‹ Nostalgies françaises,Chapitre 75 sur 79 · L'IMAGE · texte numérisé non relu

L'IMAGE

Si j'étais resté près de vous Ce merveilleux amour serait mort à cette heure.

Où seraient mes rêves si doux ? ■

Le cher désir ne serait plus dans ma demeure. J

J'aurais perdu, suivant une commune loi,

Cette ardeur dont mon être exulte ; Oui, j'aurais tout perdu même ma douce foi

En vous, mon étoile et mon culte.

Mais l'absence vous fait un visage si pur.

Que l'éloignement divinise, Qu'il me semble à présent que je suis presque sûr

D'une ivresse à jamais exquise.

Les temps peuvent passer et les roses mourir, L'Océan fait pour moi le plus beau des mirages

Votre beauté loin des orages

Sourit sans crainte à l'avenir.

Vos yeux auront toujours pour moi sur ce rivage

Un charme tendre et persistant.

Tout pourra me quitter, mais non pas votre image,

O doux fantôme inconsistant !

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