Traitement curatif. Rien n’est plus certan
(1) Les détails que j'ai exposés sur les précautions prises à Moscow pour arrêter les progrès de la contagion, ou pour en préserver certains lieux, instruisent mieux je les préceptes généraux qu'on pRurit AScaés ‘
C2 | Ru = |
comme résultat immédiat de l'observation | rien n’est plus conforme à RSR PAIE de tous les temps ‘que : l'efficacité dés, moyens qu on peut prendre pour se préserver de la peste ; mais le traitement est-il fondé . SUL:f des, principes aussi solides ? lorsqué la maladie est une fois déclarée. peut-on en arrêter le éours ? Un esprit exercé à analyser ses idées et. à se rendre ‘un compte sévère des phénomènes! des maladiés , peut-il. entendre: sans. dégoût l’énumérauon. :des: formules compliquées inises en usagc par. Chicoineäu et Verny durant la peste de Marseille ? tels sont.}a thériaque , le cuascordium., la confection d’hyacinthe , de kermes , les eaux mere ete. Et que peut-on penser de es efficacité ee les méines médecins avôuient qu'ils ont vu périr les malades d’une mort prompte ;; malgré l'emploi de ces remèdes? De telles. “prescriptions peuvent être excusées en faveur du péu-de pro grés qu'avaient fait alors la chimie et la botanique; mais aujourd'hui que la matière médicale est si riche en substances sumples , peut-on IPRÉDEREN l'usage de ces fatras médicanenteux ? RE D 407 Ontrouve des préceptes bien st us sains :. dans la lettre du docteur: :Makensi sur la peste, de Consantinople ;. lorsqu'il indique qu'on don se diriger :sur des mêmes. principes de traitement que dans. celui des fièvres putrides et malignes , employer le quinquina ; le vin , le camphre ; et, dans le cas de stupeur ét de somnolence, recourir aux vésicatoires. Îl recommande ‘ aussi ayec ralsOn., Comme. moyen préservatif, un éloignement de tout sentiment de terreur ou de tristesse. . Le docteur Samoïlowitz , médecin russe, s'est aussi trés-distingué dans le tr aitement de la peste ,-en faisant J. 2%
529 FIVE S | un usage très-heureux des frictions glacrales pratiquées sur le corps des pestiférés. On réglait ces fficüons de manière qu'elles fussent 4ssez fortes’ et prolongées de puis les épaules j jus à la paume des’inains, et depuis le haut des cuisses jusqu'à Fa plañté des pied, inomures sar les hypochondres, très“légéres suit Ja poitrine et le ventre : dans quelques cas éXtrêmies , ori faisait frotter Également le tronc ‘ét les tiémbres. Les ‘effets de’ces’ fictions furent, én général, la rougeur dé la péau , l'élévauon d’une sorte de vapeur commé quand on sort du bain ;-uñ tremblement général, et biéntôt apres une sueur qu'on avait soin de séconder par uné"mfu- SION! sudorifique. Ces frictions ont été plus Où MOINS répétées: suivant lurgénce des circonstances’, et leurs effets: ont été” si remarquables qu’on né peut détuter que certains pestiféré és er Mgr par 1 une mort cértaine: | Éne 9 er:
408. Mériens est éncoré un dés auteurs qui nt répaodu les idéés lés plus saines Sur le tratémient de Lx peste. importe d'abord ‘dé faire uné ‘attention’ extrême à la forme sous laquelle la maladie sè présénité ; ” ét, sans donner 1ci dans les chimérés des pr etetidus antidotés or alexipharmaques dont n0$ formtilatrés sôrit remplis, ét qui ont pour objet d’exciter li sueur , on ne peut riiér les riasties- contagieux ñ raffétiotl queléuefois le systèmié nervéux et né troubit toutes les fonietions de l'économie añimale par üune sorte d'impression directe: C'est dans dé pareiles”"ciréon= stances qu'il paraît qu'on peut élimmer cés miasmesg par les Sueurs , et venir at secours de la nature par de légers diaphorétiques ; tels que des boissons acidulées avec le suc dé citrori où le vinaigré , des ému
