DEVANT LA MER
Pour distraire mon cœur qu'un souvenir tourmente. Je suis allé m'asseoir sur un morne élevé D'où l'on entend, mêlée à la brise odorante, La plainte qu'aux rochers dit le flot apaisé.
D'ici, Je vois la mer luire à perte de vue. Nostalgique, un vapeur s'éloigne à l'horizon. A mes pieds. Roseau dort dans la lumière crue ; Je distingue le toit blanc de notre maison.
L'odeur des citronniers voyage par les grèves. Et le regret des yeux qui sont chers à mes rêves Sous l'azur matinal est un peu moins amer.
O mon cœur, qu'ils sont purs ces calmes paysages D'où je vois se dissoudre en la clarté de l'air L'aquarelle éphémère et molle d'un nuage !
Morne Bruce, 191