‹ Nosographie philosophique; ou, La méthode de l'analyse appliquée a la médecine (volume 5)Chapitre 44 sur 83 · III. j · texte numérisé non relu

III. j

nuit inquiète , continuation de la céphalalgie et de la douleur à l'épigastre ; exacerbalion vers midi , surtout lorsque la malade essaie a manger : alors nausées qui continuent jusqu'à ce qu'elle ait rendu du mucus visqueux par le vomissement ; continuation de ces efforts, qui sont très-pénibles ; augmentation des symptômes de la veille , abattement et même crainte de lipothymie ( alcooliques à V intérieur et a V extérieur) ; calme léger , mais retour du vomissement par le moindre mouvement : pareil état le troisième jour. Il est trèsimportant de bien distinguer les diverses espèces de vomissemens , par rapport aux cas d'empoisonnement qui sont du ressort des tribunaux. Une femme âgée de trente-sept ans et délicate, vivant habituellement dans le grand monde , éprouve des dissensions domestiques. Bientôt après, état de langueur, tristesse remarquable , abandon de la société , dégoût de la vie. Quelques années après , vomissement continuel et opiniâtre de tout ce qu'elle prend , malgré les médicamens les plus variés , lequel se termine par la mort. A l'ouverture cadavérique, nulle ahération organique de l'estomac ni des organes digestifs , si ce n'est que le pylore était un peu rétréci sans augmentation d'épaisseur. Une jeune personne âgée de dix-huit ans, d'abord bien menstruée , éprouve des chagrins violens : dès-lors, douleurs continuelles dans l'estomac. Un an après, vomissement habituel des al imens, d'abord suivi , puis précédé de hoquet; bouche non amère , point de nausées ; déjections alvines rares , peu abondantes et très-dures, dépérissement, tristesse ; disparition des symptômes durant le cours des menstrues , mais réapparition aussitôt après ; enfin ,

suppression totale de ce flux , augmentation successive de ces symptômes ; hoquet très-fatigant , accompagné d'un trouble momentané de la vue ; flatuosités trèsabondantes. On administre beaucoup de médicamens, mais sans le moindre succès.

200. Le 77ie7^x/6 me, ou l'apparence de rumination à laquelle certains hommes sont sujets , a aussi un ca*ractère conyuhïi' (iVIeiycologia si^e de runiinantibus; aut, Conrad Pejer), On trouve un autre exemple de cette sorte dans les écrits de Fabrice d'Aquapendente. Mais la rumination appartient-elle toujours aux névroses ? elle est quelquefois , au contraire, l'effet d'une conformation particulière de l'estomac. Pazonius ayant eu occasion d'ouvrir le cadavre d'un moine qui mourut de consomption à la suite de la rumination , trouva • l'estomac ainsi que l'œsophage formés d'une tunique musculeuse plus épaisse qu'on ne l'observe ordinairement. Fabrice d'Aquapendente ayant ouvert le cadavre d'un homme qui mangeait extraordinairement et avec avidité , et ruminait les alimens pendant long - temps après les avoir pris , trouva l'estomac très - volumineux. On a inséré dans les Annales de la Société de Médecine-pratique de Montpellier (tom. IV) plusieurs observations de cette affection : l'une a pour su^ jet un jeune homme remarquable par un appétit vorace et qui mangeait beaucoup de viande ; après son repas il éprouvait une douleur pénible dans la région épigastrique , sans se miment de froid et sans concentration du pouls ; bientôt après il avait des rapports suivis du retour dans la bouche d'une certaine quantité d'alimens qu'il mâchait fort tranquillement, et dont le goût lui paraissait quelquefois aigre et souvent doux

i2ï2 NEYROSES DES rONCTÎONS NUTRITIVES.

