‹ Nostalgies françaises,Chapitre 74 sur 79 · ENTHOUSIASME · texte numérisé non relu

ENTHOUSIASME

Je sens mon solitaire orgueil et ma tristesse Grandir au fond des nuits que je ne connais pas.

Emmanuel Delbousquet.

Que la nuit qui commence est belle dans les cieux ! L'ombre du grand manguier recouvre la terrasse, La mer et l'horizon se fondent dans l'espace. Des souffles inconnus effleurent mes cheveux.

Comme une barque d'or la lune se balance

Sur l'océan céleste aux archipels de feu ;

C'est l'heure où les oiseaux s'endorment deux à deux :

Je songe à vous, mon lys, ô mon beau lys de France.

Mon cœur est seul, l'azur est profond, et je sens Qu'il est doux d'adorer en ce soir finissant, Par delà cette mer où s'attardent des voiles.

Plus loin que ce pays et plus haut que ce ciel. Dans un élan d'amour vers le rêve éternel. Toute la multitude ardente des étoiles.

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