NÉVROSES GÉNITALES DE LA FEMME
bustes: ces accès finissent ordinairement après un torrent de larmes , ce qui se renouvelle à des intervalles plus ou moins longs Une jeune fille,
parvenue depuis peu à l'époque de la puberté , menant une vie inactive , et se nourrissant d'alimens échauffans , avait des liaisons secrètes avec un jeune bomme d'une basse extraction , en trompant la surveillance de ses parens : son inclination étant contrariée , elle éprouva des rêves très-pénibles. Peu de jours après,' elle tint des propos très*obscènes , et simula les gestes et les actes d'une bacchante ; on eut même besoin de la retenir dans son lit avec de forts liens pour l'empêcher de sortir nue , de prendre les postures les plus lascives , et de provoquer le premier venu à Funion des sexes : regard étincelant , point de sommeil , aliénation des plus marquées , avec écoulement d'une matière visqueuse , acre , et même corrosive , par les parties sexuelles ; le pouls était d'ailleurs vif , la langue sèche , et toute l'habitude du corps dans un état de marasme. Un médecin peu instruit l'épuisa de saignées , et la conduisit au tombeau. On peut voir , dans le Ti^aiié de la Nymphomanie y^dx Bienvule, d'autres histoires particulières de cette maladie : on désire en vain dans cet ouvrage un style moins diffus , une méthode descriptive plus correcte , enfin une crédulité moins confiante dans les formules compliquées , et une bien plus grande importance donnée aux vrais principes de l'hygiène. On trouve, en outre, des exemples nombreux de cette affection dans les hospices des femmes aliénées, surtout dans les pays méridionaux.
a84 NEVROSES DE LA GENERATION.
S II. Description générale des Névroses génitales de la femme.
Nymphomanie.
290. Prédispositions etcauses occasionnelles. Cette affection se remarque surtout à l'époque de la puberté ; et elle est le plus souvent occasionnée par des lectures lascives , une contrainte sévère et un état de retraite , Tbabitude de l'onanisme ^ la sensibilité extrême de l'utérus, et une affection dartreuse fixée sur les or^ ganes génitaux.
291 • Symptômes. Dans la première période^ l'ima* ginatipn est sans cesse obsédée par des objets lascifset obscènes ; on est dans un état de tristesse , d'inquiétude ; on devient taciturne; on rediercbe la soli-^ tude ; perte du sommeil et de l'appétit, combat intérieur entre des sentimens de pudeur et l'impulsion des désirs effrénés , etc. Dans ]a deuxième , on s'abandonne à ses penchans voluptueux , on ne combat plus pour les réprimer, on oublie toutes les règles de 1» pudeur et de la bienséance ; les regards et les propos sont agaçans, les gestes indécens; an fait des soUici— tations, des instances à l'approche du premier venu; on fait des efforts pour se jeter dans ses bras; on menace, on s'emporte si l'homme résiste ou s'il veut se défendre. Dans la troisième , l'aliénation d'esprit est complète, l'obscéinité dégoûtante, la fureur aveu^ gle , avec désir de frapper et de déchirer j il y a cha-^ leur brûlante sans fièvre, enfin tous les symptôme» divers d'un état maniaque violent*
ftYSTÉRIlC. 285
§ III. Traitement des Névroses génitales de la Jemme.
292. Les règles de traitement que j'ai exposées en parlant du satyriase doivent être également appliquées à la nymphomanie. Après avoir cherché à éloigner les causes de cette affection^ c'est dans les bains tièdes , le nitrate de potasse, le camphre , le nénuphar (^njmphœa alba, L. ) qu'on doit puiser des moyens curatifs. On cherchera surtout à faire l'appUcation des règles de l'hygiène. On doit ici y 4^. même que das^ le satyriase , chercher à éloigner tout ce qui peut exciter les organes génitaux : on proscrira les romans , les bals , les graûds cercles où se trouvent réunies beau-* coup de personnes de l'autre sexe, tandis qu'on mettjfa €n usage une nourriture végétale, un exercice mo-^ déré mais soutenu , l'habitation de la campagne et la distraction.
H TSTÉ^lE (l).
§,P'. Considérations générales*
295. L'hystérie , sur laquelle on a tant écrit en médecine, est encore un exemple de Tobscurité et de la confusion qu'on répand sur une maladie quand on ne la considère seulement que dans ses diverses comîplîcations avec d'autres maladies analogues , sans examiner d'abord quel est son caractère propre. Cuflen
(i) SrNONrMis, Hysteria, Saxjvaoes, Linn^us^ Voôbl^ OwLLKN, Sagar^ Affcctio hystcnca ^ Wilus , StdenhaK) WaïTTj Malumhystericum, HoffmawîT; Jo^gubrj etc.