comme lors de la premièt-e mastication : cette ritmination durait pendant près d'une demi-heure , et se renouvelait à mesure que les renvois paraissaient. Le sujet de l'autre observation est un jeune homme qui , ayant fait une chute sur l'épigastre , cracha du sang pendant cinq mois. Depuis cetle époque, il vomissait tout ce qu'il mangeait ; il avait les extrémités bien nourries , mais l'abdomen si aplati , que l'on touchait facilement la colonne vertébrale : la face était maigre et triste. Il prenait les alimens avec goût et les avalait paisiblement. Au bout de cinq à six minutes , il éprouvait quelques mouvemens dans l'estomac et une espèce de fatigue à la région épigastnque ; bientôt après paraissait une partie de ces alimens à la bouche ; il les mâchait une seconde fois sans éprouver de rapports bien marqués, et les avalait ensuite. Cette rumination durait un quart d'heure , après quoi ce jeune homme devenait pale et triste. La douleur qu'il éprouvait à l'épigastre le forçait à se coucher sur le ventre , et quelque temps après il vomissait tout ce qu'il avait mangé , avec un goût aigre et rebutant. La douleur épigastrique était continuelle , et rien n^avait pu le soulager. Les excrémens étaient liquides : les alimens liquides étaient ceux qu'il rejetait le plus lot ; le pain et la viande séjournaient plus long - iemj)S dans l'eslomac. Un jeune Suisse avait très-bon appétit et avalait même gloutonnement ; quelques instans après le repas les alimens lui revenaient à la bouche presque dissous, en forme de bouillie ou de pâte chymeuse : cette matière n'avait ni mauvais goût ni aigreur ; la saveur en était toute analogue à celle des alimens. Cetle ascension des ^alimens de l'intérieur de l'estomac à la bouche se fai-

NÉVROSES DE LA DIGESTION. 2l3

sait sans diflTiculte et sans nulle incommodité pour hd ; il jouissait d'ailleurs d'une très-bonne santé , et ne se rappelait nullement le moment oiv il avait commencé à être sujet à celte rundnation.

20 1. U anorexie (i) est une névrose de l'estomac dont les exemples sont extrêmement multipliés ; Stahl en a tracé l'observation suivante. Une femme âgée de trente ans , d'un tempérament lymphatique et mélancolique , ne suivant aucune règle relativement à Ja nourriture et à l'air , est affectée , pendant deux jours^ de nausées et de vomissemens ; elle rejette beaucoup de matières visqueuses foncées en couleur (^médicament composé de substances astringentes et d'opium). Suppression du vomissement , mais nul retour de Tappétit y nul sentiment de la faim. Le peu d'alimens que la malade prend occasionne aussitôt un léger dégoût qui empêche de prendre de nouveaux alimens; décoloration et langueur générale. On doit trouver' peu étonnant que Sennert rapporte plusieurs faits fabuleux dans un article particulier de ses écrits ( à cibo etpotu abstinentia) ; il vivait dans un siècle peu éclairé , et par conséquent disposé à croire au merveilleux ; que doit-on penser de ce qu'il dit de certains hommes du nord de la Moscovie , qui étaient , suivant lui , saisis de froid vers la fin de novembre , passaient tout l'hiver sans boire ni manger comme les marmottes ^ et se réchauffaient ensuite à la fin d'avril en reprenant leurs exercices ordinaires ? Ceux qui désireront des exemples mieux choisis d'une abstinence

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(i) Synonymie. Anorexia^ Sauvages, Lims^us, Vogel^ CtjlleN; Sacar.

plus OU mollis longue , pourront recourir à la grande. Physiologie de Haller, qui indique les auteurs les plus dignes de confiance.

