‹ Nosographie philosophique, ou la méthode de l'analyse appliquée à la médecineChapitre 41 sur 60 · DT CE · texte numérisé non relu

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(1) Saggio intorno alle principal e pin frequente maladtiel

PIUTRIDES OU ADYNAMIQUES. 1099

point admettre un vice dansleshumeurs , et qui affirme ensuite que, dans la fièvre , elles peuvent devenir putides et corrompues. Ne peut-on point reprocher une sorte de contradicuon à ce dernier, qui, après avoir absolument nié toute force de Danidité dirigée contre les humeurs, les exhalaisons putrides et les miasmes CONtagIeUx ; SUppose ensuite , Ce qui est contraire aux principes de la saine physique, que la fièvre, qui ne fait, suivant lui, que rendre plus rapide le mouvement de toutes les humeurs, les dispose à 5e corrompre et à se putréfier ? Combien de fois l’ homme, ; par nécessité où par plaisir , ne se livre-t-il point à de longs et violens exercices , qui accélérent le mouvement des fluides, et augmentent la chaleur vitale , sans pour cela produire la moindre disposition à une décomposition putride ! D’ailleurs , cette manière de voir n'est-elle point opposée à une opinion générale , qui fait regarder la fièvre comme un effort de la nature médicatrice, pour produire ce qu'on appelle Ja coction , ou le changement favorable de la matière morbifique, à l’aide de l’action augmentée du cœur , des artères et des nerfs ? Comment concilier l’idée de cette excitation générale provoquée par la nature pour faire cesser la maladie , avec celle d’un changement aussi funeste que la putridité produite sur les humeurs ? 227. Les partisans de la dégénération septique ou putride des humeurs dans les fièvres putrides | comme leur cause primitive et déterminante, peuvent sans doute alléguer des raisons spécieuses , puisque ces

del corpo humano , etc. , del doctore Francesco Facca Berlinghiert, proféssore nell Uuniversita di Pisa ,1799- 7 13

fiévres tiennent souvent à des émanations infectes ou à des alimens gâtés, c’est-à-dire à de vrais fermens de putréfaction. D'ailleurs, odeur fétide de l'haleine ; de la twanspiration, des déjections , de l'urine; érupuon de pétéchies , et disposition à des hémorrhagies passives , ce qu’on déduit facilement d’une dissolution putride du sang ; fréquence des gangrènes locales dans les parties comprimées , comme vers l'os sacrum ou le trochanter, ardeur des malades pour les boissons acidulées , appareil imposant d'expériences sur les anti-septiques par Pringle et Macbride , et applicauon de ces notons chimiques au traitement des fiëvres putrides ; usage assez généralement adopté de liqueurs acides ; le gaz acide carbonique fortement recommandé par les chimistes , ainsi que la bière (1) etle vin de Champagne mousseux. D'un autre côté : les hommes réfléchis et exercés à remonter toujours au prenuer mobile des fonctions vitales, à l'action ner veuse des partes, savent avee quelle extrême circonspecuon 1] faut déférer aux explications chimiques qu'on donne des phénomènes de l’économie animale ; ROSE Re RES PR 0 Nr OS (1) Pans l’ouvrage du docteur Beddoës sur l'usage des airs Jfactices , on cite des exemples d'un mal de gorge gangreneux guéri par l'usage du quinquina dans de la forte bière, et on attribue toute l'efficacité du remède à l'acide carbonique qui entre dans la composition de la bière. Cette induction est-elle bien concluante? On trouve dans le même ouvrage quelques autres faits en faveur des airs factices dans les fièvres putrides ; mais il n’y a aucune précision dans le récit historique des maladies , et il serait à desirer que, dans ses recherches ultérieures , cet au teur, d’ailleurs justement estimé, s’appliquât davantage à en déterminer le caractère. |

