‹ Nosographie philosophique, ou la méthode de l'analyse appliquée à la médecineChapitre 56 sur 60 · FR · texte numérisé non relu

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de la Classe des fièvres, ou si, après l'examen le plus attentif, on n’en a pu découvrir aucun. On pourra aussi rechercher par d’autres Tables si le nombre des accés et la durée des fièvres périodiques correspondent ou non plutôt avec la jeunesse ou l'âge adulte qu'avec la vieillesse ( Voyez ma Médecine clinique ). W sera aussi très-utile de construire des Tables analogues aux saisons et à certaines épidémies de fièvres intermittentes qui peuvent venir à régner dans certaines contrées , et c'est ainsi qu'on concourra peu à-peu à leur histoire générale, qui estencore très-peu avancée.

423. I est très-facile de prendre un part décisif. en médecme, quand on veut embrasser telle ou telle opinion qui ne porte nullement sur des fais bien observés , et qui consiste dans un essor plus ou moins libre qu'on donne à son imagination. Tel est le juge ment qu'on a porté en général sur la fièvre rémuttente gastrique , qu'on fait consister dans le concours d’une fièvre intermittente avec une fievre continue, en sorte que, suivant ces vues, il ne s’agit que de combattre la première par le quinquma, et de traiter ensuite l'autre avec méthode. Mais des faits bien observés peuvent-ils autoriser cette considérauon , ou plutôt ne déposent-ils point ouvertement contre elle? Tous les détails historiques de sa marche ne manifestent ils point une maladie qui a ses caractéres génériques simples, ses symptômes propres, et ses principes de traitement entièrement indépendans de toute idée du concours des autres fièvres ? Je renvoie à la Disser-

tation de M. J.-B.-Ch. Desains (1), dans laquelle on

(1) L'objet de cette Dissertation est d'examiner si on doit

AUX FIÈVRES PRIMITIVES. 339 trouve six exemples dé cette fièvre , tous recueillis à l'hospice de la Salpêtrière , et suivis d’une terminaison favorable, à l’aide de lusage successif de boissons délayantes ou légèrement éméusées ; mais je rapporte ailleurs à dessein un exemple d’une terminaison funeste, pour faire voir que quelquefois, dans cette maladie, un viscère abdominal peut être affecté d’une sorte de phlegmasie qui peut devenir mortelle. Jai vu rarement cette fievre se terminer vers la fin du deuxième septénaire ; elle se prolonge le plus souvent jusqu'au sixième septénaire Où quelques jours après , ce qui indique la nécessité de rendre la boisson plus nourrissante à mesure qu'on approche du terme, de donner même alors une infusion vineuse amère. J'ai été étonné quelquefois de l'extrême disposition qu'ont les embarras gastriques à se renouveler dans le cours de cette fievre , et de la nécessité de revenir à plusieurs reprises à des boissons émétisées. La nature donc, dans cette maladie comme dans les autres fièvres gastriques , jouit de toute son énergie vitale, à moins qu'on ne soit trop débilité par les progrès de l’âge, et elle n’a besoin que d’être légérement secondée dans ses efforts salutaires. Le régime devient surtout un point tres-caplial et très-difficile à diriger, à cause de la longue durée de la maladie, et souvent de limpatience des malades.

424. La fièvre muqueuse, avec des symptômes modérés et une marche plus calme et plus lente que

considérer la fièvre méningo - gastrique rémittente comme composée d’une fièvre intermittente et d’une fièvre contintLe ; OÙ bien comme une fièvre sui generis, etc.

les précédentes, ne laisse pas moins voir une suité d'efforts dirigés vers un but salutaire et une terminaison : favorable. Des paroxysmes peu violens mais réguliers, des alternatives de somnolence et d'une excitation vive, des variations dans lurine sans aucun mauvais présage ; quelquefois des hémorrhagies nasales ou utérines, des excréuions abondantes et comme critiques de mucosités par la bouche, un libre développementenfin des forces de la vie pour ramener par degré l’état de santé , soït par des urines sédimenteuses, des sueurs ou des déjections copieuses , SOIt enfin par le rétablissement gradué et insensible de toutes les sécrétions ; c’est assez indiquer qu'on ne doit point troubler un ordre aussi régulier par une administration inconsidérée des médicamens ; qu'il faut, dans la première période, se borner à des boissons mucilagineuses où légerement acidulées et nitrées , passer ensuile à l’usage alternauf de quelque laxatif et de boissons toniques , comme des üsanes légerement animées avec une eau alcoolisée , une boisson vineuse, en même temps qu'on cherche à soutenir les forces par un bouillon restaurant et des décoctions végétales plus abondantes en mucilage, pour que la maladie, qui est de longue durée , puisse parcourir ses périodes ; user enfin, vers le dermier temps, d’un vin amer et de nourritures légères. Ce n’est point alors commander à la nature et chercher à la maîtriser, c’est mareher dans la même direction qu’elle , en la secondant dans ses efforts salutaires, en la soutenant dans son cours lent et de longue durée, et en lui donnant un nouveau degré d'énergie pour amener une solution heureuse et complète de la maladie. |

425. Rien ne donne plus d’attrait pour l'étude et l'exercice de la médecine; rien ne fait mieux voir que sa marche est la même que celle des autres parties de l'histoire naturelle; rien n’est d’ailleurs plus propre à mettre de lenchaînement dans les idées, que le rapprochement des maladies par ordre d’affinités. Que d'inductions naissent d’ailleurs de cette source pour les principes du traitement! que de vacillauons on s'épargne par cette méthode! que d’essais hasardés on évite ! Ces réflexions s'appliquent naturellement à la fièvre quotidienne comparée avec la fièvre muqueuse : analogie la plus marquée entre les prédispositions individuelles, la nature des causes excitantes, l’ensemble et la marche progressive des symptômes de ces deux maladies. Elles ‘sont trés-rares les unes et les autres, puisque, d’après mes journaux d’observauons, à peine remarque-t-on deux ou trois vraies quotidiennes dans chaque trimestre. Elles sont aussi, en général, plus rebelles que les autres fiévres intermittentes, puisque quelques-unes ont duré jusqu’à irente-six , trente-sept et même quarante jours. On doit même faire attention que , sous leur forme la plus simple, ces fièvres offrent deux objets très-distincis, le caractère propre des accés , et l’état particulier de langueur et de débilité de celui qui en est frappé. Se hâter de supprimer brusquement ces accès par de fortes doses de quinquina , . sans chercher à ramener les forces et la vigueur par le régime et la manière de vivre, c’est le plus souvent mettre le trouble dans toutes les fonctions organiques, et provoquer les maladies chroniques les plus invétérées. C’est donc par les règles de l'hygiène, et par l'usage des fébrifuges légers et long-temps conunués ,

342 APPENDICE qu'on peut parvemr à une guérison stable et solide de la vraie quotudienne.

426. Les réflexions que je viens de faire peuvent être facilement étendues à la fièvre quarte, qu'une foule d’affinités font rentrer naturellement dans l'Ordre des fièvres muqueuses , et qui exige les mêmes vues de sagesse. Je me borne pour exemple à une de ces fièvres devenue mortelle par des circonstances part culières. J'aurais pu rapporter trois autres exemples de ces fièvres, devenues funestes pour n'avoir point déféré à mes avis. Les femmes qui en étaient attaquées cédèrent à leur impatience naturelle par la longueur du traitement : après s'être reurées de l'infirmerie, ellés mirent leur confiance dans des recettes empiriques qu'on leur avait fait connaître. La suppression des accès de fièvre quarte eut lieu; mais 1} suecéda, dans les trois cas, les fiévres ataxiques les plus violentes, avec érupüon de parotides, dont l'issue fut promptement funeste , malgré tous les secours actifs que je mis en usage. Je puis opposer à ces événemens malheureux l'exemple d’une personne éclairée qui , attaquée d'une fièvre quarie, a pris le paru d'une expectation bien entendue, en conünuant long-temps l'usage des infusions aqueuses ou vineuses améres, En . y joignant un exercice réguler. La couleur bouflie | et la pâleur du visage ont disparu peu à peu; lappéut s'est rétabli par degrés ; les accès , tres-violens durant l'hiver dernier, ont diminué d'intensité pendant le printemps, et n’ont entèrement cessé que durant lé cours de l'été ; encore même est-il survenu alors à Ja | face un érysipéle qui s’est terminé du neuvieéme au dixième jour, et ce n'est que depws cette époque que

