ANÉVRY9MI.S DE L* AORTE
vrysmes , leurs divisions , leurs causes , leur traitement , ne conviendrait-il pas de faire un extrait méthodique de ces difFérens ouvrages y en commençant par les ané vrysmes du cœur et de Faorte , et en continuant ainsi j^ar ceux des autres artères? Les monographies contribuent sans doute puissamment aux progrès de la médecine interne et externe ; mais , sans Tordre , la précision et un style aphoristique , la multiplication excessive des volumes ne fera-t-elle point tomber dans une énorme et stérile abondance?
S II. Description générale de V Anévrjsme de l aorte,
44^. Prédispositions et causes occasionnelles , Elles sont , en grande partie , les mêmes que celles des anévrysmes du cœur ; mais ce sont surtout l'augmentation de la force impulsive du cœur et les obstacles apportés au cotirs du sang au-delà d'un certain point dans l'aorte , et tout ce qui peut affaiblir ou désorganiser les parois de ce vaisseau , comme les efforts violens , les coups portés sur l'extérieur de la poitrine ; en outre y la suppi^ssion de la gale , d'une dartre , etc.
447* Sjmptômes. Ils varient suivant le siège , levolume et l'étendue de la tumeur. On sent par le loucher , outre les battemens du cœur , un bruissement un peu au-dessus du siège de ce dernier. Le *on qui résulte de la percussion du côté gauche de la poitrine est mat ; le pouls est très-ir régulier ; souvent il n'est pas le même aux deux bras. La tumeur est-elle perceptible au toucher ou à la vue , on y sent des pulsations qui sont isochrones à celles de« ai-y
tères. Les signes sonl, en général, très-douteux lorsque Tanévr^sme de l'aorte s'étend vers la colonne épinière- Cet anéYrysme peut comprimer la trachée , l'œsophage, les vaisseaux qui se portent au cerveau ou qui en viennent ; delà un sifflement qu'on fait entendre en respirant, la dysphagie , la tendance à l'apoplexie. Il peut aussi se romjjre dans la trachée ou l'œsophage , et faire périr le malade des suites de l'iiémorrhastie.
§ HT. Traitement de ï Ané^rysme de l'aorte.
44s. Morgagni rend hommage au talent de Valsai va , qui , ayant trouvé beaucoup plus souvent qu'il n'aurait cru des traces de l'anévrysme de l'aorte , et frappé de la fréquence d'une inaladie aussi dangereuse, rechercha les moyens qu'on pourrait prendre pour arrêter son accroissement et ses progrès. Il profita des vues q\ii lui avaient été suggérées par la lecture attentive d'un passage d'Hippocrate sur les varices des veines internes , sur les saignées répétées , et le régime sévère qui peut en arrêter le cours. Il ne se borna point à une simple présomption et à des indices tirés' de la pulsation ou de quelques autres symptômes; mais il eut encore lieu de se convaincre de la vérité par ses propres yeux. Il eut occasion d'ouvrir le cadavre d'un homme qu'il avait guéri d'un anévrysme interne , et qui avait ensuite succombé à une autre maladie : il trouva que la partie de l'artère qui avait été autrefois le siège de l'anévrysme avait non-seulement repris son calibre ordinaire , mais qu'elle conservait une sorte de callosité dans
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ANÉVRYSMES DE l'aORTE. /^5^
le Heu affecté. Voici quelle était sa méthode : après avoir fait pratiquer quelques saignées , Valsalva faisait diminuer progressivement la nourriture et la boisson de jëur en jour , jusqu'au point de parvenir à ne doiuier au malade qu'une demi-livre de bouillie le matin , et deux fois moins le soir. On n'accordait , outre cela , que l'usage de Teau, en se bornant même à une certaine quantité , et en y mêlant un peu de gelée de coing ou autre substance analogue. Lorsqu'il avait ainsi exténué le malade au point de l'avoir réduit à ne pouvoir se lever de son lit , il commençait à augmenter chaque jour , par degrés, la nourriture jusqu'au rétablissement entier de ses forces. Si, durant les premiers jours que le malade se lève , les palpitations se renouvellent encore , il ne faut point s'en effrayer , puisque l'expérience apprend qu'elles ne continuent point , qu'elles finissent par disparaître et ne pins éprouver de retour. Lancisi remarque qu'il faut s'y prendre de la même manière pour arrêter les progrès des anévrysmes externes. Il est vrai , comme Morgagni a soin de le noter , que ce Irailement imposé par Valsalva peut paraître un peu dur, et qu'il est difficile de le faire adopter à une époque où il peut seulement être efficace , c'est-à-dire lorsque le malade n'éprouve que de légères incommodités , et qu'il ne connaît point le danger qui le menace pour l'avenir ; souvent il finit par s'y déterminer lorsque des angoisses extrêmes et une mort imminente sont audessus de toutes les ressources. Quelquefois des lotions des bras et des mains, ou même des bains chauds de ces parties , ont produit un soulagement marque , en facilitant , sans doute ; la circulation locale et eu
dégageant un peu la tumeur. Morgagni ajoute qu*eii faisant des frictions aux Lras plongés dans l'eau cbaude^ il parvenait à soulager deux jeunes personnes , dont J'iine éprouvait par intervalles de grandes anxiétés dans la région précordiale , avec un sentiment de suffocation , et l'autre une sorte de suspension des fonctions des sens ; et c'est ainsi qu'il faisait céder prompteinent les paroxysmes qui , sans cette attention , étaient d'une très -longue durée. Un autre malade, dont on avait annoncé la mort comme très-prochaine , fut aussi conservé plusieurs mois ; et comme des convulsions internes produisent quelquefois ces anxiétés et peuvent se joindre au vice organique , accélérer lé retour des paroxysmes et augmenter même leur intensité, si on révoque en doute l'utilité de ces frictions dans l'eau chaude comme moven de révulsion , on ne peut méconnaître un effet direct produit par le relâchement ; et c'est ainsi que Sénac a vu souvent les frictions et les pédiluves faire cesser les palpitations du cœur.