PUTRIDES OU ADYNAMIQUES. 105 mous les plus déterminans pour ne regarder les altérations des humeurs dans les fièvres putrides que Comme apparentes et subordonnées à l’état des forces de la vie ; influence puissante des affections morales : comme de la peur, de l'ennui, de la tristesse , Sur la production de ces fièvres ; impossibilité d’accorder l’idée d’une putréfaction générale des liquides avec les fonctions de la vie ; nulle trace de dissoluüuon putride dans le sang tiré des veines durant ces maladies , ventricules du cœur rem plis d’un sang COagulé , comme l'ont appris les dissections: et dilatations du même organe , ainsi que des artères, par une sorte de collapsus antérieur; prostration subite des forces , même dés l'invasion de la maladie ; pet tesse et faiblesse du pouls, atonie du conduit intesinal; usage heureux des stimulans > Comme d'un vin généreux, du camphre, du quinquina , des vésicatoires. Mais , en outre > N'y a-til point des observations sans nombre qui prouvent qu'en donnant # seulement des excitans, eten SOutenant ainsi les forces dé la vie, il survient, à une époque déterminée de la maladie, le changement le plus heureux ? Tous les prétendus signes de putridité disparaissent alors, et bien tôt on ne retrouve plus aucune trace des Symptômes.

Je puis attester avoir guéri les fièvres dites putrides le plus fortement caractérisées, en ne prescrivant que l'usage du vin pur et des boissons vinensés, et en entreimélant quelque évacuant par intervalles, C'était même du vin des contrées du Midi, où le principe tar tareux ne peut avoir produit aucun effet sensible. 228. Rien n’est aussi variable que le sang tiré des. veines d'individus affectés de la fièvre dite Putride ; |

1l est quelquefois semblable à celui de l’homme le plus san , tantôt pâle , tantôt foncé ; il se coagule promptement ou point du tout ; quelquefois 1l se recouvre d’une couenne analogue à celle qu'on observe dans le sang des pleurétiques. MM. Déyeux et Parmentier n’y ont aperçu aucune différence notable d'avec le sang retiré des individus affectés de fièvres inflammatoires.

229. L'autopsie cadavérique fournit des résultats non moins variables. Quelquefois on n'observe aucune lésion notable dans les organes, etc. ; d’autres fois, une rougeur foncée de la plupart des mem branes muqueuses , OÙ un épanchement séreux dans

les ventricules cérébraux.

Essai d'une méthode descriptive appliquée à l'Histoire | du T'yphus.

230. On pouvait regarder jusqu'à présent comme une simple compilation l'arucle du typhus ; et c’est au défaut de lumières précises sur cette maladie qu'on doit rapporter lindécision de sa véritable place dans un cadre nosologique ; mais depuis, ayant été MOI même à portée de l'observer sous un grand nombre de formes différentes ( voyez la Médecine clinique , Be édit. , pag. 121), Je pense que le typhus est une maladie particulière dans laquelle les symptômes adymamiques et ataxiques sont continuellement mis en jeu , soit ensemble, soit séparément, et que celle maladie a la plus grande analogie avec la peste. Ainsi , en la placant comme un intermédiaire entre l'Ordre

des fiévres adynamiques et celui des fièvres afaxiques,

PUTRIDES OÙ ADYNAMIQUES. 197

je crois lui assigner la place la plus convenable qu’elle doive occuper dans l’état actuel de nos connaissances. Du reste , je laisse un libre champ aux critiques sur cette matière, et J'engage les esprits observateurs à diriger leurs recherches sur les épidémies de cette sorte , d’après un plan bien concerté.

231. Il serait peut-être d’une heureuse influence , pour faciliter la connaissance précise du typhus , de séparer les diverses formes qu'il peut prendre et de les détailler en particulier : 1°. d'observer les symptômes qui Jui sont propres; 2°. de suivre sa marche quand elle est simple et qu’elle parvient rapidement à son plus haut degré d'intensité ; 3°. de l'envisager sous le rapport de ses périodes successives d’accroissement , de plus haut degré et de déclin ; 4°. de suivre ses diverses anomalies ; 5°. d'étudier ses complications avec d’autres fièvres ou phlegmasies ; 6°. d'examiner son analogie avec les autres fièvres délétères.

232. La nature du principe contagieux échappe à nos sens ; mais il est eertain qu'il s’exhale du corps du malade, et qu'il peut se communiquer directement par l’inhalation , le contact , les vêtemens , etc. Je l’at vu $e propager subitèment par le simple pansement des vésicatoires d’un malade agonisaht ; d’autres fois , par la simple odeur de la transpiration des malades. Parmi les huit médecins qui vinrent généreusement partager nos travaux , trois furent frappés à mort (1),

(1) La reconnaissance et humanité me font un devoir de publier les noms des médecins qui ; associés à nos travaux dans. Yhôpital, ont péri victimes de leur zèle. Les docteurs Duval , Serain et Blin ont succombé dans un court. espace de temps.

