CONCRÉTIONS U RI N ^ IRES
§ P*". Considérations générales^
544- J^^s affections calculeuses sont un des points de la pathologie interne sur lesquels la chimie moderne a répandu le plus grand jour, et c'est à Fourcroy et à M. Vauquelin que l'art est surtout redevable de faits aussi curieux qu'intéressans. Autrefois on s'était fait de la nature des concrétions urinaires autant d'idées liypothétiques. Schéele y découvrit le premier un acide particulier qu'on nomma d'abord acide lithique , et ensuite acide urique. Mais Fourcroy et M. Vauquelin démontrèrent, d'après l'analyse de plu^desix cents calculs , que leurs matériaux constituaiis sont en nombre beaucoup plus considérable : ils y ont reconna de l'acide urique , de Turate d'ammoniaque, du phosphate de chaux , du jphosphate ammoniaco-magnési^n,,
558 LESldNS ORGANIQUES PAKTICTTLIÈRES.
de Foxalate de chaux , et dans quelques cas > rares a la vérité , de la silice* Ces mûtériâhx , qu'ils existent seuls , ou qu'ils soient mêlés entre eux , sont toujours accompagnés d'une substance 'animale. En comparant tous les faits que l'analyse exacte d'un grand nombre de calculs a présentés , Fourcroy en distingue trois Genres : le premier se compose de calculs formés d'une seule substance , outre la matière animale qui en lie les molécules ; lé deuxième , toujours sans avoir égard à cette matière , est composé de deux substances calculeuses , et le th)isième renferme plus de deux substances diverses \ souvent même quatre. Ces trois Genres comprennent ensemble douze Espèces : de ce nombre trois seulement appartiennent au premier Genre. La première Espèce comprend les calculs d'acide urique , la deuxième ceux d'urate d'ammoniaque , et la troisième ceux d'oxalate calcaire. Le deuxième Genre renferme sept Espèces : la première se compose d'acide urlquê et de phosphate terreui en couches bien distinctes; la de.uxième , d'acide urique et de phosphates terreux mêlés intimement; la troisième, d'urate d'ammoniaque et de phosphates en •couches distinctes ; la quatrième , des deux précédens matériaux mêlés ititimeiiient ; fe cinquième ,• de phosphates terreux mêlés où intimement ou en couches fines ; la sixième , d'oxalate de chaux et de phosphates terreux en couches distinctes. Le troisième Genre contient deux Espèces i la première se compose d'acide torique t>u d^urate d'ammoniaque, de phosphates terfoux ei d*Oxaïâté de chaux ; la deuxième , d'acifc urique , d'urate ammoniacal , de phosphates terreuï et de silice. Tous ces ' matériaux n'entrent pas ans»
CONCRÉTIONS URINAIRES. ^ 55g
f r^quen^nent les uns que les autres dans la composi-tlondeé. calculs urînaires : Tacide urique est un des plus frëquens , tandis que Furate d'ammoniaque s^j trouve très-rareîuent* Les proportions des calculs d'oxalate calcaire spnt i-pcu-près d'un quart ou d'un cinquième.
545. Mai§ uft des points les plus difficiles à déterminer pour pouvoir tirer de ce travail intéressant tout le parti possible ^ consiste^ sans doute à rechercher des caractères extérieurs proprés à rec%»nnattre l'existence de telle espèce de calculs plutôt que de telle autre; or, le cathétérîsme pe suffit point pour cela , et il n'y a que la conuafissance de l'état individuel , celle des cir<ion- ^tançes précédentes, et l'examen chimique de l'urine , qui puissent y répsoidre quelque lumière.
S II. Description générale des Conaiétions urinaireS4
546. Prédispositions et causes occasionnelles. Len concrétions urina^res se forment assez fréquemment chez les enfant et les vieillards , che2 les tempérameus lymphatiques , dans les climats tempérés , en Hollande ^ en Angleterre , en France, dans les lieux dont l'air est ordinairement humide , stagnant , et dans le voisinage des marécages. Le repos ^ le sommeil prolongé , k goutte , etc. , sont autant 4e circonstances qui favo^ risent leur formation.
