‹ Note sur les dunes de GascogneChapitre 4 sur 41 · CHAPITRE IL · texte numérisé non relu

CHAPITRE IL

LES PAEGURSEUBS DE BKËMONTIEB.

Les procédés d'ensemencement des dunes paraissent avoir été anciennement connus.

La forêt de la Teste, qui appartient à un certain nombre d'habitants du bourg de ce nom, fut en partie incendiée en 1716 et réensemencée en 1717 par les propriétaires ^^\

En 1776, M. François Âmanieu de Ruât, conseiller au Parlement de Rordeaux et captai de Ruch, présentait au Ministre, contrôleur général des finances, un mémoire dont on extrait ce qui suit :

On ne doit pas douter que cette plantation réussisse. Les graines de pin qu'on sèmera sur les sables prendront et viendront très bien, en .y prenant les précautions convenables. L'expérience en est notoire et démontrée. Elle a été faite.U y a quarante ans environ que le père de M. de Ruât, et ensuite un autre habitant de la Teste , en firent semer une partie en pins qui vinrent très beaux. Ce local se garnit en même temps d'agions, de jauguc, de ronces et de fougère, si bien que les sables, dans cette partie, se trouvèrent fixés. Ces pins étant devenus grands et presque de Tâge à être exploités pour y faire venir des gommes; quelques-uns, par malice ou sous prétexte que ces fonds étaient des terrains vacants, les incendièrent.

Un arrêt du Conseil, du 98 mars 1779, lui a accordé la concession des dunes de la Teste, Gujan et Cazeaux trà titre d'accensement et de propriété incommutable à perpétuité, à charge de les planter en pins ou autres arbres en quantité suffisante pour contenir et arrêter leurs progrès, de faire lever à ses frais un plan

^'^ a3 prairial an v (11 juin 1797). Procès-verbal de visite des dunes de la Teste, par M. Guyet-Laprade.

figuratif et dresser procès-verbal d'arpentage des dunes, et de payer au Domaine, du jour du présent arrêt, un cens annuel et perpétuel de deux livres de blé froment par chaque arpent qu'elles se trouveront conteniri).

Le père de celui-ci, Jean Amanieu de Ruât, qui avait acquis, le 2 3 août 1 7 1 3 , de Henri de Foix de Gandalle la terre et captalat de Buch, avait déjà eflectué des essais d'ensemencement:

On assure que M. de Ruât, captai de Ruch, s'étant mis au-dessus des préjugés, a fait jeter de la graine de pins sur les dunes placées dans Tétendue de sa seigneurie et dans des lieux très exposés à Timpéluosité des vents de la mer. Si celle graine a poussé, ainsi qu'on Tassure encore, et que les pins puissent s'élever jusqu à une cerlaine hauteur, ce serait une nouvelle preuve que les sables qui régnent sur nos côtes peuvent être immobilisés et qu'ils sont susceptibles de culture f*l

C'était partout un morne silence, des eaux monotones, des rivages désolés. Nous fûmes chercher un tableau plus varié dans la magnifique forêt qui fut plantée, dit-on dans le pays, par un captai de Ruch. L'histoire a dédaigné de consacrer une ligne de souvenir à cet ami des hommes. Cependant, seul peut-être entre ces fiers caplaux, il eut des droits à la reconnaissance publique (^).

Il est urgent que la mesquinerie du Gouvernement vienne faire place à des ressources plus vastes pour achever ce qui a été commencé le siècle dernier par un particulier, et continué avec tant de succès par M. Rrémontier. On sait qu'indépendamment des ensemencements des montagnes de la Teste et de Riscarrosse, opérés il y a près de deux siècles, M. de Ruai fut celui qui essaya de donner l'impulsion, par son exemple, à ces semis, dont on a plus tard injustement attribué l'idée à M. Rrémontirr qui n'en a été que l'exécuteur. M. de Ruât, captai de Ruch, fut le premier, selon Reaurein et les chroniques, qui eut l'idée de contenir ces dunes, et, s'élevant au-dessus des préjugés, il les ensemença en pins(^).

^'^ Beaurein, t. VI, p. 9 89, Variétés ^^^ De ^agriculture et du dé/richemeut

Bordelaises, 1784. des Landes, par M. le comte de Meslivier,

^*^ M. de Saint-Amans, (l'Ageu, il Hn/i/e« Pau, i8a3. de voyage , xvm* volume , 1811.