Tous les infirnuers chargés de mettre en ordre les vétemens des soldats n’ont pas tardé à succomber eux mêmes; et ce qu'il y eut de remarquable , c’est que l'homme chargé de faire dans les salles des fumigations suivant la méthode de Guyion-Morveau , mourut de l'épidémie.

253. L'arrivée de plus dedeux nulle militaires blessés ou malades avait forcé de reculer les femmes dans le fond de la maison ; mais quelques-unes appelées au service des militaires rendirent vaines les précauüons de l'isolement, en se portant alternativement de leur dortoir à ceux des militaires : bientôt le 1yphus se déclara et se propagea d’une maniere effrayante parnui les femmes. Ce fut alors que, pour éviter de plus grands désastres et arrêter les progrès du mal, j'établis un local retiré dans l’infirmerie, destiné à recevoir toutes les femmes aussitôt que les symptômes du typhus se mamifestaient. Les régles les plus sévères de lhygiène furent observées strictement : air pur renouvelé toutes les demi-heures, fumigations conunuelles, linge souvent changé , lotions et applications sur le visage d’eau froide acidulée. Le traitement se composa de boissons ioniques et d’un régime conforme aux diverses périodes. |

234. C’esten faisant recueillir, à plusieurs heures du jour, par des élèves zélés et intelligens, des notes sur

moissonnés au commencement de leur carrière médicale, et victimes de leur zèle infatigable.

Le docteur Esparron , chargé d’une salle de malades, eut Ja générosité de fournir , à ses frais, du vin de Bordeaux et du sucre; et je me fais un devoir de citer un trait si honorable,

MUTRIDES OU ADYNAMIQUES. 199 chacun des malades, avant et après mes visites , que j'ai pu apprécier les Symptômes d’une manière régulière , depuis leur invasion jusqu’à leur terminaison heureuse ou funeste.

235. Avant de présenter le résultat de mes observations , je crois devoir rapporter quelques exemples de typhus avorté, c’est-à-dire > Mitigé par des mesures promptes au moment où 1l se déclare. Un élève fut pris, vers la fin de la visite , d’une prostration extrême des forces ; il voulait se rendre chez lui > Mais 1] pou- Vait à peine se mouvoir. Quelques verres de vin de Bordeaux semblèrent d’abord ranimer les forces ; Mais au bout d’une demi-heure l’affaissement se reproduisit. Le malade était abattu > Mais sans délire. On eut recours à l'usage des toniques et à tous les détails d’une méthode restaurante ,» et des le troisième Jour cet élève ne garda plus le lit. Transporté à la Campagne , il éprouva tous les soirs » pendant plus d’un mois, de légers frissons ; du reste, dés le quatriéme jour de la maladie » 1l put vaquer à ses affaires. — Un autré élève , outre les préludes du typhus, éprouva un état gastrique qui nécessita l'emploi d’un émétique et des ioniques , alternés avec les boissons acidulées ; il succéda » le troisième jour, une sueur abondante fétide, qu se renouvela plusieurs jours de suite, et la maladie fut bientôt terminée. |

236. Ce fut surtout dans les grandes salles des militaires affectés de typhus que j’eus occasion de l’observer sous des formes différentes.

237. Les symptômes les plus variés que m'a préséntés cette maladie ont été un engourdissement des

300 FIEVRES # muscles, un assoupissement général, leslésions dessens, etsurtout de Ja vue et de l’ouïe ; des affecuons du système gastrique ou des membranes muqueuses , des organes de la respiration , de la circulation et de la peau.

