‹ Nosographie philosophique, ou, La méthode de l'analyse appliquée a la médecine (volume 4)Chapitre 52 sur 67 · III. 5i · texte numérisé non relu

III. 5i

J(S2 LISSIONS ORGAinQUES PARTICULlÈRSS.

transpiration. En yoici un exemple remarqnaUe tiré de l'ouvrage de Fodërë sur les maladies de» militaires dans le Mantouan ^ etc. cr Des hommes rdbustés expo* 9és, après des marches forcées, à des causes capables de supprimer brusquement la transpiration , tombent ^ tout-à-coup dans Fanasarque , qui est bientôt suivie de Tascite. J'ai vu plusieurs cas pareils après le passage du mont Cénis pendant l'hiver rcinq à six malades de ce » genre furent portés à Baisolo : les uds visaient des gorges du Tyrol , et les autres étaient devenus enflés après le passage des rivières. On apporta aux avant-postes un grenadiek* qui avait passé.à: gué le Ta^ianiento étant tout en sueur. Cet homme .avait une fièvre violente et était par-ttout très-enflé^^soutfrant dea douleurs aiguës^ et ne pouvant artieuler aucun- mot. Quoique j'en désespérasse f je le fis héanmoins aussitôt saigner, et je le mis au régime rafratchissaht ordinaire, avec six bols de camphre et de hitre par jour. Le gonflement du visage , de la poitrine et des ex^trémités supérieures disparais-* sait ; mats celui des extrémité inférieures dugmentaif. •J'eus alors recours à la paracentèse , qui donna lieu à l'évacuation de plusieurs pitttes de séràstté; je fis &i outre pratiquer des mouchetures aux itialléolés ; et au moyen d*une nourriture abondante , de& remèdes tantôt diurétiques , tantôt toniques ,. ce malade fut en état d^ se promener au bout d'un rnoûr et demi. U fut alors envoyé à Crémone ; et'i|ù bout de quinze jours je le revis sain et bien portait.

47^2. Enfin i'anasarque peut être symptomatique d'une lésion des viscères abdominaux , et souvent elle est l'effet d'un obstacle qu'éprouve la circulation par un vice organique du coeur; la face est alors fortement .

colora ou comme injeclée , le pouls fort et développe,, la chaleur du corps plutôt augmentée que diminuée* Un homme âgé de cinquante-troîs ans , d'une consti-^ tution robuste , et livré à une vie laborieuse , fut reçp. à la Clinique interne. Depuis deux ans , grandes diffi- ; culte de respirer , toux incommode , et violentes pal-* pitat^ons qui duraient depuis long-temps sans pouvoir leur assigner une cause connue; figure animée avec tendance à la bouffissure ,. respiration très-gênée , sans aucun signe depanchement notable dans les cavités ihoraciques : le son obscur rendu en frappant la région du cœur, les battemens de. cet organe sentis dans une grande étendue, le pouls petit, concentré et ir régulier^ firent reconnaître que ce viscère était Je siège d'une affection organique* Déjà les meml^res abdominal il commençaient à enfler. La mardie.de la maladie fut rapide ; en peu de jours, augmentation de la diffîcuhé de respirer, face injectée , infiltration des parties géni-^ taies et des parois de l'abdomen , soif vive , sécréiion d'une grande quantité d'urine; enfin le malade mourut suffoqué. On ne trouva qu'une très-^petite quantité de fluide dans les cavités splanchniques ; mais le cœur était d'un volume énorme , et s'étendait transversalement dans le thorax autant à droite. qu'«\ gauche. Deux^ des valvules aortiques, au lieu d être libres et flottantes , étaient retenues à demi-abaissées par un tubercule cartilagineux de la grosseur d'un pois ,' qui était interposé entre elles. (Dissertation sur (ffjdropisie^ par 4/. Nouel. )

484 LÉSIONS ORGANIQUES PARTICUHEHES.

§ J}.: P^çripiion générale de ÏAnasartiue.

. 473. Prédispositions et causes occasionnelles. Les plus ordinan^ sont une conçtltulioh délicate , molle et Jyp^hftlique ^ un séjour prolongé dan^ une àtmo- ' spbfW: hmnidc ^ved privation de rinfluenéèidte la lu-* iui^r^>'«nc:vie.sédenîaii^ , une inauvai?ë nourriture , des chagrlè^ pixilongés/flëâ évacuations abondantes ^ )^ suppression ou le déran^ertient des 'menstrues , des loc^ùês., dça iïftmorrboïdes , des sueurs^ ctc.yFâbus dei^ :^Iédic«iTlells da](;is«ies maladies aiguës Ou cbrbni-' quest, d^ns* i©a> fiè^Dcsin^èiinittentes ; la féperciission d'uB exaatUèmè y Tàsagé d^s ^tringeiis dans une diar-^ r^i^ftçreuisé , unerétentio^r rt'urine,ThystérieV des vices c^ps qi}eb|iiesriins de&^çôscères abdominaux , quelquefois uiS éw pléthorique et des affections morales vives. . 474' Sjrniptûau^i'h^nôkvaûon commence ordinairpnl^nt ^i: fes niesxibres l>bdominaux : d'abord gonfleil^^Qt 4es pieds y qui' rtevfe^tt moins sferisîble quand on 6Stc^>,\l<i^; reùfli}i^s'él^eeqsuitèp&^^ aux cuis-'

