‹ Nosographie philosophique; ou, La méthode de l'analyse appliquée a la médecine (volume 5)Chapitre 72 sur 83 · La diffictdté de remonter à la vraie cause de · texte numérisé non relu

La diffictdté de remonter à la vraie cause de

ces lésions se déduit facilement des recherches faites

avec, tant de sagacité par Morgagni (Ep/sf. XF, de

Caus. et Sedib, Morb, ) sur la diversité des obstacles

53o LESlOTfS ORGANIQUES JPARTICULIERES.

-qui peuvent troubler la respiration , et qui peuvent se trouver quelquefois dans la tête , quelquefois même dans le ventre , outre ceux qui peuvent avoir leur siège dans les poumons mêmes ou leurs dépendances. Boerhaave avait été plus loin en avançant qu'il n'y avait presque aucune partie du corps qui ne concourût à celle fonction ; c'est «é qui fait souvent une trèsgrande difficulté dans les maladies , pour remonter à la vraie cause d'une lésion quelconque qu'éprouvent les poumons dans leurs fonctions. Willis, par exemple , a confirmé, par ses propres observations que, dan» l'asthme convulsif de ceux qui ne pouvaient respirer que dans une position droite ou qui semblaient moribonds dans une position horizontale , on trouvait alors dans le cerveau , après la mort , une congestion de sérosité qui affluait vers l'origine des nerfs qui vont se distribuer aux poumons ; il peut même arriver que , sans aucun vice du poumon , mais seulement par la faute, pour ainsi dire, des nerfs, la respiration soit troublée , comme cela survient dans de violentes douleurs. S'il arrive , en effet , que les nerfs qui servent à la respiration , ou ceux qui ont quelque connexion avec eux , soient irrités , comprimés , ou lésés d'une manière quelconque, il peut en rc'sulter une lésion plus ou moins grave dans celte fonction.

521. La cause qui trouble la même fonction peut aussi exister quelquefois dans un des viscères de l'abdomen. Il paraît en effet , d'après les observations les plus précises , que dans certaines affections de l'estomac, du foie , de la rate , ou d'une partie quelconque de l'abdomen qui a quelque connexion avec les organes de la respiratioa , celle-ci peut être entièrement trou-

Wee ou intervei lie. L'estomac distendu par des flatuosites , ainsi que quelque autre partie des intestins , ne peuvent-ils pas devenir un obstacle à l'abaissement du diaphragme ? Morgagni parle d'une femme attaquée d'un asthme qui , ayant succombé , n'offrit à l'ouverture du corps aucune lésion dans les poumons ; mais tous les intestins , et surtout le jéjunum , étaient extrêmement distendus. Le volume du foie étant beaucoup augmenté , ne peut-il pas , par son poids , s'opposer fortement à l'élévation du diaphragme , et nuire beaucoup aux mouvemens alternatifs de l'inspiration et de l'expiration ? N'a-t-on pas trouvé aussi , dans plusieurs tumeurs du pancréas, la cause d'un asthme violent qu'éprouvait une personne pour laquelle Albertinus avait été consulté ? Que de circonspection ne doit point alors avoir un médecin dans son jugement , lorsqu'il s'agit de prononcer dans des cas analogues !

522. J'omets de parler ici des obstacles qui peuvent troubler la respiration , et dont le siège peut être dans l'ouverture de la glotte , dans le larynx ou la trachéeartère , et je m'arrête à ceux qui sont inhérens àla sub^ stance des poumons. On doit mettre de ce nombre tout ce qui comprime, obstrue ou rend moins flexibles , soit les cellules des poumons , soit les conduits qui vont y aboutir, comme la trop grande distension des vaisseaux sanguins de ces parties ^ ou tout ce qui retarde le cours du sang à travers les poumons, ce qui peut arriver aux personnes pléthoriques qui accélèrent leur marche, ou dans le cas d'une fièvre ardente : il en est de même de la poussière qui se dissémine dans l'air, et qu'on eât obligé d'inspirer dans certaines professions. L'obstacle peut •?enir aussi d'une cause inhérente à la substance des pou-