PESTE, 3923 sions camphrées , le camphre mélé au vinaisre , le muse , ét d’autres aromatiques. Mais très-rarement les rôle dns peuvent employer cette méthode, parce que la contagion affecte avec tant de violence le système nerveux , que les malades en sont frappés comme de kr foudre: | ou 409. E’expérience à appris que les bubons ou tumeurs glanduleuses qui parcourent avec régularité leurs périodes dinflammation et de suppuration, doi= vent être regardés comme des abces critiques et sont d'un bon augure, surtout lorsque lé éruption ést suivie d'une rémission , ou même d'une sorte d’intermission des Sym pLÔMES ; ; Imais CCS tumeurs sont-elles indolentes et sans ressort, on doit recourir à des topiques exCLaNns , aélaafois même à des épispastiques. Les charbons doivent être regardés sous un aspect bien moins favorable ; 1ls sont toujours Symptomatiques , et plus ils sont mtuhipliés ou étendus, plus Ta maladie est re” leur traitement externe $e rapporte d’ailleurs à celui de la pustule maligne , avec les Va riétés que demandent la g gravité parüculière et l’intensité de cette affection gangreneuse. Les pétéchies et autres sympiômes adÿnamiques qu'on trouve souvent dans la peste portéé au plus haut degré, indiquent assez par analogie l’usage des amers, dé quinquina ; des acides mméraux, ete. Mais, outre les dificultés de. diriger une maladie qui se ARE le plus souvent avec Ja plus grande violence, et qui devient soudainement meurtriére , quelque Leède qu'on lui oppose, que d'obstacles empêchent, dans ces temps de calamité , de diri ISePAvEe ordre et avec méthode un LUE réguher , et de recueillir des observations exactes !
Ceux qui sont frappés de la peste cherchent, autant qu'il leur est possible , à cacher leur mal, pour ne point être arrachés du sein de leur famulle et séparés de leurs proches et de leurs amis. Le peuple” rejette toute sorte de médicamenÿ , dit le docteur
Mertens, voyant périr d'autres personnes avec les mémes secours. Quel tableau d’ailleurs présente un hôpital encombré de pestiférés ! un air impur et contasieux , l'inspiration des vapeurs féudes, la terreur , la tristesse , la pénurie des objets nécessaires à tant de malades , la dureté des gens de service qui semblent s'ugrir par l’aspect même de tant d’horreurs ; l’atten-
tion du médecin partagée entre un si grand nombre de malades, ou plutôt de mourans ; des médicamens donnés à. la hâte et avec une sorte d’uniformité ; par-
tout l’imagé de la douleur, du désespoir et de la mort.
Quel horrible séjour pour un esprit observateur qui à
besoin de se rendre un compte sévère des impressions
qu'il reçoit, ce qui demande surtout le silence et le calme ! |
410. Âu commencement de la peste de Moscow , tous ceux qui en étaient attaqués étaient transférés dans les hôpitaux , et le docteur Mertens avoue qu'il lui fut très-diflicile, ainsi qu'aux autres médecins, de faire des essais suivis sur l'usage de certains remèdes indiqués. Lorsque toute la ville fut infectée et ressembla à un grand hôpital , il s'était proposé de traiter d’une mamière régulière les malades qui seraient les
plus dociles, de provoquer d’abord le vomissement , puis d'administrer à forte dose le quinquina et les acides minéraux ; mais la peste exercait alors ses ravages avec tant de fureur, que presque tous les malades
périssaient subitement le premier où deuxième jour , avant à ae püt leur faire prendre des médicamens. Le même auteur cependant rapporte un exemple de succes obtenu en suivant ses principes.
411. Au mois de septembre, une femme âgée de vingt-quatre ans fut attaquée subitement d’une céphalalgie avec une petite fièvre et vomissement , et aussitôt on vit paraître des bubons à l’aîne et à l’aisselle du côté droit. Le lendemain , le corps était couvert de pétéchies ; prostration ne forces , stupeur et sorte d'état d'ivresse , langue blanche et humectée, urine pâle et décolorée , douleur de tête et anxiétés. Vingt grains d’ipécacuanha excitèrent le vomissement, et on administra ensuite une décoction très-saturée de qunquina, en ajoutant un gros d'alcool sulfurique sur 2 livres de décoction , avec addition d'un demi gros d'extrait de la même écorce et d’une once de sirop de guimauve. La malade prenait , de deux en deux heures , 3 onces de ce mélange , et en outre > quatre fois le jour , un demi-gros 4 quinquina en néud re: .sa boisson ordinaire était une décoction d’ orge aci- Mulée avec l’acide sulfurique. Les bubons augmeniérent peu à peu, et dans quelques j jours ils parvinrent à la grosseur d’une noix ; mais 1ls restérent ensuite dans cet état , sans aucune apparence de suppuration ; Ja aides se trouva de mieux en nyeux , ét dans l’espace d’une semaine elle entra en convalescence.