202. La dyspepsie (i), regardée comme une maladie , peut-elle être séparée de l'anorexie ? Gùllen s'est servi de cette dénomination pour réunir presque toutes les névroses de l'estomac- Le mot, pris' daiis son acception rigoureuse , indique line digestion lente et douloureuse. — Cette affection est d'ailleurs loin d'être toujours nerveuse , et dans beaucoup de cas'ellfe est purement sympto ma tique : aussi ses causes sontelles extrêmement multipliées. Un homme s'étarit , durant sa jeunesse, livré avec trop de passion à la masturbation , et étant affecté d'une dartre à la partie interne et supérieure de la ciiisse et au périnée, était en outre sujet à une transpiration acre hiabituelle': celle-ci se supprime ; dès-lors céphalalgie très— intense , accompagnée de vertiges , puis de bourdoïinemens d'oreilles et de bruissemens insupportables , palpitations très- fortes, gonflement glanduleux sous la branche gauche de la mâchoire , gencives tuméfiées et saignantes , aphthes dans Tinlérieur de la bouche , diarrhée; état de langueur , indifférence, tristesse, timidité , et tous les symptônies de l'hypochondrie ; mais surtout déjections pénibles.

' 2o5. La boidltnie (2) , ou la faim canine , se trouve dans le même cas que les a fl'ections précédentes ; si elle est quelquefois nerveuse ^ il est aussi des cas où

(i) Synontmie. Dyspepsia ., Vogel ^ Cullen, (2) Synonymie. Bulimia ^ Sauvages ^ LinnvEUs ^ Cullen, SagaR; Bulimus , y OGEh,

elle paraît dépendre d'une conformation particulière de Festoniac. On a des exemples variés de cette affection , et le professeur Percy en a réuni de très-curieux. Il est une boulimie à laquelle Sauvages donne le nom de volanti : les malades prennent deux ou trois fois plus d'alimens qu'à l'ordinaire : cela arrive aux femmes enceintes robustes , aux jeunes-gens qui font des exercices pénibles, aux chasseurs, aux soldats affamés. Rondelet fut long-temps tourmenté de cette maladie , à la suite d'un usage trop abondant d'épiceries. Zacutus Lusitanus et Schenkius rapportent des observations de boulimie vermineuse.

20/^. Le pica (i) n'est autre chose que la dépravation du goût, avec un désir plus ou moins grand de se nourrir de substances plus ou moins dégoûtantes. On a vu manger des excrémens : telle était la fille dont parle Zacutus Lusitanus, qui souffrait extrêmement lorsqu'on lui refusait d'aller seule à la garderobe : on trouve un exemple de cette nature dans Ettmuller. Il est très- fréquent de voir des enfans languissans à l'âge de trois à quatre ans , dévorer secrètement , pendant des mois et des années , le mortier des murs , semblables aux oiseaux qui aiment la poussière. La même observation peut se faire aussi relativement aux filles avancées en âge , qui ne sont pas menstruées ou qui le sont mal , avec pâleur , inquiétude et plaisir pour la retraite : les femmes enceintes sont souvent dans le même cas. Mais il ne faut pas confondre le pica maladif avec celui qui est le simple

(i) Synonymie. Pica y Sauvages^ Sagar^ Cilta^ Linnjeus^ Malacia , Vogel,

3l6 INTÉVROSES DES FONCTIONS NUTRITIVES.

résultat d'une mauvaise éducation. Sauvages rapporte l'observation d'un enfant gâté par la mollesse , et triste, qui refusait de manger toute sorte d'alimens : tous ses vœux et ses désirs , tant de jour que de nuit , ne tendaient qu'à se procurer le perroquet^ d'un de ses voisins. La mère de cet enfant, croyant que la vie de son fils dépendait de l'envie qu'il avait de manger cet oiseau , acbette le perroquet , le tue et le présente tout rôti à son cher enfant^: celui-ci se désole en disant qu'il ne voulait qu'entendre chanter le perroquet. Une femme avait envie de manger un peu de l'épaule d'un boulanger , et elle le desirait si fort y que son mari fut contraint de prier le boulanger de permettre à sa femme de lui mordre l'épaule pour la guérir d'une maladie qui était incurable sans ce moyen. On trouve beaucoup d'exemples analogues dans Sennert.

