou ordinaire , durant tout le traitement, est la tisane sudorifique. Il faut insister sur son usage, même plusieurs jov^rs après la guérison«

NÉVftOSES DE LA RESPIRATIOrf, 235

255, Le traitement de Y iléus nen^eux se rapproche beaucoup de celui de la colique nerveuse. — Le camphre , l'assa-fœtida , l'ëther sulfurique sont les sedatif^ les plus en usage. On doit chercher à rétablir les déjections alvines à l'aide de lavemens d'abord ëmolliens , puis légèrement purgatifs ; mais il ne faut y recourir qu'avec prudence ^ car il n'est pas rare de les voir rejeter par le vomissement. ' ^

^ N ér ROSES JDE JLA RBSPXRATXON^

§ P^. Considérations générales.

254. Ces névroses sont loir^ d'être aussi multipliées Ijtie celles de la digestion ; et d'ailleurs beaucoup d'entre elles sont le plus souvent symptomatiques : de ce genre est surtout la dyspnée^ et même l'asthme. Dans la troisième édition de la Nosographie , j'avais rangé les afiections dites crampe nerveuse de poitrine et angine de poitrine parmi les névroses de la respiration ; mais il paraît que c'est une seule et même aflFection qu'on désigne sous ces deux noms. Les observations de Parry paraissent , d'ailleurs , démontrer que Fangine de poitrine est le symptôme d'uije lésion organique du cœur. Macbride (^Introduction rnétho" dique à là pratique Ae la Médecine^ regardait l'angine de poitrine comme une maladie spasmodique , par plusieurs motifs, tels que le long intervalle de calme et le soulagement que le vin et tous les cordiaux alcoolisés procurent , l'influence que les passions de Fanie ont sur elle , les années pendant lesquelles la maladie persiste sans que la santé en soit autrement

^54 NEVROSES DES FONGTIOICS MU'llU'llVES.

dénmgée , le bien que les malades ëprouyent de Texercice du dieyal ou du cahot d'une yohure , et enfin rinvasion de la douleur , qui ^ le plus souvent , parak après un bon repas , ou .la nuit , immédiatement après le sommeil^ temps où l'incube , l'asthme convulâf et toutes les affections nerveuses ont coutume de se renouveler. Néanmmnsy l'autopâe cadavérique ne panât point venir à l'appui de cette opinion , puisque Parry dit avoir observé l'ossificaticHi des artères coronaires dans les cadavres des individus morts de cette maladie.

355. jàsthme convidsif{i). Les traits distinctifs de l'asthme convulsif ont élé habilement dessinés par Arétée , quoiqu'il ait été réservé aux modernes d'en compléter l'histoire, a Dans le commencementy inerj» tie , lenteur dans les travaux ordinaires , respira- >} tion difficile à' la moindre course , enrouement , » toux^ éruption de flatuosités par le haut ^ etc. » Dans les progrès , rougeur des joues , les yeux » saillans y respiration stertoreuse durant la veille ^ » et bien plus encore durant le sommeil , son confus » de la voix , désir de respirer un air froid et de se » promener au dehors. Dans le déclin, toux moindre, » . expectoration plus facile , voix plus claire et plus » sonore , sommeil plus prolongé. » Les exemples d'un asthme primitif et puremwit spasmodique sont rares parmi les auteurs ; au contraire , on trouve des exemples nombreux d'affections asthmatiques dont le caractère spécifique est vague et mal déterminé.

( I ) S Y NON FMiE. Asthma cons^ulsivum ^ Sauvages y Gull£n y Uo^FMANN^ Ployer 5 Asthma spasticum , Jdtîciler,

NÉTROSES DE IfA RESPIRATION. ^55

FJoyer lui-même , dans son Traité particulier sur l'asthme , tombe dans ce défaut ^ en sorte qu'il règne autant de confusion dans l'énumération des symptômes , que d'incertitude dans les principes du traite-t ment, rendu encore plus incertain par des formulas compliquées. Stahl donne l'observation suivante pour exemple d'un asthme çonvulsif. Un Jiomme âgé de quarante ans , d'un tempérament sanguin , n'avait point l'habitude de se faire saigner , mais usait plus souvent des scarifications , et faisait aussi habituellement beaucoup d'exercice , de manière à suer abondamment. Il mena une vie mbins active pendant; m\ hiver ; au printemps suivant , qui était plus chaù4 qu'à l'ordinaire , il commença de nouveau à faire 'de Tetercice: ayant très-chaud, il eut l'imprudence (Je^. découvrir : aussitôt après , lassitude considérable , ^t^t; de langueur. Il prend un verre d'eau-de-vie avant de s^ coucher et aprèsun souper modique : sommeil inquiet, réveil à trois heures du matin , par un sentiment d'an-i xiété; respiration à peine possible , torpeur insurmontable, lassitude extrême , septiment de compression du thorax , face colorée et pâle alternativement , palpitations , vertiges, trouble dans les idéçs,. constipation.