AUX FIÈVRES PRIMITIVES. 345 Ja vigueur et les forces se sont plemement rétablies. Je suis d’ailleurs loin de croire que les principes du traitement de la fièvre quarte soient bien déterminés ; il faut commencer, avant tout , par fixer avec précision ses diverses Espèces d’après des observations trés-multipliées , et je reviendrai sur cet objet ci-après, en parlant de ces fièvres avec quelque affection des viscères. J'ai moins de regrets à former sur la fièvre rémittente muqueuse : elle s'est souvent manifestée dans l’infirmerie, et les exemples que j'en rapporte dans ma Médecine clinique la font assez connaître. 427. Je viens de faire quelques remarques sur les principes généraux du traitement des fièvres périodiques d’après les exemples que j'en a donnés dans mon ouvrage sur la Médecine clinique ; maïs en atten- dant que les autres détails de ce traitement, qui appartiennent purement à Ja Thérapeutique, soient exposés ailleurs ; je crois devoir rappeler 1c1 quelques idées sur l'application générale de ce qu'on appelle Médecine expectante et Médecine agissante à la doctrine des fièvres primitives. .…. Fa 428. Lés'principes de traitement, quand on cesse de les envisager avec des vues ressérrées, des formes scolastiques ou les préventions du vulgaire, indiquent naturellement une sorte de division des six Ordres de fièvres primitives en deux sections principales; relatives à ce qu’on appelle médecine d'expectation où d action. La premiére section comprend les fièvres inflammatoires, gastriques et muqueuses ; la seconde les fievres adynamiques , Jes ataxiques et la peste du Levant. En se livrant à ces considérations générales, le mot de traitement doit être pris dans sa vraie accepuon , c'est

à-dire, comme indiquant la conduite judicieuse et éclairée que doit tenir le médecin , suivant la durée ou les diverses époques de la maladie , la force médicatrice ou les efforts conservateurs, l’inertie ou ladirecuon pernicieuse qu’affecte quelquefois la nature, la disposition de tout ce qui entoure le malade , t qui peut exercer sur lui, au physique comme au moral 2 une influence nuisible; la prescripuon des moyens internes ou externes.

429. Dans les fièvres de la première section , dont les causes excitantes, la marche et la terminaison sont maintenant si connues , surtout quand on applique à leur histoire la méthode de l'analyse , on doit avoir égard , dans le traitement, 1°, à la durée de la maladie + qui, lorsqu'elle est dirigée avec prudence, se termine le plus souvent au premier, second ou troisième septénaire, excepté dans les fièvres rémittentes » Qui peuvent se prolonger jusque vers le sixième septénaire, et dans certaines fièvres intermittentes rebelles , dont la durée peut encore être plus longue. L’habitude de lobservauon apprend à faire distinguer, dans ces diverses fièvres, les différentes périodes d’accrôfssement , de plus haut degré et de déclin ; à remarquer la marche réguhère des symptômes, ou, dans certains cas , prédominance trop forte de quelqu'un d’entre eux ; et à diriger avec sagesse leur ensemble et leur succession jusqu’à la terminaison de la maladie. La marche des épidémies doit être étudiée et décrite de la même ma nière. 2°, [attention doit se porter également sur ce qu'on appelle vis medicatrix naturæ ; Ou la série harmonique des efforts conservateurs de la nature ; Soit par des alternatives d’excitation ou de rémission > par

des retours réguliers ou irréguliers de paroxysmes , ou d'accès complets en froid et en chaud durant tout le cours de la maladie, soit par des excrétions critiques à une époque déterminée. Ceci fournit sans cesse des règles pour ne point agir témérairement et au hasard , et ne point troubler la marche de la nature. 3°, De quelle importance n’est point le concours heureux de tout ce qui entoure le malade ! Exactitude scrupuleuse dans le service, air salubre, objets de propreté, aflections douces , soins prodigués par la bienveillance ou l'attachement le plus tendre. Que de fautes se commettent souvent sur ces différens points! Que d’écarts propres à contrarier les vues du médecin , et à rendre graves des maladies légères ! 4°. Quelle boussole pour la prescription judicieuse des médicamens , que la connaissance exacte de l’histoire de ces fièvres! Jai assez fait sentir, dans ma Médecine clinique , Vavantage de choisir des remèdes simples, et de ne se diriger que par des notions précises de chimie et de botanique , et nulle part ces vues n’ont été mieux développées que dans la Matière médicalede Schwilgué (1). 430. La nature est loin de marcher avec autant de régularité dans les trois derniers Ordres de fiévres, marqués en général par l’inertie, le défaut de réaction vitale , ou les symptômes les plus discordans et les plus irréguliers. Mais alors même, soit que la maladie parcoure ses périodes successives ; soit que la mort survienñe à une époque plus où moins ayancée de son cours , le médecin éclairé doit d’abord porter POPEP Le Et. AR AOIRRE UN SEN De CU DRE EE EN 0 PL PAIE (x) Traité de matière médicale par Schwilgué , 3° édition,

publiée par P. A. Nysten. Paris, 1818.

sa vue sur la marche ordinaire de la maladie connue d'après les observations les plus multuipliées ? On sait que la médecine , dès son berceau , s’est illustrée par l'indication des signes d’un présage plus où moins funeste ; et rien peut-être n’est plus admirable que de voir chaque jour se confirmer sur ce point les maximes générales qu'Hippocrate nous a transmises. Que manque-t-1l maintenant pour en rendre lapplication plus sûre , si ce n’est de les lier avec les caractères spécifiques des maladies rapportées à un cadre nosographique ? En second lieu, que peut-on attendre des ressources de la nature , lorsque les forces de la vie sont attaquées dans leur principe , c’ést-àdire, lorsque les causes excitantes, physiques ou mo- . ralés, ont particulièréraent dirigé leur impression sur le système nerveux ? Aussi, tout ce qui reste à faire consiste le plus souvent à tâcher d'établir par des médications toriques une distribution régulière et uniforme des forces de la vie ; à exciter des points parüculiers d'irritation à Ja surface du corps ; à s'opposer, par tous és moyens, à une cengestion funeste qui menace souvent la‘ tête. En outre , la direction du malade et les dispositions relatives à tout ce qui l’environne sont difliciles dans ces fièvres, puisque souvent le moindre préjugé contraire , la moindre négligence ; peuvent entraîner une mort prompte. Peut-on d'ailleurs maîtriser les événemens à son gré dans les fièvres émiiemment contagieuses , précédées où accompagnéés de l'appareil de la terreur, du désespoir et de l'image de la mort ? Le traitement de ces ficvres délétères à été souvent dirigé d’après l’idée exclusive d'un prétendu venin , qu’on croyait devoir chasser au

dehors par des sumulans et des sudorifiques trés-com— pliqués , et décorés du titre van et pompeux d antidotes ou alexipharmaques. L'i np ace bien constatée de ces MOYENS ; ajoutée à l'obscurité impénétrable de leur action interne, les a fait abandonner, et ils ont fait place à des toniques simples qui, dirigés avec intelligence , sont toujours utiles, et produisent quelquefois les terminaisons les plus favorables et les plus inattendues , au milieu méme des épidémies les plus dangereuses.