2o5. Colique nerveuse (i). Tant de circonstances peuvent déterminer la colique , que ce nom, pris dansi toute sa latitude , indique plutôt un symptôme appartenant à des maladies très-différentes ; tels sont un embarras intestinal , une inflammation , un empoisonnement , l'amas de matières stercorales , la sécrétion augmentée de la bile, un squirre, le flux liémorrhoïdal, etc. On conçoit facilement que je n'imiterai point en cela Sauvages , qui en fait autant d'espèces différentes , et que je me bornerai à traiter de la colique spasmodique ou nerveuse. Hoffmann donne l'observation suivante comme un exemple de colique spasmo-

(i) Synonymie. Colica spasmodica et Jlatulenta y Hoff-

MAM\ ; Sauvages, Cullen, etc.

dique et convulsive , déterminée par un emportement de colère et de la terreur. Une femme de cinquante ans , de stature médiocre , et d'une constitution laclie, avait cessé d'être menstruée depuis deux ans : du reste , elle était bien portante. Un jour, elle a un emportement violent de colère , et aussitôt après elle est affectée d'une terreur panique et d'un tremblement de tout le corps en apprenant un malheur qui venait de lui arriver : la nuit suivante , inquiétude ; le lendemain , sentiment de froid dans les lombes , et douleur tensive si forte dans la même région , qu'elle ne peut que difficilement rester dans une position droite ; bientôt après horror et refroidissement, surtout des parties externes , colique , borborygmes , anxiété trèsgrande à l'épigastre ; elle crut que l'épine dorsale était luxée. Le troisième jour, inquiétude pendant toute la nuit, cardialgie, anxiété, difficulté extrême de respirer , vains efforts pour vomir , pouls fréquent et dur, froid des pieds , constipation, besoin fréquent d'uriner , mais urine peu abondante y douleurs lancinantes dans le dos ( lavemcns , saignée du pied) ; diminution très-grande de la cardialgie , des douleurs eéuérales et du vomissement ; mais continuation de la douleur tensive dans Thypochondre droit , et de l'enflure de l'abdomen (^Icwemens carminatijs et émoiliens y jomentatlons analogues sur V abdomen ; à ï intérieur , huile d'amandes douces , étlier , aroma^ tiques variés ^ etc. ) ; déjection alvine ; du reste même état ; alternativement enflure de l'abdomen avec une douleur tensive telle que la moindre pression était douloureuse; ou rétraction très-grande de l'ombilic et resserrement spasmodique de l'abdomen; excrétion

2l8 NÉVROSES DES FONCTIONS NUTRITIVES.

de l'urine toujours difficile , douleur au dos et à l'hypocliondre droit. Le septième jour (^alcool de potasse , éther sulfurique , etc.) y sueur abondante qui dure pendant toute la nuit , et force à changer plusieurs fois de linge; soulagement très-grand; retour de l'appétit et du sommeil , mais continuation de la douleur du dos ; excrétion facile de l'urine , nul sédiineni Çpurg a tif ) ; déjections alvines libres , et retour à la santé.

206. Un homme (observation de Hoffmann) fort, robuste et replet , âgé d'environ trente ans , s'enivre avec de la bière , entre en dispute avec des amis , retourne chez lui pendant un temps brumeux , et mange du porc gras avec beaucoup de pain : aussitôt après colique et diarrhée; celle-ci se supprime, vu que le malade allait à la selle en plein air ; de là , douleur très-forte dans tout l'abdomen , les lombes , les hypochondres ; constipation, froid des membres , anxiété , inquiétude, sentiment de contraction à l'épigastre (^ecoction d^avoine dans laquelle on jait injuser de la camomille et des fleurs de sureau ; sulfate de magnésie , nitrate de potasse , huile d'olives , lavemens émolliens ; à r intérieur, carminatifs et anodins y puis plusieurs bains d'eau douce); guérison.

207. Colique de plomb (i). Cette maladie était inconnue aux Anciens : Citois , médecin de Louis XIII , en a donné une description exacte ( Diatriba de nova etpopulari apud Pictones dolore colico ). Dehaën ,

(i) SvJSoyvMiE, Rachialgia, AsTRUC , Savv AGES j Sagap. 3 Colique de plomb, Colique du Poitou, Colique des peintres, Colique saturnine.