236. L'asthme çonvulsif peut être occasionné par des alimens pris après un emportement de colère :; Hoffmann ^n donne l'exemple suivant. Un homme âgé de trente ans , pléthorique , se met si fortement en colère qu'il en éprouve un tremblement général ^ aussitôt après il prend de la nourriture, et boit surtout beaucoup. La nuit suivante , insomnie , anxiétés ^ constriction dans la poitrine , efforts pour vomir , état, de langueur.^ Ces phénomènes durent pendant quçl-

ques jours : alors perte de Tappetit y pouls faible y fré^ quent^ sécheresse de la bouche y soif ^ couleur jaune de la fece , fièvre lente , urine peu abondante et irèsconcenirée, brune-rougeatre; constipation^ disten« sion de Tabdomen y flatuosités ( vomitifs amers ^ ferrugineux y aromatiques Jetc. , mais en vain). Cet ëtat se continue pendant trois mois ; à cette époque se manifeste Fasthme convulsif : durant la nuit , respiration si difficile que le malade ne pouvait rester dans son Ut , mais était obligé de se promener dans sa chambre et de faire ouvrir les fenêtres pour respirer'. Hoffmann donne Tobservation suivante comme un exemple d'asthme convulsif goutteux. Un homme âgé de cinquante-neuf ans s'était plaint , deux ans avant , d'un resserrement très-grand de la poitrine , avec douleur pongitive et lancinante qui occupait le thorax , les omoplates et la partie supérieure de la moelle épinîère; il éprouvait en outre un sentimentde compression du cœur, et une difficulté extrême de respirer, comme si Tair ne passait que par une ouverture très-étroite , au point que le malade ne pouvait ni se tenir debout , ni s'asseoir, ni se coucher sur les côtés : cet ét2(t durait six heureà ; il survenait ensuite du calme. Le printemps de Tannée suivante , même état , si ce n'est (Jue la douleur occupait les pieds , et était accompagnée de la tuméfaction du calcanéum. L'application imprudente du camphre supprima la douleur du pied , et aussitôt après retour de l'asthme. La douleur revint plusieurs fois , et fut plus intense qu'auparavant ; le malade éprouva une chaleur et des frissons alternatifs dans les pieds et les . plains , «t il n'était aucune partie du corps qui ne

SfETHOSES DJE LA HESPIIUTION. 25/

participât à la souffrance générale : il y avait en même t^mps un sentiment continuel d'anxiété à l'épigastre et des flatuosités. Il est facile de voir que toutes ces observations sont incomplètes , et ne présentent que quelques-uns des traits de l'affection dont il s'agit ici.

237. L'asthme çouvulsif peut -alterner avec des affections cutanées. Un homme de quarante ans , d'uu tempérament robuste, ayant toujours mené une vie sobre , eut dans son enfance des excrétions lymphatiques très-abondantes , et des éruptions sur tout la corps jusqu'à l'âge de sept ans : elles disparurent peu à peu ; et jusqu'à vingt-sept ans , époque de son mariage , sa santé n'éprouva aucune altération. A vingthuit ans, il fut pris d'un asthme convulsif , qui revenait presque tous les jours par accès de deux ou trois heures , et seulement pendant l'été , c'est-à-dire , depuis le mois de mars jusque vers la fin d'octobre. Durant les paroxysmes, le malade éprouvait le sentiment d'une Darre transversale dans la région du diaphragme, une oppression profonde et un resserrement vers la glotte : ces symptômes étaient suivis de sueurs sur la tête et le thorax. Dans le même temps il fut tourmenté de démangeaisons cruelles sur les bras, les jarrets, accompagnées de rougeur, de chaleur , et bientôt d'une desquamation furfuracée de l'épiderme. Ces démangeaisons alternaient avec les accès d'asthme; de sorte que, dans les spasmes de la A-espiration , l'affection cutanée des bras disparaissait , et réciproquement : caractère des éruptions dartreuses. Tel fut, pendant plusieurs étés, l'état du malade. Mais depuis quatre ans , malgré l'application d'un cautère^ il a empiré; Içs accès d asthme §oat derenus

