‹ Nosographie philosophique, ou la méthode de l'analyse appliquée à la médecineChapitre 13 sur 60 · LL · texte numérisé non relu

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EN MÉDECINE. Ixxxu Mascagni, Sœmmering , etc. Le résultat de ces recherches est plus important que la découverte de la circulation du sang par Harvée, puisque celle-ci n’a fait | que remplir la pathologie de vaines explications et de fausses théories d'hydraulique et de mécanique. Les progres qu’on a faits, au contraire, dans la connaissance des vaisseaux lymphatiques répandent la plus grande lumière sur le vrai principe des maladies contagieuses, sur les affections cutanées, l’hydropisie, etc. (Maladies

des vaisseaux ly mphatiques , par M. Sæmmering). 5°. La révolution produite par Linné en histoire naturelle , et l'introduction d’une méthode descripuve exacte et laconique, ne pouvaient qu’avoir une grande influence sur la médecine. Cetie méthode à d’ailleurs l'avantage de caractériser avec une extrême précision les plantes qui servent à des usages médicinaux 3 comme l'ont fait dans leurs matières médicales Linné, Bergius, Murray , ete. La plupart des dissertations insérées dans les Amænitates academice Linnoi prouvent combien la médecine a acquis de précision et de lumières étendues par les progres de l'histoire paturelle. Peut-on parler des animaux utiles ; SOIt quadrupèdes, oiseaux ou poissons, ou des animaux dangereux ou nuisibles, comme serpens, vers, in— sectes, sans ndiquer la dénomination spécifique et les

notons adoptées par les naturalistes ?

6°. Les brillantes découvertes faites en physique sur l'électricité et le fluide magnétique ont donné d’abord l'espoir d’en faire l'application la plus heureuse à la médecine. Des connaissances superficielles de cette dernière science n’ont pas manqué de jeter dans l’erreur , et On a été jusqu'à faire de l'électricité un ins-

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trument général de la guérison des maladies (de l'Électricité du corps humain dans l'état de santé et de maladie , par Bertholon, 1780). Des expériences sans nombre, des écrits polémiques , et une discussion sage et fondée sur les faits, ont ramené les esprits à beaucoup circonscrire l'influence de l'électricité. Un des ouvrages les plus judicieux en ce genre est celui de Manduyt (Mémoire sur les différentes manieres d'administrer l'électricité, Paris, 1784). Il en est de même, par rapport au fluide magnétique, d’un Mémoire qui à pour titre : Observations et Recherches sur l'usage de l'aimant en médecine , par MM. Andry et Thouret (Mémoires de la Société royale de Medecine, an 1789). L’enthousiasme de la nouveauté avait fait également regarder le fluide galvanique comme doué d’une efficacité parucuhère contre une foule de maladies d’atomie et de langueur ; des expériences répétées servirent à diminuer beaucoup cet espoir exagéré, et cette sorte de prestige fut même en parue dissipée par les belles expériences de M. Volta , et le mémoire qu'al lut dans une des séances de l’Insutut pour prouver l'identité des fluide galvanique et électrique. L'ouvrage que le professeur Sue a publié sur cet objet (istoire du Galvanisme , et analyse de difjérens ouvrages publiés sur cette découverte depuis son origine jusqu’à ce jour, Paris, 1802) me dispense d'entrer dans des d'tails ultérieurs sur cette parte de la physique, et je me bornerai à rapporter les conclusions générales que tre des faits observés l'auteur d’une Dissertation (1 ) soumise 1l y a quelques

me

(1) Æssat sur l'emploi médical de l'électricité et du galva-

Ho :

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années, dans l'Ecole de Médecine, à une discussion publique. Cet auteur conclat que le galvanisme doitétre regardé comme un mode d’électrisation qui, dans quelques circonstances où la commotion est jugée nécessaire , peut utilement remplacer l'électricité ordinaire. La facilité, ajoute-t-1l, de graduer son acuon, et surtout la continuité de cette même action, en fournissant à la chimie et à la physiologie un instrument utile, dédommagent le galvanisme des avantages que peut avoir sur lui l’électricité considérée comme remède. 7°. La chimie moderne a fait beaucoup pour la physiologie et pour l'anatomie pathologique , puisque l'examen anatomique ne peut montrer que les formes externes et internes des parties plus ou moins altérées par un état de maladie. C’est donc à la chimie à pénétrer plus avant , à déterminer les proporuons respectives de leurs matériaux , l'absence ou laltération de quelques-uns d’entre eux , ou la présence de ceux qui sont nouvellement produits , changemens souvent impercepübles par tout autre intermède. Un des résultats encore les plus curieux et les plus propres à fournir des caractères distinctifs des maladies , est la détermination qu'on doit à la chimie des parues élémentaires de certaines concréuions formées dans le ussu des organes ou an nulieu de certains fluides , comme les calculs biliaires , salivaires , urinaires , les tophus des articulations ct d’autres produits analogues. Pourrait-on enfin disunguer , sans Panalvse chimique , la différence de composiion de certains

ns tes

nisme , par M. Thillaye , aide conservateur de FTcole de Médecine. Paris , 1803.