NÉVROSES DE LA DIGESTION. 2ïC)

qui avait publié en i j/^S une Dissertation sur cette colique , en a beaucoup mieux approfondi la nature dans son ouvrage de clinique ( Ratio medetidi , t. V ). Un autre observateur très-exact , Huxhani , l'a décrite dans ses Epidémies ( de M or ho colico dammoniorum ) y et il est entré dans le détail de toutes les circonstances locales qui ont pu concourir à la produire. Tronchin a éciit sur cette colique , et on connaît la critique amère qui a été faite de sa Dissertation par un médecin de Paris, année lySS , critique qui annonce bien plus l'intention directe de contredire que celle d'éclaircir l'objet particulier de la discussion. Stoll a fait de nouvelles recherches sur la colique de plomb (6^o//V:a saturnina ) , et il a nonseulement mieux décrit la variété de ses symptômes , mais encore analysé et simplifié les principes du traitement , qu'il réduit à l'usage alternatif des doux laxatifs et des narcotiques. Luzuriaga , médecin de Madrid (2) , a surtout développé avec soin l'action particulière de ce métal et de ses préparations sur l'influence nerveuse et les fibres musculaires , et il rend ainsi raison de l'abattement , de l'atonie , et de l'état de langueur qu'on éprouve dès l'invasion même de la maladie. Une Dissertation sur celte même maladie a été soutenue à l'Ecole de Médecine par M. Mérat : je vais extraire quelques observations de

(i) Dissertatio inedica sobre el colico de Madrid , inserta en las Memorias de la real acadeniia inedica de Madrid ^por el doclor don Ignacio-Maria Ruiz de Luzuriaga ^ socio de la redits sociedades de medecina e hisloria natural de Ediniburgo j ^\.c. Madrid; 1796.

cet ouvrage réimprimé en 1812 (1). Un homme âgé de Irente-cinq ans , potier de lerre depuis douze ans , d'une bonne constilulion , avait déjà eu six fois la colique de plomb en quatre années. Depuis huit jours , malaise , inappétence , constipation , et déjections alvines mêlées avec un peu de sang. Le malade s'éîant refroidi , ressentit de fortes coliques et vomit abondamment. La nuit du deuxième jour , coliques violentes ; le troisième jour , entrée à la Charité ; le quatrième jour , soif, point de fièvre; parois de l'abdomen rétractées et nullement douloureuses au toucher , constipation , urine naturelle ; point d'appétit. On commença le traitement le septième jour : peu de coliques le huitième ; appétit commençant le neu\ième; disparition complète des coliques le onzième ( continuation du traitement ) : guérison complète le vingt-deuxième jour. L'observation suivante offre un exemple de colique de plomb chronique. Un homme de trente-un ans , d'une constitution assez robuste , faïencier depuis trois ans et huit mois, est à sa première colique métallique : jusque là il s'était très-bien porté. Huit mois avant il commença à ressentir les atteintes de sa colique : douleurs d'abord sourdes , deux à trois vomissemens par jour. L'excès des douleurs le força de s'aliter pendant trois mois : il commença à travailler ensuite pendant un mois et demi ; mais il fut de nouveau forcé de garder le lit pendant deux mois ; au bout de

(i) Traité de la Colique métallique , par Mérat de Vaiimartoise. Paris.

