UN SOIR
L'Ile verte est en proie aux caresses du soir, L'air est bleu, le ciel rose et la mer violette ; L'orbe d'or du soleil semble un rouge encensoir D'où montent des parfums d'ambre et de violette.
Le vent du sud m'apporte une odeur inconnue. Un flambovant fleuri couronne le vieux fort. L'astre mort de son sang éclabousse la nue. Et sous les feux du soir la mer est toute d'or.
Sous les palmiers dorés passent de grandes ombres. Les vagues sur le sable expirent tour à tour. A l'horizon décroît l'adieu d'un beau vol sombre, Et la nuit va fermer les paupières du jour.
L'alizé maintenant balance la tonnelle.
Les divi divi d'or versent leur pur encens, Et la chauve-souris remplace l'hirondelle Dans le ciel où déjà l'obscurité descend...
Un Soir. 151
Je me souviens d'un soir très doux dans l'avenue : L'Arc de Triomphe bleu rêvait sous un ciel lourd ; Je répète les mots de la chère entrevue... Mon cœur inconsolé regrettera toujours.