Au milieu des horreurs de la peste de Mos
cow, non -seulement le docteur Mertens développa k un zèle et un courage rares, mais encore rien n ‘honore,
plus ses lumières et sa sagesse que les moyens eflicacess è
qu 1 prit pour sauver de cette cruelle maladie un. des établissemens de cette capitale les plus dignes P P
d'être connus : c’est l’hospice impérial des Or phelins e
où on entretient environ mille enfans et quatre cents à [se
. ’ r . sa © 0 adultes , soit préposés , soit nourrices ou gens de ser-
vice. Et cet exemple seul montre comment , non-m
seulement dans un établissement public, mais encorew
dans une maison particulhére , on peut se conserver
en santé avec sa famille durant une épidénue pesti=. lentielle. Comme l'enceinte de cet hospice avait trois”
portes , des que ce médecin vit, au.mois de juillet , que la peste se répandait dans la ville Fr: engepea les directeurs d'en faire fermer deux et de n'en laisser
PESTE 505 qu'une hibre avec un poruer; il fut ordonné qu’on ne laisserait entrer ou sortir personne sans une permission expresse de l'inspecteur en chef, et qu'on aurait soin de se pourvoir , en assez de quantité , de farine , de vêtemens , de linge, de souliers et d’autres objets nécessaires , dans de endroit qui ne seraient pas infectés.
378. Au mois d'août, lorsque la peste exercait les plus grands ravages dans la ville , 1l ne fut permis à personne d'entrer dans l’hospice , qu'au médecin (le docteur Mertens ): on chargea des hommes au dehors de la maison d'acheter chaque jour les alimens nécessaires et de porter les lettres. Le même médecin avait désigné par écrit au portier les objeis qui devaient être introduits et les précautions à prendre. Le boucher jetait la viande dans du vinaigre , et le souséconome la recevait ensuite. Les peaux , la laine, les plumes , le coton, le chanvre, le papier, le linge , la soie, ne pouvaient point étre admis; on recevait le sucre directement en ôtant les enveloppes et les cordons ; on DORE dans le vinaigre les lettres après les avoir percées avec une aiguille , et on les desséchait en les exposant à la fumée s bois de genièvre , qu'on faisait brûler ; 1l était permis de er à ses parens et à ses amis , qui se présentaient à une certaine distance hors de la porte.
379. Au mois d'octobre, on fut obligé d’achéter deux cents paires de bottes et de souliers : on eut soin de les tenir plongées pendant quelques heures dans le vinaigre, et de les laisser ensuite dessécher. Le docteur Mertens visitait les malades deux fois par jour ; deux chirurgiens examinaient , le matin et le soir , les gens
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bien portans. Si quelqu'un venait à tomber malade, on faisait appeler aussitôt ce médecin ; et sil apercevait quelque chose de suspect, on tenait le malade isolé jusqu'à ce qu'on füt assuré qu'il n’avait
point la peste. C’est ainsi qu'il trouva sept fois des pes- …
tiférés parmi les soldats où les ouvriers de l’hospice ; mais comme , dés l'invasion de la maladie , 1ls furent ? L4 “ > NL = 9 séparés des autres , la contagion fut arrêtée : il n'y eut qu'un ramoneur ‘qui communiqua la maladie à son apprentif.