A9 ES
En fin août 1939, il se montre très affecté par les rumeurs de guerre. À l’annonce de la mobilisation il est atterré, effondré, découragé, sans aucun ressort. Il cesse ses conversations, s’isole, devient anéanti et abandonne le travail. Il perd l’appétit, absorbe peu d’aliments, puis entre dans un état de stupeur qui provoque son admission à l’infirmerie (10 septembre 1939), il ne parle pas, refuse les aliments, est constipé, fait un peu de fièvre (38°).
Les jours suivants la dépression s’accentue, la stupeur augmente. Le malade n’ouvre pas les yeux quand on lui parle. Il n’accepte que l’alimentation liquide, qu’on doit le forcer à absorber. Mutisme complet, immobilité au lit.
Voies digestives saburrales (18 septembre). Apparition de gâtisme (20 septembre). Hypothermie à 36°, stupeur profonde. Le malade s’affaiblit rapidement, ne réagit plus à aucune sollicitation, et meurt de marasme dans la stupeur.
Dans l'épisode qui entraîna la fin du sujet, on ne saurait parler de délire. Cependant, quoique mal extériorisé, le malade est bien un mélancolique, ses antécédents en font foi.
Dans les deux cas, délirants et stuporeux, si le malade survit, la guérison de la psychose est rapide. Mais une récidive est possible qui, cette fois, peut prendre la forme d’une mélancolie vraie.
Formes dysthéniques
De par l'instabilité de leurs tendances mélancoliques, les affections dysphréniques ne risquent guère
ay; eee
d’être confondues avec la mélancolie psycho-génétique.
Il n’en va plus de même pour les affections dysthéniques.
Celles-ci peuvent présenter le tableau d’un état mélancolique constant et prolongé ; mais cette mélancolie procède d’une chute simultanée des tonus physiques et mentaux qui lui donne un cachet particulier.
— La perception vague de son impuissance entraîne le sujet vers un délire de déchéance globale pouvant, mais seulement de façon secondaire, amener des idées larvées d’auto-accusation.
— L’anidéation s’accompagne d’une confusion non dans les perceptions, mais dans les idées, qui provoque un délire terne et chaotique ne se renouvelant pas, non par l'effet de la prééminence des idées affirmées comme chez le mélancolique légitime, mais par celui de la paresse intellectuelle du sujet.
L’asthénique, en général, se présentera, tant dans son attitude que dans ses propos et ses écrits — qui sont rares — plus comme un confus que comme un mélancolique. Il y a cependant des exceptions ; le délire peut être brillant. Mais il n’est pas amorcé par un chagrin.
Nombreuses sont les variétés de mélancolies par adynamisme. Leur classification est cependant facile, calquée sur celle de l’origine des asthénies. On peut ainsi les diviser en deux grands groupes :
1° Asthénies mélancoliques de terrain ;
AE
2 Asthénies mélancoliques occasionnelles ou ac-
quises.