Chapitre III. — Couches et suites de couches
I. Be l’emploi des suppositoires anlisepliques immédiatement après l’accouchement ou dans les suites de couches, comme traitement consécutif aux injections intra-utennes dans le cas de lochies fétides. (Ambubd, thèse de Montpellier, 1884, et Bogdan, thèse de Paris, 1885.)
J’ai surtout employé des suppositoires contenant pour 5 gramme de beurre de cacao, 5 grammes d’iodoforme. On retrouve l’iodoforme dans l’urine vingt-quatre et trente-six heures après l’application des suppositoires. Ce qui prouve que les suppositoires, en fondant complètement dans la cavité utérine, y abandonnent l’iodoforme qu’ils contiennent. Leur influence sur la disparition rapide de la fétidité des lochies est évidente.
Quelques-unes des autres substances mélangées au beurre de cacao, telles que l’iodol, la naphtaline, l’acide borique, l’acide salicylique, ont été employées, mais avec des résultats difl'érents.
On est quelquefois forcé d’ajouter de la cire à ces suppositoires afin de leur donner une consistance assez solide pour qu’ils puissent être introduits dans la cavité utérine. Ils fondent quelquefois mal et provoquent une légère hémorrhagie. On trouve alors une partie du suppositoire au milieu d’un caillot sanguin.
Cette étude n’est pas encore complétée.
II. Organisation du service d'accouchement de l’hôpital Saint-Louis. (Thèse de Charles, 1886; thèse de Grossier, 1890.)
J’ai demandé et obtenu de l’administration de l’Assistance pubiique ies modifications du service d’accouchement de l’hôpitat Saint-Louis, reposant sur les principes suivants ;
Création d’un service d’isolement de quatre lits pour ies femmes suspectes, passage des femmes maiades du service d’accouchement dans ies services généraux de médecine de i’hôpitai ;
Suppression du chauffage des salles par le calorifère, établissement du chauffage à l’aide de foyers ouverts, les fenêtres restant en partie ouvertes en été, étant munies d’impostes garnies de vitres perforées, permettant en hiver l’arrivée abondante de l’air sans risques importants de refroidissement des malades;
Service spécial de linge approprié à la maternité, et éloigné dès qu’il était souillé des salles de l’hôpital. Une trémie faisant communiquer le service avec une cahute placée dans la cour, permettant d’y jeter tout linge malpropre;
Création d’une salle de travail plus vaste que l’ancienne;
Traitement antiseptique de l’accouchement. Surveillance soutenue des aides à cet égard ;
Surveillance active des sages-femmes agréées de l’hôpital;
Création d’une consultation externe d’accouchement, etc., etc.
Malgré ces innov ations, les locaux sont toujours restés défectueux. Le cubage des salles ne donnait à chaque femme et à son enfant, donc pour un lit et un berceau, que mètres cubes et demi, et deux des lits sur quatre étaient si rapprochés, qu’il h’y existait que juste la place nécessaire pour y placer un berceau.
Voici les résultats obtenus pendant les sept années de mon séjour à l’hôpital Saint-Louis.
La morlalité par infection est égale à la mortalité par infection contractée à l’hôpital. On peut conclure de ce résultat qu’avec une installation plus satisfaisante que celle de l’hôpital Saint-Louis, on doit obtenir à l’hôpital, à l’aide des précautions antiseptiques, des résultats meilleurs que chez les sages-femmes agréées.
Pour ma part, je crois établi que le mécanisme de la pénétration du sang est plus complexe et qu’il faut accorder dans ce phénomène un rûle prépondérant à la rétraction utérine.
culaire.
Le sang fœtal n’a pas la même valeur que le sang chez l’adulte. Qu’on compare, en effet, un enfant auquel on a fait une saignée du cordon et celui auquel par le fait d’une ligature tardive on a fait bénéficier de 176 grammes de sang. Le premier pourra posséder moitié moins de sang que le second. Qu’adviendrait-il si l'on pouvait placerdeux adultes dans des conditions analogues?
Le sang fœtal possède d’ailleurs des caractères physiques et des qualités chimiques différentes de celles du sang du nouveau-né. L’examen microscopique du sang et la numération des globules dans les premiers jours qui suivent la naissance montrent des modifications journalières remarquables. Le nouveau-né s’accommode aux conditions de la vie extra-utérine et l’importance de ses glandes hématopoiétiques semble répondre à cette adaptation nouvelle. Celles-ci se chargent donc de réparer le déficit ou de détruire l'excès du sang. D’une façon comme de l’autre, l’équilibre s’établit, non pas sans avoir placé l’organisme fœtal dans des conditions particulières.
En dépassant la limite physiologique du sang que doit posséder le nouveau-né, la destruction de l’excès globulaire aboutit à la formation de pigments sanguins. Les voies émonctoires sont presque toujours insuffisantes, mais elles le sont à des degrés variables; il en résulte la production de Tictère des nouveau-nés. Gubler, qui avait bien
compris ce mécanisme, avait rangé cette manifestation dans son hémaphéisme.
