‹ Nosographie philosophique; ou, La méthode de l'analyse appliquée a la médecine (volume 5)Chapitre 59 sur 83 · ORDRE SECOND · texte numérisé non relu

ORDRE SECOND

4i I. Il serait injuste de reprocher aux Nosologistes qui nous ont précédés , même aux plus modernes , d'avoir introduit des distributions générales de maladies désignées par des^ dénominations vagues , fon-

4l8 LÉSIONS ORGANIQUES PARTICULIERES.

dées sur de simples apparences ou sur des affections symptomatiques, puisqu'on n'avait poirit encore songé à s'ëclairer de la marche analytique , qu'on ne s'était point élevé à la considéiation des maladies qu'on peut regarder comme élémentaires , qu'on n'avait point enfin étayé ces divisions sur leurs affinités réelles : on avait donc été obligé d'introduire les dénominations vagues d^ intumescence , de cachexie , de pol} sarcie ^ àe consomption y d' atrophie j de phjsconie^ depneumurtose, etc., qui n'indiquent que de simples apparences, ou un simple point de conformité.

. 4^2. Quelle idée, en effet , présente le mot intumescence ^ lorsqu'on lui donne une étendue sans bornes , et qu'on s'en sert pour désigner également un accroissement de volume par un excès d'embonpoint , par un dégagement d'une substance aé ri forme ou gazeuse , par un épanchement d'un liquide lymphatique 1 Que peut - on entendre par le mot cachexie y lorsqu'on veut lui faire comprendre une dépravation de toute l'habitude du corps ou d'une de ses parties , en excluant cependant celle qui est produite par un état fébrile ou par une chlorose ? L'atrophie et la consomption peuvent tenir à tant de CTixonsiances particulières , que l'application de ces mots est entièrement indéterminée. Ge qu'on appelle physconie ou tumeur abdominale qui croît peu à peu , et qui n'est ni sonore ni avec fluctuation , peut é«^alement tenir à un état du foie , de la rate , des reins , de l'utérus , des ovaires , du mésentère , des intestins , etc. ; eu sorte que celte dénomination réunit les objets les plus disparates , et ne présente aucune idée claire et pi'écise. Une pareille méthode da

LÉSIONS ORGANïQUF.S PAP.TICUUERES. 4lO

classification n'est donc nullement propre à faire Caire des progrès solides à la science , et à donner lieu , par des rapprochemens naturels , à des vérités nouvelles. J'ai donc préieié , dans l'Ordre précédent , d'admettre une série de maladies qui peuvent également attaquer toutes les parties solides , dénaturer leur structure organique , et donner naissance à de nouveaux produits qui n'appartiennent pas à l'exercice naturel des fonctions de la vie. Ces maladies , dont la nature constitutive nous sera toujours inconnue , et qu'on ne peut désigner que par leurs signes extérieurs, ont alors, quelle que soit la différence de leurs résultats , des conformités générales , par l'étendue des parties qu'elles peuvent affecter , et par les changemens profonds qu'elles peuvent introduire dans toutes les parties , si on ne parvient à arrêter leur marche destructive.

4i5- Dans ce deuxième Ordre de la même Classe des lésions organiques , je comprends celles dont le caractère distinclif est bien plus déterminé , puisque le domaine de chacune est circonscrit à certains systèmes de l'économie animale ou à certains viscères , que leurs effets ont été si souvent reconnus et constatés par l'autopsie cadavérique , qu'elles ont déjà manifesté leurs nombreuses variétés et les divers développemens dont elles sont susceptibles. La connaissance de ces maladies peut être chaque jour perfectionnée par la comparaison des symptômes qni se sont manifestés durant leur cours , avec les"changemens de tissu et de structure organique 'q'uëlè^r terminaison funeste a rendiis sensibles; 'I)é ce riom'brè 'sont les lésions organiques du cœur et des gros vais-

ij.20 LÉSIONS ORGANIQUES PARTICULIERES

seaux , celles du système lymphatique et celles des viscères parenchymateux y «omme le poumon , le foie, la rate, la matrice. On a répandu déjà de grandes lumières sur chacune de ces affections ; et c'est sous ce rapport surtout que l'anatomie pathologique continua de faire chaque jour de nouveaux progrès. Mais on doit se garder d'isoler ces considérations , et de les sé^ parer de l'histoire exacte des symptômes qui se sont manifestés successivement avant la terminaison funeste de la maladie ; car ces deux objets doivent s'éclairer l'un par l'autre , et c'est par leur réunion seule que la médecine peut être perfectionnée.

4i4- Les systèmes cellulaire et cutané sont aussi susceptibles de certaines lésions dans leur tissu ou leur structure organique , indépendamment de celles qui sont du ressort de la Nosographie chii-urgicale ; mais comme la ligne de démarcation qui sépare la médecine interne et la médecine externe sous ce rapport n'est pas bien déterminée , et qu'il reste encore beaucoup de recherches à faire sur ces objets considérés même du côté de la Nosographie interne , je me bornerai à en donner de simples notices, en form» d'appendice de ce deuxième Ordre.

IjisiONS ORGANIQUES DU COEUR ET DES

Page 1