Ces faits sont attestés par une lettre du 6 prairial an xi (26 mai 1 8o3) de M. Peychan, inspecteur des travauxdes dunes, à M. Didiet, ingénieur en chef des Ponts et Chaussées.

Je continue, en effet, de semer une plaine qui s'étend de la pointe du Bernet au lieu appelé de MouUeau et au delà. J'en assure la réussite entière en ayant vers moi la preuve, ainsi que les habitants, puisqu'avant la révolution j'ai fait semer pour M. de Ruât toutes ces plaines. La pignada y vint supérieurement; il y avait des gardes afin d'empêcher que les troupeaux n'y pussent pacager et personne ne murmura, au point que si ces pins n avaient été détruits et brûlés par suite de la Révolution et par la troupe qui gardait le fort ils donneraient dans ce moment du revenu. Dans ce même temps je fis semer trois lettes ou vallons et il y reste encore de ces semis plus de cent journaux en grands pins, malgré que les habitants en aient détruit une grande partie. Je fais continuer dans ces mêmes lettes les emplacements qui ont été détraits.

Il est dit, d'ailleurs, dans une lettre adressée au Ministre de Tintérieur le 20 nivôse an xi (10 janvier i8o3), par la Société des sciences, belles-lettres etarts de Bordeaux, crque le citoyen Peychan n'a jamais fait de plantations qu'au pied des dunes et non sur leurs sommets ni sur leurs rampes, qu'il avait toujours crus stériles 7^.

Une requête adressée en 1776 par M® Boquet-Destournelles, avocat, à M. Trudaine, conseiller d'Etat, intendant des finances, pour M. le comte de Montausier, demandant l'autorisation de construire des canaux de navigation partant du bassin d'Arcachon, renferme le passage suivant :

Les dunes ou montagnes de sable, qui appartiennent à Sa Majesté ainsi que les bords de la mer, pe produisent rien; il serait possible d'en tirer parti en faisant des plantations d'arbres à peu de distance de ces dunes, et en semant sur leurs talus des graines abondantes ou racines telles que le chiendent et autres graines de cette espèce : on aurait le double avantage d'arrêter par là les désastres causés par les sables que la mer dépose continuellement sur ses bords, et d'empêcher les dunes de se fendre^: de s'affaisser et de s'étendre insensiblement dans les terres. Les ravages opérés par ce fléau ne sont malheureusement que trop réels. L'ancien et le nouveau Soulac ne présentent

IAG\ ET POlArS. — H. J. BBBT. 3

maintenant qu'une mer de sable. De hautes dunes couvrent aujourd'hui l'ancien bourg de Mimlzan, l'église paroissiale et les riches possessions d'une communauté de bénédictins établis dans ce lieu. Les religieux se sont retirés à Saiut-Sever et ont abandonné aux habitants leur église conventuelle. Mais celle-ci touche au moment de subir le même sort que l'ancienne; les sables ont franchi depuis peu de temps les murs du cimetière; le quartier de Sart a déjà éprouvé les mêmes maux et court les mêmes dangers.

On peut encore citer l'extrait ci-après d'une conférence de Pascal Duprat, du 7 janvier 1881, sur la question des canaux du Midi :

C'est une ancienne question que celle du canal de TAdour à la Garonne. Dès le règne de Louis XIV on en trouve la trace ; l'idée en était venue à Vauban, grand patriote, cœur honnête, esprit vaste, qui cherchait de toutes parts oii il pourrait porter la main pour rendre service à la France. Il ne put y donner suite; le projet fut repris un siècle plus tard par l'ingénieur Brémontier. C'était en 178/i, il y a un siècle bientôt, alors que Brémontier s'occupait, en fixant les dunes, d'opposer une barrière infranchissable aux invasions de l'Océan.

Vous savez que le système de la fixation des dunes n'est pas tout à fait de lui comme on le croit généralement; il l'avait emprunté aux mémoires de l'Académie de Bordeaux, mémoires très intéressants et que j'aimerais à consulter souvent si j'en avais le loisir. Brémontier s'inspira surtout d'un travail qui est demeuré célèbre, celui de l'abbé Desbieys; il mit également à profit les leçons que les Hollandais ont données au monde dans l'art d'opposer des barrières à la mer.