238. 1. Etat du système musculaire. Douleurs dans tous les muscles, avec une sorte d’engourdissement. Ces douleurs sont fixées quelquefois dans les membres

abdominaux seulement , d’autres fois dans les bras et,

dans tous les membres à-la-fois. Durant les grands froids, douleurs dans les articulations, simulant des: rhumatismes articulaires , contractilité diminuée et comme anéantie. Cette atonie musculaire donne aux

muscles dé la face l'apparence d’un état d'ivresse ou de. stupeur. Quand la maladie est trés-violente, le ma=| lade peut à peine mouvoir la langue et articuler les”! sons. | h|

239. Pringle remarque le tremblement des main, comme un des signes les plus constans de cette mala=, |

die. Je n’ai eu l'occasion d'observer le tremblement gés néral que dans quelques cas; mais ce signe n’est rielb

moins que certain. Une jeune personne affectée du | iyphus ressentait ce symptôme quand elle se mettait sup}

son séant ; mais elle avait éprouvé une vive frayeuf avant sa maladie , et c’est sans doute à cette cause qu'il faut rapporter le tremblement. Du reste, l'assoupisses ment n’était que léger, point de déhre, et la maladie | ne s’est pas prolongée au-delà du septième jour. «| 240. Souvent il arrive qu’une sensibilité vive et pro= longée succède à l’engourdissement. Une personne qui | avait été affectée du typhus conserva, long-temps aprés | sa convalescence, une telle sensibilité dans les muscles, | qu’on ne pouvait lui prendre le bras sans lui causer de |

PUTRIDES OÙU APYNAMIQUES. QOI

vives douleurs. Le plus souvent la sensibité se dé-: clare la première semaine de KA maladie, et alors ‘la

stupeur est moins prononcée. Ayant été , autrefois ,

affecté moi-même du typhus, j'ai éprouvé cette dou-

leur et cet engourdissement , qui se sont prolongés,

quoiqu’avec moins d'intensité , dans la convalescence,

et qui n'ont entièrement cessé qu'après plusieurs pro-

meénades à la campagne.

241. Il. Assoupissement général (rvgoe, Stupor attonitus). Passage facile de l assoupissement au réveil. Le malade regarde avec un air étonné et une sorte d’'indifférence tout ce qui l’environne , et ce qui peut lui être utile ou nuisible ; il prend comme un automate les boissons qu’on lui donne ; l'expression de la face est un air d’indifférence mélée de tristesse. C’est ce symptôme qui fait reconnaître à un médecin exercé le typhus avantmême d’avoir observé aucun autre signe de celle maladie. Cet état est indépendant de labatiement et de la débilité réelle. On peut dire que P espèce de stupeur qui caractérise le typhus est un état sui generis , qu'il est plus facile de reconnaître sur le malade que ‘a décrire.

242. Girard , dans ses Synonymes français , cherche à moer la différence entre stupide et idiot , et il dit qu'on ne peut donner de l’émulation à un stupide. Je crois cette définition assez exacte , et je dirais que la stupeur , sous le rapport moral et nosologique , est l'incapacité de recevoir une émotion quelconque.

243. La stupeur, dans le typhus, peut avoirdifiérens degrés : lorsqu'elle est profondément concentrée et que les excitans de toute espèce sont hors d'état de la réveiller, on peut en tirer le plus mauvais présage. Autre-

ment , quand la maladie est simple , il l'accompagne dans les diverses périodes qu’elle parcourt, en se con formant aux mêmes lois que la maladie suit elle-même.

244. WT. Lésions des sens, et surtout de l'ouie et de la vue. Rien n’est plus ordinaire que d’entendre les malades se plaindre de üuntemens , de bourdonnemens aux oreilles ; les uns croient entendre le son des clo- . ches , d’autres divers instrumens de musique : cet excès de sensibilité de l’ouïe se fait surtout remarquer vers le premier temps de la maladie. Souvent il lui succède une surdité qui peut être symptomatique ou critique, et alors d’un bon augure, lorsqu’elle se déclare vers le onzième ; quatorzième ou quinzième jour. En général, l'ouiïe est plus ou moins affectée , et il faut crier plus ou moins fort pour sé faire mare du malade , qui est plongé ordinairement dans une profonde stupeur. Une malade qui rendait trés-bien compte de ce qu'elle sentait, disait éprouver un bourdonnement dans la tête avec des rêvasseries pénibles la nuit ainsi que le jour, qui lui retraçaient des objets effrayans, des spectres plaintifs , l’image de la mort avec sa faux, des figures hideuses. Cet état a duré pendant toute Ja première semaine. Cependant la maladie , d’ailleurs , n'était pas très-grave , et elle a marché assez rapidement vers la guérison. Une autre, âgée de soixante ans, voyait aussi des cadavres et des spectres ; la stu— peur était profonde ; il survint un état catarrhal de la poitrine ; l’expectoration cessa , et la malade mourut au bout de quelques jours.