412. Les circonstances énoncées ci-dessus n’ont que tres-rarement permis au docteur Mertens de suivre un traitement analogue ; mais il est persuadé qu'on : peut, par une méthode semblable, sauver les malades,
5 20 FIÈVRES lorsque les principes contagieux agissent avec lenteur , comme semblent le confirmer les exemples de trois enfans , dont l’un avait une année , et les autres étaient d’un âge au-dessous. Le même médecin avoue avec candeur qu'on ne peut espérer. de guérir da peste par la décocuon de quinquina et l’acide sulfurique que lorsque cetie maladie est dans un degré peu violent ; car, dans le plus g orand nombre de cas, les rende les plus vantés échouent , quoiqu on puisse cependant dire que ceux qui sont les plus indiqués par d'analogie et l'expérience sont le quinquina , les acides minéraux , Je camphre, le vin, les épispastiques. M. Desgenelles remarque ; dans son Journal , qu'on a üré. un grand parti , dans l’armée d'Egypte, des oignons de scille cuits et appliqués sur les bubons. Ces tu meurs critiques , qu'il regarde comme des engorgemens des glandes lymphatiques, qui s'operent par un mouvement inverse du système absorbant, étaient généralemént dans les aînes ; quelques malades en avaient dans les aînes et sousles aisselles ; leur rétrocession était presque toujours funeste. :
& IV. Considérations sur la nature de la Peste.
413. Un dés objets les plus dignes d'être approfondis, et ] ose dire un de ceux sur lesquels nos connaissances sont le plus avancées, est le principe contagieux de la peste. Ce principe paraît sans doute bien extraordinaire , quand on raisonne surtout sans ordre , quand on se livre à des explications frivoles ou à des récherches vaines sur sa nature intime , sur ses élémens , etc. Et n’en est-il pas de même de tous les où-
jets de physique ? Quoi de plus obséur, par exemple, que la nature du fluide électrique , etsa mamière d'agir rapportée aux propriéiés générales des corps , etc: Ÿ Mais en se bornant simplement aux résultats de l'expérence sur ses «Minnés avec certaines substances, sur les lois qu'il suit dans son accumulauon sur sa propagauon instantance , sur les phénomenes de son explosion , etc., tout devient-simple etsuscepuble d’un enchaïînement rigoureux de faits, eomme Franklin, OEpinus, Colomb , etc. , en ont donné des exemples. On doit en dire autant des eflluves pesulentiels, comme le prouve l'extinction de Ja peste en Europe. | “414. Rien n’est mieux constaté que les propriétés de ces effluves subtüls qu semblent s’exhaler avec la transpiration du corps dés pesuférés, adhérer parüicüliérement à la laine, dla soie, au linge , etc. ; se maintenir dans des objets lorsqu'on les tient renfermés , et se communiquer ensuite à des personnes saines ; se dissiper au contraire par le contact prolongé de Vair, par leur immersion dans un fluide, ou par l’action des fumigations. On connaît, en un mot, par le résultat des expériences les plus constantes etles plus pétiérées , les affinités de ces émanations avec certains corps, leur manière d'agir par cet intermède sur des personnes saines , le moyen enfin de les détruire et de désimfecter les substances qui en'sont imprégnées; et c'est peut-être une des plus grandes découvertes qu’on ait faites, ou du moins une des plus précieuses pour Phumanité, puisque la peste , qui ravageait autrefois toute l'Europe à certaines époques , est confinée main tenant dans l'Asie ou l'Afrique, sans pouvoir pénétrer parnu nous, à l'ude de certaines mesures de pru-
326 APPENDICE dexc de ue nec igie observées. L'espèce de sécurité avec lagaeblé les négocians de VE surope qui résident au Caire, à Smÿrne ; etc. , vivent au sein d'une ville PA ravagée par la peste’, ne laisse aucun doute sur les moyens biens constans d'en arrêter la contagion, et sur la frivolité de l'opinion vulgaire, qui fait regarder les miasmes RESGLERI comme répandus dans l'atmosphère , et propres à être détruits par des feux allumés dans divers quartiers de la ville, N'est-ce point un conte fabuleux que ce qu'on dit de ce moyen em" ployé par Hippocrate lors de la peste d’Athenes ; puisque Phucydide > témom oculaire dé cette épidémue , n'en dit rien ? et d'ailleurs, l'épreuve de ce ‘moyen , faite à Toulon lors de " dermiéré peste , n'at-elle point prouvé qui 1l était com ea infrucpe
À la Doctrine générale des Fièvres primitives, qui vient 2 étre exposée.