*^47« SjrmjHômes^ Ils varient selon que les calcula ont leur siège dans les reins, les uretères f la vessie uriiiaire ou l'ut^re. Lorsqu'ils ont leur siège dans les reins f oq i^ peut en* présumer l'exiëtence que par le défaxi^npientsurvewt'dans les fonctions de cestiscèréf ^
56o ' tiaONS ORGANIQUES PARTKrULlikEg.
de la une douleur très-vive qui sedéclare brusquement dans la région lombaire > de la toux , une ùriiie rendue goutte à goutte et aveciui sentiment d'ardeur; la rémission des symptômes p^r intervalle , mais leur renouvellement suivant la position ou rirritation produite par la présence des calculs qui rend surtout les douleurs plus vives, et causé dei nausées, des vomissemens. Si le cakul est porté dan^ les uretères , on observe des mouvemens convulsife sympathiques de Festomac , du diaphragme f des musdes abdominaux. Enfin, si le calcul est volumineux ou raboteux, et qu'il ne puisse être expulsé des reins , il- en résulte des douleurs vives et profondes avec un sentiment de constriction * de compression , d'une sorte de vrille qui ^mble percer la substance meme.des reins : Turine est visqueuse^ quelquefois même sanguinolente. Cette affection prend ordinairement une marche cbrcmiqué, et même, quand elle est arrivée au plus haut degré , il s'ensuit la suppu-^ ration ou même la destruction de la substance des reins, accompagnée d'une fièvre hectique. Souvent ces ^gnes manquent ^ et les reins sont remplis de calculs sans que les Inalades aient ressenti la plus légère dQuleur, ni niaiiifesté le moindre symptôme de néphrite. Lorsque les calculs ont leur wége dans la messie, on, éprouve une douleur dans cet organe et dans les parues voisines. Quelquefois cepèildant*ce symptôme • manque ; des calculeux ont porté pendant plusieurs années des calculs volumineux sam en être aucunei^ieQt incommodés. Cette douleur né se &it pas toujours sentir âv^ la même inteosîté'; elle est d'ailleurs ^ul^ordonnée à la foitne du calcul^ dld; $e talme par ^p.çepos, se «repoiiveUé par le monvemeiit^ augniient«
CONCRÉTIONS URINAIRES. ^ 56l
Surtout par Texercice à pied , à cheval ou en voilure ; elle est acéompagnée d'un sentiment de pesanteur au périnée , de stupeur et d'engourdissement aux cuisses^ de la rétraction et quelquefois de l'atrophie des testicules. Le malade éprouve une agitation continuelle ^ des érections involontaires , un chatouillement et une démangeaison insupportables , surtout vers le gland. L'orifice de l'urètre est même quelquefois enflammé ; l'évacuation de l'urine est souvent tout-à-coup interrompue , ou bien il y a incontinence d'urine. Mais la plupart de ces phénomènes peuvent varier à l'infini, et les signes les plus certains sont donnés par l'introduction de la sonde dans la cavité de la vessie.
§ IIL Traitement des Concrétions urinaires.
548. L'analyse chimique des concrétions urinaires a fait espérer qu'on parviendra à les dissoudre soit dans le rein , soit dans la vessie : on a conseillé à cet effet l'usage de boissons alcaUnes très-étendues ^ dans le cas où les calculs sont composés d'acide uiique ou d'urate d'ammoniaque ; tandis qu'on a proposé l'emploi des liqueurs acides très-étendues , et surtout de l'acide muriatique , lorsque les calculs sont composés de phosphate de chaux , de phosphate ammoniacomagnésien, ou d'oxalate de chaux. Lorsque les calculs ont leur siège dans la vessie , on conseille en outre d'y injecter de pareils liquides , avec la précaution: d'évacuer d'abord l'urine et d'injecter de l'eau tiède après ' qu'on les y a fait séjourner pendant quelque temps. Mais ce n'est qu'au bout d'un temps très-long qu'on peut espérer des succès de l'emploi de ces moyens. Nojos somn^es d'ailleurs encore loin de savoir bien dis-' • lu. 36