plus fréquens , les éruptions plus étendues , plus grosses , le prurit tellement intolérable et la respiration si difficile , que , pendant sept mois de l'année, il est impossible au malade de rester couché un instant dans son lit. Les accès d'asthme n'alternent plus avec les éruptions , dont l'intensité n'est pas mitigée par les invasions spasmodiques. Ces éruptions se manifestent d'abord par des rougeurs accompagnées de démangeaisons très- vives , puis par des phlyctènes qui fournissent un liquide jaunâtre , après la sortie duquel l'épiderme s'en va par écailles; la rougeur subsiste, l'exsudation séreuse continue, et la peau, toujours squameuse , présente sans cesse cet ordre successif de symptômes. Cet état dure tout l'été et une partie de l'automne ; enfin , au mois d'octobre , les rougeurs , le prurit , l'exsudation diminuent , les écailles s'amincissent, la peau revient insensiblement à son état naturel , et , vers la chute des feuilles , ce mal disparaît ; le malade reprend ses forces et son travail jusqu'au milieu de mars , où une nouvelle invasion l'oblige à cesser l'exercice de son métier.

Les trois années précédentes, ces éruptions mîliaires n'avaient occupé que le pli du bras, le jarret , l'articulation de la jambe avec le pied ( toutes les articulations oii se trouvent des glandes lymphatiques ) ; mais cette année , les jambes , les cuisses , les fesses n'en* sont point exemptes : l'articulation du pied avec la jatnbe est actuellement la plus afieclée ; elle est tuméfiée , dure ; le mouvement du pied sur la jambe est presque nul ; la pëâu est tendue , âpre', couverte de croûtes minces ^qui , après leur

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chute , laissent suinter de la sérosité ( et , ce qui est à remarquer, c'est qu'il n'y a que dans les articles f que la sérosité s'échappe); la démangeaison et la chaleur y sont mordicantes. Les autres symptômes sont l'engorgement des glandes inguinales , la lividité foncée de la peau du ventre , des lombes et des extré- ^tes , qui est parsemée de taches scorbutiques ; un sentiment incommode de formication partout le corps, des démangeaisons poignantes , l'orthopnée , la toux , la fréquence et la petitesse du pouls et le retour journalier des étouffemens: cependant sa figure n'est pas trop altérée , Fappétit est bon , il digère bien ; mais il mange peu , parce que les étouflfemens sont plus grands après les repas*

258. La Coqueluche (i). Cette toux consiste dans une secousse subite des poumons et du diapliragme, avec expulsion sonore de l'air par la bouche ; son caractère spasmodique est manifeste en ce qu'une seule inspiration est suivie de cinq ou six expirations successives , avec une sorte de sifflement et des anxiétés : c'est souvent une maladie épidémique pour les enfans. L'irritation des poumons ne paraît ici que secondaire ou sympathique , et le principe primitif en paraît être dans l'estomac : de là l'utilité desévacuans, puis celui des anti-spasmodiques et des toniques pour fair^ cejsser l'extrême sensibilité des organes de la digestion* On peut lire des v exemples particuliers et l'histoire générale de cette maladie ^ dans les écrits de Sydenham , Baglivi , Hoffmann ,

(i) Synontmie. Peftussis , SYDEfinAm , Huxham; Tiissià convulsiva f Hoffmann; Tussisferina; Catarrhe laryngé.*^

hJ^O NÉVROSES DES FONCTIONS NUTKX'TIVES.