sfSi^ §u^; ïambes , ai^ ventre ; eHe ^^g^é enfin Je tbo- Ts^^^l^hKfiSy fas main« et 1^ feeie. jyrfutrès fois Finfîl- , tf^tè^tï J90 m^fésip par» une boofifesui^ë êe ïa face et se rip^nd.suV'fe rdste dia;€0^psV la ji^uest dW blanc Ji^iteui,^ e!t'^nvqntl>plixsl'roi<le au toucher que dans Léiat :i^jiùrélf) ]^ '^pcfah bsl périt , niott et leiit. Dans Vbydropisiecelkilàivequtâent à la)lésiou organique d'un viscère , la face est colorée et comme^injectée ," la peau rouge , la chaleur non diminuée , le pouls fort et développé avec une certaine roideur ; on trouve tous les caractères d'une constitution énergique.

§ III. Traitement de lAnmarque.

475. J'ai peu besoin d'insister sur les remèdes généraux qu'pH peut opposer à l'anasaf-que , èorijme Tusage des hydragogues, des sudorifiques , des diurétiques ^ puisqu'on trouve ces objets dans tous les Traites généraux de médecine. Mais combien né faut-i] pas de sagacité dans lé clioîx de ces moyens, suivant la cause de la maladie , l'âge et les dispositions de l'individu , la saison , le climat , etc. ! Camper remarque judicieusement qu'on doit peu compter sur les évacUans , si on n'interpose habilement les stiuiulans et les. toniques. Les préceptes qii'avait donnés* auparavant Hoffmann sont pleins de sagesée. Il fait craindre fusage précipité des hydragogues ou diurétiques, comme pi'opres à produire quelquefois rinfTammalion des intestins, ou à accroîti'e un état de débilité nuisible. Il insiste surtout sur la méthode d'expectatlon , éii prolongeant le traitement un ou deux mois, et en ranimant lentement les ressources dé la nature par rinterposîtiori adroitf^ des toniques et l'emploi des évacuans simples et point trop énergiques. Il finit même par un précepte général qu'onne saurait trop méditer : In maximis morbis a)in* ' tendis y lenissima et simpUcissima remédia diii con^ iinitata. Mais lès ïtmaiéres les plas étendues et Texperience la plus consommée ne sont-elles pas quelquelbia réduites à échouer dans le traitement de ranasàrquç ou TfVvdropî^e celliilairc , lorsqu'on s'y engage sânjs^ çonBiaître la distîncticrti fbndmnentale de celle qui est essentielle ou primitive d'avec C(^le qui e^ seconda ii;e et gui lient a^uu vicç prgaiiiquç du.Qgeur ?Oja a j'éu^ssi^ avec les an|^-p]blogi^l^q,ues (Çt^Ja^saiguée, itapsriua^sarquje acliveL

486 LESIONS ORGANIQUES PARTICULICRIS;

HTDROCÈPH ALM (l).

§ !•'. Considérations géneraleSè

476. Les épanchemens d'un fluide séreux dans Fin* térieur du crâne, et surtout dans la cavité des ventricules , se forment lentement ou d'une manière subite : dans ce dernier cas , si Tépanchement du liquide est la maladie essentielle , il doit rentrer dans l'ordre des hydropisles , et c'est ce (ju'on peut encore difficilement délermîiier.

477. I^e caractère particulier de cette hydropisîe, son influence sur Féiat des sens et sur les fonctions de l'intelligence, et la monstrueuse difformation que présente souvent la tété des individus qui en sont affectés , ènt depuis long temps fixé, sur cette maladie, l'atten-

^tion des observateurs , et M. Itard a consigné , dans le Dctlonnaire des Sciences médicales , le résumé, aussi exact que judicieux, des connaissances acquises jusqu'à ce jour sur Thydrocépliale. Il rejette avec raison la division de l'hydrocépnale en hydropisie des Ventricules et en bydrocéphale proprement dite ; et considérant que cette maladie présente des caractères trèsdifTérens suivant qu'elle est aiguë ou chronique, essentielle ou symptomatlque , il admet quatre espèces : riiydrocéphale aiguë essentielle , l'hydrocéphale aiguë syniptomalîque , l'hydrocéphale chronique essen^ tielle et Fhydrocéphale chronique symptomatlque.

Page 1