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mons , comme lorsque, dans un âge avancé, les cartilages des })ronches deviennent osseux. N'a-t-on point appris aussi qu'il se forme quelquefois dans les poumons des concrétions calculeuses ou lophacées , qui peuvent gêner plus ou moins, ou empêcher Tair respiré de parvenir jusqu'aux extrémités des bronches? On a fait plusieurs remarques sur la dureté plus ou moins grande de ces concrétions , les signes qui peuvent indiquer leur présence , et les moyens à tenter dans leur traitement. Elles sont quelquefois semblables à la matière qui se forme dans les articulations des goutteux , et par conséquent friables et comme d'une nature crétacée ; d'autres fois elles ont la dureté du silex et peuvent peser plusieurs grains. Il n'est pas rare de voir naître d'une cause semblable des asthmes ^ une toux incommode, l'hémoptysie , ou même la phthisie ; d'autres fois ces Siccidens n ont po'ini lien (^ Heckerckes sur la Phthisie piilfuonaire , par Bajle, Paris, 1810). L'origine et la nature intime de ces diverses altérations sont par elles-mêmes très-obscures , excepté pour certains esprits qui ont imaginé d'expliquer, par une prétendue lésion fies vaisseaux blancs , tout ce qui , dans cette matière, est encore inconnu ou inexplicable.

525. J'ai traité ailleurs des obstacles à la respiration qui peuvent naître d'une hydropisie du péricarde, ou d'un anévrysme du cœur ou de l'aorte ; il suffit d'indiquer im autre cas très-rare, mais qui est cependant constaté par l'observation : c'est la formation au-dessous de la plèvre d'une tumeur sléatomateuseplus ou moins propre, par sa position et son volume, à comprimer un des poumons, et à mettre de la gêne dans l'introduction de Fair ( Boerhaave, Airocis morbi historia altéra ).

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zésiONS ORGANIQUES PARTICULIÈRES DU- FOIE.

524. Peu de viscères offrent autant de variétés que le foie pour son volume, sa position , son étendue plus ou moins grande à droite et à gauche , ses connexions avec les parties voisines , sa couleur pâle , foncée , cendrée, livide , noirâtre ; son degré de consistance et sa dureté jusqu'à la formation du squirre , le développement de la vésicule biliaire , les fluides qu'elle contient ou les concrétions qui s'y forment. Mais je dois me borner ici à quelques considérations qui soient indépendantes d'une phlegmasie aiguë ou chronique et connue par des signes non équivoques. Je renvoie d'ailleurs à l'ouvrage de Morgagni ( d(' Caus. et Sed, Morb y Ep. XXXV 11^ pour faire connaître les causes multipliées de l'ictère et Tinfluence particuHère que les affections morales peuvent exercer sur la sécrétion de la bile.

625. Ictère des nouveau -niés. Cette maladie et son traitement sont indiqués par Van-Sw^iéten , et par UndervN^ood , dans son Traite des Mahidies des Enfans ; Morgagni la regarde comme une affection assez générale , par une suite de changemens survenus dans la circulation à l'époque de la naissance , et il remarque que quinze enfans dont il avait été le père , en avaient donné des indices plus ou moins marqués à l'époque de la naissance ( Epist, XLVllI^. Comme cependant il en peut résulter des effets plus ou moins nuisibles , et qu'il importe beaucoup d'a])profondir tout ce qui tient à l'institution des enfans, la Faculté de Méde-

cine de Paris proposa en ijS5 , pour sujet d'un prix,' de décrire r ictère des noiweau-nés y et de distinguer les circonstances ou cet ictère exige les secours de Vart y et celles où il faut tout attendre de la nature* Le prix fut décerné au docteur Baumes.

526. L'auteur, pour mieux faire connaître la nature et la variété de l'ictère des nouveau-nés , procède par la voie analytique , c'est-à-dire qu'il rapporte une suite de faits particuliers. Dans la première observation, nulle errejir de régime ; l'enfant est lavé avec une eau savonneuse tiède , et mis dans ses langes sans maillot ; plusieurs cuillerées de peiit-Jait miellé sont données avant qu'il puisse prendre le sein ; il est lavé de nouveau douze heures après la naissance. Alors couleur jaune de la peau , évacuation du méconium , souplesse du ventre , et point de résistance dans les hypo(;fiondres f lavages continués , frictions sèches sur le ventre, boissons relâchantes , et guérison de la jaunisse dans trois jours. Dans une autre observation , ictère survenu aussitôt après la ligature du cordon ombilical , et guérison obtenue par les mêmes moyens. Dans un troisième cas , ictère survenu quarante heures après l'accouchement par le peu d'évacuation du méconium; angoisses, vomissemens ( eau de savon prescrite en laveinens , boissons légèrement purgatives, avec Veau de rhu" barbe et la manne , frictions sur le ventre ) ; évacuation d'un méconium épais et poisseux, et bientôt après guérison de la jaunisse. Parmi les autres cas , on doit distinguer l'exemple d'un ictère causé par un lait de <[uinze mois donné au nouveau-né , qui d'ailleurs avait peti évacué de méconium après vingt-quatre heures depuis sa naissance ( mêmes remèdes , avecjoment(^