Un mémoire de M. Dcsbiey, ancien receveur à la Teste, relatif à l'ensemencement des dunes, a été lu, le 26 août 177A, dans une séance publique de l'Académie des sciences de Bordeaux, mais il n'a pas été publié et n'a pu être retrouve dans les archives de cette sociélé; il avait déjà disparu en 1 8o-j(^). Une lettre adressée par le secrétaire général de cette Académie au Ministre de l'intérieur, le

<*^ 3 5 frimaire an xi (16 décembre 1802). Letti'e de Brémontier à la Société d'agriculLiu*e de la Seine.

LES PRÉCURSEURS DEBRÉMONTIER, 35

20 nivôse an xi (lo janvier i8o3), renferme le passage suivant :

Nous pouvons vous attester encore, citoyen Ministre, qu'il n*est question dans le mémoire imprime du citoyen Desbiey, ancien receveur à la Teste, cite dans la feuille du Moniteur du s frimaire dernier, d'aucun procédé relatif à la fixation des dunes, qu'on y cite à la vérité un autre mémoire manuscrit lu en 177/1 et dans une des séances de l'Académie des sciences de Bordeaux, mais que ce dernier mémoire ne s'est point trouvé dans les archives de l'Académie.

Ce mémoire a été mentionné dans un rapport de M. Tassin, secrétaire générai des Landes, transmis le 26 pluviôse an xi ( 1 5 février i8o3)par M.Duplantier, préfet de ce département, à M. Crétet, conseiller d'Etat, chargé du service des Ponts et Chaussées.

Enfin, il y a lieu de citer l'extrait ci-après d'un rapport du 6 août 1812 de M. Guyet-Laprade , conservateur des forêts à Bordeaux, membre de la Commission des dunes :

Nous crûmes devoir joindre à notre travail l'extrait d'un mémoire de M. le baron de Viliers, rédigé sous le ministère de M. de Sartine, et en vertu des ordres et des instructions qui lui avaient été donnés, où l'on trouve mot pour mot le développement du système mis en avant par M. Brémontier. Ce travail est présenté comme le complément du projet de faire du bassin d'Arcachon un port maritime capable de recevoir les plus gros vaisseaux de l'Elat. Le travail de M. le baron de Viliers n'est qu'une revision d'un mémoire présenté au gouvernement sous Louis XIV, vérifié par M. de Vauban.

Le mémoire de M. de Viliers est déposé à la bibliothèque de Bordeaux.

Noos avions encore sous les yeux le mémoire imprimé de M. Thore, qui dispute à M. Brémontier, sur le même objet, le mérite de l'invention pour le donner à un habitant des Landes.

Le harou de Charlevoix-Viiïers, colonel, inspecteur des fortifications, travaux, ingénieurs de la marine et des colonies, avait été, en effet, envoyé en mission à la Teste en 1778 par M. de Sartine, ministre de la marine, pour étudier le projet d'établissement d'un port à Arcachon et d'un canal de Bordeaux à Bayonne. D'après les

instructions qui lui avaient été données par le Ministre, ii était tenu (tde veiller à l'ensemencement des dunes desquelles aura été ordonnée, de la façon la plus propre à en assurer et bâter le succès 7).

Un mémoire de 1779 de M. de Villers, consacré spécialement à la question de la fixation des dunes de Gascogne, a été déposé à la bibliothèque de Bordeaux.

Les extraits qui suivent proviennent d'un autre mémoire, de la même année 1779, intitulé : Prospectus Hun projet général d^un port au bassin ^Arcachony Hun canal de ce bassin à BordeauXy £un autre à la rivière de VAdour près Baïonne et de rétablissement des landes :

On peut regarder le sable des dunes comme la sixième portion des landes; elle n'est propre, par sa nature, qu'aux pins qui y réussissent, et Ton y aura un cinquième de chênes propres aux constructions. Cette portion, contenant i5o lieues superficielles ou i,ii&,65o journaux, mesure de Bordeaux, dont le produit à i9 I., moitié seulement de la plus basse estimation, ferait un revenu certain de 1 3,875,800 1. en résine seulement, sans les bois de chaufiage, de conslruction , et le parti à tirer des pins secs servant à tout usage, qui monteraient encore au tiers des produits ci-dessus. . •

On ne laissera point, pendant près de 60 lieues, toutes les dunes de sable envahir les meilleures terres, anéantir des villages entiers, le bourg de la Teste même, sans chercher les moyens d'arrêter ces désastres. . .

