‹ Nosographie philosophique, ou, La méthode de l'analyse appliquée a la médecine (volume 4)Chapitre 51 sur 67 · HYDROPISIES · texte numérisé non relu

HYDROPISIES

yîe dure et exercée , la suppression d'une évacuation habituelle^ une nourriture succulente , etc. , peuvent aussi • produire une surabondance d'exhalation séreuse. Une source bien plus féconde des mêmes affections , qu'on avait méconnue , et que les observations multipliées de M., Corvisart ont mise en évidence^ tient à une lésion (»^anique du cœur ou des gros vaisseaux (i), qui xompi^end^' soit les dilatations ou anévrysmes de ces parties , sôit les états contre nature de leurs orifices et de Igêmtb vaivnles ^ comme rétrecissemens , oi^fieatîoiis ou ulcérations. 2*^. L'absorption peut être diminuée par l'atonie dans laquelle tombent les vaisseaux .lymphatiques par des causes débilitantes ^ générales ou particulières'^ des Inaladies longuet , des évacuations abondantes , les fièvres intermittentes de longue durée. L'obstruction des glandes lymphatiques peut aussi mettre un obstacle à l'absorption , et produire une dilatation des extrémités des vaisseaux du même nom , puisque l'inspection cadavérique a fait voir à Mascagni , dans des cavités où s'était formée une collection lympha-

(ï) On' homme âgé de cinquante- trois ans ; qui éprouvait un^ grande dyspnée , de la toux et de violentes palpitations du éœuF; avec un pouls petit, concentré et irrégulier, fut reçu à là Clinique interne de Phôpital de la Charité ; déjà les membres abdominaux commençaient à enfler j en peu de jours |H]g«mentation des symptômes 5 l'infillration gagne les parties géni- *tales et les parois.de l'abdomen. Le malade périt suffoqué , et, à l'ouverture du corps, on trouva que le çècur avait acquis un volume énorme , et que deux des valvules aortiques étaient retenues à demi-abatssées par un tubercule cartilagineux ( Essai sur VHydropisie j par Em. Nofi^. Pàri^ , i8ap)i

476 LÉSIONS ORCANiqUKS PAfeTICUtiÈRES.

tique p ces vaisseaux très-distendus et remplis d'un iltiide semblable à celui de oes^ cavités , et qu il a re-> coanu eu outre que les glandes dans lesquelles ils venment se rendre étaient entièrement engorges. Mais que de problèmes k résoudre offre encore la doctrine des hydropisîes, sur le* concours , par exemple , d'une: exhfilatioa augmentée et d'une absorption diminuée , sur la dfetinction eitacte des 'hydropisies primitives d'avec cell^s^ qui àont secondaires , et qui proviennent de désordres organiques dans les viscères , sur les liydropîsies accidentelles et qui sont la suite ^Vune absorption d« l'humidité de. Fatmosplière par Torgane cutané , sur le& avantagés dë$ onctions iiuileus^ à l'extérieur ,' etc. !..:-'*

:467. Peu* de maladies ont donné lieu à un aussi grand nc»nbre d écrits que l'hyAropisie > comme il est iacile d'en juger par le catalogue qiië Bâcher en a donné à la suite de son ouvretge ( EecketThes sur les Maladies chroniques , particulièrement sur les Hy^ dnxpisies et sur les moyens de les guétir, Paris , 1776). L'otxvrage de Monro {an Essai on the Dropsj and its différent species, London, 1765) est aussi remarquable pan l'érudition choisie et la méthode qui y régnent. L'un et l'autre de ces ouvrages contiennent des histoires particuUères sans nombre J'hydropisies , soit simples, soit compliquées, guéries , soit par les pilules toniques , soit par d'autres -médicamens , comme les drastiques , les diurétiques p les sudorifîques, etc. Mais au milieu de cette richesse apparente , et de la confiance c|uc fait naître une semblable collection de faits , combien de fois ne se \rouve-t-on point désabusé des espérances qu'on avait

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conçues , lorsqu'on se livre à Texercice de la médecine, et qu'on voit si souvent la maladie résister au traitement le plus méthodique ! Combien il importe surtout , pour n'être point trompé , de porter une attention particulière sur le -caractère primitif ou secondaire de l'hydropisie! Que l'anasarque , par exemple , soit produite par un défaut d'énergie vitale , par une constitution délicate y molle et lympliatique y pap un séjour prolongé dans une atmosphère humide, une vie sédentaire , une hémorrhagie excessive , on a ï'espoir le plus fondé 4e rétablir le malade par un régime analeptique et des médicamens fortifians , comme on en trouve des exçmples dans la Dissertation que j'ai déjà citée. Mais on doit porter un jugement bien différent de l'hydropisie cellulaire ou anasarque qui est invétérée , ou fomentée par des affections organiques des viscèr^ ^ conuxie le poumon ou le foie , ou par un anévrynue du cœur et «les gros vaifr* seaux. Les hydropisies des cavités revêtues de mem-^ branes séreuses , comme Thydrooéphale , Thydrorachis ou spina-bifida , l'hydrotborax , l'hydropéricarde , l'ascite , donnent lieu à la même distinction et aux mêmes remarques. Proposer un remède uni« versel contre l'hydropisie , n'est - ce paâ proclamer hautement qu'on ignore l'histoire générale de cette Inaladie ?