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lions sur le ventre et changement de nourrice)- Un autre cas donne un exemple des erreurs du régime , par des préjugés d'une bonne femme qui avait gorgé le nouveau-né d'huile d'amandes douces pour faire évacuer le méconium , et qui avait causé par là un plus grand embarras dans le conduit intestinal , des coliques cruelles , la constipation , Tictère , les convulsions ; rétablissement produit peu à peu par la boisson d'une eau de chiendent sucrée.... Une erreur de régime bien plus funeste est de donner au nouveau-né du vin sucré , sous prétexte de le rendre robuste. Cette pratique, mise en usage dès la naissance , produisit , dès le second jour , la constipation , àes cris aigus , le vomissement , Tictère, la sécheresse de la peau, et un dépérissement qui se termina par la mort dans une quinzaine dejours Enfin l'ictère des nouveau-nés peut être

la suite d'une maladie éprouvée par la mère durant la grossesse , et tenir à une affection dii foie. M. Baumes rapporte l'exemple d'un nouveau-né ictérique qui succomba vers la quatrième semaine. A l'ouverture du corps , on trouva un petit abcès âu foie ; la mère , durant sa grossesse , était tombée dans un état de langueur à la suite d'une longue dysenterie.

527. Les causes générales de l'ictère des nouveau-^ nés peuvent donc être rapportées, soit au changement de la circulation qui s'opère à l'époque de la naissance^ soit à des embarras gastriques causés par la rétention du méconium , le lait d'une nourrice anciennement

accouchée, l'abus des huileux ou des spiritueux

Il peut aussi tenir à une maladie antérieure de la mère durant sa grossesse. Le ventre et les hypochondre peuvent n'être point tendus , et alors il faut atter r

tout de la nature , à l'aide de quelques doux laxatifs....' Mais d'autres symptômes , teJs que la constipation , le vomissement, des cris aigus , la sécheresse de la peau , peuvent demander des secours actifs. Que peut-on faire quand l'ictère tient à un vice organique ? Les exemples fréquens d'ictère par des erreurs de régime montrent combien les notions simples et naturelles de l'institution primitive sont peu répandues.

628. Concrétions biliaires. Sœmmering reprit , en 1795 (i) , la suite des recherches qu'avait déjà faites Morgagni , et il remarque que les concrétions biliaires sont une cause très-fréquente de maladies douloureuses dont les suites sont souvent funestes , et sur^ lesquelles la médecine n'a que très-peu de prise , quoiqu'il y en ait peu dont l'étiologie soit mieux connue , et qu'on n'ait rien négligé pour en obtenir la cure radicale. Les concrétions biliaires varient en nombre^ en grandeur , en poids, en couleur, en forme , ainsi que par la nature de leur substance , et par les organes où on les trouve , puisqu'on en rencontre non-seulement dans les conduits de la bile , Biais encore dans l'estomac et dans tout le trajet du conduit intestinal. Les vieillards sont surtout sujets à ces concrétions , les femmes plus que les hommes , et , en général, tous ceux qui mènent une vie sédentaire et peu active. De là la facilité que j'ai eue moimême , dans l'hospice de la Salpêtrière, de voir les concrétions biliaires sous les formes les plus variées :

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( I ) Recherches sur les Concrétions biliaires du corps humain, par S. Th. Sœmmering^ traduit du latin par F. M. Rémond. Paris j 1811.