Les détails donnés sur la situation actuelle du bassin et ses passes présentent à la formation d'un port deux difficultés majeures auxquelles il faut remédier le plus promptement. La première est la source du mal qu'il faut arrêter dans son principe; le seul moyen, et il est sûr, c'est de fixer les dunes de sable par une complantation générale qui garantisse également de la submersion totale le bassin, tes passes, les islets, tous les villages et terres cultivées le long de ces dunes, depuis la pointe de Grave jusqu'à Baïonne. Le bourg de la Teste, chef-lieu maritime de toute cette partie, situé dans le sud du havre d'Arcachon va subir le même sort. Depuis vingt ans l'invasion des sables augmente prodigieusement.

Depuis la pointe de Grave jusqu'à Baïonne, il existe sur les dunes plusieurs forêts que les sables couvrent tous les jours, ce qui prouve la nécessité urgente de les arrêter, en même temps que la possibilité en est démontrée, puisqu'il en subsiste près de &o,ooo journaux encore parfaitement boisés; ces dunes

de sable couvertes de bois sont devenues fermes et liëes par les racines de différentes espèces d'arbres ou arbustes qui y ont été semés et qui les ont parfaitement consolidées. Cet exemple doit donc prouver sufiisamment la possibilité et la facilité de Tensemencement proposé.

Pour Texécuter, il n est question que de commencer Touvrage du côté de la mer, à Tendroit même où les hautes marées ne montent pas, c'est là la source fatale de ces sables, et continuer successivement en venant du côté des terrains habités. On peut avec succès, pour arrêter les sables dans les portions complantées, les espacer par de légers clayonnages ou fascinages qui empêcheraient ces sables de passer et de s'accumuler ou de trop couvrir ces ensemencements, y jeter de la graine de pins à distance égale, du gland de loin en loin et beaucoup de graines de différents arbustes et herbes rampantes dont l'élévation et le fourré serviront à opposer un rempart à la course du sable qui sur ces bords est on ne peut plus fin, par conséquent léger; les graines d'agion, appelé dans le pays vulgairement jogue, celles du genêt, celles du gourbet, espèce de jonc qui se plait infiniment dans le sable, et surtout celle du (gricau?) paraissent les plus propres à remplir cet objet. Cette dernière a un avantage sur tous les autres, c'est que, fleurissant deux fois l'année et donnant conséquemment sa graine, autant de fois elle se reproduit elle-même, et, ne s'élevant pas au-dessus d'un pied, s'étend et forme un abri assez étendu pour que le vent ne puisse pas prendre le sable sur son sol; rien de plus aisé que de s'en procurer, puisque c'est avec le secours de cette graine qu'on est parvenu à Dunkerque à donner des bornes aux sables de cette côte, lesquels sont parfaitement ressemblanis à ceux de celles-ci; on n'a eu d'autre vue à Dunkerque que la fixation des sables, pour en arrêter les dégâts; ici, on retirera le double avantage de garantir le bassin et ses passes, de conserver les terrains excellents qui se détruisent annuellement et d'avoir vingt années après l'ensemencement un profit immense pour les colons, une branche puissante pour le commerce, des droits considérables pour le Roi et toutes les autres ressources déjà décrites pour la culture et la population. • •

A la construction des canaux de Caseaux à Baïonne, et de Caseaux à Bordeaux par les étangs du Porge, de Lacaneau , de Carcans et d'Hourtins, se rattache l'assainissement des landes par la direction des crastes. Mais il est un besoin plus urgent et d'un avantage infini , c'est de fixer les dunes et de le faire d'une manière qui remplisse le double avantage d'arrêter le torrent impétueux des sables qui inondent actuellement beaucoup de terres précieuses, déjà cultivées, et de rendre ces montagnes de sable un fonds productible à l'Etat.