dxb IP convenait de se borner à des détails purement
historiques, dans exposition des six Ordres des fièvres
primitives qui précèdent; mais il importe en même iemps, pour imprimer une heureuse direction aux
études de médecine , de ne pasomettre icicertains points,
fondamentaux propres à fixer de plus éñ plus la vraie route de: l'observation, et à faire désormais éviter des divagations superflues sur ces fièvres qu'on appelle pré-
AUX FIÈVRES PRIMITIVES. 329 mitives , pour ne point les confondre avec les fievres secondaires à la suite d'un état dé phlegmasie. [lim porte en effet de joindre quelques remarques sur les caractères généraux dé la Classe et sur les recherches particulières qui restent à füre relativement aux fievres périodiques, sur la science du pronostic, les crises et la términaison des fièvres , les opinions variées qu'on a ‘cherché à introduire sur la cause prochame et la nature des fièvres, enfin la méthode de décrire les épidémies régnantes des maladies aiguës. Il a été nécessaire aussi d'examiner certaines maladies qui semblent tenir un milieu entre la première et la äeuxième Classe, comme la fièvre hectique la fiévre dite puerpérale , celle que M. Peüt appelle entéro-mésentérique ; et les fièvres périodiques avec une affection morbifique des viscéres. $ I°*. Caractères distinctifs de la classe des Fièvres
primitives , et considérations sur leurs divers types de continuité, de rémitience ét d'intermittence.
: 416. Les fièvres essentielles ou primitives ds divers Ordres ont des: caractères communs qui peuvent les faire distinguer de toutes les autres maladies, et qui en font une Classe séparée. Elles sont les plus fréquentes et les plus ordinaires des maladies | aErne pit 4 l’espèce humaine, puisqu elles peuvent naître de toutes les impressions du dehors, d’une foule de causes mo+ rales, de divers.écarts du régime, en un mot d’une violation des préceptes met de l'hygiène. Diversés époques de l’âge, le sexe, une constitution particulière, certaines Lialie un état détérminé de l’atshossnieré , peuventdisposer plus spécialement à à con-
Lrd Ù
tracter des fièvres d’un certain Ordre. Elles attaquent quelquefois certains individus ; ou bienelles deviennent générales MON affectant certains lieux ou certaines consututions.de l’année. Elles débutent ordinairement par un sentiment de froid, suivi d'une chaleur plus .ou moins forte, avec des, variétés nombreuses pour l'in iensité, la combinaison, laisuccession ; la continuation ou le renouvellement, de ces deux symptômes. Elles peuvent être contmues, rémittentes ou internuttentes, du moims pour de plus grand nombre. Leur durée peut être plus ou moins longue, quoique, engénéral, leurs différentes espèces affectent certaines périodes
septénaires,; surtout si Je traitement est régulier. Cha
que Ordre semble affecter plus spécialement certaines parües, comme le système vasculaire, les organes digesufs, les membranes muqueuses du .conduit alimentaire ; l'appareil locomoteur, le système nerveux. Elles ont cependant des propriéiés communes , comme de suspendre l’appéu et la digestion, d’altérer la circulation, d'interrompre certaines sécrétions, d'empé- «her Je sommeil, d’exciter ou -dediminuer l'acuvaté de
d'entendement, de porter atteinte à certaines foncuons
des sens, ou méme de lessuspendre, d’entraver, cha- £une à sa manière, le mouvement musculaire, La nature , dans leur cours, affecte quelquefois une directon salutaire, et développe manifestement des efforts conservateurs ; d'autres fois sa marche est marquée par des syniptômes de‘mauyais augure, avec une sorte de disposition à une terminaison funeste. Les fièvres des daxers Ordres ont été décrites presque danstous les lieux de la terxe où les lumières et les connaissances de médecine ontpu pénétrer ; eten comparantees résultats di-
