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PARMI LES FLEURS

Florentes ferulas et grandia lilia quassans.

Virgile.

Voici les fleurs de mon pays, toutes les fleurs Dont les arômes purs ont hanté Baudelaire, Les fleurs aux cent parfums, les fleurs aux cent cou - Qui sont l'orgueil sacré de ma belle île claire, [leurs

Voici l'ilang-ilang aux pétales dorés,

Le divi divi blond, le bégonia rose.

Le liseron d'azur et les iris ambrés,

Le lys rouge où l'aurore en diamants repose.

Voici les fleurs qui font le soufiie d'un beau soir, Et celles que le vent berce dans les lianes, Celles que le matin ouvre sur l'étang noir, Celles du précipice et celles des savanes.

Voici la fleur qui porte aux sens la volupté. Celle dont le contact a le charme d'un philtre, Celle qui fait qu'au cœur d'un amant tourmenté L'oubli pareil à l'eau du Léthé noir s'infiltre.

Parmi les Fleurs. 153

Comme elles charmeraient notre suave amour, De leurs tons merveilleux, de leurs odeurs divines ! Comme elles porteraient à tes sens tour à tour Le printemps de nos bois, l'été de nos collines !

Que j'aimerais, grisé par leur effluve ardent, T'étreindre, ô ma Beauté, dans les brousses de l'ile. Mais, hélas ! je suis seul sous le palmier vibrant Et je porte en mon âme une ivresse stérile.

O mon cœur, ô mon cœur, parmi toutes ces fleurs.

Tu n'es qu'une corolle usée ; En proie à l'éternel automne des douleurs. Rose morte et qu'en vain mouillera la rosée !

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