SÉANCE DU 8 NOVEMBRE 18G
malheureusement, pendant les deux seules semaines que j’ai pu passer celte année non loin de la Méditerranée, le temps a été constamment beau, et
presque constamment aussi le* vent a souillé de la terre vers la mer.
M. Al. Jamain, qui a herborisé sur le littoral du département de l’Hérault, dit que le long de la mer, près de Sérignan (où M. Duchartre a fait ses expériences) la terre est saturée de sel, et qu’à Roquehaute, sur un point voisin mais plus élevé, croissent des Tamarix appartenant à la même espèce que ceux de Sérignan, mais d’un port très différent.
M. Decaisne fait remarquer que l’on ne trouve jamais de plantes maritimes sur les falaises élevées, tandis qu’en plaine l’influence de la mer se fait sentir à une grande distance.
M. Duchartre croit que cette influence s’exerce puissamment par le moyen des inondations, mais seulement sur les plages basses, et il cite une localité des environs de Béliers où les plantes maritimes s’étendent en plaine à une lieue du littoral.
M. Gubler pense qu’on ne saurait nier la présence du chlorure de sodium dans la vapeur qui s’élève constamment des eaux de la mer et enveloppe toujours le rivage d’un léger brouillard. 11 rappelle combien les chimistes ont de peine à purger complètement l’eau salée du chlorure de sodium, que la vapeur entraîne avec elle à mesure qu’elle se forme. Il ne prétend pas d’ailleurs que l’atmosphère salée doive exercer directement sur la végétation des plantes maritimes une influence qui est peut-être dévolue entièrement au sol, chargé aussi de sel marin.
M. Chatin rappelle que, d’une part, l’eau de pluie recueillie dans le voisinage de la mer renferme beaucoup de sel marin, et que, d’autre part, les chasseurs savent bien qu’ils ne doivent pas exposer des armes de prix en les portant près de la mer, car elles seraient rapidement attaquées, sans doute parles chlorures de l’atmosphère.
MM. Le Bien et Moquin-Tandon rappellent que, quand on se promène sur le rivage, on est immédiatement averti de la présence du sel dans l’air par la saveur salée qu’on a sur les lèvres.
M. Decaisne ajoute que M. Isidore Pierre a constaté directement la présence du sel dans l’atmosphère à Caen (ville située à 12 kilom. delà mer); mais que cependant il croit que les faits observés par M. Duchartre résultent d’une sécrétion particulière des Tamarix. H rappelle <pie certaines plantes s’assimilent du sel même lorsqu’elles