elles sont tantôt jaunes , cendrées , noirâtres , marbrées , fauves ; tantôt blanches , couleur de perles ou de blanc de baleine , et brillantes dans leur inlé— rieur ; leur surface est quelquefois anguleuse et taillée à facettes plus ou moins multipliées : néanmoins elles sont souvent arrondies ou ovales ^ et plus ou moins allongées ; quelquefois aussi elles sont raboteuses ou tuberculeuses , et recouvertes d'une sorte d'écorce à demi-transparente , à la manière des perles ; elles peuvent avoir aussi différens degrés de dureté du de mollesse. Walter les a classifîées suivant leurs différences de forme, et Fourcroy d'après leur nature. 629. Suivant l'analyse chimique qu'en ont faite Dietericb et d'autres chimistes, ces concrétions sont indissolubles dans l'eau , même avec le secours de la trituration et de la chaleur ; elles brûlent et répanxîent une odeur de cire ; elles se dissolvent dans l'acide sulfurique concentré , en répandant une odeur de soufre y et laissent un résidu résineux : distillées au bain de sable , elles donnent beaucoup de gaz acide carbonique et du gaz hydrogène , ensuite des vapeurs nébuleuses , puis il passe dans le récipient une liqueur ammoniacale jaunâtre , sur laquelle nage une huile empyreumatique , visqpeuse. Le résidu est un charbon brillant , léger et qui brûle difficilement. Si l'on dissout dans l'acide nitrique la terre qui reste après la combustion , et que l'on verse sur cette solution de l'acide oxalique faible y elle se trouble , ce qui rend vraisemblable que cette terre n'est autre chose qu'un phosphate calcaire. Dieterich a conclu de ses recherches que ces concrétions biliaires contenaient 0;65 de leur poids d'une matière semblable à

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la cire , et o, i5 d'une matière glulineuse et lympha-^ tique. Fourcroy , qui a analysé des concrétions biliaires tirées des quadrupèdes , a vu que les unes étaient formées d'une matière très-semblable à de Fadipocire , et que d'autres n'étaient qu'une bile épaissie : les unes et les autres étaient différentes des concrétions tiiées du corps humain.

55o. On voit souvent , surtout dans les hospices , des concrétions biliaires , même volumineuses , restées dans la vésicule jusqu'à la mort sans jamais se manifester par aucun symptôme caractérisé. Quelquefois elles [)roduisent un sentiment de pesanteur , surtout quand on est couché sur le côté gauche. Souvent aussi elles donnent lieu à un sentiment de pression dans la région épigastrique. Les symptômes se font apercevoir avec plus ou moins de vivacité , suivant le vohime , la situation et la forme de la concrétion , et suivant que l'estomac est plus ou moins rempli. Quelquefois les concrétions , en changeant de position , produisent une douleur semblable à celle de la colique , ce qui est , sans doute , une suite de l'irritation produite sur les nerfs hépatiques. Les autres effets des calculs biliaires peuvent être des éructations acides , des vomissemens , des chaleurs passagères dans l'estomac , la constipation ou la diarrhée , des évacuations d'une matière blanche à la suite desparoxysmes de la douleur : un ictère général ou partiel accompagne ces symptômes. Lorsque les dou-^ leurs produites par cette cause sont très - violentes ^ elles peuvent donner lieu à des vertiges , des spasmes, des convulsions et d'autres affections graves : on les a. vues causer tantôt l'asthme , l'hydropisie ascite ^

Fanasarque; tantôt des congestions hémorrhoïdales , rinflammation et l'ulcération de la vésicule , et même <les conduits biliaires. Ces paroxysmes , le plus souvent périodiques , se répètent à différens intervalles , .tantôt de quelques heures , tantôt de plusieurs jours , ou même davantage.

55 1 . On a multiplié les expériences cliimiques pour reconnaître le vrai dissolvant des concrétions biliaires examinées hors du corps de l'homme , et Ton a employé y comme médicamens , différentes liqueurs salines , telles que la solution de sel ammoniac , de ^oude et de potasse , l'eau de chaux : on a fait usage, dans la même intention , des sucs récens et des extraits de saponaire , de chicorée , de chiendent , de fumeterre ; on a regardé aussi les fruits bien mûrs comme doués d'une qualité fondante. Un autre médicament vanté est celui dont on doit la découveile à Durande. Ce médecin , après avoir fait continuer pendant quelque temps l'usage des remèdes émoiliens , donnait aux malades qui avaient des signes de concrétions biliaires un mélange de trois parties d'éther sulfurique et de deux parties d'esprit ou essence de térébenthine , à la dose de deux scrupules ; et il leur faisait prendre quelques boissons , telles que le petitlait , des bouillons de veau ou de chicorée , etc. Il dit avoir vu par ce moyen les concrétions se dissoudre , et , lorsqu'elles n'étaient pas rendues à l'état concret , sortir par les selles altérées sous la forme d'une matière jaune ou semblable à de la poix, et les accidens de la maladie se calmaient alors. Durande ^ publié les résultats de ses observations sur l'efficacité de ce remède , dont Scemmering prétend aussi avoir constaté

