VERRES POURPRES ET VERRES VIOLETS
La coloration en pourpre ou en violet était donnée dans les verres anciens d’une façon analogue à celle employée encore aujourd’hui, c’est-à-dire par l’introduction dans la pâte
DES VIT K AUX ANCIENS
vitreuse de bioxyde de manganèse (MnO2) qu’on trouve en abondance dans la nature.
Par suite de la présence presque constante de l’oxyde de fer dans le verre incolore, la coloration violette qu’il donnait n’était jamais pure et manquait particulièrement de la teinte bleutée qu’il procure quand il est incorporé dans un verre contenant de la potasse.
Il en est toujours ainsi aux xne et xme siècles où cet oxyde servait à faire le ton de chair utilisé pour les figures, les pieds et les mains des personnages.
Ces tons de chair, d’intensité variable, sont toujours violacés ou rosés.
L’addition de l’oxyde de cobalt au bioxyde de manganèse était peu pratiquée, et ce n’est que par exception qu’on trouve dans les vêtements quelques violets bleus appelés violets-évêque, et obtenus comme par hasard.
Au xvie siècle, les violets-évêque sont très employés; au contraire, ils sont alors obtenus en doublant les verres pourpres d’une ou de plusieurs couches de verre bleu d’inténsité et d’épaisseur variables.
La gamme de ces violets est indéfinie; elle caractériserait à elle seule l’époque à laquelle les vitraux appartenaient par les dégradations allant quelquefois du violet pur au bleu pur qui se rencontrent dans un même morceau de verre, et qu’on ne trouve à aucune autre époque.
Le grand nombre de combinaisons différentes que forme le manganèse avec l’oxygène, et leur instabilité à la température nécessaire pour conserver le verre en fusion, fait que, à quantité égale, les teintes qu’il donne peuvent varier du violet foncé au jaunâtre clair, suivant que la désoxydation a étéplus ou moins avancée ; pour éviter ce phénomène, toujours à craindre, le bioxyde de manganèse était ajouté après Jefrittage de la composition vitrifiable. Quelquefois on l’introduisait dans le verre fondu lui-même. Mais cette dernière
manière de procéder donnait toujours des tons chair plus jaunes et moins violacés.
Nous avons déjà dit que le bioxyde de manganèse était encore employé, en dehors des violets et des pourpres, mais en petite proportion, dans les bleus et dans les verts pour en augmenter l’intensité, avec l’adjonction d’autres oxydes, et en renforcer les tons.