LE PARC
Je voudrais habiter une haute maison,
D'où, d'un balcon ouvrant sur un bel horizon.
Je pourrais voir un parc immense où le vent pleure .
Vous passeriez le soir, toujours à la même heure,
Dans l'allée où fleurit à l'arrière-saison
Un parterre évoquant ceux de la Malmaison.
Le charme durerait à peine une minute,
On entendrait le chant d'une invisible flûte.
Comme un mélancolique et pâle papillon.
Sur vous se poserait l'or d'un dernier rayon ;
Puis l'ombre s'étendrait et mon cœur taciturne
Sentirait doublement la tristesse nocturne ;
Car, malgré des chagrins et des soucis constants.
Un grand bonheur tiendrait en ces quelques instants
Où vous seriez la pure et merveilleuse image
De la Beauté passant dans un beau paysage.