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liquides ou des mélanges confus de parties molles et solides rendus par une voie naturelle ou arüficielle , et qh , bien connus , peuvent faire remonter au vrai siége de la maladie ? Fourcroy a traité dans le plus am détail (1) de l'analyse chimique des substances animales. Il établit d’abord, comme premier ordre de faits, des généralités sur la structure et la composition des substances anmmales ; comme second ordre , les propriétés ou les caractères chimiques des substances animales en général ; enfin , comme troisième ordre , les propriétés des substances animales en parüuculier. C’est avec le plus vif intérêt qu'on lit tous les résultats des travaux de la chimie modernes appliqués à l'analyse des substances animales. Mais peut-on partager la conviction de l’auteur , qui pense que les efforts de la chimie changeront quelque jour la face de la médecine , qu'ils y produiront une révolution heureuse comme dans toutes les branches de la physique ? Get espoir séduisant ne paraît-il pas s’'évanouir en grande parte par les progres ultérieurs de la chimie (2), et surtout par Îles rechérches profondes et les découvertes que nous devons à M. Berthollet sur l’action chimique des corps et sur les modificatons dont elle est susceptible par Ja cohésion , l'élasucité, le Rs , la lumière , la pression de l'atmo- EE er etc. ? « La chimie, dit M. Chaptal, nous » apprend à connaître la nature et les propriétés de » tous les corps qui agissent sur l’économie animale ;

(1) Système des connaissances chimiques , et de leurs applications aux phénomènes de la nature et de Fart, tom, IX, (2) 1Statique chamiaue , tom, II.

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elle nous indique les aliérations qu'ils éprouvent » dans leur action; elle nous donne même les moyens » de reconnaître et d’ apprécier plusieurs des change- » mens qui s opérent sur le corps vivant... Mais tout » ce qui üent à la vitalité, tout ce qui comprend » les fonctions qui dépendent plus particulièrement » de la vie, telles que la chilificaion , la sanguifica- » üon, la sécrétion des humeurs , la nutrition, la » digestion , le choix des alimens , l'effet des reme-

» des, le jeu des organes , ne saurait être expliqué siniéblaie par la seule chimie (1). »

La mauére médicale n'a été, en général, qu'un entassement confus de substances incohérentes et le plus souvent douées d’une eflicacité précaire ; et rien, peut-être , n’est plus fondé que le reproche qu’on lui a fait de n’offrir qu'un assemblage informe d'idées inexactes , d'observations puériles ou de moyens illusoires. Ce reproche ne doit plus avoir lieu à une époque où la chimie et la botanique, par leur influence puissante, ont donné une forme nouvelle à la matiere médicale. Les cours publics qui ont lieu dans l'Ecole sur ces différentes branches de l’enseignement , éloignent désormais jusqu'au souvenir de ces abus gothiques , puisque les substances minérales , végétales ou animales destinées à servir de médicamens , sont disunguées avec exactitude par leurs caractères extérieurs Ou l’analyse chimique , qu’elles sont bien déterminées , et qu’employées sous les formes les plus simples, on peut constater leurs propriétés lorsqu'elles sont douteuses. C’est dans cette vue qu'on doit bannir

en

(1) Chimie appliquée aux arts, tom. IV. Paris, 1807.

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avec sévérité de l’enseignement public certains mots vides de sens, et encore admis soit dans des traités de médecme populaire, soit dans le commerce de la vie, comme ceux de desobstruans, d'incisifs, d’atténuans , d'inviscans , etc. , qui dépendent de certames théories oiseuses sur les obstructions , l’épaississement des humeurs, l'existence de certains âcres imaginaires ; théories démenties par les idées les plus saines de la physiologie et de l'histoire des maladies. L'expérience seule a appris et peut encore seule apprendre , lorsqu'elle est bien dirigée, l'action que peuvent avoir sur le corps vivant des substances connues et bien déterminées. Les progres successifs des connaissances acquises demandaient donc une sorte de réforme dans la matière médicale , et Fourcroy en publia les préludes en 1785, dans son 7 raité sur l'art de connaïtre et d'employer les médicamens. Ces vues ont été encore étendues et perfectionnées dans ces derniers temps par Schwilgué et MM. Albert et Barbier. Ce n’est qu'après avoir étudié avec le plus grand soin, à l'hospice de la Salpétrière , l’action des médicamens sur le corps vivant, que Schwilgué a publié ses deux ouvrages (1), qui semblent , pour ainsi dire, destinés à être incorporés avec ma Vosographie , et auxquels je renvoie sans cesse pour le traitement des maladies.

(1) Traité de Matière médicale , et Manuel médical , par Schwilgué. La 2° et la 3° édition de la Matière médicule ont élé revues par Nysten, qui mettait la dernière main à celouvrage au moment où 1l a été foudroyé par une aitaque d'apoplexie (le 3 mars 1818, )

Nysten avait revu aussi le Manuel médical de Schwilgué ; mais les progrès de la chimie et les changemens faits aux 9°,

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