SYPHILIS
rées par Fusage interne de ce qu'il appelle sa tisane nitrique , combiné avec celui de la pommade oxygénée , comme topique. Mais pourquoi recourir à des moyens douteux qu'on s'empresse de mettre en vogue , et qui retombent aussitôt dans l'oubli , tandis que rien n'est plus constaté que l'efîicacité du mercure employé sous diverses formes , et que , si on excepte quelques cas très-rares de la maladie sypliilitique très-invétérée ou compliquée avec quelque autre affection cutanée ou glanduleuse , on peut parvenir presque toujours , en administrant avec méthode ce médicament (i) , à obtenir une guérison solide ? Les expériences les plus authentiques faites dans un hôpital de vénériens de Paris , n'ont-elles pas constaté que tantôt les frictions mercurielles seules ^ les emplâtres mercuriels , les fumigations du même métal ^ les lavemens anti-vénériens , les préparations du meicure insoluble , ou enfin les sudorifiques , pouvaient , chacun séparément et dans les cas les plus simples , guérir les maladies vénériennes ; que , dans d'autres cas plus rebelles , il fallait combiner les frictions mercurielles avec les sudorifiques , ou bien indistinctement avec les fumigations mercurielles , le muriate mercuriel corrosif^ ou les lavemens anti-vénériens (2) ; qu'enfin , lorsque la maladie est plus invétérée , il fallait user simultanément ou successivement des préparations mercurielles sous
^i) Je suis loin d'exclure^ dans certains cas, plusieurs remèdes non mercuriels dont parle Swédiaur y et surtout l'usage interne de l alcali volatil (ammoniaque) du professeu*' Peyrilli^,
(2) Observations faites ^ et publiées par ordre du Gouvernement y sur les différentes méthodes d'administrer le mercurs danf les maladies vénériennes ; par De Home.
5o8 LÉSIONS ORGANIQUES GENERALES.
diverses formes ? Je ne puis que renvoyer , pour ce qui concerne le modedadminislradon des incrcuriaux, au traité de M. Swédiaur , à la Matière médicale de Schv^ilgué , et à l'ouvrage déjà cité de M. Lagneau , où sont développées les méthodes de traitement employées à l'hôpital des Vénériens de Paris. Mais un point qu'il n'est pas facile de résoudre , c'est le degré d'utilité des bois dits sudorifiques : exaltés par les uns , ils sont absolument rejetés par les autres. Ils paraissent cependant avoir des avantages bien marqués , surtout dans les affections syphilitiques invétérées et qui ont résisté aux mercuriaux. En voici un exemple. Une femme présentait , lors de son entrée à l'hôpital , I**. un engorgement du périoste de la partie inférieure du tibia droit , formant un nodus indolent depuis dix ans ; 2^. une exostose considérable dans toute l'étendue du tibia gauche depuis trois ans; 3^. enfin, de violentes douleurs vénériennes au bras et à la jambe gauches. On avait administré successivement tous les composés mercuriaux sans succès. M. CuUerier en étant informé , ne prescrivit que la salsepareille et le gaïac à l'état de sirop , à la dose de quatre onces tous les malins pendant vingt-cinq jours , puis il le fît continuer à six onces pendant trente autres jours ^ époque à laquelle elle fut guérie. On donna pour boisson ordinaire la tisane sudorifîque , et on administra beaucoup de bains. La malade fut complètement guérie deux mois après son entrée. M. Culîerier emploie souvent, et avec beaucoup de succès, les sudorifiques ; mais il les donne à plus forte dose qu'on ne le fait communément. Voici comment il les administre en boisson : Prenez salsepareille coupée , deux onces ; gaïac