Ces dunes occupent une étendue de près de 60 lieues de longueur sur

mhs de 9 de large, ce qui fonne une superficie de presque i5o lieues de terrain. Le commerce et TEtai, qui sont inséparables, y gagneraient une quantité prodigieuse de bois utiles même à la navigation, puisque le chêne y vient très bien et de la meilleure qualité; les bois seraient à portée des exploitations, ils procureraient aussi des matières résineuses de toute espèce, enfin ces montagnes plantées fourniraient en même temps des herbes, des pâturages qui nourriraient un grand nombre de bestiaux. D ne s'agit que d'ensemencer toutes ces dunes.

Le passage ci-après d'un projet de lettre, de 1 778 , de M. de Sartine, indique aussi que le résultat de l'opération projetée par M. de Villers ne paraissait nullement douteux.

Écrire à M. Necker et à MM. des Domaines que Tintérét, la sûreté de toute la navigation du golfe de Guienne et de la marine de Sa Majesté exigent le plus prompt ensemencement des dunes de sable de la côte d'Arcachon depuis la pointe de Grave jusqu'à Baïonne, pour les fixer invariablement par une plantation de pins et d'un cinquième de chênes, qui, en contenant les sables, prévienne leur irruption continuelle, en même temps qu'ils formeront une vigie naturelle, un point fixe et élevé de reconnaissance pour tous les bâtiments sur une côte dangereuse, et seront dans peu d'années d'une très grande production pour les particuliers qui le feront pour l'État, et nommément pour l'usage de la marine dans la suite des temps.

Vers la même époque, 1778-1779, une commission , nommée pour examiner l'état des dunes des Pays-Bas et étudier les moyens propres à en assurer la fixation, a proposé l'exécution des travaux suivants : 1** plantations intérieures sur les terres mêmes qui longent les sables; 2° plantation de genêts, qui, par leurs racines, sont propres à fixer les sables; 3° pour fixer les genêts eux-mêmes, emploi de petites bottes de "paille fixées par des piquets de o m. 6fi de longueur, plantés soit séparément, soit conjointement avec les genêts t^l

Il paraît donc certain que les procédés de fixation et d'ensemen-

^*^ Rapport lu, le 9 avril 1806, h la Société d'agriculture de la Seine.

cernent des dunes étaient connus avant l'époque des premiers essais de Brémontier; ils avaient été appliqués dans une certaine mesure par M. Peychan, pour le compte de M. de Ruât, et décrits par M. de Villers.

Le rapport précité de M. Tassin avait vivement ému Brémontier, qui a adressé une lettre à ce sujet à la Société d'agriculture de la Seine , et paraît avoir fait écrire au Ministre de l'intérieur par la Société des sciences, belles-lettres et beaux-arts de Bordeaux; il a corrigé lui-même la minute de ce dernier document.

Ces deux lettres sont reproduites intégralement à la suite de la présente note et elles sont suivies d'extraits des rapports lus à la Société d'agriculture de la Seine à la suite de sa communication.

Le mérite de Brémontier ne saurait, d'ailleurs, être amoindri par les constatations qui précèdent. On verra, en effet, 'dans les chapitres suivants , que , sans son dévouement, son activité, sa persistance, la sûreté de ses vues et de sa direction , les grands travaux qui honorent sa mémoire auraient été probablement laissés de côté pendant bien des années après ses premiers essais effectués de 1787 à 1793.

C'était, du reste, l'appréciation de M. Tassin lui-même, ainsi que l'indique la lettre à la Société d'agriculture de la Seine, mentionnée précédemment. Brémontier s'exprime ainsi qu'il suit à la 6n de cette lettre : (t Je connais les motifs qui ont dirigé contre moi la plume du citoyen Tassin; à bien des égards il s'est trompé. Le texte de son rapport est d'un style tout différent de celui qu'il a employé dans une note qu'il a insérée à la fin, et dans la lettre qu'il a pris la peine de m'écrire. 11 me dit positivement dans cette lettre qui n'est pas connue qu'il se plaira toujours à proclamer haur tement que^ sans nwiy les semis et plantations des dunes n'auraient jamais pu être considérés que comme Tune de ces théories brillantes qu'il est impossible de mesurer en pratique. C'est, à très peu de chose près, tout ce que je pouvais désirer, -n

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