WerlhofF, Rosen, Undervood, etc. Quelques ca^ pris d'un recueil très-justement estimé ( jicta So^ ciet. Med. Hafniensis) feront voir la marche de cette maladie lorsqu'elle est très -violente, et en même temps les principes du traitement. Pendant que cette , maladie était épidémique à Copenhague , une Jeune malade , à la suite de la violence de la toux et d'une douleur survenue dans Thypochondré gauche , avait éprouvé pendant deux jours une paralysie de la langue , du bras et de l'œil gauches. On avait donné ^ sans obtenir aucun avantage sensible , plusieurs remèdes , comme l'opium à l'intérieur et à l'extérieur ^ l'extrait de quinquina et de valériane : l'usage des vésicatoires et des saignées n'avait point été omis ; mais tout avait été inutile. C'est i cette époque qu'on fit prendre, en deux doses, cinq grains de musc mêlé avec du sucre , ce qui produisit^mr soulagement très- . marqué ; et , après deux autres doses semblables , l'usage du mouvement et de la parole fut rétabli. Oa obtint , en général , des eflFéts très-heureux de l'ipécacuanha, qu'on donnait depuis un grain jusqu'à cinq, avec du sucre ou un autre véhicule convenable : on répétait ce médicament tous les jours , ou de deux jours l'un. Les paroxysmes de la 'toux diminuaient de fréquence et de violence après cinq ou six doses, et la maladie décroissait peu à peu : ce remède doit être donné après le paroxysme pour n'être point vomi. Une jeune personne de quatorze ans avait éprouvé , pendant les mois de février et de mars , une toux convulsive avec des symptômes très-graves , des défaillances , la perte de la parole , une douleur intense dans l'hypoçhondre gauche, une stupeur du

WÉVKOSES DE IJi ftESPinATION, 2^1

I>ras et d^e la jambe du même côté : on employa vainement les saignées , les boissons émétisées , les .vésicatoire$ ♦ aux épaules , aux bras , au:t jambes , le quinquina , le casloréum , le musc à petite dose. .... On eut alors recours à un mélange de quinze grains de musc et d'autant de sucre > dont la dose futrépétée quatre fois en vingt-quatre heures , et la guérison fut complète. ' /

239. Jsphjxie (i). Cette affection, ^^st un des exemples les plus frappans des lumières» qu^e Is^ chimie et la physiologie peuvent répatidre s^r l'histoire des maladies. Les anciens pouvaient-ils se former la moindre idée des causes et du. vrai ^caractère des ma-* ladi^ produites par la vapeur du ^liârhon y la suboi^sion^ les exhalaisons. des fosses d'^isaqCQs^. eto^ ? et n'estrce point aux progrèsde la.chimie modern.e que la médecine doit, sur ces divers points, les çoiUKajissances les plus précises ? Les vfaîs principes de leur traiteoient lie sont-ils point fondés sur leç propriétés fondamentales de l'irritabilité Hallérienne et de la sensibilité? — L'asphyxie peut être occasionnée par des causes variées que je vais examiner successivement.

a/{0. i*'. Asphyxie par strangulation. On ne saurait trop répéter qu'il faut avoir une admiration éclairée -^ çt non une déférence aveugle , pour le nom et les ouvrages d'Hippocrate. La strangulation avec écume à la bouche n'est pas toujours mortelle , quoique le pèrot de la médecine le déclare dans son Aphorisme 42 , sec* tien IL Un grand nombre de faits observés à Vienne

(i) SuNONTMiE, Asphyxia ^ Sauvages, Linnjbus, Voetc. . . \

in. 16

^2 NÉVROSES DES FOltCTlONS WrUTRlTrVES.

en Autriche et à Paris démentent cet Aphorisme

Des frictions gr'aduées^ des liqueurs alcoolisées introduites dans la bouche ^ Virritation des nariiies^ du go-^ sier, les bains chauds , peuvent quelquefois guérir cette espèce «d'asphyxie ( Voyez PéchUn, de Aère et ah" menti Dejedu, etc. ; Bacon^ Historia wtœ et mortis; Bartholin^ Epître XCFI , cent. II ^ etc. ). Mais d'autres fois le succès de ces moyens est imposable, puisque FouVerture des corps a fait voir des épanchemens sanguins ou séreux dans l'intérieur du crâne, ccmime dans l'apoj^exiè ( ComtneMaHi "de tebus in scientid naturali , etc. Liipsiéè , volume IV ). . Les symptômes de l'asphyiie par strangulation sont variés suivant le degré de lé^n produite, et suivant la ^constitution de l'individu. Quelquefois certains ùiuscles du cou , ou certains cartilages du. larynx sont rompus ; d'autres fois l'une des deux premières vertèbres cervi* èafes est luxée ou fracturée (Morgagni^ Ep^ anat. med. XI Xy. C'est dans ce même article qu'on trouve , sur les causes de la mort par strangulation, des observation exactes et précises , une critique judicieuse, et des expériences faites sur des animaux vivaûs.