6 IL. Résultats généraux d'observations propres à éclairer la doctrine des Fiévres.

451. Les premiers pas de la médecine d’observation , dès la plus haute antiquité, ne semblent-ils point avoir eu pour objet une étude profonde des phénoméènes des fièvres, des règles à suivre dans leur ôrigine diététique , des signes extérieurs d’un bon où d'un mauvais présage pour l'avenir , enfin des changemens qui peuvent survenir dans leur cours, ou des transformations dont elles sont suscepübles ? Ces généralités sur Îles fièvres, qu'on trouve surtout dans les trois premiers livres d'Hippocrate sur le régime diététique propre aux maladies aiguës , dans plusieurs de ses Aphorismes , dans son Traité du Pronostic, etc., ne peuvent être bien conçues ou méditées avec fruit, dans l’état actuel de la science, qu'après avoir ME dans son ensemble la doctrme des fièvres.

432. On s'est occupé d’abord, comme d’un des objets les plus fondamentaux , des préceptes de diéiétique relatifs à la nature de la fièvre; à ses diverses périodes , aux climats, aux saisons, à l’âge du ma-

lade , et c'est sur ces divers points qu'on peut consulter plusieurs aphorismes d'Hippocrate (Er secuon). Il n'importe pas moins de considérer la diététique suivant la succession des paroxysmes fébriles, les diverses tendances qu'affecte la nature dans certains cas pour la solution des maladies, et les évacuations critiques qu'elle prépare ou qu'elle est sur le point d’opérer. C’est surtout dans ces circonstances délicates que se décle le talent d’un médecin observateur , et qu'Hippocrate doit servir de modele, quels que soient d’ailleurs l’ordre et la disposition peu méthodiques qu’on ait suivis dans la distribution des aphorismes. On ne doit pas se rendre moins familiers, sous le méme point de vue, un grand nombre d'aphorismes relaufs aux fièvres et contenus dans la deuxième , quatrième et septième sections, sur la veille et le sommeil, le délire ; les moyens de rétablir les forces par une nourriture proportionnée à l’état du malade, les fautes également graves à éviter par excès ou par défaut , la circonspection qu'on doit avoir sur l'usage des évacuans , les jugemens qu'on doit porter sur l’état des excrétions , et surtout sur les sueurs et l’arine, comme d’un présage plus où moins favorable pour laterminaison des fièvres, soit intermittentes , soit continues. Je suppose qu’on joint à ces études celle des écrits des médecins de tous les âges qui ont un jugement sévère, et qui ont fait faire de nouveaux progrès à la médecine hippoeratique. 453. Un des plus beaux monumens de la médecine antique , celui qui porte le plus le vrai caractère du génie de l'observation sans aucun mélange de vaine théorie ou de subülité scolastique , est sans doute le Pronostic d'Hippocrate, qui se rapporte en très-

AUX FIÈVRES PRIMITIVES. 549 srande partie aux trois derniers Ordres de fièvres les plus délétéres. Quelle netteté dans les idées ! quelle justesse dans les expressions! quelle pureté dans le Jangage | L'importance du pronostic une fois con- statée , le père de la médecine trace les signes d’un bon où d’un: mauvais augure, qui sont marqués par la päleur ou la lividiié de la face, les lésions de l’organe de la vue, la position du malade dans son ht, les changermens brusques survenus dans un ulcére où un exutoire, les mouvemens irréguliers des bras, les lésions de la respiration, le caractére parüculier des sueurs critiques , la disposition à une hémorrhagie nasale, les tumeurs qui peuvent survenir dans différentes parties du corps et leur passage à l’état de sup puration. Hippocrate a encore consacré une partie de la deuxième section du Pronostic à l’exposiuon des signes pris du changement de couleur ét de chaleur dans différentes parties du corps , et il insiste surtout sur les qualités que peuvent avoir les déjections et l'urine en les comparant avec l’état nature). | 1 semble avoir entrevu les diverses complications de x Ja péripneumonie avec quelqu’une des fiëèvres d’un mauvais caractère , et il expose en détail tous les symptômes qui peuvent donner des indices pour l'avenir dans les diverses périodes de la maladie. Il revient enfin , dans la troisième section , à des considérations sur les variétés de la durée des fièvres continues ou inter mittentes , et les diverses transformations qu'elles peuvent subir dans leur cours et suivant la différence des âges. Rien ne prouve mieux la supériorité des talens du père de la médecine dans la science du pronostic , que ce qu'il ajoute sur les résultats uniformes des mé-

350 APPENDICE mes observations , soit qu’on les fasse dans la Lybie, à Délos , ou dans la Scythie; il indique par là qu’elles sont une suite des lois générales de notre organisation, et qu'elles sont indépendantes des variétés des lieux des saisons et de la succession des siécles.

454. On doit indiquer encore un point de vue trésgénéral et très-étendu sous lequel on peut envisager

les fièvres des divers Ordres, comme beaucoup d’autres maladies, savoir sous le rapport des changemens qu’elles peuvent éprouver dans leur cours. Et l’observation de chaque jour ne montre-t-elle pas qu’il peut leur survenir des symptômes étrangers à leur nature, par un état paruculier de celui qui en est attaqué, par l'usage téméraire ou peu judicieux des médicamens ,

par des écarts de régime, ou un oubli des vrais principes de l’hygiene ? Elles peuvent être aussi transformées dans une autre maladie qui vient à les compliquer ou quileur succède, par une sorte d'extension du principe morbifique, comme cela arrive quelquefois dans le cours des fievres continues, rémittentes ou intermittentes, soit par des circonstances inhérentes à ia consutution individuelle, soit par des causes externes et accidentelles. Les diverses métastases dont les fièvres sont encore susceptibles offrent un autre ordre de changemens qui semblent porter avec eux l’idée d’un effort salutaire , et supposer deux objets très-distincts, une lésion interne quelconque, et une tendance active à la réparer en la remplaçant par une autre affecüion moins grave et moins à cramdre. Roderic à Castro, Baglivi, Hoffmann, Lorry (1), se sont exercés avec

(1) L'ouvrage posthume de Lorry, qui a pour titre : de præ-

AUX FIÈVRES PRIMITIVES. 551 succés sur cette partie de la pathologie interne , et combien n'est-elle point féconde en rapprochemens ingénieux et en observations fines et déliées, quand on la borne même à la doctrine des fièvres ! Maisla plupart de ces objets et les développemens qu'on peut leur donner sont réservés pour la Pathologie générale.

SIL. ZLarecherche de la cause prochaine des Fièvres s’accorde-t-elle avec les principes d'une saine lo-

gique ?

435. Si onsedirige d’abord par l’analogie , ou qu'on prenne pour modèle la marche rigoureuse et l'esprit d'ordre et d’exactitude quise sont introduits dans toutes les sciences physiques, ne semble-t-1l pontqu'ondoive s'interdire dé remonter àla cause prochaine des fièvres, d'expliquer leur nature ou-de faire voir commentelles dépendent d’une loi plus générale dans leur invasion , leur entier développement, et leurs terminaisons varides ? Cherche-t-on en chimie à expliquer la forme particulière qu'affectent dans leurs cristalhsauions cer- tains sels ou certains oxydes des minéraux ? Peut-on déduire les phénomènes de l'électricité d’une autre propriété plus générale de la matitre ? Une fièvre aiguë entraîne un Si grand trouble dans l’économie animale , elle est accompagnée d’un si grand nombre de lésions des fonctions de la vie, avec des différences simarquées soit suivant les diverses espèces, soit suivantles périodes delamémeespèce, qu'ilestirés-peu vraisemblable qu’on

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cipuis morborum Mutationibus et Conversiontbus , est un des livres de médecine les plus dignes d’être médités.

puisse jamais déduire cette variété d'effets d'une autre propriété plus générale de notre organisation. Je fais gräce de diverses hypothèses qu'ont imaginées sur cet objet des médecins peu judicieux , par une apphcation frivole des principes d’une autre science étrangère à la médecine , ei je me borne aux explications qu'on a déduites des lois mêmes de la nature Orga= nisée. | |

