‹ Nosographie philosophique; ou, La méthode de l'analyse appliquée a la médecine (volume 5)Chapitre 70 sur 83 · J.ÉSJONS ORGANIQUES PARTICULIÈRES DU CERVEAU OU DES MÉKINGES · texte numérisé non relu

J.ÉSJONS ORGANIQUES PARTICULIÈRES DU CERVEAU OU DES MÉKINGES

5i6. On a beaucoup multiplié les observations sur les changemens que peut éprouver Forgane encéphalique , soit dans sa substance propre , soit dans celle des méninges, et on connaît les diverses altérations qu'il peut éprouver à la suite des coups , des chutes ou des blessures. Ges divers objets sont du ressort de la chirurgie. On connaît aussi les excroissances fon^ gueuses qui semblent puîiuier comme d'un fonds inépuisable à la suite de ces accidens divers , et dont le iraitement est purement chirurgical. Je ne dois pas non plus revenir sur tous les changemens que peuvent éprouver le cerveau et les méninges dans certaines maladies comprises soit dans la classe des phlegmasies^ soit dans celle des névroses : toutefois, comme les fonctions du cerveau sont enveloppées d'un voiie obscur.

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et qu'on est encore bien loin d'avoir déterminé jusqu'à quel point ces fonctions peuvent être troublées ou interrompues par des cbangemens de structure , soit dans la substance cérébrale, soit dans les méninges, soit enfin dans les os du crâne , il est utile d'exposer ici le résultat des recliercbes multipliées qu'on a faites sur cet objet ^ d'autant plus qu'il est souvent douteux si on doit les considérer simplement comme des variétés accidentelles de structure et sans aucun rapport à un état de maladie , ou si on doit les rapporter à un état pathologique.

617. On sait que Meckel , dans ses Obsen^ations analomico - physiologiques ^ cite , parmi les causes physiques d'aliénation une plus grande gravité spéciiîquc du cerveau (Mémoires de VAcad, de Berlin^ lom. XX) ; et il remarque aussi qu'il peut y avoir des altérations particulières dans cet organe par la formation d'une certaine matière calculeuse dans quelquesunes de ses parties : à ces considérations il ajoute ses propres conjectures sur les effets qui doivent s'ensuivre de la congestion de la lymphe, d'un sang acre, d'une p rande détermination du sanc^ à la tête , ou de la compression du cerveau, ou de l'irritation produite parle pus, ou d'une irritation particulière exercée sur la paire vague. On peut ajouter à ces considérations celles qui ont été faites sur le même objet par Willis, Morgagni , et plus récemment encore par Jean (xredinf^ , médecin allemand : mais n'a-t-on pas tiré des résultats trop généraux de quelques faits particuliers ? 5 18. Il en est de même des remarques nombreuses et très-multipliées sur le volume plus ou moins grand de la tête dans l'homme, relativement aux lésions des

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fonctions de rentendement ; sur la forme du crâne , qu'on a trouvée quelquefois allongée et comprimée sur les cotés, d'autres fois ronde et plus ou moins rapprochée de la forme sphérique ; sur des épancbemenii entre les méninges; enfin sur toutes les particulariiés qu'on a trouvées dans les ventricules latéraux, j'a glande pinéale, le cervelet, la glande pituitaire. On a cru pouvoir par là remonter aux causes des lésions des fonctions intellectuelles, parce que toutes ces différences ont eu lieu quelquefois sur des personnes mortes dans un état de manie, de mélancolie, de démence, d'idiotisme ou d'épilepsie. Mais combien ne doit-on pas être réservé sur cette correspondance entre les lésions des facultés morales et les particularités de conformation que peuvent offrir les parties du cerveau ou du cervelet , les membranes ou les os qui leur servent d'enveloppe î On peut consulter sur cet objet la septième section de mon Traité médico-phi-^ losophique sur r Aliénation mentale f 2*^ édition, Paris, 1809. Combien de travaux et de recherches n© faudrait-il pas d'abord faire sur toutes les particularités de structure que peut offrir l'extérieur ou l'intérieur de la tête indépendamment des lésions de l'entendement! Je puis attester que, dans l'hospice de la Çalpêtrière , où les ouvertures des corps ont été , en général , faites soit sur les infirmes qui ont succombé à diverses maladies, soit sur les ahénées , il s'est trouvé plus souvent dans les premières des différences frappantes sous ce rapport que dans les dernières.

5 19. On sait que l'analogie qui règne entre l'instinct des animaux et les différentes facultés de l'homme a

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fixé rattention du docteur Gall (i); le cerveau élaiît l'organe auquel se rapportent ces fonctions , est devenu l'objet de ses recherches ; il l'a considéré comme un composé de plusieurs organes qui sont aussi indépendans entre eux que les fonctions qui en naissent , et dont cliacun 3e trouve logé dans une dépression de la face interne du crâne qui lui correspond exactement, ïl a attribué à l'accumulation de ces organes îe déve^ loppement et l'augmentation de la masse cérébraJe de haut en bas et de derrière en devant. Il a ajouté que les instincts des animaux conviennent également à l'iiomme , et se rencontrent en lui avec leurs organes ; que, pour les facultés qui lui sont propres exclusivement , il possède des organes nullement existans dans les autres animaux , et il a conclu que le perfection-^ ïiement des facultés est en raison directe du développement du cerveau de bas en haut et de derrière en devant ; d'où la variété que l'on remarque entre les facultés de l'homme et celles de différentes espèces d'animaux simplifia 3a connaissance de celui-ci par l'inspection seule de la tête. Trente organes figurent dans ce tableau^ et on y trouve aussi leur siège. L'organe du courage, par exemple , existe, suivant Galî , dans le cerveau , à l'endroit qui répond à l'angle postérieur et inférieur des pariétaux , et celui de la mémoire est là où répond la partie antérieure ou inférieure du frontal. Dans ces parties, ce médecin croit avoir observé un plus grand développement de la masse cérébrale. Sans doute que l'anatomie comparée a beau-

(i) Des Dispositions innées de l'âme et de l'esprit. Gall et Spurzheim. Paris j, 1811.

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