‹ Note sur vingt-deux opérations du goitreChapitre 2 sur 4 · I.avage à l’acide phénique?) >; 7 points de suture · texte numérisé non relu

I.avage à l’acide phénique?) >; 7 points de suture

l^anseinent de Lister; 3 drains de iNeuber.

L’opération a duré, le pansement compris. 1 heure 33 m.

L’anesthésie n’a été pratiquée qu’au début et a été interrompue à cause d'un accès de sullbcation.

Après l’opération, dysphagie très vive.

Température rectale à 3 h., 37°. 9.

17 dér. T. r. 39°.9.

Pansement, peu de .suintement sanguin; plaie en bon état; le malade refuse toute boisson à cau.se de la dys[)hagie inten.se ; Iqux frécpiente. pénible; inhalation de vapeur d’eau.

Soir. ï. 39°.8

18 dk. La toux et la dysphagie ont beaucoup diminué; le malade commence à boire un peu. T. r. 38°, 3.

Soir. T. 39°, 2; le malade se plaint d’un point de côté à droite qui parait superficiel et dû à la conslriction du pansement qu’on relâche.

19 déc. T. r. 38°, pansement; léger suintement .sanguinolent; roiig.''ur des bords de la plaie â sa ])artie inférieure; encore un peu de loux. état général bon.

Soir. T. r. 39°, 2.

20 déc. T. axillaire 38°, soir 38°, 4; le malade s’est levé aujourd’hui.

21 déc. T. a. .37°, 3. Soir. T. a. 38°.

'itdéc. T. a. 37°, 4, pansement; réunion de la partie supérieure de la plaie; en bas la réunion s’est faite dans les parties profondes seulement; il n’y a plus de rougeur; on ôte les sutures.

Du 22 au 27, l’apyrexie est complète; le malade.se lève, la déglutition devient de plus en plus facile, la toux diminue; cependant le 24, il s’écoule un peu de pus fétide; on fait un simple pansement au collodion, et à l’ouate. Le 25, ce pus assez abondant entraîne quelques ligatures de catgut; on refait un pansement phéniqué léger; le 26, après un accès de toux, petite hémorragie parla plaie; on ne voit rien de particulier el elle ne se reproduit pas.

Le 27, matin. ']'. a. 38°, 1. soir 38°, 4, ims, fétide assez abondant coloré par du sang.

(îet écoulement de pus fétide esl plus abondant encore le 28; on mel un drain, et on fait des lavages à l’acide phéniqué ; ce drain est placé à la partie supérieure de la plaie ; le 29 et le 30, apyrexie; le 31. de nouveau 38°, 6 le soir, dès lors apyrexie persistante.

La quantité de pus diminue rapidement ; le 31, on raccourcit le drain ; il s’échappe de lui-méme le lendemain, on le replace; le 7 jamier un petit

lainl)oau de tissu spiiaciîli^ s éliminé; rêcoulement de pus sans odeur persiste néanmoins, et la sonde introduite conduit à 5 c. en liant à droite. Dés le 15 janvier, on fait des injections de teinture d’iode ; le drain est expulsé le 150. et le i février la cicatrisation est complète, du moins le hourj;eon restant est couvert d’une croftte. Le malade quitte l’Hùpital en parfait état le 5 février; le 15, il y revient montrer sa plaie définitivement cic.atrisée.

J’ai revu le malade depuis, da:ns l’été 1882; il n’a rien éprouvé de particulier après son opération ; il respire bien. Sa santé est excellente.

Remarques. L’opération nous avait paru indiquée par les douleurs dues au corps étranger, dont la nature nous avait échappé ; il paraissait faire corps avec la thyroïde. Malgré quelques accidents locaux de suppuration, le résultat final a été très bon et le malade se félicite d’être débarrassé de son goitre.

OusERVATioN XIV t.laques-L. Reverdin).

Goitre jKirenrhymateux, plongeant. Extirpation totale. Guérison.

M. R. Arthur, négociant, 40 ans, demeurant à Carouge.

Il m’est adressé par mon confrère te prof. Zalin au mois de décembre 1880 pour un goitre qui le gêne considérablement et a résisté à difféi'enfs traitements.

Il a toujours habité Carouge, personne dans sa famille n’a de goitre, et liii-même a toujours été bien portant; à part des varices, un varicocèle et son goitre, il n’a jamais eu aucune maladie.

C’est en 18t)2 que. sans cause aucune, ni fatigues, ni ellbrts, il s’est aperçu qu’il était gêné dans .son col de chemise; le Dr Strœhlin consul'é alors, lui tit prendre de l’éponge calcinée pendant trois mois; plus tard, le Dr Gautier lui ordonna de l’iodure de potassium; mais ces deux traitements restèrent absolument sans résultat, de même qu’une pommade ordonnée par un autre médecin et l’eau de Solis que le prof. Zalin lui lit prendre pendant six semaines. Le cou que le malade avait mesuré continuait à présenter une circonférence de 41ru'.