456. Doit-on regarder comme une détermination de la cause prochame de la fièvre, l’histoire simple que fait Hoffmann de la succession des mouvemens qui ont alors eu de l'extérieur à l’intérieur ? Il n’y a point d’espèce de fièvre, dit cet auteur , qu’elle soit continue ou intermittente, bénigne ou maligne, qui, dans son invasion, ses progres ou ses exacerbations, ne manifeste un refroidissement des parties extérieures du corps , un resserrement des pores de la peau, une détumescence des vaisseaux superficiels, des horripilations , une sup= pression de la transpirauon et une constipation du ventre. Le sang se porte de l'extérieur à l’intérieur, etil y a congestion dans le cœur et les gros vaisseaux ; enfin le mouvement fébrile nese termine qu'après la cessation de ce resserrement spasmodique qui a lieu à la surface du corps et dans les vaisseaux capillaires, et alors l’impulsion du sang devient plus hbre et plus uniforme vers l'extérieur, ce qui est suivi de la sueur et du retour des sécréuions comme dans une véritable crise. C’est dans la succession de ces deux mouvemens, ajoute Hoffmann, que consiste l'essence et la nature de la fièvre.

457. Cullen n’a-t-1l point exposé les mêmes prmcipes ? et comment a-t-il pu s'approprier cettedoctrine

AUX FIÈVRES PRIMITIVES. ‘555 sur la cause prochaine de la fièvre > Sans rappeler la source où il Pavait puisée : du Les causes éloignées des » fièvres, dit cet auteur, sont certaines puissances » sédatives appliquées au système nerveux, qui dimi- » nueént l'énergie du cerveau, produisent Ja faiblesse » dans toutes les fonctions, et particulièrement dans ». Paction des pee vaisseaux de la surface. - Cependant,

» telle est en même temps la nature de l’économie ani-

» male, que cette faiblesse devient un sümulant indi- ! *rect pour le système sanguin. Ce sumulant , à l’aide » de l'accès du froid et du spasme qui Pacconipagrte ,

» augmente l action du cœur et des grosses aricres , et “5 s ainsi jusqu’ à ce qu'il ait ne rétablir l'énergie

) du cerveau, communiquer cette énergie aux peuts » Vaisseaux , ranimer léur action , et surtout détruire » par ce moyen leu spasme. Ce dernier étant dissipé, » Ja sueur et tous les autres signes de relâchement des » conduits excréteurs $e manifestent, » Cullen n ’adonc fait qu’ exprimer en d’autres termes la doctrine des. fiè=

vres qui nous a été transmise par Hoffmann, et l un et

l'autre ne font qu’ exposer les phénomènes rs plus& DE néraux et les plus remarquables des fièvres essentielles ; : ce nu est. plutôt décrire un fait observé que An er

le mécanisme de la cause prochaine de la fièvre, où. la

faire dépendre d'une autre loi plus générale & notre organisation. D’ ailleurs » peut-on par là rendre raison des symptômes sans nombre des fièvres intermittentes ,

rémittentes où continues, expliquer la bénignité de

quelques-unes, , l'extrême danger de duds autres , les variauons de leur durée, Lo différentes terminaisons; la nature des efforts critiques , leurs métastases k ou leurs changemens en d’autres maladies?

438. Le docteur Reil, lorsqu'il était professeur en l’université de Halle, a HE dans son Traité sur la Connaissance et le rs ae des Fièvres, sa doctrine particulière sur leur cause prochaine : 1l y a déployé toutes les richesses d’une imagination brillante. Son principe fondamental est que les maladies regardées en général comme des affections de toutlesystème organique , par Opposition à celles qu’on appelle ordinarement maladies locales, üennent essentiellement à quelque altération de la matière animale, et que- la cause prochaine de la fièvre n’est autre chose qu'une pareille altération, dont l'effet nécessaire est un changement dans l’action des organes qui en sont atteints. Ces changemens , ajoute-t-il, sont pour nous les seuls indices de l'existence de la maladie ; ils fournissent les seuls traits caractéristiques auxquels nous puissions en distinguer les Espèces ; mais la cause qui les produit , et qui seule pourrait nous faire connaître la nature in- ume de cette affection , a jusqu’à présent échappé à nos sens. Îl a ajouté ailleurs qu'il est incontestable que les organes affectés par la fièvre sont altérés dans leur nature; qu'alors le cerveau n’est pas affecté comme à l'ordinaire par les impressions destinées à agir sur lui ; que l'œil ne peut point supporter la lumière, ni l’oreille aucun bruit ; que les alimensetles boissons n’ont point leur goût naturel ; que les muscles sont sans force; que l'estomac ne digère pas; que les sécrétions sont augmentées , diminuées ou altérées. Suivant le même auteur, les organes quu sont le siége de la fièvre ne sont point seulement irrités par une cause étrangère, mais ils éprouvent en même temps un dérangement x l’'état naturel. V oilà sans doute des raisons spécieuses pour

AUX FIÈVRES PRIMITIVES. 355 admettre avec Reïl, même dans les fièvres essenelles, ce qu'il appelle une altération de la matière he Mais l’auteur donne-t-1l une idée exacte de cette altération ? peut-il la faire connaître par la détermination des nouvelles propriétés physiques ou chimiques que la matière animale contracte ? mdique-t-1l la manière de constater ses propriétés ?

439. I serait superflu d’insister sur les diverses hyee plus ou MOINS ingénieuses , OU PEAU frivoles, ï qu on à imaginées sur la nature et le mécanisme de la fièvre ; mais je crois devoir parler de celle du docteur Ackermann , professeur à Heidelberg ( de Construendis , Cognoscendis et Curandis Febribus, 1809 ). L'auteur, dans ses recherches préliminaires , S'élève jusqu aux principes de l'organisme de l’homme , et fait intervenir l'oxygène, l'hydrogène , le carbone , le principe de la lumière , etc. Mais , de bonne foi, sa définition de la fièvre te else ? F'ebris ergd est, siea quæ est in Stalu Sano Organi et functionis universitas tollitur , et virium vitæ duplicitas it prodit ut, manente organi materialis inertid, functionis potentia augeatur.

S IV. Méthode de décrire les Épidémies des Fièvres,

et de saisir leur vrai caractère.

440. Il est difficile d'acquérir des idées fixes et précises de la méthode à suivre dans l’art de tracer les consitutions épidémiques , si on ne se forme un goût épuré par l'étude approfondie et la comparaison de l'histoire des épidémies les plus remarquables, en remontant même à la plus ancienne, et en suivant

356 APPENDICE jusqu’à nos Jours les progrès plusou moins solides qu'on a faits dans cette partie si importante de la science médicale. Cest dans cette vue qu'en omettant les objets intermédiaires , je m’arrêterai à cinq époques principales. La premiére remonte aux Epidémies d'Hippocrate ; la deuxième se rapporte à celles que retrace Sydenham ; la troisième à l’ouvrage de Huxham ( Observationes de aere et morbis epidemicis. Lond., 1751); la quatrième, aux Mémoires de la Société 1 royale de Médecine, qu commencèrent à être pubhés en 1775 ; la cmquième enfin a été une méthode encore plus exacte de tracer les histoires des épidémies , qui tuent aux principes exposés dans la Nosographie. Je vais me borner à quelques remarques fondamentales sur chacune de ces cinq époques. pres 441. On a lieu d'admirer, sans doute, les résultats profonds de l'observation qu'Hippocrate a consignés dans ses Æphorismes et ses Prénotions de Cos; mais nulle part, peut-être , il n’a développé un talent aussi supérieur que dans ses Épidémies , quoique plusieurs parties de cet ouvrage nous soient parvenues dans un état incomplet. Rien n’est plus réfléchi et ne porte plus un caractère de justesse que la descripuon , par les moyens alors connus, de la consütuuon atmosphérique et des maladies régnantes , surtout dans le premuer et le troisième livre de ses Épidémies. Il débute toujours par l'automne, en passant successivement aux autres saisons , et il décrit non-seulement les symptômes caractéristiques des. maladies, mails encore leurs modifications partculières, suivant les âges , les sexes et le caractère de l'épidémie; il y joint des remarques sur leurs périodes diverses , leurs paroxys-

mes , leurs crises plus ou moins complètes ou avortées, leurs terminaisons favorables ou funestes , toujours en historien sévère étsans mélange d'aucune vaine théorie. Rien/n'est encore plus digne de servir de modèle que les observations individuelles qu’il y joint de certaines maladies aiguës observées avec le plus grand soin depuis leur invasion , jour par jour, jusqu'à leur termimaison , en faisant vivement ressorur la marche de la nature entièrement livrée à elle-même : c’est certainement un des plus beaux monumens qui nous restent de la médecine antique. LE .

