‹ Not[es] sur les gouvernements fédéraux passés et présents [microforme]Chapitre 3 sur 13 · HA · texte numérisé non relu

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près de lui, il n’avait pas non plus la permission de manger ou de boire dans la maison d’aucun citoyen. Quelques fois, cet officier, qui avait un salaire annuel fixe, réunissait en sa personne la plus haute autorité militaire et judiciaire, mais plas communément son pouvoir n’était que judiciaire. La loi de la ligue italienne fut, comme on le pense bien, le droit romain, au rétablissement duquel ainsi que des études classiques contribua grandement l’Italie fédérale.

La ligue de Toscane fut fondée sur le modèle de celle de Lombardie, avec cette différence toutefois, que le Pape Innocent IIl, son plus grand promoteur, introduisit dans sa constitution un puissant élément clérical. La principale autorité civile reposait dans trois Prieurs ; le poëte Dante fut l’un d’eux, en l’année 1300. La ligue avait aussi un chef militaire, le gonfalonier, chargé de conduire la milice rurale et urbaine en temps de guerre.*

En l’année 1421, cette charge fut remplie par Jean de Médicis, marchand et politicien, que l’on peut cousidérer comme le fondateur de cette grande famille qui était destinée à donner des ducs à la Toscane, des Reines à la France et des Pontifes à Rome.

La jalousie qui existait entre les ordres des plébéiens et des patriciens ne se manifesta pas seulement par les restrictions personnelles imposées aux podestats de la Lombardie, mais encore par bien d’autres signes. Les Prieurs de Florence étaient élus seulement pour un terme de deux mois, pendant lequel ils étaient obligés de se loger et de manger ensemble et de ne pas s’absenter du palais.

* En 1337 Florence pouvait mettre en campagne 80,000 hommes ; (quid de la ligue de Toscane ?) son revenu annuel était estimé à 300,000 florins. En 1405 Florence acheta Pise, en 1420 elle acheta le port que nous appelons Leghorn.

Les négociants de la Toscane étaient organisés en sociétés ou, corporations, ayant chacune ses officiers, ses armes et étendards. Dans la capitale de la Lombardie, les premiers clubs démocratiques exercèrent une influence considérable. Mais les patriciens finirent enfin par triompher sous tous les rapports. Et cette révolution ne s’accomplit pas dans tous les cas sans le consentement du peuple. Fatigué des discordes, des proscriptions et de l'instabilité de ces ligues précaires et défectueuses, on- finit, pour échapper à l’anarchie, par sanctionner les efforts d’hommes prudents et énergiques, comme les Visconti et les Médicis.

Quoique la forme de la Fédération qui régit pendant tout le treizième siècle les villes de Toscane et de Lombardie fut très imparfaite, il est cependant de fait que sous ce régime, elles prospérèrent et se distinguèrent grandement. Un écrivain contemporain estime

qu’en 1288,la population deMilan était de 200,000 âmes,

tandis que toute la Province pouvait mettre en campagne 8,000 cavaliers et 240,000 hommes en état de porter les armes. Parmi les autres éléments de sa population, on comptait 600 notaires, 200 médecins, 80 maîtres d’écoles et 50 copistes de manuscrit. Lors de la découverte de l’impris merie, Milan et Florence devinrent toutes deux les principaux sièges du nouvel art; mais Venise, dans

son isolement paisible et prospère, dépassa bientôt.

par le nombre et l’excellence de ses imprimeurs, ces deux reliques séparées et dégénérées des deux confédérations.

Nous devons à l’Italie, durant cette époque, l’établissement des consuls et des ambassadeurs; les premiers essais de l’équilibre du pouvoir ; la renais-

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sance du droit Romain et des études classiques ; les grandes écoles italiennes de l’art ; les inventions de la tenue des livres et des banques; et la découverte de l'Amérique. Ce fut aussi le siècle des grands maîtres de la littérature italienne, en prose et en vers, depuis Dante jusqu’à Machiavel et Arioste.

En l’année 1347, un tribun romain, Rienzi, durant sa première administration, tenta d’établir un gouvernement fédéral pour toute l'Italie. ‘ Si les passions,” dit Gibbon, en décrivant cet essai, ‘ eussentfpu se taire devant la raison, si les intérêts privés se fussent effacés devant l’intérèt de tous, le tribunal suprême et l’union fédérale des républiques italiennes, eussent mis fin aux discordes intestines,et fsrmé les Alpes aux barbares du Nord. Mais la saison propice était passée, et si Venise Florence, Sienne, Péruge et plusieurs autres villes de moindre importance, offraient leurs vies et leurs fortunes pour le bien de l'Etat, les 1yrans de la Lombardie et de la Toscane méprisaient et haïssaient nécessairement l’auteur populaire d’une constitution libre.”

Nous avons vu, de nos jours, une nouvelle tentative pour unir l’Italie dans une seule confédération. L’auteur de ce projet était incomparablement plus influent que Rienzi, mais il n’eut pas un meilleur succès.

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