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3.uéinoire peavcnt être lésées; mais la facvihé du jui^eiîient, c'esl-à-dire , celle de l'assoeialion das idées existe. Le maniaque, par exemple, qui se croli Mahomet, et qui coordonne avec cette idée tout ce qu'ii fait, tout ce quil dit , porte en réalité un jugement; mais il allie deux idées sans aucun fondement , c'està-dire que son jugement est faux; et, sous ce point de vue, que deviendraient la plupart des hommes si leurs jugemens erronés étaient un titre de réclusion aux Petites-Maisons ? Au contraire , dans la démence , il n'y a point de jugement , ni vrai, ni faux ; les idées sont comme isolées, et naissent les unes à la suite de^ autres; mais elles ne sont nullement associées, ou plutôt la faculté de la pensée est aholie. J'en puis citer encore pour exemple un aliéné que j'ai souvent sous mes yeux : il n'est point d'image plus frappante du chaos que ses mouvemens , ses idées , ses propos , les élans confus et momentanés de ses affections morales. Il s'approche de moi, me regarde, ni'accable d'une loquacité exubérante et sans suite. Un moment après, il se détourne et se dirige vers une autre personne qu'il assourdit de son babil éternel et décousu ; il fait briller ses regards, et il semble menacer : mais, comme il est autant incapable d'une colère emportée que d'une certaine liaison dans les idées, ses émotions se bornent à des élans rapides d'une effervescence puérile qui se calme et disparaît d'un clin d'oeil. Entret-il dans une chambre , il a bientôt déplacé et bouleversé tous les meubles ; il saisit avec ses mains une table , une chaise qu'il enlève , qu'il secoue , qu'il transporte ailleurs, sans manifester ni dessein ni intention directe ; à peine a-t-on tourné les yeux qu'il est m. 9
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déjà bien loin dans une promenade adjacente , où s'exerce encore sa mobilité versatile ; il balbutie quelques mots, remue des pierres, et arrache de l'herbe qu'il jette bientôt au loin pour en cueillir de nouvelle : il va , vient et revient sur ses pas ; il s'agite sans cesse , sans conserver le souvenir de son état antérieur, de ses amis , de ses proches , ne repose la nuit que quelques instans, ne s'arrête qu'à la vue de quelque aliment qu'il dévore, et il semble être entraîné par un roulement perpétuel d'idées et d'affections morales décousues , qui disparaissent et tombent dans le néant aussitôt qu'elles sont produites.
§ II. jDescription générale de la Démence.
II g. Prédispositions et causes occasionnelles. La démence peut être innée ou originaire , ou bien amenée par le déclin de l'âge ; souvent elle est accidentel le, et peut être produite par des excès d'intempérance , l'abus des plaisirs les plus énervans, les suites d'une attaque d'apoplexie , des coups sur la tête , une frayeur vive, des excès d'étude dirigée sans méthode.
I20. Symptômes. On remarque dans la démence une succession rapide ou plutôt une alternative non interrompue d'idées isolées et d'émotions légères et disparates , des mouvemens désordonnés et des actes continuels d'extravagance , l'oubli complet de tout ëtat antérieur, l'abolition ou une diminution marquée de la faculté d'apercevoir les objets > l'oblitération du jugement, une activité continuelle sans but et sans dessein, et une sorte d'existence automatique ; quelquefois il y a oubli ou confusion des mots et des signes propres à rendre les idées.
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' § III. Traitement de la Démence, ,
121. Il est manifeste que la démence qui a lieu par le déclin de l'a^e , et qui survient à diverses époques de la vie, n'est point susceptible d'un changement digne de remarque, et que tout traitement médical devient inutile. Ce dernier ne peut s'appliquer proprement qu'à la démence accidentelle , à celle qui survient à la suite d'un chagrin profond, ou bien durant les couches, par la suppression des menstrues, une dégénération de la manie par un traitement trop actif, une profonde mélancolie , etc. C'est alors que l'usage des excitans , soit internes , comme les aromatiques , les infusions amères , les solutions de muriate ammoniacal, etc. ; soit l'usage des épispastiques , surtout à la nuque , les frictions sèches sur les membres , les frictions avec une huile éthérée le long de l'épine du dos ; soit enfin un exercice agréable au grand air, et des manières douces et encourageantes , peuvent , par leur heureux concours, ramener l'usage de la raison. Il peut aussi s'exciter une sorte d'agitation nerveuse et comme maniaque , qui devienne comme une sorte de crise et fasse cesser entièrement le trouble et l'incohérence des idées. Enfin, on a mis en usage, dans les mêmes vues, le galvanisme; et j'ai tenté , à l'hospice de la Salpêtrière , des essais de cette sorte avec M. Aldini (i), en dirigeant le courant du fluide galvanique par les oreilles, par l'extrémité du nez, par
(i) Essai théorique et expérimental sur le Galvanisme ^ par M. Aldini. Paris , 1804.
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d'autres points de la léte : on n'a pu méconnaître, dan?? la plupart de ces cas , un effet stimulant , mais passager ; et je pense qu'un moyen semblable doit cire combiné avec beaucoup d'autres pour produire une nouvelle énergie , qui soit solide et permanente, dans les fonctions intellectuelles. 11 en sera de même de l'électricité employée suivant les méthodes connues.
IDIOTISME (l).
§ I". Considérations générales.
122. La langue française est peu riche pour exprimer les divers degrés de vésanies : aussi l'autevAr des Synonymes français a beau vouloir tracer les nuances de ce qu'on appelle dans la société^bi^ , extravaoant , insensé , idiot , imhécille , etc. , il ne fait qu'indiquer le dernier terme de l'échelle de graduation de la raison , de la prudence , de la pénétration , de l'esprit, etc. ; mais il est loin de s'élever à des notions exactes sur les divers étais dé vésanie. L'idiotisme , qu'il définit un défaut de connaissance , n'est , à le considérer dans les hospices , qu'une abolition plus ou moins absolue , soit des fonctions de l'entendement , soit des afï'ections du cœur : il peut tenir à des causes^ variées, telles que l'abus des plaisirs énervans, l'usage des boissons narcotiques, des coups violens reçus sur la tête, une vive frayeur ou un chagrin profond et concentré, des éludes forcées et dirigées sans principes , des tumeurs dans l'intérieur du crâne, une ou
(;i) Synonymie. Amenda , Sauvages , Vogel , Sagai; , CuLLE-N 3 Murosiôj Linn^us3 Cretinisme , Fodéré.