MANIE. I2T
des Aliénés de M. Esqiiirol : visage pale , les yeux fixes, la voix brève et forte , confusion complète dans les idées. La fureur est exprimée dans tous ses traits ^ le visage s'enflamme , les yeux deviennent étincelans si l'on s'approche ; sll'on veut lui faire quelque chose, il prodigue un torrent d'injures, menace de tout exterminer , et tombe dans une sorte de roideur tétanique : bientôt , comme rendu à lui-même , il cède et consent à tout. Tantôt rêvasseries taciturnes , tantôt vociférations, juremens, ou bien affaissement comateux ( boisson acidulée , émulsionnée ). La nuit se passe en cris effiénés; pouls dur, peu fréquent. Le huitième jour, sueur abondante très-fétide, urine copieuse; le pouls est moins dur et s'est relevé un peu. Le douzième, nuit très-agitée, fausses perceptions; il croit voir des chats, des chiens, des loups; par intervalles, sorte de tétanos passager ,* éruption de boutons sur toutes les régions dorsales et costales. Le quinzième, les boutons sont pleins d'un fluide diaphane; ils crèvent le lendemain : sommeil pour la première fois. Dès ce jour, diminution des mouvemensconvidslfs et tétaniques {onrase la tête pour faire des lotions fréquentes doxjcrat,hois^ son abondante aiguisée d un grain de tar traie antimo- 7iié de potasse). Le vingt-quatrième jour , momens lucides, mais ensuite même état de délire; fausses perceptions ; il casse , brise , déchire , tantôt par une sorte de malice préméditée , tantôt par une impulsion involontaire ; il parle de mystères , de cabale , de pierre philosophale , écrit des phrases symboliques , trace des figures hiéroglyphiques sur les murs : faim dévorante , urine abondante ; les boutons sont desséchés. Le trentecinquième jour , il demande avec intérêt ; à quelqu'un
de son pays , des nouvelles de ses parens , de ses amis ; il fait effort pour converser ; mais rincohérence de ses idées ne lui permet pas de suivre long-temps la conversation. Le quarante-sixième , il a pu descendre dans le jardin , s'aidant de la jambe gauche. Le cinquantedeuxième, obstination à rester au soleil ; alors il devient rouge , les yeux fixes eu très-mobiles , le re^jard menaçant ; il éprouve des secousses de tous les membres, du tronc , de la tète , et une sorte d'évanouissement passager : ces accidens sont les seuls qui restent de tous les symptômes nerveux qui se sont manifestés les vingt premiers jours ; ils se renouvellent à la plus petite contrariété et toutes les fois que le malade reste le visage tourné vers le soleil ; déjections plus régulières , moins noires ; sorÉmeil quelquefois avec rêves pénibles ; le délire roule sur les mêmes objets , mais laisse plus de temps pour la raison. Le cinquanteseptième {bains tièdes de deux jours Vun; les jours de bain y le malade éprouve une amélioration trèssensible et progressive^ y selles liquides; la faim est plus modérée , mais toujours impulsion à détruire , casser , salir. Le soixante-treizième ( cessation des bains généraux ^ bains de pied ^ promenades en n)oiture^ , retour complet de la raison , désir de ne revenir à ses habitudes que lorsque sa tète sera bien raffermie , mouvemens nerveux plus rares. Le soixanteseizième , ptyalisme qui est devenu chaque jour plus abondant , et n'a cessé que le troisième mois ; nouveaux progrès vers la raison , désir de revoir son amante. Le quatre-vingtième , vue de plusieurs personnes qui ont fait impression ; depuis , quelques idées disparates , présomption en faveur de sa santé y