‹ Nosographie philosophique, ou la méthode de l'analyse appliquée à la médecineChapitre 14 sur 60 · ARTICLE IE · texte numérisé non relu

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Quelques notions particulières sur l'application des principes précédens à l'étude des maladies aiguës.

À peine est-on parvenu au terme de ses études médicales et au droit légal d'exercer la médecine , qu'on voit encore s'ouvrir devant soi une nouvelle carrière bien plus diflicile et sans doute bien propre a inspirer une salutaire défiance : c’est une applicauon éclairée et judicieuse des connaissances élémentares à une détermination préeise du caractère particulier de maladies qu’on peut être chargé de diriger , sans parler même ici des détails mulupliés du traitement.

Il y a divers degrés de savoir et d’habileté en médecine comme dans toutes les autres sciences physiques ; mais dans celle-là , comme dans les autres , c'est ioujôurs l’homme le moins éclairé qui est le plus confiant et le plus satisfait de lui-même. Tout homme peut débiter de graves imaximes prés du lit du malade, lassourdir de ses scientifiques explicauons , et lui prescrire des formules longues et compliquées. Les froides et insipides compilations sont aussi à la poriée de tous les esprits , et on se console de voir si peu de bons observateurs en médecine, et surtout d'écrivains judicieux et profonds, quand on se rappelle

4° et 5° éditions de la Nosographie , le déterminerent ensuite à relondre entièrement cet ouvrage. Le Manuel qu'il a publié (Manuel médical, par P. H. Nysten, 1 vol. in-8°, 2° édit.) est d’une utilité généralement reconnue,

XCi) MÉTHODE D'ÉTUDIER Ce n’est pas tant la mémoire que le jugement qu'il

faut cultiver pour mettre à profit l’expérience des meilleurs auteurs. Des traités généraux de pratique ,

comme ceux de }’an-Swiéten , Juncker, Macbride,

Hoffmann, ew., doivent être regardés comme des

sortes de répertoires ou de dictionnaires qu’on a sou-

vent besoin de consulter, mais qui ne peuvent nulle-

ment inspirer d’attraits , former un goût épuré , servir en un mot de base fondameñtale pour une étude pro-

fondément réfléchie. … Il faut s'élever aux auteurs ori-

ginaux Où brille le talent de l'observation , et qui sem-

blent le communiquer par une sorte d’électrisation ,

tandis que les compilateurs n’inspirent que le dégoût et

la satiété. J'ai parlé précédemment de l’ordre qu'il convient de mettre dans l'étude des écrits légitimes d'Hippocrate, qui doivent servir de vrais fondemens à l’art d'observer... Mais en outre il importe que le médecin adopte spécialement, pour base de ses méditations, un auteur original qui ait traité des maladies les plus ordinaires | et qui soit dans les principes de la médecine grecque. On peut opter entre Arétée ,

Cœlus Aurelianus , Sydenham, Baglivi , Stoll, etc.,

mais en faisant toujours usage d’une saine critique , pour ne point adopter en aveugle les opinions de l'auteur, et pour pouvoir, au contraire , recüfier ou étendre ce qu'il a d’inexact et d’incomplet. L'ouvrage favori dont on aura fait choix sera pris pour modele ;

on tâchera d’en bien saisir l'esprit, en lisant peu d'objets à-la-fois ,| mais avec une extrême attention, et en eherchant à vérifier les faits auprés du lit des malades. « Puisque la prauque, dit Baglivi , consiste dans les » résultats d’une longue expérience , et quon les

EN MÉDECINE. xcii} » oublie aisément si on ne les retrace soi-même, il » sera utile d’avoir un mémorial avec des titres des » objets les plus i importans qu'on aura lus : on y rap- » portéra les sentences les plus remarquables , on en » répétera souvent la lecture dans des instans de relä- » che pour les graver plus profondément dans la mé- » moire , et les féconder par ses propres réflexions ». Le PR solide de toute vraie connaissance en médecine doit toujours reposer sur celle des faits paruculiers , c’est-à-dire sur des histoires individuelles des maladies, déterminées d’abord dès les premiers jours en les rapportant à un cadre général , puis étudiées jour par jour avec une attention scrupuleuse jusqu’à leur entüère terminaison favorable ou funeste , ou leur transformation dans une maladie différente. Deslors le médecin doué d’un jugement sain et d’une moralité sévère doit explorer, 1°. le nombre et la valeur des symptômes , en rejetant toute vaine hypothèse, et s'en tenant surtout aux impressions faites sur les sens de la vue , de l’ouïe ou du toucher. 2°. Suivre la maladie dis ses diverses périodes , et noter les changemens favorables ou funestes survenus dans son plus haut degré ou son déclin; ou bien sa transformation entiere dans une autre maladie différente. 3°. Rechercher si elle ne renferme qu'un seul ordre de symptômés primiufs , ou bien si elle résulte de la réunion simultanée de deux ou trois ordres de symptômes différens. 4°. Pour mettre de l’ordre et de l’ensemble dans ses connaissances , rapporter la maladie ainsi étudiée à un genre connu d’un tableau quelconque de Nosographie , d'aprés les méthodes les plus récentes et les plus exactes.

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