442. Sydenham a justifié sans doute le titre qu'on lui à donné depuis plus de deux siècles de l’'Hippocraté moderne , et rien en effet ne porte plus le caractère d’un observateur tres-exact et très profond , que l’his= toire qu'il nous a transmise de diverses épidémies qui se succédérent à Londres vers le milieu du dix-séptième siècle, comme certaines fièvres intermittentes , la peste, la variole, la dysenterie , le rhumatisme ; mais cet auteur devait-il mettre sur la même ligne les maladies aiguës contagieuses et celles qui sont pro-

prement épidémiques ? Doït-on confondre les unes

avec les autres dans l’état actuel de nos connaissances . eñ médecine , et donner ainsi lieu à desrapprochemens disparates , ou plutôt à des suppositions arbitrairés ? Est-il prouvé qu'il existe ‘diverses constitutions médicales qui ne dépendent nullement d’une trop grande inénsité du froid ou du chaud , ni de leurs brusques vicissitudes , mais d’une altération occulte ct inexplicable de l'air atmosphérique, par certaines exhalasons qui s'élèvent du sem de la terre , qui exercent uñe influence délétère sur le corps de l'homme, et

358 APPENDICE déterminent ainsi , à certaines époques , des épidémies trés-différentes ? Doit-on enfin admettre alors l’existence d’une fièvre stationnaire d’une origine différente de celle des maladies intercurrentes ? Ce sont encore là des objets problématiques sur lesquels on ne peut invoquer le témoignage de l'observation ni de l'expérience.

443. Huxham , autre médecin anglais très-distingué dans le cours du dix-huitième siècle, mit heureusement à profit les secours qu’on peut tirer des connaissances modernes de la structure du corps humain, et des progrés de la physique expérimentale, pour établir sur d'autres bases que celles de Sydenham l’histoire des épidémies. I suivit heureux exemple donné par Hippocrate d'une observation exacte et précise des symptômes des maladies, soit essentiels , soit accessoires , relatifs au traitement , et il fit marcher de front, mois par mois, pendant vingt années, ses considérations sur les variations correspondantes de Pair atmosphérique. Son attention fut portée surtout sur les qualités combinées de l'atniosphére les plus propres à agir sur des foncuüons organiques, savoir , un air sec et froid , un air froid et humide, un air chaud et sec et un air chaud et humide , avec des remarques sur les changemens qui peuvent en résulter , soit sur la respiration , soit sur toute lhabitude du corps, par les qualités physiques de l’atmosphère. Ces changemens furent soumis à des mesures précises par les progrès de la physique et l'exactitude des instrumens mis en usage la météorologie se trouva alors étroitement liée avec les observations médicales sur les maladies régnantes suivant lordre des saisons , et il ne fut plus question ,

AUX FIÈVRES PRIMITIVES. 359 parmi les médecins les plus éclairés, de ces altérations énigmatiques de l'airimaginées par Sydenham comme cause originaire des maladies épidémiques. L'ouvrage donc de Huxham ( Observationes de aere et morbis epidemicis , etc. Lond. , 1752 ) porte non-seulement tous les caractères d’une authenticité et d’une exactitude rares, mais il offre encore l'avantage d’avoir été composé dans un vaste port de JOcéan, Plymouth, où tout ce qui peut vivement agiter l’atmosphére ou changer ses qualités physiques , se reproduit svec fréquence sous les formes les plus frappantes et les plus variées. |

444. La météorologie, cultivée suivant Ja méthode de Huxham, ne pouvait que recevoir de nouveaux perfecuonnemens, soit des observations d’hygrométrie, d'électricité , des phases de la lune , des phénomènes particuliers de la végétation , etc. ; c'est ce qui a été fait par divers médecins ou des membres de diverses sociétés savantes. Î1 serait superflu d’entrer dans tous ces détails ; mais il serait injuste de ne pas rendre hommage aux recherches de cette sortë entreprises au sein de l’ancienne Société royale de Médecine, sur le plan le plus vaste, pendant environ dix années. Les tables météorologiques insérées parmi les Mémoires de cette Société , indiquent mois par mois, à commencer de l’année 1776, les jours de la plus grande chaleur “et ceux du plus grand froid, le plus haut degré de l’un et de l’autre et la chaleur moyenne : mêmes attentions pour les élévations du mercure dans le baromètre, pour les jours de pluie et les vents dominans. On a eu soin de noter les observations analogues faites en même temps par des correspondans de la Société dans les

360 ‘APPEN DICT

villes les plus remarquables de la France ; c’est de cet ensemble qu'on üre, par voie de: RS LE Me , la température générale de cette région. On a joint «29 fois à ces tables, par. Fr à d'appendice ; ; des notes sur quelques phénomènes particuliers arrivés -en même temps ; soit. dans quelque contrée plus où moins éloi-: gnée , où même quelqu’autre partie du globe ; comme l'Afrique , l'Asie on l'Amérique. Je n'ai pas besoin de faire remarquer que les maladies régnantesen correspondanee avec les observations météorologiques ; ont été exposées d'une manière abrégée et suivant les lieux et les villes, et que dés-lors on a pu en tirer. ; par voie de conclusion , la température ps FF la France.

445. À paraît que de Gé royale de ess y apres avoir vu grossir à l’excés chacun de ses premiers volumes par de longues tables de météorologie, avait fini par attacher un peu moins de prix à tous ces dé ils , et qu'elle s'était bornée à de simples extraits, en faisant cependant entendre que ces grandes tables avaient été un acheminement au grand projet formé depuis long-temps de publier la topographie médicale de toute la’ France. Les médecins les plus réfléchis s'étaient déjà réduits à ne regarder que comme acces soxres Où un peu superflus tous ces détails météorologiques , en se bornant à une simple notice ‘sur cet objet, mais en regardant comme le point le plus fondamental des descriptions exactes et détaillées des ma- Jacies régnantes. C'est ainsi qu'en a usé le célébre Stolk, médecin de l'hôpital de Vienne en Autriche ; et ne déos point regarder ses 1 phémérides médioles: suriout pour l’année 1777 etles deux suivantes, comme

AUX FIÈVRES PRIMITIVES. 361 de-vrais modèles de ce genre? Il note d’abord le simple résultat de ses observations sur la consutution atmo— . sphérique , et 1l passe ensuite à la descripuon des maladies régnantes , avec toute la sévérité et l’exactitude de l'observateur le plus éclairé. Il a vivement senti le défaut des désignations ordinaires des maladies par les termes vagues d’affections catarrhales , de maux de gorge, de fièvres bilieuses , putrides ; ete: ; et dès-lors,

pour ne s'en tenir qu'à des idées claires et précises , 1l a

été obhigé de décomposer par la pensée plusieurs de

ces maladies compliquées, et de les exprimer par des

‘termes complexes , comme fièvre bilioso-pituiteuse , putride-pituiteuse , putride-inflammatoire , catarrhe bilieux , ete. C'est ainsi qu'il à fait faire de nouveaux pas très-marqués à la médecine d'observation, qu'il a

