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lie psycho-génétique n’en est pas pour cela éliminée. Elle s'intègre partiellement dans la psychose maniaco-dépressive — là est l’erreur —, partiellement dans la démence précoce, notion extrêmement intéressante qui amorce, âvec la dégénérescence mentale de MAGNAN, la troisième partie de cet historique.
Entre temps, LASÈGUE isole, dans la mélancolie, le « délire de persécution » et ses disciples, dont DA- GONNET, opposent la lypémanie — persécution et mélancolie — à la mégalomanie — persécution et idées ambitieuses.
Ici la mélancolie n’est manifestement pas l’essentiel. Elle n’est considérée qu’en tant qu’élément du syndrome « persécution ». Cependant la mélancolie y gagne, par contre-coup, un nouveau facteur de diagnostic.
Une autre forme clinique est isolée par CoTaRp : développement, à partir d’un trauma émotif, d’un état mélancolique évoluant vers « un délire de négation avec idées possibles d’énormité et d’immortalité, tendances au suicide et analgésie ».
Bien que l’opposition de la notion d’activité intellectuelle à celle de l’asthénie psychique ne soit pas encore admise comme donnée fondamentale par la plupart des auteurs, on peut arrêter ici la seconde partie de l’étude de l’évolution de la mélancolie.
Avec MAGNAN apparaît en effet une thèse nouvelle, développée par la suite par IKRAEPELIN, BLEULER, et de multiples autres psychopathologistes.
L'étude de la mélancolie chez les dégénérés men-
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taux, déments précoces, schizophrènes, pose une question particulièrement complexe qui, dans le cadre de la mélancolie psycho-génétique, ne semble pas encore élucidée de façon définitive.
En supposant acquise la notion du choc émotionnel de base — elle ne le sera en réalité qu'avec TASTE- VIN — il reste à savoir dans quelle mesure il faut évaluer sa valeur étiologique chez un sujet dysthimique. En termes plus clairs, le chagrin envisagé est-il suffisant pour créer la psychose, ou n'est-il qu'un prétexte au développement de tendances que le sujet portait en soi ? Ce point sera l’objet d’une étude spéciale.
TASTEvIN, enfin, vers 1910, fait le point de la question. C’est à lui que l’on doit la description complète de la mélancolie vraie, l’affirmation de son origine émotionnelle, origine qui lui est propre, la distinction entre son développement actif et essentiel, et celui des formes asthéniques du syndrome mélancolique, la discrimination de ses formes cliniques.
Avant d'achever ce chapitre, et en marge du diagnostic, il est indispensable de citer l’œuvre de FREuD. Sa notion de la révélation du subconscient au sujet rejoint celle de l’extériorisation appliquée au traitement de la mélancolie de TASTEVIN, que nous retrouverons en fin de cette étude.
LS EIRE
ETUDE CLINIQUE DU SYNDROME MELANCOLIQUE ET DES VARIETES DE MELANCOLIE DONT LA MELANCOLIE LEGITIME
La constatation des difficultés qu’a rencontrées la mélancolie de TASTEviIN sur le chemin de l’individualisation, peut sembler étonnante.
Cette affection paraît être directement accessible, répondre à une notion élémentaire; celui qui n’est pas au courant des questions de psychiatrie, concevra mal qu’on n’ait pas constaté a priori que « le chagrin puisse rendre fou ».
En fait, trois explications nous semblent pouvoir être invoquées :
1) — Les éléments qui composent la mélancolie vraie n’ont, en dehors de la partie étiologique, rien de spécifique. Les formes de délire, le retentissement organique, sont caractéristiques du seul syndrome mélancolique. Nous les retrouvons avec tout au plus quelques variantes dans les autres psychoses groupées sous la même étiquette.
2) — Inversement, si l’on part de l’étiologie, on constate que, par une mauvaise interprétation des faits pathologiques assimilés à l’état normal, on arrive