‹ NostradamusChapitre 45 sur 77 · En latin : exigue · texte numérisé non relu

En latin : exigue

LE PERSONNAGE

quelle partie les causes futures se viêdront à incliner » (Préface à César).

Le lymbe, dans ces passages, indique, je crois, le cercle magique ( limbus) dans lequel s'enfermait Invocateur auprès du bassin rempli d’eau. On le retrouve dans les « travaux » de Martinez Pasqualis, de Willermoz et de Saint- Martin 1 . Les descriptions des mêmes moyens se lisent dans Jamblique, De Mysteriis Ægyptiorum.

Les biographes de Nostradamus rapportent qu’il dormait seulement trois ou quatre heures par nuit, et qu’il passait le reste du temps à faire des observations et calculs astrologiques. Il écrit lui-même :

« Mes nocturnes et prophétiques supputations, composées plus tost d’un naturel instinct: accompagné d’une fureur poétique, que par reigle de poésie, et la plus part composé et accordé à la calculation Astronomique, correspondant aux ans, moys et sepmaines des régions, contrées, et de la pluspart des villes... Le tout a esté composé et calculé en jours et heures d’election et bien disposées et le plus justement qu’il m’a esté possible » (Épître à Henry II).

1. Voir Revue internationale des Sociétés secrètes , juin et juillet 1912: L’occultisme dans les Sociétés secrètes, par Charles Nicoullaud.

Cette dernière phrase indique que Nostradamus, avant de se livrer à ses « travaux » magiques, consultait les astres pour savoir si ceux-ci étaient bien disposés, et connaître ainsi les jours et les heures d’élection, favorables aux invocations théurgiques. Et, pour mieux réussir, Nostradamus déclare qu’il se « vuidait l’ame, l’esprit, et le courage de toute cure, solicitude, et fascherie par repos et tranquilité de l’esprit... Le tout accordé et présagé l’une partie tripode cieneo »... C’est-à-dire à l’aide du bassin d'airain à trois pieds, auquel l’astrologue ajoutait les calculs et les interprétations provenant de l’étude approfondie du ciel :

« Pource que tout a esté calculé par le cours celeste, par associatiô d’esmotion infuse à certaines heures délaissées par l’esmotion de mes antiques progeniteurs « (. Épitre à Henry II).

Nostradamus, en effet, affirme en plusieurs endroits que le don de prophétie lui vient de ses ancêtres : il dit à son fils César : « La parolle héréditaire de l’occulte prédiction, sera dans mô estomach intercluse. »

Mais il y a plus, notre auteur déclare avoir eu connaissance d’anciens ouvrages de magie :

« Plusieurs volumes qui ont esté cachez par longs siècles me sont esté manifestez. Mais doutant ce qui adviendroit, en ay faict apres la

LE PERSONNAGE

lecture presêt à Vulcan 1 , que cependant qu’il les venoit à devorer, la flamme leschant l’air rendoit une clarté insolite, plus claire que naturelle flamme, comme lumière de feu de clystre fulgurant 2 , illuminant subtil la maison, corne si elle fustestéen subite conflagration « (Préface à César).

C’est que Nostradamus n’est pas, ou du moins ne veut pas passer pour un magicien noir,unsectateur « de la plus qu’execrable magie réprouvée jadis par les sacrées escritures et par les divins canons, au chef duquel est excepté le jugementde l’Astrologie judicielle : par laquelle, et moyennant inspiration et révélation divine par continuelles supputations, avons nos prophéties rédigé par escrit « ( Préface à César).

Dans le passage suivant, il explique comment l’action surnaturelle vient se mêler àl’astrologie :

« Quant aux occultes vaticinations qu’on viêt à recevoir par le subtil esprit du feu, qui quelquefois par l’entendement agité contemplant le plus haut des astres, comme estant vigilât n esme qu’aux prononciations, estant surprins escrits, pronôçant sans côtraincte moins attainct a’inverrecûde loquacité : mais quoy! tout procedoit de la puissance divine du grand Dieu

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