^^1. 2**. Uasphjrxie par submersion îx été l'objet de diverses discussions , dans les Epkémérides des Curieux de la JSatuj^j dès l'année 16^7 ; toaîs il existe des recherches plus précises sur ses effets et son traitement dans des écrits ou règne un goût plus sévère ( Jeta Taurinensid , vol. IV Hist. de l'Académie des Sciences pour l'année 1757 ). Moi^agni a fait encore admirer sa sagacité dans cette discussion ( £/;• IX ). Depuis cette époque , îl a paru plusieurs écrits populaires sur le moyen de rendre les noyés à la vie/

ÏTETKOSES DE tA RÎESMÎUTlOiy, 545

par Louis, Tissot , Cullen , Gèirdane , Portai. II serait superflu d'insister êuv cet objet , si on li'y était ramené par les progrès, de la chimie moderne et la Dissertation de Goodwyti {Cùrmexion de la vie avec la respiration , eic. , ouvriagie traduit dé Tanglais par le jirofesseur HalIé , en 1798 ): Lé tradilôt^ur donné aussi l'extrait d'une Dissertation -du docteur Menzîes dur la respiration , publiée à Edinibourg en 1786 ^ jivfec'dès notes critiques de qtiel<|ues e^qjériiences de Goodwyn. Cet auteur ]^tise que le sang noir n^esi point ufu stiihu^ant suffi^M poùr-le ventricule à sang^ rouge,, et que la contraction du coeur cesse d'érvoir lieu si les phénomènes chimiques delà i^spiratioii s^iaterrompent^ en sorte qtte^dans sa manière dé considérer Fa^hpiie 9 la mort n^arrive ^ors que parce qîie cette oavitié ne peut plus^rifîn transmettre aux di^* ▼ers organêft. Mais il rémlte dés expériences de Btehaf que ^ pendant Tinter ruptiôn des phénomènes chimiques du poun^on , le sang noir continue à solliciter lè^ contractions du cœur ^ comïne le prouvent d'une jaanière icréfragable ses battemens «t les pulsations des artères > qui se souitiennent encore quelque temps; que ce sang ncôr y poussé par-tout, frappe dhaquc organe ; que ce n'est pas fauté de recevoir du sang , mais faute d'eu recevoir du rOuge, que chacun de ces organes cesse d'aigir j qu'il y a affection générale de toutes les parties } qu'en un mot toutes se trouvent pénétrées de laroause matérielle de leur mort, Sîîvoîr^ du sang aoir. i^uoiqu'il paraisse, d'après cela, que le sang noir influe toujours spécialement par son contact êur l'affaiblissetoent et rinlerruptiota de l'action de6 ,oiiganes^ îi nie faut pas croire que cette t^aiisé soit

constamment la seule? : q.u'oii. compare en eflGsfcè qui arrive dans Fasphyxie par Ift submersion ^ la strangulation y le gaz. acide carbonique , le videt^ un- corps étranger dans la trachée-artère , etc. , avec ce qu'on observe dans celle que produisent le gaz hydrogène sulfuré, lesi exhalaisons qui s^'élèvent d^une fosse d'aisance , dVïi caveau , 4^ un ^out , d'un cloaque où des matièrçs putride» se^ sont. amassées, on verra qu'il y a dan^; ces derniers cas plus .que Tintepruption des phénomènes chimiques , et par conséquent un état délétère, outre lanonrcolpraùonen rouge dû sang noir.. 2j^a^ M. ^erger (Essai physiologique sur la cause de V Asphyxie par submersion, Paris , 1 8o5 ) it fait , dans ces derniers^temps, de nouvelles expériencts sar Ja submersion, desqujelles il résulte que,, dans les animaux qu'on a asphyxiés de cette nianière, les ea* vités pulmonaires du, cœur et les gros vaisseaux qui s'y rendent , som distendus par une grande quantité de sang noir : les cavités .portiques pn: renferment toujours moins que les, précédentes , quelquefois très-peu. Les cavités pulmonaires du cœur se contractent presque toujours d'une manière^ spontanée ; le ventricule aortique moins souvent , et l'oreillette du même nom encore plus rarement. Le poumon est plus ou moins coloré en noir, lorsque la submersion a eu lieu dans de l'eau teinle en noir ; les lobes postérieurs le sont moins que les antérieurs; et ceuxci pas autant que les lobes moyens ; la teinte de la surface supérieure est un peu plus foncée que celle de la surface inférieure : quelquefois les poumons ne paraissent' pas colorés extérieurement ; mais si on les fend avec un scalpel > on y voit à l'intérieur une