NEVROSES DE LA DICESTlOlSr. 22t:

ee temps il travailla pendant cinq semaines , quoique avec beaucoup de peine. Venire rétracté, rots, flatuosités , constipation , fortes coliques , vomissement de iTiiitières vertes et amères , douleurs dans les membres , surtout vers les articulations. L'auî>niematioîi successive de ces symptômes le foi ça à entrer à l'hôpital de la Charité le ,i6 avril i8o5. Les deux jours suivans, boissons délayantes. Le troisième jour de l'entrée ( eau de casse avec le tartrale dépotasse atitimo-' nié y tisane sudorijique y lavement anoduy ihériaque , cinq bouillons ) , abdomen un peu enfoncé , pouls dur et plutôt rare que fréquent, écoulement libre de l'urine , quatre selles , point de vomissement , nuit tranquille. Le quatrième jour ( tisane ::udovfLque purgative ^-lavement pwgat-J ^ lavement anodn , thé" riaque y deuoc soupes , tnvs bouilkms ) , quelques coliques sourdes, cinq selles, sommeil. Le cinquième jour ( purgatif des peintres ^ lavement anodin, thériaque ) , déjections alvines fréquentes , diminution des symptômes. Le sixième jour ( tisane sudorijique laxative^ lavement anodin , thériaque ) ^ deux selles , plus de coliques ; continuation du mieux être ; le malade se lève ; sommeil tranquille. Le septième jour ( mêmes rnéd camens ) , coliques continues , moins fortes , face un peu moins jaune , pouls moins dur ; deux selles. Le huitième jour ( purgatif des pehitreSy lavement anodin, thériaque), coliques rares; déjections abondantes , nuit bonne. Le neuvième jour , mieux être. Le dixième jour , quelques coliques sourdes. Le onzième jour ( purgatif ) , sept à huit selles , disparition de toutes les coliques, h^ treizième jour , guérison complète.

208. Iléus nen^eux ( i ). Les anciens donnaient le nom d'iléus à toutes les douleurs des intestins ; mais on a maintenant mieux précisé son acception , et on désigne sous ce nom le vomissement accompagné d'une constipation opiniâtre. Mais la réunion de ces deux symptômes peut appartenir à des maladies très-différentes, telles que l'inflammation , Félranglement herniaire , les vers , l'endurcissement des matières fécales, un amas de fruits ou autres corps arrêtés dans le cours du canal intestinal , le squirre des intestins , une tumeur des parties voisines ^ qui comprime ces dernières; enfin le vomissement et le spasme des intestins. On conçioit que je ne dois traiter ici que de Y iléus nerveux : on en trouve un exemple dans Sennert ; Barthez en rapporte aussi deux observations dans un mémoire inséré parmi ceux de la iS'ociété médicale d'Emulation, sous le nom de colique iliaque nen^euse. Un homme était attaqué d'une inflammation lente du pharynx qui subsistait depuis quelques mois , et dont les suites avaient affecté toute sa constitution , au point qu'il était tombé dans un état de dépérissement qui allait en croissant d'une manière sensible ; quelque temps après , douleurs dans l'estomac et les intestins de plus en plus fortes. Chaque jour , environ quatre heures après le dîner , spasme douloureux dans la région épigastrique , qui gênait la respiration , et qui était le précurseur d'un vomissement dont les effets étaient violemment convulsifs. Ce vomissement n'avait en-

(i) Synonymie. Dolor et spasmus iliacus ^ Hoffmakn ; Iléus spasniodicus , Sauvages .

traîné d^aboid que des restes d'alimens mal digérés ; mais un jour il chassa une grande quantité de ma-» tières liquides que le malade rendit sans y sentir au* cun goût amer ni autres , et qui était d'une couleur verte foncée , absolument analogue à la décoction de feuilles et de fleurs de mauve qu'il avait prise en lavement une demi-heure auparavant. Le même phénomène se répéta encore à la suite de deux ou trois autres lavemens semblables , qui furent administrés peu de temps après (^sangsues à V anus y vésicntoives sur lép'gastre y camphre , assa-jœtida et nitre ), Le lendemain, diminution des douleurs, hoquets momentanés, mais fréquens. Le troisième jour, diminution encore plus grande des douleurs , cessation du vomissement.

§ IL Description générale des Névroses de la

digestion.

