En 1804, sur vingt-huit prisonniers , dix
huit furent attaqués dans les prisons de Coutances dans la méme semaine, quelques-uns avec une telle vio-
lence , que les médecins jugérent le mal supérieur aux
ressources de l’art. La même maladie s'était nranifestée
dans des maisons voisines de la prison ; quelques per-
sônnes, guidées par le préjugé populaire, avaient CON seillé de purifier l'air par la vapeur du vinaigre, par
l'odeur des baies de genièvre brülées ; on suivait leurs
conseils, et la maladie ne perdait rien de son intensité.
M. Costaz, préfet du département de la Manche, se
transporta à Coutances, ordonna la suppression des
fumigations de genièvre et de vinaigre; il fit exécuter
en sa présence, dans chaque chambre, le procédé
guytonien, et donna ordre de répéter cette opération
tous les jours , le matn et le soir. Ces précautions ont
arrêté le mal de la manière la plus marquée. |
209. Dans les mêmes prisons de Dijon , où avait été faite , en 1773, la seconde épreuve authentique de ce procédé , la fièvre adynamique fut apportée, en avril 1804, par des individus qui en étaient atteints, dont plusieurs avaient succombé avant d’y arriver. Deux concierges en avaient été victimes dans l’espace d’un mois : elle fut heureusement arrêtée par les fumigations d'acides minéraux.
210. Les moyens en question ne sont pas d'un avantage moindre pour désinfecter les lieux où regne la fièvre jaune. Plusieurs observations recueillies par les individus ‘atteints de fièvre jaune dans le lazareth de Marseille confirment d’une manière éclatante leur efficacité. Tout navire venant d’Espagne ou d'Étrarie, et sur lequel la fièvre jaune exerçait ses ravages ; à été complètement désinfecté. La même méthode a pré=
TS