N^rVUOSjBS DÎG JJL RESPIRATION. ^45

multitude de points noirâtres , eflfet qu*on doit peutêtre attribuer soit à ce que le liquide se répand dan« les pouiùons de Fintérieur à Textërieur , soit à ce que les cellules pulmonaires externes sont plus serrées que les cellules internes. Il* entre plus ou moins d'eau dans les poumons dps noyés , mais elle ne s'y trouve pas en grande quantité ; elle y est toujours combinée avec l'air dans l'état d'une matière écumeuse. L'expiration n'a lieu sous l'eau que quinze lAÎnutes et demie après que l'animal est enfoncé dans ce liquide ; l'air expiré n'est pas.toujours le même : néanmoins le plus souvent il ne contient que. 0^04 ou o^o5 de gax oxygène^ au lieu de o,30 ou 0^31 qu'en contient l'air atmosphérique. Cet air a la plus grande analo^ gie avec celui qui se trouve dans les cloches sous les^ quelles on a &it séjounier des animaux jusqu'à les jeter dans ^n état d'asphyxie. Les int^tins conser-vent presque toujours leur ipouvement péristaltique p et ce môuven:ient est beaucoup mieux prononcé dan$ les intestins g{éles que dans les git)s^ La cause de l'asphyxie par submersion consiste aussi ,^ d'après l'auteur de la .Dissertation que j'ai citée plus haut , dans laisuspension de la respiration produite évidemment par ie milieu (l'eau) dans leqi^la respiration ne peut plus ^'entretenir; :.. :;)

a43. 5% AsfAyœievcu'le.gàziuidecarboniqtie. Ijqs lieux oJl'.ce: gaiz .peut se di^gér scmt les puits^ les mine$ 9 >certainea grottes ^ les tombeaux anciens p les caves pu- sont^ des ^suJsstances en fermentati<Hi , les chambres où l'on brûle du charbon ou de Ipi braise, etc*... Inspiré par les poumons , il fait aufijsitôt cesser le mouvement volontaire ^ les fonctions^

^6 NÉVRpffltS Mfi ÏONCTIQWS mnwxivEs. des sens , 1^ respiration , la circulauon. Dans cet état, }a qb^eu^ anipiale se conserve quelque temps , les Biepilnres restent ^ûbles , l'ouverture de la glotte Jabi^e, le Wsu des muscles relâché, les jeuxsaiUans, )e visage goi^lié et rouge ,* etc. Dans la progression desjsymptào^es de l'asphyxie pur les vapeurs du cb«arboa^^ d'abord violent mal' de tête , et copime si le ^jerveaju était forlemeiU compiimé,; vertiges plus ^ ntoins incommodes , suivant le degré dWtion , U «qualité ou l'^lxHidance diu gaz acide carbonique ; dif^ ^i:^ de ^ç^^*er , w^tes , palpitations violentes <^u G<e^^ avant <p» son 'mouvement soit suf^rimé, trembl<^3fient,des i»embres, vue trouble ou perte totale .de la vue , tintemens» d'oreiUe , bwirdonnemws^ sûreté ; enfin dâaillances ,;conviilskms ; quel« quefpis par^siè , . apoplexie ou affeoions comaleiises.plusoja moins' profondes , . et la mon* On peut ]ïri^ plu^iie^rs; e^^odples particuliecs de cetti? asp|iyxie ^aps k^ lécriis de âlbjnceUiis BenaitmK'f Schenkius, |{il4apm ji. Lan^wi ,. et quelques autçurs modemeSi 'PmV^ if^ l^orttmes eeièbres.iqui. ont été -^^dimes de ^]^(ç ^^ipkt^fif on compte J:fvéBal , Valère Maxime, Î^IoriM*. :Bl<^to*'qtte. ; Oto .peut ramener quelques aspby^ îé$:^i^ vie paiî tosage: constant «t^-aisîcht' de divers stimulans, tels que des frictions «u^Jat peau, des l%v<fti)ens; irritan^^ , des Uqùeurs alcoolisées verçé^spe^iipea daii^ la boudbet, Fintrodu<ctioâ' Jbieéè de l'air. .d^aa^'Mibouebe ou lesnamnes , de»^- tiipeurs ^iffn^o;tiMftffaleft : l'irritalMlité n'existe^tnell^^às^ encore çuelque^einpd avec cette mott 'apparenHÊr'/bliîtfé suffi|r41 pft$ dH 1^ réveillen poùi^ méttrq en ^erf toutes les

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