Si, en réalité, la ligature tardive aboutit à un excès physiologique du sang, à une destruction globulaire plus énergique, elle doit donc se traduire par des cas d’ictère plus fréquents et plus intenses.
Le nouveau-né présente des cas d’ictère franchement biliphéique, des cas d’ictère hématique grave, qui se distinguent nettement de l’ictère simple.
Cet ictère simple est très fréquent; je l’ai observé 198 fois sur 248 cas, soit 8 fois sur 10. Sa durée et son intensité variables permettent d’en distinguer trois degrés qui se présentent pour 100 cas dans les propor-
Enfants pré'senlam l’ictère léger...
Enfants présentant l’ictère moyen..
Enfants présentant l’iclère intense.
L’ictère des nouveau-nés est essentiellement bénin, mais il trahit chez le nouveau-né qui en est atteint un état de santé qu’on peut apprécier cliniquement.
Lorsqu’on fait la ligature tardive du cordon, le nouveau-né est donc plus sujet à l’ictère que lorsqu’on fait la ligature immédiate du
Dans le dernier chapitre de ma thèse, j’ai reproduit et critiqué les intéressantes recherches qui ont eu pour but d’élucider la pathogénie de l’ictère des nouveau-nés. Je me suis, rallié à la doctrine de l’héraaphéisme, qui avait été surtout défendue par Gubler.
Les arguments suivants me paraissent des preuves péremptoires :
1" Dans l’urine des nouveau-nés, atteints d’ictère simple, on ne constate jamais la présence des pigments biliaires.
2’ Après la ligature tardive il existe une proportion plus grande
d’ictère chez les nouveau-nés qu’à la suite de la ligature immédiate. Plus grande est la quantité de sang dont a pu bénéficier le nouveau-né, plus grande est la proportion des cas d’ictère.
II. Des lésions hépatiques consécutives à l’oblitération congénitale des voies biliaires. (Bulletin de la société anatomique, 1879.)
Les observations d’oblitération congénitale des voies biliaires sont assez rares ; on doit toujours rechercher cette anomalie dans les cas si exceptionnels d’ictère congénital. Dans toutes les observations où l’anatomie pathologique de la lésion est décrite avec soin,on signaie l’augmentation considérable de volume du foie. Ce résultat est intéressant à rapprocher des expériences où on a tenté la ligature du canal cholédoque, après laquelle se produit le cirrhose hypertrophique.
III. Anus contre nature congénitaux par défaut d’occlusion de l’intestin primitif. (Archives de tocologie, déc. 1881.)
Les anus contre nature congénitaux correspondent à un arrêt du développement de l’intestin dans la phase vitelline et dans la phase aiiantoidienne.
J’ai observé un cas d’arrêt de développement de l’intestin dans la phase vitelline. Cette observation est unique dans la science. Elle provient du service de la clinique d’accouchements, dirigé alors par M. Charpentier.
La lésion se présentait sous l’aspect d’une vaste invagination bicorne de l’intestin, située au niveau de l’ombilic.
La perméabilité du canal omphalo-mésentérique s’accuse par des
du cordon, et s’étendant à une distance plus ou moins grande de l’ombilic. Je crois que les cas publiés dans la science de pincement
colon se termine en cul-de-sac et n’est développé que dans une petite partie de son étendue. Le rectum fait défaut. On peut en conclure que
le colon et le rectum se développent après la disparition des cloaques par le fait d’un bourgeonnement ultérieur.
Plus tard, j’ai eu l’occasion d’observer à l’hôpital Lariboisière un cas de vice de conformation par défaut d’occlusion du cloaque interne, appartenant à la première des deux variétés que j’ai décrites.
J’ai engagé un de mes externes, M. Hamaide, à en faire la description minutieuse et k présenter la pièce anatomique à la Société obstéricale et gynécologique de Paris. (Voir Bulletins de cette Société, année 1891, p. 197.)
1! peut encore exister des rétrécissements et des occlusions de l’intestin chez le fœtus. — Un de mes internes, M. Bernheim, a présenté une pièce représentant une anomalie de ce genre à la Société obstétricale et gynécologique de Paris. (Voir Bulletins de celte société, année 1891, p.85.)
IV. Observation d’une tumeur développée pendant la vie fœtale sur la face inférieure de la base du crâne et ayant déterminé la séparation de la face en deux parties, d’où bifidité du nez et bec-de-lièvre compliqué. (Bulletin de la Société obstétricale et gynécologique de Paris, 1887, p. 73.)
La pièce a été disséquée par M. A. Broca; le résultat de l’examen anatomique a été relaté dans le travail qu’il a fait paraître sur le bec-de-
V. Observation d'une fracture spontanée de l'humérus dm un nouveauné. (Présentation à la Société de chirurgie, 1877. Rapport deM. Polail-