AUX FIÈVRES PRIMITIVES. 551 vers de l'observauon, ou voit qu’elles se rédusent à un nombre déterminé d'Espèces simples ou comphquées , qui se reproduisent toujours avec les inêmes caractères fondamentaux, et avec d’autres variétés en sous-ordre , dépendantes de circonstances accessoires. 417. Seraitil possible de s'élever ainsi à la nouon générale et abstraite de la Classe des fièvres, st on avait conservé le mode dedistribution usité parmi les nosologistes, et fondé sur les divers iypes de contunuité, de rémiltence Ou d'intermittence ? Aurait-on pu ramener à un aussi peut nombre de genres ces fièvres regardées comme simples par opposition à leurs complications , $1 on s’en était tenu à ces iypes souvent si variables et si peu propres à rapprocher les fièvres par un grand nombre d'affinités ? Quel chaos ne présentait point la grande variété de leurs dénominations et de leurs descripüons. Si Souvent incomplètes et irrégulières ! La méthode proposée n'est-elle pas d'ailleurs déjà confirmée par une expérience de plus de vingt années , Sans cesse répétée dans les établissemens publics ou pa rtculiers? Qu'uneièvre quelconque se présente , ondarapporte sans peine à la parue du cadre qua din convient ; ou bien sielle est compliquée, on reconnait la marche simultanée des fièvres primitives qui Pont formée par leur réumon réciproque. L'objecuon la plus souvent répétée qu’on a faite contre celte distribuuon, a été celle de reconnaître une certaine fièvre dite simple, ei qu'on regarde comme ne pouvant point entrer dans ce cadre nosographique. pernrs 418. Je suis loin de chercher à défendre par des subülités üne distribution méthodique. qui m'est propre ; mais Je me défie un peu de da marche qu'on a sui-
vie pour admettre cette fièvre simple. On allégue, en effet, qu'en comparant entre eux les divers Ordres de fièvres de la Nosographie, on remarque les symptômes svans qui leur sont communs : Une altération du pouls et de la chaleur, ün sentiment de malaise et de faiblesse , un trouble général et plus ou moins marqué des fonctions. Mais n'est-ce point là une noton générale et purement abstraite, qu’on a coutume de former d’ailleurs dans toutes les sciences physiques, toutes les fois qu'en COMparant divers objets qui ont des conformités et des différences > on ne considère que les premières (1) ? Ces divers attributs réunis ne forment donc nullement une réalité, mais une pure abstraction qui sert de point de communication entre les divers Ordres de fièvres, marqués d’ailleurs par les symptômes inflammatoires > Sastriques, muqueux , adynamiques ou ataxiques , séparés où réunis deux à deux ,,ou trois à trois , quel que soit le type de continuité, de rémittence ou d’intermittence. Rien ne Jus üufie peut-être davantage la distribution générale des fievres en cinq Ordres primitifs ( en exceptant la peste, qui est toujours communiquée. par contagion ) que l'existence isolée de divers états de l'organisme relatifs à cette division , et qui peuvent très-bien exister plus OU moins long-iemps sans fièvre » Céder peu à peu à
s10 (4), Sans doute qu'une personne saine éprouve quelquefois une affection fébrile analogue, à la suite d’un exercice forcé, d’un travail immodéré , d'une blessure ou d’une affection morale ; ou enfin à la suite de toute autre cause capable de produire un trouble subit et général dans l’économie animale : mais peut-on faire entrer cette sorte d’accidens dans la Classe des hèvres primitives dont je viens de tracer les caractères ? [
AUX FIÈVRES PRIMITIVES. 333 certains moyens mis en usage , Ou bien précéder de quelques jours une des fièvres des cinq Ordres. Je ne puis me dispenser de tracer ici les principaux caractères de ces divers états que tout observateur attentif peut facilement reconnaître à des signes non équivoques. 1°. L'état pléthorique ou inflammatoire peutavoir lieu à l’époque de la puberté , durant les premiers mois de la gestation , lors de l’omission d’une saignée habituelle ou de la suppression d’une évacuation sanguine, ou bien après des excès d’intempérance ou l’abus des liqueurs alcoolisées : il se marque au dehors par un . pouls dur et fort , la coloration de la peau, avec une disposition à la moiteur , une respiration génée , peute et fréquente, la rougeur des urines , une céphalalgie gravative, un penchant au sommeil ou des insomnies opiniâtres , un engourdissement des membres avec un sentiment général de, lassitude, ete. 2°. L'état bilieux ou gastrique sans fièvre est connu en général sous le nom de saburre bilieuse ou embarras gastrique , et je renvoie pour cet objet àl'Ordre desfièvres gastriques. 3°. L'état muqueux , qui peut être sporadique , endémique ou épidémique, attaque ordinairement les femmes , les vieillards, les personnes douées d’un tempérament lymphatique ou qui font usage d’alimens peu. sains, celles qui sont sujettes à des affections tristes, etc. ; il est annoncé pa une perte de l'appétit ; la langue couverte d’un enduit muqueux , la nonchalance , la tristesse , des douleurs contusives dans les membres, la lenteur des digestions, une gêne pénible à l'épigastre, etc., ce qui aboutit à une fiévre muqueuse. 4°. L'état adynämique ou putride sans fièvre se reconnaît aussi aux signes suivans : accablement général , cé-
