‹ NostradamusChapitre 3 sur 77 · Ribet, ouvr. cité, t. II. p · texte numérisé non relu

Ribet, ouvr. cité, t. II. p

L’exisience de l’esprit prophétique étant bien démontrée, il y a lieu de le définir exactement. Nous emprunterons cette définition au cardinal Bona 1 :

« La Prophétie consiste en la révélation des choses cachées qu’on ne peut naturellement connoistre, et en la lumière intérieure qui fait discerner et juger avec certitude au Prophète, que la révélation vient de Dieu, qui fait connoistre clairement ce que signifient les choses que l’on voit, si ce sont des images et des figures. Or, plus une chose est éloignée de la connoissance des hommes, plus elle appartient à la prophétie. C’est pourquoy il y a divers degrez de choses qui se peuvent connoistre par un esprit prophétique. On entend premièrement et plus proprement par la prophétie la connoissance d’un avenir incertain et fortuit : car cet avenir est très éloigné de notre connoissance, tant pour son obscurité que parce qu’il n’est point déterminé ni en soy-mesme, ni dans les causes

1. Traité du discernement des Esprits, traduction française de M. L. A. D. H. A Paris chez Louis Billaine, au second Pillier de la grand’salle du Palais, 1 vol. pet. in-8, 1675, ch. xvii, pp. 385 et suiv,

l’église, la. prophétie, les prophètes 7

prochaines et immédiates dont il doit venir. »

La véritable prophétie ne peut venir que de Dieu. M. Ribet, d’accord avec tous les théologiens, l’affirme nettement 1 :

« Dans l'ordre intellectuel, les faits exclusivement divins sont plus précis et non moins nombreux.

« Au premier rang- se place la prophétie ou la prédiction d’un futur événement libre indépendant de la volonté de celui qui l’annonce. De telles prévisions dépassent la portée de l’homme et de l’ange, de toute créature 2 : le champ de l’avenir est à Dieu. Qui peut décrire d’avance ce que feront des êtres libres qui n'existent pas encore, ou ceux-là mêmes qui existent, dans des situations lointaines qui se dérobent à leurs propres regards ? Jusque dans le monde physique, dont l’homme découvre les lois par l’expérience et l’induction, Dieu garde la liberté d’y déroger par le miracle, et ces dérogations, lui seul en a le secret.

« Tel est, sur ce point, l’enseignement unanime de la théologie chrétienne 3 . »

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