OXYDES COLORANTS
Tous les oxydes métalliques purs ou à l’état de combinaison sont propres à être utilisés directement pour la coloration des verres, par simple mélange avec les éléments incolores qui en forment la base.
Les oxydes métalliques qui ont été employés dans les verres anciens sont :
Les oxydes du fer,
Les oxydes du cuivre,
Le bioxyde de manganèse,
L’oxyde de cobalt.
Ces oxydes étaient rarement purs; l’oxyde de cobalt, en particulier, contenait souvent, surtout au xvie siècle, des quantités notables de nickel et de fer dont la coloration venait s’ajouter à celle du cobalt et en diminuer la pureté el l’éclat.
L’oxyde de cobalt était employé soit à l’état de minerai, soit à l’état de safres, silicates de potasse et de cobalt produits artificiellement; on employait les autres oxydes à l’état naturel, tels qu*on les rencontre actuellement.
Les oxydes d’or, d’argent, d’urane, de chrome n’étaient pas utilisés.
Il en est de même du soufre et du charbon, dont la propriété de donner une coloration jaune brillante semble ne pas avoir été utilisée.
L’oxyde d’antimoine, qui donne une coloration jaune avec l’oxyde de plomb, a été employé pour quelques émaux.
Les oxydes de plomb et d’étain, qu’on désignait sous le* nom de chaux de plomb et, de chaux drétainT étaient également employés, non comme corps colorants, mais comme corps constituants : l’oxyde de plomb servait, avec les o>xydes
de cuivre el de fer, à faire les couleurs de grisaille. Quant au bioxyde d’étain, il n’a été employé que rarement et uniquement pour les rouges à partir du xiv* siècle; encore ne le rencontre-t-on que dans un petit nombre d’entre eux.
On s’est servi couramment de ces deux oxydes, auxvie siècle, pour faire les émaux en relief destinés à la décoration des vitraux suisses dont nous avons eu occasion de parler.
L’oxyde de fer introduit isolément dans les verres donnait ces verres verdâtres si fins et si remarquables par leur douceur; aux xiie et xiii® siècles, ils étaient généralement d’un ton nacré très bien choisi pour faire valoir les tons plus soutenus à côté desquels ils étaient placés.
Dans ces verres, le fer seul introduit parles sables suffisait pour donner cette coloration.
Au xvie siècle, les verdâtres, très différents, se distinguent nettement; ils sont, en effet, généralement plus soutenus et en même temps plus sourds ; ils tournent souvent au jaunâtre, ce qui n’existait jamais au xne et au xme siècle.
Cette coloration provenait de la façon dont le frittage des matières avait été conduit et de l’état d’oxydation qui en résultait pour le fer.
Les verdâtres du xvie siècle sont, avec les éléments dont on dispose actuellement, d’une reproduction très délicate et non sans difficulté.
Nous passerons maintenant en revue les verres colorés proprement dits, comprenant tous les verres dans lesquels la coloration est le résultat obligé de l’introduction d’un ou de plusieurs oxydes colorants.
Eu égard à l’importance qu’avaient les verres bleus dans les vitraux anciens dès les premières époques où ce genre de décoration a été adopté, c’est par eux que nous commencerons cette étude.