245. I est assez singulier que les premiers jours les yeux soient, en général , brillans, et les vaisseaux de la eonjonctive injectés ; mais peu à peu la vue s’anime

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dans les développemens ultérieurs de la maladie. Un militaire affecté du typhus éprouva une telle confusion dans la vue les neuvième , dixième et onzième jours, qu'il ne pouvait distinguer les diverses parties de son lit; le douzième jour , il commença à distinguer les divers objets de sa chambre , et la vue finit par redevenir insensiblement nette et précise. Je me rappelle moi-même que , dans le typhus que j'éprouvai et dont jai parlé plus haut , lorsque la maladie fut à son déclin , je fis placer mon lit devant une fenétre qui donnait sur la campagne : je croyais voir d’abord les objeis à travers un brouillard et dans une posiuon et un désordre bizarres.

246. Les autres affections des sensconsistent dans un délire obscur ou taciturne, marqué par des idées incohérentes, par des images confuses et hideuses qui se présentent à limaginaton : si l’on interroge le malade, il répond souvent avec justesse, mais lentement, parce qu'alors son imagination est fixée. J'ai vu des malades se lever pendant le paroxyme, préoceupés d’une idée parüculiére ; des militaires demander leurs chevaux à leurs éperons, leurs armes pour aller au combat ; des filles de service se lever et prendre dans des armoires voisines les premiers objets venus pour les faire servir aux pansemens, etc., etc. |

247. Dans le plus haut degré dela maladie, il existe une sorte d’articulation confuse des mots, qui devient encore plus inintelligible dans le cas de fièvre adynamique, quand la langue est couverte d’une croûte sèche et noirâtre. Le jugement est aussi très-faible quand la maladie est parvenue à un état violent. Une jeune personne répondait avec une extrême

lenteur aux questions que je lui faisais; elle rapprochait avec beaucoup de peine ses idées pour en former un jugement, elle le syspendait même, s'arrétait et retombait dans la stupeur. Il se déclare souvent pendant le premier septénaire une vive cé— phalalgie qu'on doit regarder comme purement nerveuse, et non comme une congestion sanguine vers la tête. Un militaire éprouva dés les premiers jours les symptômes les plus violens : céphalalsie intense , face rouge , stupeur profonde, les yeux brillans et injectés , langue et dents noirätres ; délire taciturne, face très-pâle, mort le cinquième jour.

248. IV. Affections du système gastrique ou des membranes muqueuses. Un état catarrhal des membranes muqueuses du thorax , de l'abdomen, de la gorge , est lasuite trés-ordinaire du typhus ; l’'affecuon catarrhale de la poitrine est assez commune, et, en général, ellen'est point funeste, à moins que la stupeur ne soit trés-profonde, ou que lexpectorauon ne vienne à se supprimer.

249. Quelquefois une péripneumonie marche en même tempsquela maladie. Une fille de service éprouva tous les symptômes typhoïdes , et en même temps une douleur pongitive au côté. ( Application de six sangsues, boissons toniques etcamphrées.) Disparition de la douleur ; langue fuligineuse , toux, léger accablement. Rechute vers le quinzième jour : stupeur profonde , face hvide (éraitement tonique). Quoique: cette maladie inspirât de vives craintes , elle finit par se terminer heureusement. Une autre fille de service: éprouva, dès les premiers jours , une toux sèche avec: un grand accablement : face rouge, retard des régles:

PUTRIDES OU ADYNAMIQUES. 20) de huit Jon : elles coulent pendant trois jours du premier septénaire. Neuvième jour , face toujours rouge , De de délire ; douzième jour, oppression , difficulté de respirer ; ; treizième Jour, expectoration supprimée, angoisses extrêmes ; mort le quatorzième jour , avec tous les signes d’une Rene muqueuse dans le poumon. Un militure présenta , à l'ouverture cadavérique, une congesuon dans les membranes muqueuses de ne bouche ; un autre a offert une forte affection des membranes muqueuses intestinales. On pourrait définir cet état non une imflammation franche, mais une espèce d’excitation catarrhale qui n’a pas une grande valeur pour le pronostic, à moins qu’elle ne soit portée à un degré violent. Ainsi, par exemple, dans le premier septénaire, les membranes muqueuses de l'intérieur de la bouche, des bronches, du conduit intesunal peuvent abonder en mucosités , c’est-à-dire, en excrétion muqueuse ; mais quand ce qu'on peut appeler la période nerveuse succède , vers le huitième ou le dixième jour, toutes les membranes de l’intérieur de la bouche, des narines, etc. , peuvent être affectées. Îl est arrivé plusieurs fois qu’une sorte de diarrhée devenue colliquative a fait périr les malades à la suite de Faffecuon des membranes muqueuses intestinales. Ces cas ont été plus fréquens en hiver.

250. On voit souvent le typhus se compliquer avec une angine, une pleurésie, une sorte de dysenterie. Un effet de la stupeur est d’occasionner des selles et des déjections involontaires : les matières alvines sont alors noirâtres, jaunes ou verdatres. Les em barras gastriques surviennent surtout au commen

cement et même dans le cours de la maladie. Ces sortes de complications sont fréquentes, et il est facile d'y remédier par quelque boisson émétisée. L'état catarrhal des intestins peut être quelquefois si dominant que la maladie prenne le masque d’une fièvre muqueuse ; mais on concoit facilement qu'il est nécessaire, dans ces cas, que la constitution individuelle soit propre à occasionner de pareilles anomalies. |

251. V. Variations du pouls. Les divers changemens que présente le pouls pendant les dix premiers jours de la maladie , doivent fixer notre attention. Il varie suivant la gravité de la maladie , l'état gastrique , les lésions des organes de la respiration, etc. ; et ce n’est guère que vers Ja période nerveuse, vers le onzième jour , qu'il devient faible, concentré. Dans le cas d’un grand danger ou d’une complication avec une phlegmasie , le pouls peut acquérir une accélération exirème , jusqu à offrir cent vingt et cent trente pulsauons par minute; parfois il peut s’éteindre et devenir enuérement insensible : 1l était entièrement éteint dans le bras gauche lors du typhus que J'ai éprouvé.

252. Chez les femmes , il peut recevoir diverses modifications, en raison des hémorrhagies utérines qui ont lieu souvent au commencement de la maladie.

255. VI. ÆEruptions cutanées. Vers le sixième jour de la maladie, on voit souvent des pétéchies qui naissent et disparaissent tour-à-tour ; elles restent quelquefois long-temps ; 1l survient aussi une desquamation de la peau. L'ictère peut devenir une suite du typhus. Quand la maladie arrive vers son déclin, il se manifeste à l’intérieur , au ventre et à la tête, une cha-

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leur brûlante qu'il faut tempérer par des lotions locales et par des. boissons légérement acidulées.

254. Pour donner plus de poids à ces résultats généraux , je renvoie aux observations parüculières consignées dans ma Médecine clinique. La première observation est celle d’un typhus simple , à un degré modéré , qui se prolongea jusqu’au trente-deuxième jour. Les autres formes dont ju donné des exemples sont des complications de la fièvre adynamique avec le typhus, de la fièvre ataxique avec la méme maladie, avec nn phleemon du bras gauche. Je rapporte aussi l'exemple d’un typhus avec une extrême sensibilité, et des notes additionnelles donnces par le malade lui-même , qui était médecin.

255. Dans linfirmerie des femmes » J'ai eu le grand avantage d'observer les maladies durant tout leur COUrS, depuis l’époque de leur invasion jusqu'à la fin de la convalescence ; ce qui a rendu ces observations très complétes , en surveillant surtout tous les objets relaufs à l'hygiène ; j'ai pu aussi saisir les principales variétés de la maladie suivant ses divers degrés d’intensité. Ce qui est remarquable, c’est qu’une maladie qui paraît aussi funeste n’a présenté environ , pour la mortalité , qu’un dixième sur le nombre total des individus

affectés du typhus. ( Forez la Médecine clinique. )

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