MATIN DE JUIN
Les colibris frôleurs pillent les flamboyants, Des bougainvilias violâtres et roses Allument sur la mer des jardins ondoyants, Des ilôts où le vent met des métamorphoses.
Le soleil s'est levé. Les montagnes sont roses. Un rayon jaune anime un grand eucalvptus Qui, dans l'air enivré par les fleurs d'un cactus, Balance doucement son feuillage morose.
Le vol d'un large oiseau traverse le ciel vert, Et je serais heureux de vivre en ce jour clair Si soudain mon amour ne souffrait de l'ivresse
De préférer sous l'or de ce jour radieux
Aux matins lumineux que Juin fleuri caresse
Les crépuscules flous qu'on voit dans vos yeux bleus.