L'IMAGE
Si j'étais resté près de vous Ce merveilleux amour serait mort à cette heure.
Où seraient mes rêves si doux ? ■
Le cher désir ne serait plus dans ma demeure. J
J'aurais perdu, suivant une commune loi,
Cette ardeur dont mon être exulte ; Oui, j'aurais tout perdu même ma douce foi
En vous, mon étoile et mon culte.
Mais l'absence vous fait un visage si pur.
Que l'éloignement divinise, Qu'il me semble à présent que je suis presque sûr
D'une ivresse à jamais exquise.
Les temps peuvent passer et les roses mourir, L'Océan fait pour moi le plus beau des mirages
Votre beauté loin des orages
Sourit sans crainte à l'avenir.
Vos yeux auront toujours pour moi sur ce rivage
Un charme tendre et persistant.
Tout pourra me quitter, mais non pas votre image,
O doux fantôme inconsistant !