‹ Nosographie philosophique, ou la méthode de l'analyse appliquée à la médecineChapitre 38 sur 60 · Ces fièvres ne sont pas toujours simples ; elles · texte numérisé non relu

Ces fièvres ne sont pas toujours simples ; elles

se compliquent souvent avec l'embarras gastrique, avec les fièvres dites bilieuses et muqueuses. Dans ces deux derniers cas, la fièvre gastrique ou la fièvre muqueuse débute, et la fièvre adynamique se déclare le quatrième , le cinquième, le septième ou le huitième jour. La complication de ces fièvres avec la fièvre inflammatoire est peu démontrée; on a ordinairement pris pour telle la coexistence d’une congestion locale où d’une phlegmasie avec la fièvre dite putride. |

S IL. Traitement des Fièvres adynanmïques.

209. TRAITEMENT PRÉSERvATIF. Les vrais moyens préservatifs de ces fièvres doivent être puisés dans Phistoire des lois et des institutions de divers peuples,

‘Soit anciens soit modérnes , Sur divers objets de salubrné. La fréquence de ces fièvres est plus grande Suivant que la civilisation dé ces peuples a été moins avancée. On connaît les établissemens publics, les dois (1) et usages des Hébreux et des Egyptiens , soit sur le choix et les qualités des alimens et des boissons, soit sur les moyens d'éviter toute contagion , de pourvoir à la propreté et à l'éloignement de tout objet nuisible. Lycurgue, parmi les anciens Grecs, repousse avec une sorte d'austérité farouche tout ce qui porte le moindre caractère d’une décente parure,où d’une sorte de recherche dans les vétemens: une nudité OU une saleté dégoütante est comme érigée en principe par ce législateur : l'usage des bains n’est pérmis que certains jours de l’année, et la natation est moins un (1) Cura sanitatis publicæ apud veteres. Lipsiæ , 1783. 1. e 12

objet de salubrité qu'un exercice propre à rendre le corps ferme et robuste. Ce ne fut que dans des siecles postérieurs à celui d'Hippocrate que les bains publics furent multipliés dans la Grèce, et que Corinthe acquit à cet égard une sorte de célébrité. On sait combien Athènes eut de-bains et de gymnases splendides , et quelles règles sévères sur la propreté furent surtout prescrites aux femmes. Des institutions sages de salubrité furent sans doute peu en vigeur dans l'ancienne Rome, puisqu'on y remarque un passage brusque des mœurs agrestes où d’une vie rustique et militaire à la mollesse et au luxe effréné des Asiauiques. Les progres de la civilisation des peuples modernes ont été

marqués par une diminution extrême, ou même par la

cessation de certaines fièvres putrides , qui étaient jadis

résuliérement épidémiques. Erasme, qui avait séjourné

Er temps à à Londres, parle 4 retour périodique d'une pareille fièvre, qui était tres-meurtrière parmi le peuple , par la négligence de plusieurs objets de sa— lubrité. Mais que de changemens favorables ont préduits dans cette grande ville les lumières des dix-sep— HE PE P tième et dix-huitième siècles ! ésouts souterrains lavés a

chaque jour, et leurs immondices entraînées par des

courans d’eau , boissons salubres de bière , de punch ou de cidre ; provisions excellentes et toujours fraiches, pain, fruits ; culture soignée des plantes potagères, air bre, rues Fe maisons commodes , et propreté extrême dans les vêtemens et le linge. Les droits sa-

crés de l'humanité seront-1ls un jour assez générale

ment respectés parmi toutes les nations pour que le scorbut et les fièvres putrides qui désolent les prisons , les vaisseaux, les hôpitaux militaires ou les hos-

BUTRIDES OÙ ADYNAMIOQUES. 150 pices > ne Soiént pas plus fréquens que dans l'asyle du citoyen paisible ? .

206. Moyens desinfectans. Nous jowssons maintenant d'agens préservaufs dont l'efficacité ne peut plus être contestée : c’est à la chimie moderne, et parücu- Bérement aux recherches de M. Guyton-Morveau ; que nous en sommes redevables. Il résulte des expériences cOMparatives faites par ce savant sur les émanations putrides , que les fumigations acides , et notamment celles faites avec les acides muriatique , mu riatique oxygéné et mitrique, les détruisent entiére= ment. L'expérience médicale à , de son côté, mis hors de doute les avantages extrêmes de ces fumigations dans les épidémies de fièvres adynamiques en général, et en paruculier dans celles de fièvre jaune, qui sont si

K meurtrières. |

207. On sait que ce célèbre éhimiste > Chargé en 1775, par le Gouvernement, de purifier la cathédrale de Dijon , alors tellement infectée par des exhumations de cadavres qu’on avait été obligé de l'abandonner, employa avec succés les fumigations de l'acide muriauque. M. Desgeneties dit, dans une lettre adressée au secrétaire-général de la classe des Sciences physiques de l’Institut : « Les maisons d'arrêt nulitaires de cette capitale fournissent réculièrement à l’hôpitäl militaire des fièvres adynamiques qui non-seulemént s'agorayvent dans nos salles, maïs se propagent très-fréquemment aux lits voisms ét aux infirmeries. 11 est Constant que depuis un an qu'on fat des fumigations avec le gaz acide muriatique oxygéné dans les salles , ces sortes de’ éommunications n'ont point lieu ».

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