évité les abus des dénominations équivoques , et quil » P pPN 3 , el 9 A Le a comme préludé à l'application de l'analyse à la me-

decine. | | |

446. Certaines épidémies sont si marquées par le grand nombre de personnes qui en sont atteintes , et leur état a un rapport si manifeste avec les qualités sensibles de l'air, qu’on ne peut point se méprendre sur leur dépendance réciproque. Mais quelquefois aussi la constitution médicale a si peu de connexion avec les phénomenes atmosphériques , qu'on à besoin d'une méthode exacte pour obtenir des résultats qu'on puisse

rapprocher de ceux qu'on parvient À trouver dans

d’autres lieux , afin de s'élever par la suite des temps

à quelque conclusion générale. Peut-être quon ne peut se livrer avec avantage \ de semblables recherches , et y procéder avec une certaine précision que dans un hôpital ou un hospice dont la topographie et celle des

environs soit bien connues , et qui , par un recense ment exact fait en différentes saisons, peut faire disunguer les maladies qui sont communes à chacune de 4 ces saisons et celles qui lui sont particulières. C’est ce qui fut tenté par un médecin distingué , peu de Da après que Sauvages eut publié sa Classification méthodique des Maladies , et ce qui forme (1) encore une époque remarquable dans la méthode de tracer l’histoire d’une constitution médicale. L'auteur a mis en opposition les tables nosologiques des genres des maladies qui ont régné, et leur nombre respectif , avec celui des phénomènes aimosphériques. I y joint aussi le rapport exact du nombre des guérisons Opérées , celui de la mortalité , avec des observations particuhéres sur certaines maladies les plus dignes de remarque.

447. Peut-on cependant se le l’état d’imperfecuon dans lequel on avait laissé; jusqu'ici cette partie de la médecine, si on veut bien réfléchir avec impartialité sur la marche qui est suivie, en général, depuis quelques années, etsur les avantages qui résultent de l'application dela seu analytique à la description des épidémies ? On remarque d'abord dans les auteurs les plus grandes variations dans les dénominations des fièvres primitives, soit simples, soit compliquées, en sorte que celles qui ont un même caractère sont souvent désignées par des noms différens; et réciproquement on donne les mêmes noms à des fièvres d’une nature ne 5 Rose parue tenait egniée ire

(1) Tables nosologiques et météorologiques , dressées à l’Hôtel- Dieu de Nismes, depuis le 1°" juin 1757 jusqu'au 1° janvier 1 HER

par M. Razous, D. M.

AUX FIÈVRES PRIMITIVES. 363 très-différente. Un des points fondamentaux doit être de s'entendre , et de fixer avec précision la valeur des termes, en rapportant les maladies qu'on observe à un cadre nosographique connu. : \

448. Une épidémie vient-elle à se manifester, on commence par faire, avec une exactitude sévère, un certain nombre d'histoires particulières de la maladie régnante , pour saisir cette dernière, soit dans son état de simplicité, soit dans ses complications diverses. Ces histoires sont tracées jour par jour , en suivant la nature pas à pas, et sans ajouter de nouvelles obscurités par une médication vaine et tumultueuse. On note, mois par mois, le nombre respectif de ces mêmes maladies , après avoir fait l’analyse des divers ordres de symptômes de celles qui sont compliquées. C'est ainsi qu'on parvient à reconnaître, non-seulement lecaractère distinctif de l'épidémie, mais encore ses nuances, ses Varia tions, et ses divers degrés d'intensité dans son cours entier. Les observations ainsi recueillies et coordonnées avec soin, servent ensuite de base fondamentale ( Médecine clinique ) pour des considérations ou des abstractions ultérieures. ,

449. Un des objets propres à mettre de l'obscurité dans les résultats précédens , est l'influence que peuvent exercer les localités sur les maladies résnantes à une époque déterminée. De là la nécessité d’avoir exercé , plusieurs années auparavant, la médecine dans un lieu quelconque, dans une ville, dans une contrée; d’avoir long-temps observé sa position topographique, la nature des eaux et des boissons, les qualités des alimens ,: la manière de vivre des habitans, et les maladies les plus ordinaires, où plutôt celles qui sont endémiques.

364 APRENDICE

Ces recherches, sur lesquelles Hippocrate a eu encore la gloire d'ouvrir une carrière nouvelle , et quiont été poursuivies avec succès par quelques modernes, sont suscepubles maintenant d’une précision qui manquait dans les siècles antérieurs, puisque la chimie, d’après l'essor qu’elle a pris, mdique les moyens d’analyserles substances minéralés, végétales ou animales , ‘et que l’histoire naturelle , par ses méthodes perfectionnées de classer et de distinguer les objets , peut tant contribuer à faire éviter la confusion et les notions vagues et équivoques. La topographie une fois déterminée, et les histoires des maladies tracées, la comparaison est facile, et on peut voir leur liaison réciproque, c’est-à-dire, l'effet des localités sur le nombre respecuüf des espèces qui régnentou doivent régner eri général , etles modifications particuhères qui leur sont communiquées. J'en ai donné un exemple relaufà l'hospice‘dé la Salpétriere dans mon ouvrage sur la Médecine clinique. | | 450. Les fievres épidémiques et celles qui se contractent éminemment par contagion , comme la peste du Levant, méritent desattentions particulières sur la mamère de tracer la marche progressive que prend alors l'épidémie, et les moyens d’en prévenir ou d’en arrêter le cours. Pour les bien connaître dans l’état de simpliclié et de compheation, il faut avoir soin de recueillir plusieurs histoires de ces fièvres, observées avec leurs symplômes caractéristiques, et indépendamment de toute complication ; puis ajouter des exemples où l’on observe des symptômes d’un autre ordre » Ct propres à d’autres fièvres. On trace ensuite la marche et les progrès de l'épidémie, en notant le nombre dés malades et la mortalité respective, les fautes qu'on à commises

AUX FIÈVRES PRIMITIVES. 365 par la facilité des communications (1), et les précau= tions à prendre désormais pour l'isolement des malades. Ans , 1l serait indispensable que les détenus ou convalescens qui sortent des lieux infectés abandonnassent

leurs habits pour être brülés, qu’on leur en donnät de

nouveaux , ainsi que du linge de corps, après leur avoir fait prendre à eux-mêmes quelques bains. C'est pour étendre les mêmes vues à la peste, et pour faire voir tous les succès qu'on peut. obtenir sur ce point avec un grand zele et des connaissances solides, que j'ai retracé le caractère de l'épidémie pestilentelle de Moscow,

d apres la description exacte et judicieuse qu'en donne

le docieur Meriens , -un des médecins de ee dernier temps les plus distingués et les plus recommandables.

: 451. J'ai indiqué précédemment les diverses époques et les progrès successifs qu'on a faits dans la météorologie , appliquéeàéelairer la constitution médicale des'diverses saisons de l’année, en mettant en opposi— üon la suite sde Res pui se sontmanifestés dans

DE Fæ7 STE

4e ie ii a pu remarquer a l'é ipidémie F Gr eu de l an S ( 800) ( Histoire de la fièvre qui a régné Ë pudémiquement , 1580 par M. Trousset) les effets funestes de ces communications, puisqu'on eut limprudence d'évacuer sur Gap , la Mure et Gre-

noble, des militaires de l’armée des Alpes et d'Italie frappés

manifestement de la fièvre des prisons ; et que les hôpitaux nulitaires étant encombrés, on logea les moins malades dans les maisons des particuliers , qui, en reprenant ensuite leurs lits, contractaient la fièyre épidémique : c'est ainsi qu'ebe se communiqua à tous les individus d’une même famille, à ceux qui les servaient, et même à ceux qui leur faisaient des visites fréquentes. Combien de malheurs on aurait évités en isolant les malades dans des asiles particuliers, et en ne permettant les communications qu'avec des précautions bien dirigées !

