HYDROPHOBIE
OU les plaies se boursoufïïent quelquefois avec douleur. Dès que l'affeclion est déclarée , alors sentiment d'afdeur et de constriction à la gorge , déglutition diiîicile, horreur des liquides , agitation continuelle , ^....ieur brûlaïUe à l'épigastre , visage rouge , voix forte , regard étonné et farouche , respiration gênée , pouls dur tendu et inégal ; quelquefois soif très-vive, mais resserrement douloureux de la gorge , frémissement général et contractions spasmodiques des muscles de la face ) bientôt fièvre et délire, anxiétés extrêmes crachotement fréquent d'une salive écumeuse ; quelquefois grincemens de dents, envies de mordre , priapisme. L'aspect d'un hquide ou d'un corps brillant la plus légère impression de l'air suffisent pour renouveler les accidens : à leur approche, le malade prie ceux qui l'entourent de s'éloigner; mais peu à peu débilité du pouls , pâleur de la face^ refroidissement des extrémités , et la mort au milieu des convulsions ou d'une lipothymie. La durée ordinaire de la maladie est de trois ou quatre jours , et rarement parvient-elle au septième. Les résultats de l'autopsie cadavérique ont offert le plus souvent de grandes diversités, dont la plupart peuvent tenir à des variétés individuelles ou à des circonstances accidentelles.
§ 111. Traitement de rHjdrophobie.
i46. Les principes du traitement local consistent à détruire les parties imprégnées de la salive de l'animal , ce qu'on peut faire dans tous les cas par ]qs caustiques acides , salins et alcalins , et d'une manière bien plus sûre avec le muriate d'antimoine liquide.
l58 NEVROSES DES FONCTIONS CÉrÉBRALÈS.
On s'assure d'abord de la profondeur et de la direction des plaies , on les dilate ensuite s'il est nécessaire, ou on les ouvre si elles sont cicatrisées ; après les avoir laissé saigner quelque temps , on doit les laver avec une dissolution de trois grains de potasse dans une livre d'eau , et les panser avec de la charpie sèche. Le lendemain , après la levée du premier appareil , on promène sur toute l'étendue de la plaie un pinceau de linge imprégné de muriate d'antimoine , en touchant avec précaution les tendons, les vaisseaux et les nerfs ; on couvre ensuite la plaie d'un large vésicaloire, et a|„rès la chute de l'escarre , on panse l'ulcère avec des bourdonnets garnis d'un digestif, et on continue ainsi trente ou quarante jours pour n'avoir plus à craindre les effets du virus.
147. Le traitement local indiqué ci-dessus , secondé par quelques moyens généraux, comme les bains, les boissons délayantes , et même les frictions mercurielles , paraissent les meilleurs préservatifs , en rapportant cependant toute la gloire du succès au traitement local. Mais si l'on veut être de bonne foi , peuton méconnaître , en général , l'impuissance de la médecine lorsque l'hydrophobie est déclarée? ou du moins que reste-t-il à tenter , si ce n'est de rouvrir les plaies si elles sont fermées , d'insister sur les frictions mercurielles , les bols anti-spasmodiques , et sur l'attention de faire éviter toutes les impressions des sens à causç de leur excitabilité extrême ?
TSEVROSES DE LA LOCOMOTION ET DE LA VOIX. iSq