phalalgie plus où moins vive , inertie des fonctions de leñnténdement, légére somnolénce , langue brunâtre , lrileme féüde, dique hémorrhagie passive, stupeur générale , air hébêté , ete. Cet état uient souvent à une température lmmide, une malpropreté extrème , la fééquentation des hôpitaux où des amphithéâtres d’anatomie, uné maïvaise nourrituré , Pabus des plaisirs vénériens , des fatigués extrêmes , etc. 5°. Enfin l'état
atixique, souvént préparé par uné habitation dans les
hôpitaux, les prisons et autres eux malsains, où par dés exees de tout genre , sé marqué par un pouls lent et variable ; uné soif nulle ou trèsvive, la gêne de la déslutuituion, des palprtations, quelquefois des syncopes, des alternatives de rougeur et de püléur de Ta face, la
vivacité des sens tantôt diminuée , tantôt éxaltée , une
indifférence extrême sur son état où des térreurs paniques , quelques légers écarts de la raison , la décomposion des traits dela face, et quelque du te aper— cu dans les gestes, Tes propos ou Îles actes de la volonté.
419- Doit-on admettre mamtenanit une corr espon— dance générale entre les divers Ordres des fièvres et certamsaypes de rémittence ou d'intermittence des fie vrés périodiques, en sorte , par éxemple , que les fièvréStierces correspondent plus particulièrement à POrdre des'gastriques ou bilicuses , etque les quotidiénnes ét les quartes se rapportent, pour le caractère , à l'Ordre des muqueuses ? L'expérience la plus constante pa faitavoir fait connaître que les fièvres périodiques de tous les types appartiénnent indistinctement à chacun des cinq premiers Ordres , quoique peut-être, pour la fréquence , il ÿ ait une disünctiona fare: Doit-on regarder encore l'autre question comme décidée ; est-
AUX FIÈVRES/PRIMÈTIVES. : 535 x-dire, observe-t-on des fièvres périodiques qui ne nia nifestent , ni dans les préiniers temps ni dans la suité dé leur cours , des‘ symptômes d'aucun dès Oï drés établis dans la Nosogr aphié : ? Je pense qu! si on veut bien 4pprofondir cette quesuon et les faits qu'on'allègue ordinairemént pour la décider , on conivieridra qu'outre is de l'habitude, ‘les observations’ individuelles qu'on rapporté sont trop incomplètes et trop super ficielles pour qu'on puisse prendre un par tr. Je crois devoir remonter encore plus haüt, en réfléchissant sur la flüctuation des opinions et P avéigle émpirisme dü traitement , et Jose avancer que, ‘sion en excepté la doctrine solidement établie par lexpéri ience sur le vrai caractère et le traitement dés fiëvrés per nicienses éurénittentes ou intérrnittentes ataxiques, on doit entièrement soum'ettré à ui nouvelexämien toutes les frevres pér iodiques qui ont un caractére équivoque , et rééhércher $, par une description pluséxacte, plus né= thodique , et faite surtout sans aucune prévention , on ñé parvient point'à saisir ce qui avait d’ abord échappé sur leurs traits distinctifs et leur marche véritable. C’est dans ces vues qué je ‘crois devoir joindre i ICI quelques remarques, 1°. Sur Ja vraié méthode descriptive’ à à suitré dans l'exposition: Historique des fièvres périodiques ; à
‘2°, sur les écarts qu'on peut commettré dans le ré imé où les principés dé À hygiène, comme autant de moyens pérturbateurs où. propres à rendre nul un tr aitement presque toujours purement érhpirique. Ce n’est pété gueré que dans des éiabhssenrens publiés ouparüculers, tenus avée un soin extrême, qu on peutentre prendre dé sériblablés réchercliés génér alisées et étendues aûx fievres périodiques rédittentes où initétimittentes des di
vers Ordres : car comment peut-on soumettre à une surveillance éclairée , et à des règles fixes et raisonnées ,.