l'atmosphère, a avec le nombre respectif et les espèces de maladies quiont régné. Ce ne fut guère que vers le milieu du dix-huitièéme siècle que la physique fut enrichie d’une foule d’instrumens propres à mesurer la gravité de l'air, sa température, la direction des vents, la quantité d’eau de pluie tombée dans un temps donné, les variations de l'électricité atmosphérique ; elle vint, pour ainsi dire, au secours de la médecine, et Jui donna une A plus assurée pour la décris tion des causes propres à influer sur la producüuon des maladies. On a successivement perfectionné ces mé— thodes , eton à fait entrer en considération les € époques de lagerminaton , de la floraison des végétaux employés à des usages alimentaires, de la producuon de certains insectes nuisibles , des ADS des animaux domestiques, etc. ; ce qui n’a fait que compléter cette bellé parue de la médecine. Il reste à mettre une précision exacte dans la détermination du caractère et du nombre respectif des maladies qui ont régné durant un mois, un trimestre, une année, en dressant des tableaux synoptiques analogues à ceux qu'ontrouve à la fin de mon ouvrage sur la Médecine clinique ; et c’est pour arriver à ce but qu’on üent maintenant dans tous les hôpitaux des registres où sont inscrits les noms et les caractères des diverses maladies qu’on y observe dans le cours de chaque année. On remarque quelquefois une sorte de correspondance entre la constitution atmosphérique et les maladies d’une saison déterminée ; d’autres fois on n'apercoit entre elles aucune sorte d’analogie. Mais ne serait-ce point être au-dessous des connaissances actuellement acquises, que d’omeitre les considérations relatives à l'état de l’atmosphére, la chaleur , la pesan-

AUX FIÈVRES PRIMITIVES. 567 teur de l'air, son degré d'humidité, son électricité, qui peuvent exercer quelquefoisune sigrande influence sur la production des maladies ?

SV. La Fièvre hectique peut-elle être admise comme fièvre primitive ?

452. La plupart des nosologistes ont regardéla fièvre hectique comme un genre particulier qu'ils ont rangé immédiatement après les fièvres primitives. Mais si cette fièvre hectique se rapproche de ces dernières sous plusieurs rapports, il faut aussi avouer qu’elle est sisouvent symptomatique, qu’on ne saurait tout-à-fait la confondre avec elles. Personne n’a recueilli plus de matériaux sur les fièvres lentes que Vinceslas Trnka ( His- 1oria febris hecticæ omnis ævi observata medica continens. Vindobonæ, 1785 ); mais les faits qu'il rappor n’ont pas toujours été choisis avec beaucoup de goût; d’ailleurs, leur disposition défectueuse ne peut qu’en rendre l'étude pénible. Un médecin de l'École de Paris, M. Broussais, dans une dissertation 1 imaugurale (Recherches sur a fièvre hectique, 1803), à mis non-seulemént plus de choix et de méthode dans la distribution des faits, en.les rapportant à des affections de diverses parties des systèmes muqueux, sanguin, glanduleux, cutané et nerveux cérébral, mais encore en faisant dépendre la fièvre hectique de l’altérauion simultanée de plusieurs systèmes , comme celle que peut produire la suppression de a gale, celle qui peut terminer la mélancolie, celle qui tent à une sensibilité extrême, à l'impression de la chaleur ou du froid. 453. « Dans toutes les fiévres hectiques dont la cause

508 a APPENDICE » est locale , ajoute l’auteur , ondoit considérer la fièvre » et les symptômes prédominans , et ceux-ci sont assez » faciles à saisir dans les fièvres hectiques que produi- » sent les altérations des systèmes de la vie organique. » Il n’enest pas ainsi dans les fièvres hectiques morales; » aucun système n’est lésé d’unemaniere permanente; » onne voit que la fiévre au premier abord , et si le » malade ne nous prévient pas, nous pouvons être » décus, en attribuant sa tristesse et les inégalités de » son caractère au chagrin que lui cause sa maladie ». Îl ajoute que, pour juger de l'existence d’une fièvre | hecuüque morale, il faut observer le malade à différentes heures, etsi on aperçoit de l’accélération dans le pouls et de l'augmentation dans la chaleur , une ou deux fois dans les vingt-quatre heures, c’est une fièvre hectique , quelle que soit heure du LR RÉ Mais je ferai remarquer que les limites qui séparent la fièvre lente nerveuse de ce que l’auteur À yes la fièvre hectique morale , sont encore loin d’avoir été tracéesavec précision, que la dénomination de l’une et de l'autre est encore indéterminée ou plutôt arbitraire, et que c’est un des objets qui ontle plus besoin , pour être échareis, de nouvelles recherches. Comment concevoir en effet l'existence d'une fièvre lente nerveuse sans un où deux paroxysmes dans vingt-quatre heures 2

454. Hoffmann nous donne Pobservation d’unefièvre hectique dépendant d’une affection de la membrane muqueuse de l'estomac, occasionnée par un vice de régune. Une femme âgée de trente ans, délicate , habituée depuis long-temps à l'usage d’alimenslégers, change tout-à-coup de régime , et fait usage de chaïrs enfumées, de poissons salés , etc. [l survient d’abord une

AUX FIÈVRES PRIMITIVES. 569 fièvre muqueuse uerce , qui cesse au bout d’un mois. La malade fait usage d’une teinture fort âcre ; l'appéut s'accroît et va même jusqu’à la boulimie. Peu après survient la perte de Pappéutet des forces , une chaleur interne, une fréquence plus grande du pouls, surtout vers le soir ; une langueur générale avec tuméfaction des pieds : cet état se continue pendant plusieurs septénaires. Un médecin qu'on appelle à cette époque croit reconnaître un embarras gastrique ; 1l provoque le vomissement à l’aide du tartrate de potasse antimonié, dissous dans un véhicule tonique. La malade rejette beaucoup de matières verdâtres ; les symptômes diminuent. On provoque de nouveau le vonussement. Trois jours après la fièvre cesse , et l’usage de quelques toniques est suivi bientôt de la cessation complète des accidens. |

455. Un exemple pris des Actes des Curieux de la Nature , tom. IX , obs. 301 , peut donner une idée de la fièvre hectique dépendant de l’altération des premicres voies par suite de l’hypochondrie. Un homme de cimquante-un ans éprouvait, depuis plusieursannées, les symptômes de l’hypochondrie , comme des flatuo— sités , la cardialgie, des spasmes de l'abdomen , etc. Après une longue intermission de ces accidens, retour de la cardialgie avec ardeur d'estomac , chaleur, soif, inappétence , consüpation , douleur des lombes (prescription des temperans ct de prétendus alexipharmaques ) : le sentiment d’ardeur de l’épigastre devient insupportable ; en outre, cardialgies plus cruelles, sentiment d’un poids dans la digestion, vomissement des alimens les plus légers, etc. ; aprés le repas , sueurs colliquatives , pouls faible et fréquent, émaciation

970 APPENDIC# ioujours croissante , perte totale des forces. Sepi se maines se passent dans cet état , et c’est À cette époque qu'un médeëin consulté regarda , avec justesse , l'estomac comme dans une sorte d'inflimmation chronique ; il fit faire choix de certains aliens les plus propres à être digérés : décoétion d'orge , viande tendre et assaisonnée avec quelques aromates. Il preserivit pour bois sons des muctlages bouillis avec le quinquina et autres toniques , cles décoctions de raisin ét de fécules , avec dés aromates ombellifères , entré-mêlant à propos l’usage des HAPOEMINS et de quelques lavernens. La cure semblait opérée au troisième mois ; mais des accidens ayant renouvelé lés chagrins, elle ne fut complète qu'au sépuème.