478 LESIONS OROÀNK^UES PARTlCULI£RSSi

ANASAKQVn (l).

§ 1*'^. Considérations générales.

468. On est obligé de remonter à des notions exactes sur la structure , les divers prolongemens et les fonctions du tissu cellulaire , pour être éclairé sur la nature et les suites des symptômes qu'oflfre Fanasarque . • • • Que de choses ingénieuses dans les re-» cherches sur le tissu muqueux ou l'organe cellulaire ^ par Bordeu ! Ses idées ont reçu de nouveaux développemens dans une Dissertation publiée à Montpel* lier ( Corporis cribrosi Hippocratis , etc. , 1774)* ^t dans une autre postérieure à celle-ci ( An in cellu-loso textu Jrequentiùs morbi et morborum mutatio^ nés...). On sait que le tissu cellulaire est composé de filamens et de lames séparées entre elles ^ de nerfs ^ de vaisseaux sanguins , de glandes : ce sont les extrémités artérielles qui laissent échapper en plus ou moins grande quantité le fluide lymphatique déposé dans des aréoles ou cellules qui varient pour la grandeur et la figure , et qu'on rend surtout manifestes par la macération et l'insufflation. Lest;ellules se distendent et se gonflent par des injections artificielles , soit dans les veines , soit dans les artères , let la partie la plus liquide qui transsude de leurs extrémités est reprise par les vaisseaux absorbans ou lymphatiques. Qu'on suppose maintenant que , par une causé quel-

(i) Synonymie. -<^n^wa/rfl ^ Boerhaave , Hoffmann, Sauvages, Lii^NJEUs, VoftEL, Cullsn, Sagar ^ Hydropisie cellulaire.

ANASARQt/E. 4^0^

«onque^ ces derniers vaisseaux perdent leur faculté de repomper le fluide ëpanché dans les cellules y ou a dès-lors une juste idée de lanasarque... Comme le fluide épanché dans le tissu cellulaire distend la peau^ comprime les vaisseaux sanguins y les nerfs ^ les muscles ^ etc. ^ • et tient tout dans un état de relâchement y la chaleur animale ^ le ton contractile des vaisseaux en sont beaucoup diminués , et la. peau . devient quelquefois insensible , même à -> l'impression de la brûlure* La r^istance que la circulation éprouve dans les petits vaisseaux fait refluer le sang dans les grands vaissèaiux , vers lé cœur et dans les poumY)ns ; ce qui produit des anxiétés et une difficulté de respirer au moindre mouvement. Quelquefois , surtout quand la peau est délicate , le fluide distend et dilate tellement les pores de cet organe , qu'il s'y fraye un libre passage ,. et y forme une transsudation plus pu moins abondante. S'il ne peut traverser que Ja peau proprejnent dite et le tissu cellulaire , $ans pénétrer l'épiderme , il s^re ce dernier sous forme de vésicules qui , étant ouvertes , laissent écouler le fluide.... Une anasarque, loris même qu'il n'y a point d'épanchement dans la poitrine ou l'abdomen , entraîne toujours une diffusion de liquide dails le tissu cellulaire qui environne les viscères ; ce qui ne peut que troubler les fonctions de ces derniers, et produire des symptômes divers suivant la partie affectée.

469. La graisse , durant des maladies longues , est résorbée et sert d'aliment ; dans l'emphysème par une cause externe , comme la fracture d'une côte , la blessure de la trachée-artère, l'air est résorbé et expulsé au dehors. De méojie ^ \me grande diffuûon ou exid:)érance

^8o LÉSION» OKOANIQUES l^JIRTlCtJLIERES.

du liquide dans le tissu cellulaire peut disparaître pat* la force tonique du système absorbant ; si on peut parvenir à ranimer cette fonction par Faction des évacuanâ^ et des toniques. D'où Ton voit qu^en général le^ auteurs qui ont traité du tissu ceUolaire ont donné trop d'étendue à ses fonctions , puisqu'il n'a aucune action sur les fluides qui s'y épancbent ; c^ ils ont négligé de faire entrer en considération le concoure d'action du système Ijpuphatique.