502 LESIOIfS OECABnQUES PAKTICITLièRKS.
tioguer Tespéce de calculs^ cœnme ravduent eux* mêmes tes célèbres dûfnktes dont f aï parlé pliis haut; de sorte que Topération de la lîdiotomîe ésl eûoore le seul moyen sur l'efficacité duquel on puisse compter. Je ne puis d'ailleurs que renvoyer aux ouvrages de chirurgie , et notamment à la Médecine <^>ératoire de Sabatier , et à k Nosographîe cfairui^cale de M. Ricberand , pour ce qui concerne le choix des difiérentes méthodes et des diffi^ns procéda opératoires. CTest, comme je Tai déjà dit en parlant de la néphrite, en s'ab* sienant de boissons fèrmentées , en Posant un usage abondant d'eau ou de boissons mueilagineuses et de bains tièdes , et en s'astreignant à im r^^me de yie sobre , qu'on trouve les préservatifs et les paHiatUs les plus surs.
LÉSIONS ORGANIQUES P ART ICITLI EUES J>R * L^UTÉRVS.
549- Les afEections oi^^aniques de Futéms et de ses dépendances, non compris le cancer, dont f ai parlé[rfus haut en traitant des lésions organiques générs^ , sont plutôt du ressort de la chirurgie que de la nosographie interne : tels sont entre autres les polypes uiérinB , dé^ nomination sobs laquelle on a, en général, confondu les excroissances muqueuses de ta membrane mterne ^ f utérus , et celle des tumeurs fibreuses qui âCT développent au-dessous de cette d<emière et font saillie dans le vagin. Cette dernière lésion que j'ai souvent occasion d'observer à l'hospice de la Salpetrière , a surtout ëlé décrite dans ces derniers temps par M. Philib. Roux et par Bayle ( Bibliothèque médicale , tome I ). Ces tumeurs , eu égard à leur position , peuvent présaiter les
tièiom OfttOANïQUÉS DB î/vràfcaÉ. 565
trois vari^léd suivante»- Q«(ô1(j[iiefois?dle^sie prononcent intérîea^emem dâfû» la caiviié dje l'tMerus ott du Vâjgin , attachées par un pédictite ait liea de feur insertîott ; elfes sont recouvertes» dan* tante leur étendue par ià menïbrané mucfuetrsè^ q«i est parfaitement intacte > et au-dessous de laquelle elfe» jmrais^tit avoif jwifc naissance; d'autres fois elfes se montrent à rini^rTètti* dé la matiTtce et Pont saillie dans Tabdométt. Le plus? iàii^ vent elfes softt en grand nombre et d'un volifmé pi»ti considérable ; dépourvues de pédicules , elles tSèhrtértt à l'utérus par une base plus ou moins large. Dans d'atrtres^cas, ehfin, elfes occupent l'épaisseur mênîeda tissu charnu dé la iriairicè: elles ont âîors ordinairement un volume considérable. Ces tumeurs sont fermes et résistantes; leur volume varie depuis celui d'une petite noix jusqu'à la grosseur des deux poings réunis. Des bosselures peu cillantes se remarquent à leur surface. Leur tissu , par-tout uniforme ^ ne cède qu'avec peine sous l'instrument ; leur couleur est légèrement jaunâtre ; elles ont Fappàrertôe d'nii corps fibreux dont la trame , dense et serrée , paraît composée de fibres qui s'entrelacent en tous sens. Les aréoles que ces fibres laissent entré elles sont rempliéà d'une' substance molfe et inconnue dans sa nature. tTile teintcf ' faiblement rougéâtre y indique Texlîsiencé dé vaisseaux sanguine trop fins et trop déliés pour y être a"pèrçus. Lorsque ces corps sont anciens , ils pavaii^seïït arVoir unV tendance marquée à se transforiher en Oartiiygé» , etf liiênie en une matière Osseuse. Ma^is ce cjfu'il impôïi^terait surtout d*indlquef ici , c'esl-à'^ire' leurs' .4ignésf extérieurs, n'existé point enVïdrb. Les' sèûîs dédîdeii^ qui lés aécompaghent sont dèi^dfôûiéuf^ ^Urcfé^'à^pèx*-