456. Le célébré Lotry , dans son oùvrage & connu ( de Melancholiä , etc. ) donne des een de ce qu'il appelle phihisie sûche des mélancoliques , où plutôt fièvre hectique de la même sorte ,' dont les symptômes sont les suivans : sortie des HER im par— fatément digérées quelques heures aprés le repas, urine abondante , sueurs colliquatives : pendant la digestion, pouls dur, peut, fréquent quelquefois palpiiant ; dans tout autre temps, rare , mais toujours très-dur ; sentimerit d’acidité rongéañté, et d’ardeur qui s'élève de l'estomac et affecte désagréablement l’arriére-bouche; appéut dépravé ; le matin, pesanteur de tête, jambes tremblantes, palpitations, anxiétés précordiales , nausées. Au moral, les affections connués des hypochondriaques ; à une époque plus avancée , œdème cles pieds , et même ascite : les malades périssent après un vomissement de sang où une diarrhée qui achève de les épuiser.

AUX FIÈVRÉS RRIMITIVES. 571

457. La présence de corps irtitans introduiis dans l'estomac peut aussi Occasionner la fièvre hectique. On en trouve ‘des exémples dans Huxham , Hoffmann , Morion , Clossius , Arnold, etc. Cette fiévre survient aussi quelquefois à la suite des fièvres intermittentes. Morton nous en a laissé une observauon. Un mari et son épouse niangent dé la chair de saumon ; ils sont aussitôt tous deux attäqués d’une fièvre intermittente. L'épouse cherche à supprimer la sienne par des médicamens ; elle tombe dans un état de langueur et présente les phénomencs suivans : pouls faible et fréquent, sueur colliquative , lésion de la digestion, soif considérable ; sputation habituelle, agitation , marasme. La fièvre quoüdienne reparaît par l'effet d’une décoction amère administrée par Morion , et cède ensuite à l'empioi du qumquina donné à la dose d’une once et demie (48 grammes), dans l'intervalle des accès et à plusieurs reprises. Le mari, effrayé de l’état de sa femme, n’ose plus faire guérir sa fièvre ; elle se dissipe spontanément ; mais il n’en tombe pas moins dans la langueur avec fièvre et irritation dans la poitrine. I fut guéri par l'emploi du quinquina uni aux amers.

458. La diarrhée est une des causes fréquentes de la fièvre hectique. Nous en voyons des exemples trèsmultiphés à linfirmerie des aliénées de la Salpétrière. Morton a eu l'occasion de faire la même observation sur son propre fils. Celui-ci ayant eu une dysenterie trèsintense , fut immédiatement après attaqué d’une diarrhée avec accélération du E chaleur hectique ÿ perte presque totale de l’appéüut , toux sèche, surdité , état de stupeur et d'hébétement. Un ar salubre , la diète lactée , ensuite le quinquina et des alimens res-

372 APPENDICE taurans le rétablirent dans l’espace de trois à quatre moIS.

459. Borelli a vu un capitaine de vaisseau chez lequel un fragment de noyau s’introduisit dans Ja trachée-artere ; " survint d'abord une toux violente et ré pétée , suivie quelque temps après de fièvre lente et de consompüuon. Des substances acides qu'il avala au monent où on le croyait dans le plus grand danger , provoquèrent une toux violente , qui fit rejeter le noyau %.. demi-putréfié , la fièvre hectique cessa , et le rétablissement général ne tarda pas à suivre.

460. Mais c’est surtout affection de la membrane muqueuse des bronches qui s'accompagne fréquemment de la fièvre hectique. Combien de personnes périssent à la suite d’une expectoration abondante et babituelle, accompagnée de fièvre hectique , et qu'on croitêtre attaquées de phthisie pulmonaire ! Bonet $ Dehaën, etc., ont ouvert des cadavres d'individus morts avec les apparences de cette dernière maladie , et ont trouvé les poumonsen bon état. Plusieurs observations de cette espèce se trouvent consignées dans le Traité de la Phthisie par M. Portal. Une femme ägée de quarante ans était très-sujetie aux rhumes : en 1750, elle en essuya un d'une extrême violence qui fut traité par Îles saignées et les corps mucilagineux et sucrés. La toux était violente, la poitrine SRE SUN 4 la voix rauque ; la malade expectorait beaucoup de ma— üère muqueuse ayant l'apparence purulente ; : la soifétait grande , la langue d’un rouge foncé avec des aphthes ; x 4 le pouls était fable, et ARE cent trente fois par mi nute; la débilité était considérable : trois vésicatoires furent appliqués successivement dans l'espace d’un ‘

mois ;-on eu recours aux toniques. La fréquence du pouls diminua ; on appliqua un quatrième vésicatoire ; on fit usage des boissons amèeres , et la guérison ne tarda pas à survenir. L’hospice de la Salpétrière nous fournit des exemples wés-muluüpliés de cette espèce de fièvre hectique.

461. Si un état catarrhal de la membrane muqueuse des bronches peut produire la maladie en ques- “uon , l’affecuon analogue de la membrane muqueuse de la vessie urinaire, de l'utérus et du vagm, peut également l’occasionner. L’hospice de la Salpêtrière * nous fournit aussi beaucoup d'observations sur ce point. Weicaldus cité par Trnka, a connu plusieurs femmes qui, à la suite de leucorrhées très-prolongées , étaient affectées d’une chaleur âcre , de la fréquence du pouls, éprouvaient une soif considérable , des sueurs célliquaüves , et tombaient dans la consomption. Les acides, etnotamment l'alcool sulfuriqueconvenablement édulcoré , suffisaient fréquemment pour faire disparaître ces accidens. | 462. Les hémorrhagies excessives produisent souvent la fièvre lente. Heiïster rapporte l'observation d’un jeune homme de dix-huit ans , très-maigre et fort sujet aux hémorrhagies nasales, lequel, sans autre cause que ces pertes réitérées , tomba dans une fièvre hectique caractérisée par un pouls fréquent , la chaleur des mains et l’amaïgrissement. Il fit usage de suc de citron, d'eaux minérales , et d’un mélange de vin avec l'eau , et se rétablit entièrement. | 463. Mais si les hémorrhagies abondantes ménent à leur suite des fièvres lentes, la suppression d’hémorrhagies habituelles peut aussi occasionner la MÊME Ma

TA APPENPICÉ

ladie. L'observation suivante , rapportée par Trnka , ledémontre d’une manière évidente, Unefille de vingtquaire ans ; sujette à la suppression des menstrues , tombe dans une fièvre hectique très-intense , accompagnée de fluxion à la tête, de douleurs vagues , de veilles , d’inappétence, de dyspnée. Les menstrues reparaissent à la suite de l’usage de différens médicamens, et là guérison complète ne tarde pas à avoir lieu.

464. L'allaitement excessif occasionne ‘aussi quelquefois une fièvre lente, Muraltus (Wiscel, cur. dec. 11, obs. czx1x.) fut consulié par une nourrice âgée dequarante-deuxans, qui, depuis plusieurs moïs , avait perdu de ses forces, et € prouvait depuis dix semaines une toux sèche et une soif vive. Quatorze jours apres , elle perdit l'appéut, éprouvaquelques symptômes hystériques, une ardeur continuelle, etparfoiscles frissons; les sueurs étaient abondantes et la maigreur extrême. À ces symptômes se JOignaignt des douleurs detête, des palpttations, ete. La malade sevrason enfant, eutrecours aux toniques , et ne tarda pas à se rétablir entièrement,

465. Des sueurs trop abondantes oecasionnent trèssouyent la même fièvre. Un sexagénaire (Trnka), mélancolique et scorbutique , éprouvait sansinterrupuon, jour et nuit, hiver et été, une sueur abondante. La moindre impression de froid lui était très-douloureuse; 1l tomba peu à peu dansunétaide consomption. Morton fui pratiqua un exutoire à la nuque, lui prescrivit les crucifères, les ferrugineux joints aux laxatifs. Nonseulement le malade guérit, maisil dévanténcore d’une constuiion athléüque,.et jouit d’une bonne santé le reste de sa vreillesse. LR:

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