A DÉLIBÉRÉ
Article l*'. Le Préfet du département de la Gironde sera prié de vouloir bien ordonner la destruction des bandes errantes de bestiaux sauvages qui existent dans les environs des étangs de Lacanau et d'Hourtin, ainsi que dans les autres lieux environnant les divers semis faits et à fair« le long des dunes.
Des arrêtés préfectoraux ont été pris dans ce sens, les a 2 brumaire an xu (i/i novembre i8o3) et 3 messidor an xu (23 juin i8o4) pour les dunes d'Hourtin, Lacanau , Carcans et le Porge, et le 16 janvier 1806 pour les dunes de Soulac.
Des troupeaux errants se rencontraient aussi dans les dunes de Lège et de la Teste et dans une partie de celles du département des Landes.
Après Texécution des premiers travaux de Gxation, les lettes ont fourni d'assez bons pâturages pendant quelque temps, mais, par suite de Taclion asséchante du pin, la production herbacée a disparu peu à peu ; le pacage dans la région des dunes est à peu près de nulle valeur actuellement.
La note suivante, de i863, de M. de Pons donne des renseignements sur la production ancienne des lettes dans le département des Landes :
Avant leur ensemencemeot, les dunes proprement dites ne produisaient absolument rien, et la maigre vëgëtation de la zone où on les trouvait était concentrée dans quelques lettes intérieures où le sable était généralement humide et par suite peu mobile; plusieurs de ces lettes étaient submergées par les eaux et prenaient alors le nom de lagunes. Les habitants du littoral y faisaient paitre des troupeaux presque à Télat sauvage et ces espaces étaient souvent en fait considérés comme communs. Lors de la confection du cadastre, plusieurs communes firent porter les lettes à leur nom; les dunes n'étant susceptibles d'aucun produit étaient généralement omises, et celles qui sont portées à la matrice cadastrale ne sont point imposées. Dans d'autres communes, les travaux du cadastre se sont arrêtés aux premières dunes. On disait que ces travaux étaient trop coûteux pour qu'ils s'étendissent utilement sur d'aussi vastes terrains sans valeur.
Les produits des lettes, dont le public a joui longtemps sans contrôle et que certaines communes ont mis depuis en ferme sont les suivants :
1 ® La vaine pâture dont le public jouissait d'abord sans conteste, mais pour laquelle une redevance fut imposée plus tard pour les bestiaux étrangers à la commune ;
â"" Le fumier des animaux qui allaient au pâturage, dont l'enlèvement a été souvent affermé par les communes;
3*^ Les produits des arbres qui croissaient naturellement dans les lettes abritées. On trouve encore sur certains points les traces de vieux pins qui ont été résinés pendant longtemps. Ces arbres poussaient par bouquets et venaient généralement assez mal, parce qu'ils étaient ensablés pendant les tempêtes. C'est principaiemient sur les baux à ferme du résinage que les communes se basent pour réclaiaer la propriété des iettes; ces baux étaient généralement consentis à des prix insignifiants ;
li"* Apres avoir épuisé la pédie des sangsues, les- fermiers mettaient des poissons dans les lagunes qu'ils péchaient entièrement à l'expiration de leur bail;
b"* Enfin, on a établi des places pour la chasse des oiseaux de passage et certaines communes prélèvent un droit pour la location de ces places.
Tous ces produits, insignifiants avant la fixation des dunes, ont pris de la valeur à mesure que les lettes se sont trouvées abritées et. assainies par les semis de pins.
Le sable des dunes renferme assez d'humidité pour que le pin maritime y présente une croissance rapide : l'âge moyen des arbres est indiqué par la moitié de la circonférence mesurée en centimètres à' 1 m. 3 o du soL Les conditions climatologiques sont d'ailleurs très favorables à la végétation forestière. On peut admettre les valeurs suivantes pour les principaux éléments météorologiques :
Température moyenne ( le plus froid 3 degrés.
des mois ( le plus chaud sS
Hauteur moyenne annuelle des pluies o'^Soo
Nombre moyen des jours de pluie soo
L'éclairement diurne manque un peu d'intensité, mais on y remédie en effectuant dans les massifs des éclaircies assez fortes pour que la lumière vienne frapper toute la cime des arbres.
Les vents d'ouest sont violents; on amortit leur choc en réservant des rideaux de protection.