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les avantages ; mais lorsqu'on est un peu sévère dan» ses jugeniens , on a de la peine à accorder que Faction de ce dissolvant s'exerce ^ comme on le suppose , à traversions membranes du duodénum et de la vésicule. En admettant, comme le disent les rédacteurs de la Bibliothèque germanique , l'authenticité des guérisons opérées par ce remède , on ne peut que rester en doute sur son action dissolvante, et puisque des observations sans nombre indiquent que ces concrétions peuvent demeurer pendant bien des années, et jusqu'à la mort de l'individu , dans la vésicule , sans produire la moindre irritation, on doit présumer que tout son effet doit se borner à rétablir les organes biliaires dans l'état le plus convenable pour en prévenir la formation , ainsi que le développement des mouvemens spasmodiques propres à déterminer les accidens qu'on a tort d'attribuer uniquement à leur présence.

552. Hydropisie enkystée du foie. Un des changemens les plus remarquables que le foie puisse éprouver dans sa structure , est ce qu'on appelle hydropisie enkystée du foie y ce qui comprend la formation des hydatides qui sont quelquefois produites dans sa substance. C est sous ce rapport que je dois donner un extrait sommaire d'un mémoire très-curieux inséré dans le Journal de Médecine, an 9(1801), et publié par Lassus, sous le titre de Recherches et Observations sur r Hydropisie enkystée du foie. Cette maladie n'est point rare, et cependant on en trouve peu d'exemples daps les recueils d'observations. On sait aussi qu'il pçut se former des hydatides sur tous les viscères du bas-ventre, principalement dans le foie^ à l'intérieur de ce viscère , ainsi qu'à sa surface con~

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vexe et concave. 11 n'est pas rare d'en trouver dans le ventre des quadrupèdes, et surtout des moulons. Tantôt elles sont renfermées dans un kysle formé par du tissu cellulaire , mais isolées , sans adliérerice entre elles ni avec le kyste ; tantôt elles existent seules sans kyste , disséminées sur la surface des viscères et des membranes , et quelquefois réunies , liées les unes aux autres en forme de grappes de raisin. Toujours d'un assez petit volume , blanchâtres , transparentes , elles contiennent une liqueur aqueuse très-liimpide. C'est , comme l'ont observé Tyson , Redi , Palias ^ Bloch et phisieurs autres naturalistes, un ver ou ua animalcule d'une espèce particulière, dont le corps s© termine en une vessie pleine d'eau , et qu'ils ont nommé lumbrlcus hjdropicus , ùvnia hydatJgena^ ver mis vesîcularîs ; mais on ne doit point prendre pour des bydatides ces tumeurs aqueuses enkystées qui se forment en difïérens endroits du corps, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur, même sous la peau , par-» tout où il y a du tissu cellulaire , et surtout dans celui du péritoine. Ces tumeurs, il est vrai, contiennent quelquefois des bydatides ; leur kyste est toujours épais, et l'on y trouve une sérosité plus ou moins limpide , de couleur citrine , verdâtre et comme sanguinolente ; lorsqu'il existe sur un viscère, il est primitivement formé par la membrane extérieure de ce même viscère, laquelle est soulevée par l'accumulation lente et successive de plusieurs vésicules aqueuses ou bydatides forjuées dans le parenchyme qu'elles dépriment , qu'elles usent comme par érosion , en y faisant autant de loges ou cellules, La maladie est donc nécessairement chronique avec la destruction di^

viscère qui en est le siège. On en trouve un exemple' dans le recueil d'observations de Camérarius : j'en ai vu moi-même deux exemples à la Salpétrière; et dans l'un d'eux le kyste avait pris une consistance osseuse , et avait son siège à la face concave du foie. Un homme , dit Lassus, avait le teint pâle , et se plaignait sans cesse de pesanteur et de douleur dans la région épigastrique , où on sentait une tumeur dure , rénitente et inégale ; il respirait avec peine. Il fît un jour une chute de cheval , et mourut dans l'espace de cinq à six heures. A l'ouverture du corps , on trouva la quantité d'environ trois pintes d'eau épanchée dans le Tentre , et à la partie inférieure et concave du foie un grand kyste qui était attaché à ce viscère , et qui contenait encore un peu de liquide et une douzaine d'hydatides.

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