‹ NostradamusChapitre 46 sur 77 · Éclair de foudre · texte numérisé non relu

Éclair de foudre

éternel de qui toute bonté procédé « ( Préface à César).

Ce texte ne paraît peut-être pas très clair, mais la clarté n’est pas précisément la qualité dominante de Nostradamus, et il faut s’y reprendre à plusieurs fois avant de comprendre ce qu’il a voulu dire, heureux quand on y parvient. Voici, je crois, comment il faut lire ce passage.

On reçoit quelquefois d’occultes prédictions, par le subtil esprit du feu, lorsque l’entendement, venant à être agité pendant qu’on étudie la plus haute science des astres, se fait vigilant, surtout aux paroles ; alors, on écrit sans contrainte et avec une loquacité impudente. Mais quoi î cela n’est pas répréhensible, puisque tout vient de Dieu.

Nostradamus renouvelle plusieurs fois cette déclaration que les choses qu’il annonce lui sont connues par inspiration divine :

« Je confesse bien que le tout vient de Dieu, et luy en rends grâces, honneur et loüange immortelle, sans y avoir meslé de la divination que provient a fato : mais a Deo , a natura et la pluspart accompagnée du mouvement du cours celeste, tellement que voyant dâs un miroüer ardant comme par vision obnibulee, les grans evenemens tristes, prodigieux, et calamiteuses adventures qui s’approchent » (. Épitre à Henry II).

LE PERSONNAGE

« La parfaicte des causes notices (notion) ne se peut acquérir sans celle divine inspiration : veu que toute inspiration prophétique reçoit prenant son principal principe mouvant de Dieu le créateur, puis de l’heur et de nature « (Préface ci César),

Nostradamus se défend d’être un prophète, mais il se classe peut-être parmi les voyants... d’Israël, car

« qui Prophetci dicitur hodie olim vocabatur videns »,

écrit-il dans la préface qu’il adresse, à la date du premier mars i855, à son fils César Nostredame.

Il serait facile de relever de nombreuses contradictions dans les différents passages cités, mais il faut tenir compte qu’au temps où écrivait Nostradamus, il n’était pas sans danger de passer pour magicien. Cela suffit à expliquer certaines ambiguïtés. Je crois, cependant, que les textes ci-dessus ne laissent subsister aucun doute sur la manière dont Nostradamus a pu pénétrer dans les arcanes secrets de l’avenir, avec une précision absolument extraordinaire dans certains cas, assez fréquents, je le répète, pour qu’on n’ait pas le droit, si l’on veut faire œuvre de critique sérieuse, de les appliquer uniquement au hasard.

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