NORMES
ou oppressive ». Comme les auteurs précédents il reprend le terme de délire partiel chronique ; mais à l'inverse de ceux-ci, ce n’est plus à la manie qu’il l’oppose. Il a su reconnaître la démence vraie, affaissement global des facultés intellectuelles, et la différencier des manies et mélancolies dans lesquelles l'intelligence subsiste.
De la lypémanie il exclut l’hypochondrie et, le premier, expose le second caractère de la mélancolie légitime, lorsqu'il indique que « chez le maniaque et le mélancolique tout annonce la force, la puissance, l'effort ». Malgré cette mise au point, il ne parvient pas à séparer la forme mélancolie légitime de la forme asthénique, et ceci parce qu’il ne pourrait, selon son système, obtenir ce résultat qu’en intégrant cette seconde affection dans l’hypochondrie.
Il présentait tout de même la dualité lorsqu'il écrivait :
« Il est des individus qui, à la suite de causes physiques ou morales variables, tombent dans l’affaiblissement physique, dans le découragement moral. IIs se plaignent d’une gêne, d’une douleur à l’épigastre, d’une sorte d’engourdissement de la tête qui les empêche de penser, et d’une torpeur, d’une lassitude générale qui les empêche d’agir. Hs ne font point de mouvements ; … ils s’impatientent lorsqu’on veut leur faire faire de l’exercice ;
. ils sont indifférents pour les objets de leur affection ; . ils redoutent la société, et surtout les importunités auxquelles cette maladie expose : affligés de cet état ils ont des idées noires.
Enfin désespérés de leur nullité, ou de leur prétendue
Lost
nullité, qu’ils croient ne pouvoir jamais surmonter, ils désirent la mort, la réclament, et quelquefois se la donnent...
Ces malades ne déraisonnent pas. J’ai vu cette maladie persister pendant plusieurs mois, pendant deux ans ; je l’ai vue alterner avec la manie, avec la santé parfaite. Quelques malades étaient pendant six mois maniaques ou bien portants, pendant six mois accablés par le sentiment de leur impuissance physique, intellectuelle et morale, qui leur faisait désirer la mort. »
C’est là une excellente description de l’asthénie circulaire.
Sur les bases posées par Esquiror, de la division des maladies mentales en démences et délires maniaques et mélancoliques, le travail des classifications se poursuit.
GEORGET isole la stupidité de la démence, et, par la suite, BAILLARGER, dans le domaine des délires, la place au chapitre mélancolie.
Cette acquisition est doublement utile : elle précise un symptôme caractéristique de certaines formes cliniques de mélancolie et, d’autre part, amorce la discussion de la question « confusion mentale » posée par DELASIAUVE, reprise par CHASLIN, tranchée par TASTEVIN, qui sépare la confusion dans les perceptions de la confusion dans les idées, celle-ci résultant d’une chute du potentiel intellectuel, parfaitement consciente, et caractéristique des formes asthéniques de la mélancolie, ;
FALRET sépare d’une façon ferme la « mélancolie
ordinaire » (mélancolie psycho-génétique) de la « fausse mélancolie asthénique ».
Il donne une forme définitive aux idées qu'Esqui- ROL n’avait qu’avancées.
Toute sa définition est à citer : « Il est une forme spéciale (de folie) que nous appelons circulaire et qui consiste non, comme on l’a dit fréquemment, dans l’alternative de la manie et de la mélancolie, séparées par un intervalle lucide plus ou moins prolongé, mais dans le roulement de l’exaltation maniaque, simple suractivité intellectuelle, avec la suspension de l'intelligence. Une période d’excitation alterne avec une période d’affaiblissement ordinairement plus longue. ».
Lorsqu'il fait de la forme mélancolique de la folie circulaire une « période d’affaissement », il veut nettement signifier qu’il ne s’agit pas là, comme il le dira dans sa discussion avec BAILLARGER, d’ « une lésion restreinte de l'intelligence et prédominance de certains délires comme dans les mélancolies ordinaires », mais d’une « dépression physique et morale portée jusqu’à ia suspension complète des facultés intellectuelles et affectives ».
Mais s’il relève nettement jies caractères cliniques, il en fait les seuls éléments différentiels avec la mélancolie de TASTEVIN, ignorant la question étiologique.
Il approche tout de même la solution de plus près que KRAEPELIN qui, dans un but d’exposition, résume toute la psychiatrie sous deux étiquettes : démence précoce et psychose maniaco-dépressive. La mélanco-