470. On peut reconnaître deux sortes d'smasafque : la première s'annonce avec toutes les circonstances qui indiquent un défaut d'énei^e vitale : constitution molle et lymphatique , vie sédentaire , atmosphère humide , débililé.produitc par de grandes évacuations, certaines maladies chroniques^ des fièvres intermittentes de longue durée. Un honmoe âgé de treiite-sept ans , d'un tempérament lymphatique , et exerçant line profession sédentaire , ayant déjà été attaqué d'une infiltration générale quelques années auparavant^ habitait un rezde-chaussée très-humide , -dans lequel ïe feu d'un poêle avait entretenu ^ pendant l'hiver de i^^SS , une sorte de bain de vapeurs ecmtinuel ; il se déclara , quelque temps après , une anasat*que pour laquelle il se rendit à l'hôpital de clinique interne. L'infiltration, qui avait commencé par le visage^ occupait tout le corps , à l'exception des bras^ où elle était peu remarquable; la i^ure, très-bouffie, avait une teinte blaf^^irde , ainsi que toute la peau ; Furine était limpide et moins abondante que dans l'état de santé; le pouls était aussi plus lent et plus rare. Cette afle^ion fort simple céda très^-promptenient à l'usage des diurétiques et de quelques évacuons. Les selles furent abondantes pen-

.dani pliUiei^rs }aursy^ urine reprit>sori côur3 et redeviulooIor^iSé 11 «aâàrèmannier que rinfiitration disparut suceest^iYâSoleiit commb- -flle^étah venue > c'êst-i-dire x{ixe les auembres inférieurs se dë^nflèrent d'abord; \é Irono. e;n>uitè , et qu enfin la» bquifissurer dn, tirage ^ispe^'M U deriiièrev ;* ,' ; j : . . : *

4?^^ I^a seconde «jpï»;d'afn»âr<pïe est celle qu'^^ peut applelar, ai^uë ; le^'àoctmr Brèscbet en a Fak l'hiâ^ U>ir& dans )isQe /Dise»»*tiitioil' estStuee , oif îl a réuni un ^raml ilombne d'obseryjrtions ^(i)v Ëllet kirvîent' «fae^ des sujets-robustes pat*i(^ «iéWeT«itânies>^ d^ a£^;c^ fions mof^aksi vives ^ 4>w^n^lk<iKip^t«e^(in]ÂUbiiè delà • ■■j.tti.u, .iiyJ.j;. ; y, Hiiiiwiiii au î "^rir:*, f .'t ''ft .T

comme jjroduiles Dar une^^{2xl|^l^j^a^ apjipçpté«>, jgrécéd^o

d'un dérangement dans les pijogriélés vitale^ des f/aisseaux exha-

lans. Celte aiigme.ntàliott a^e^hz^lallon èst.le résuljat.delVctic^n

d'un stimulaWHît&ct ^/ô'n 'ùH^'^i'^^fàthiquë^

les hyd^lÂé^^MlKè^ pModiiltM^Kitehietit ^àr u»ë «éffeéticm

.de Fimeitrèii^^iN^; pa«i]£n^.«Ue;^adt â^pnube^irip'kndieiér^

cice d'ua oiS^f)V^M?tel#l^^^?J<>^l4e^^l|^l:îlW^cju1l

présente^ j^Â?^,.^'on Vobsçfv.ç dj^y^^'pg^jijlejyjÇ^siéçfiu^, ^^

chez lés ffenîi de cabinet , chîez ceux dont le cervtau est souvent

dans une grande 'excitation , dans un véritable çtat d orgasme»

Dnfe di8)i6sîiittiiQrtal<^tié;;^H^ feVyiVfcm^; d^yfTdatlt'peUi^^i^e

Jde l^a({llfiUdldi^|k%^^ quaînllé^ ^-f tëtë nw^é^éé ^^f}kt

«devenir la[>caijs0 dejà'hydrôcofibai^ ssgoë^' 'ou fiévW èydrocépb) «

lique, que Fauteur regarde ; (^pn»m€ j^Ufl^, eshfJ^(iofii j»^^4^

^aclivc,es§ei)|.}fl^ç. J^es g^ns plçthor^qHes^'çeux.qui éprouvent

la' suppress*lon d'un écoulojfn^nt habituel, sont expi^sés aux

iiiémes àccidens.^ Ces idées 80i\t.confïfmees par de D6mbr.euse$

histoires , qile Bîf/ Btèsùfréi si^tf M^^Më: iVlèciftiitant dé gp4t

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