Spasme de V OEsophage^

2og. Prédispositions et causes occasionnelles. Tel» sont une constitution délicate et nerveuse, l'usage de boissons froides , surtout après un emportement de colère , un dégoût extrême, une imagination fortement frappée , une irritation étrangère portée dans l'œsophage , dans l'estomac ou les intestins.

2IO. Symptômes. La déglutition est difficile , douloureuse, même impossible, si le spasme affecte le pharynx. Lorsqu'il a lieu dans l'œsophage, la déglutition est assez aisée ; mais le bol alimentaire est arrêté dans la partie moyenne ou inférieure de ce conduit , avec douleur entre les épaules, et quelquefois vomissemens.

Cardialgie,

211. Les prédispositions et causes occasiofineîleS les plus ordinaires sont l'afFaiblissement par un allaitement prolongé, etc. , les poisons , un émétique trop violent ou un purgatif drastique (i), des affections vives de l'âme, les anomalies de l'évacuation sexuelle, la suppression du flux hémorrhoïdal, la dysenterie, la présence de vers dans le conduit alimentaire, la rentrée d'un exantîiènie , la suppression de la goutte.

212. Les sjmpiômes sont un sentiment d'anxiété et un resserrement douloureux dans l'épigastre , avec un sentiment de défaillance. La gastrodjnie en diffère en ce qu'il n'y a point de menaces de lipothymie.

Pjrosis,

^i3. Prédispositions et causes occasionnelles, La pyrosis est quelquefois occasionnée , surtout chez les habitans du Nord , par l'usage de viandes salées et desséchées à la fumée , par celui de corps sucrés et autres fermentescibles ; ses causes sont d'ailleurs fréquem-

(i) L'action nerveuse de l'estomac est sans doute un des premiers mobiles de l'économie animale. Van-Helmont , à travers touleslesincorreclions d'un style figuré et d'une foule de termes abstraits pris pour des réalités, fait jouer le plus grand rôle ù ce qu'il appelle son archée ( Morborum sedes in anima stn^ sidva) : or , le siège de cet archée est, suivant lui , dans l'estomac. Un observateur bien plus exact et plus digne de servir de guide, Wepfer, dans son excellent Traité de Cicutâaquaiicâj, fait les remarques les plus judicieuses sur l'action nerveuse de l'estomac ; qu'il a pour ainsi dire personnifiée , en la regardant comme un surveillant actif de tout le système nerveux : Prœses systematis nervosi.

NEVROSES DE LA DIGESTIOK. 225

ment Inconnues : elle est aussi souvent purement symptoniatic[ue.

214. Syniptôines. On éprouve une sensation de chaleur ardente dans l'estomac, laquelle se propage le long de l'œsophage jusqu'à la gorge et jusque dans l'intérieur de la bouche , et est suivie de l'expuitiou d'un liquide limpide souvent très-acide.

Komissement spasmodlque,

21 5. Prédispositions et causes occasionnelles. Le vomissement nerveux ou spasmodique est occasionné par la présence de matières étrangères dans l'estomac ou le duodénum, ou dans une partie quelconque du tube intestinal , la présence d'un calcul dans un des uretères , la tristesse , une cliute sur la tète , la métastase d'une affection cutanée , l'éruption de la variole , l'état de grossesse , etc.

21 6. Sjrnptôines, 11 est quelquefois précédé d'une douleur vive à l'épigastre , d'anxiétés , dé hoquet , de secousses du diaphragme ; surviennent ensuite les contractions de l'estomac par lesquelles les matières qu'il contient sont poussées vers l'œsophage.

Dyspepsie,

217. Prédispositions et causes occasionnelles, ha dyspepsi-e est souvent occasionjiée par un état de débilité de l'estomac , des flatuosités , l'excès des alimens , la leucorrhée , la suppression d'évacuations habituelles, l'excès dans les plaisirs de l'amour.

218. Sjmptômes. La digestion est lente, souvent pénible , et quelquefois même douloureuse : elle est alors accompagnée de lésions locales et générales variées.

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