les personnes qui vivent clans Faadépendance et les: agitations d’une vie publique ou privée ?
420. 1°. 1 faut remonter à la date plus OIL MOINS éloignée a la fièvre et aux moyens déjà mis en usage pour la supprimer, noter les préludes des accès et en tracer tous les symptômes à leur début, à leur plus haut degré, d’intensiié , à leur déclin ; se renfermer dans les bornes d’un historien sévère, et ne s'arrêter qu’à des signes extérieurset manifestes aux sens ; com
parer sous ce point de vue Îles accés entre eux ;.examiner l’état du malade durant les: intermissions ;:
remonter au temps antérieur. pour s'assurer s1l a
existé déja quelque autre maladie remarqueble et. qui
puisse être rapportée à quelqu'un, des Ordres, de. la Classe des fiévres ; ‘indiquer | la, cause probable, physique ou morale, de cette fièvre individuelle, qu'on observe ; Meet à reconnaître s'il y a eu des, exces antérieurs dans quelque genre, quelles: sont les influences du heu habié, des saisons,:de lxnraniére de vivre, des passions plus ou moins vives ; s'arrêter aux effets ayantageux Ou. nuisibles des moyens déjàz mis en, usage.
VENTRE Que d’ objets propres à. «prolonger les. Hèvres périodiques ou à, dénaturer Jeur marche ! vie trop’
sédentaire ou tr OP. acuve 4 influence des: alimens où
des boissons dont on use, des, lieux “environnaps , "vi l'air qu’ on respire. Un voyage, un déplacement, del conque suppri iment souvent, une fièvre périodique ; ; quelquefois une. abstinence prévient le retour de l'accès ; d’autres fois l’uniformité dans l’usage des alimens Droles la fièvre, tandis qu’un repas copieux: et
AUX FIÈVRES PRIMITIVES. Se voisin d'une débauche la supprime. Quels effets nuisibles ne peuvent pas résulter de l'ennui , d’une tristesse profonde, de certaines contrariétés déplacées , des emportemens habituels et des mouvemens de colère! Au milieu de ces circonstances variées et regardées faussement comme accessoires où nulles, on voit le médecin confiant ne compter que sur l'efficacité de ses médicamens , prodiguer tour-à-tour de bonne foi les sumulans , lessédatifs, les toniques , en un mot, toutes les richesses fastueuses de la Matière médicale, sans pouvoir obtenir aucun succès, ou même ne pouvant en obtenir que fortuitement , et venir ensuite nous tracer les symptômes essentiels et propres à une fièvre périodique. Bien plus, on voit quelquefois maint auteur chercher à nous faire admirer, comme autant d'observations fondamentales et propres à servir à Ja vraie histoire des fièvres intermittentes, quelques notes superficielles prises à la hâte ; admettre , sans balancer, des complications imaginaires, les changemens de type les plus singuliers , la plus grande instabilité dans les attributs caractéristiques.
422. Ge n’est point en confondant les cas rares et. insolites des fievres périodiques avec leur marché la plus ordinaire qu’on peut reconnaître leur vrai caraciére; c’est en construisant des Tables parüculières dans des lieux déterminés et durant diverses saisons , et en décrivant avec méthode la marche de ces fièvres ; qu'on pourra parvenir à distinguer, sur un nombre donné de personnes qui en sont attaquées , le nombre d'accès qui se sont manifestés dans chacune pendant la durée de la fièvre. On déterminera en même temps si elles portent les caracteres disunctifs d’un des Ordres