Etat actuel. — Tumeur bilatérale, mais plus développée à gauche (pi’à droite, suivant les mouvements du larynx et très mobile de haut en bas; ipiand le malade est au repos, le goitre est en quelque sorte masqué, il plonge sous le. sternum , mais le malade a appris à le faire saillir en avant ; il parait avoir alors le volume d’une petite orange; on peut aussi le faire remonter facilement en l’accrochant en quelque sorte avec un doigt plongé juste au-dessus du sternum, les deux lobes qui le constituent ont une consistance ferme, mais élastique, et paraissent contenir au moins un peu de liquide; le lobe droit présente deux noyaux indurés.

Li* iiialaile n’éprouve pas de gène de respiration, à moins d'exercices \iolents, mais il se sent souvent le, cou comme serré, surtout quand il a agi, monté un escalier, il lui semble que le cou est alors plus tendu; sa déglutition esl ordinairement génée; il dort couché sur le côté droit; l’examen montre que la trachée esl assez fortement déviée à droite, elle ne paraît pas ramollie; le muscle omohyoïdien est visible à travers les téguments et paraît tendu. La voix est claire, normale, il n’y a pas de cornage, l’as de, douleurs sternales ni dans les épaules.

.M. H. constate que la gène |»rovenanl de son goitre augmente lentement et désire vivement en être débarrassé. — Les autres organes sont du reste parfaitemeni sains.

Opération le 27 décembre 1880 à 10 b. du malin, dans notre Clinique particulière, l’récautions listéricnnes; pas de chloroforme, le malade ne le désirant pas. Anesthésie locale par la pulvérisation d’étber. Incision verticale allant du cartilage thyroïde au-dessous de la fourchette sternale sur la ligne médiane; les muscles .séparés sur la ligue médiane sont encore rouges, sains; on lie chemin faisant une veine. — Arrivé sur la tumeur, jo rémiclée rapidement avec le doigt; elle tient assez fortement en arrière; elle est du reste soulevée en haut par le doigt d’un aide; on saisit alors les artères avec deux pinces de Kœberlé, et on coupe entre deux; la tumeur étant dillicile à énucléer en arrière, il en résulte que les artères sont saisies un peu trop sur le goitre lui-même, et que le coup de ciseau donné entre les deux pinces entame la capsule ; aussi l’extirpation n’est pas très complèle d’abord; arrivé sur la trachée, on détache les adhérences après avoir placé une pince tout près du conduit; la partie gauche et médiane de la tumeur étant libre, on la sépare d’une partie du lobe droit; celui-ci est enlevé de la même fa(;on un peu après. Ligatures au catgut des artères pincées. Lavage à 3 “/o d’acide phénique; un drain résorbable plonge derrière le sternum ; suture au catgut, pansement de Lister comprenant la tête, le cou et la partie supérieure du tronc; trois éponges dans le p.insenienl.

L’o|)éralion a duré de 10 h. 27 m. à 11 b. 47 et se décompose ainsi : 2:i m. pour l’ablation do la tumeur principale, plus 5 m. pour le lobe droit; 32 m. pour l'hémostase; on a fait 34 ligatures d’artères; o m. pour les sutures, et 10 m. pour le pansement.

Le malade se rend à pied :ï son lit; il a peu soutfert, perdu médiocrement de sang, et a la voix parfaitement claire.

La tumeur est en partie kystique, en partie solide; le lobe gauche renferme une assez grande cavité remplie de liquide citrin, sa face interne présente des concrétions calcaires.

Les suites de l’opération sont très simples; le malade ne se plaint que de la dilliculté de déglutition qui persiste pendant 48 heures, et cesse le troisième jour; pas de douleurs autres, voix normale.

11 se lève et se promène le troisième jour; le premier pansement est fait le 20. 48 h. après l’opération; sang en abondance moyenne; réunion déjà

assurée. Le 31, j’enlé\e le pansonienl de Lister, la réunion est eoinpléte.; elle est maintenue par des bandelettes collodionnées; les (ils étant on résorbés ou enlevés, pas de pus : ouate salicylée. cl bande de tlanelle. Le même pansement est renouvelé le 2 janvier au matin, il ne s’est écoulé qu'un peu do sérosité sanguinolente; le drain résorbable lient dans les tissus, et son calibre est rempli par un bourgeon.

Le malade quitte ce jour-là la clinique à pied et se rend en tramvvay à Carouge.

Voici les cbilVres du pouls et de la température, celle-ci prise dans la bouche.

28 matin, 84, 37°, 1

soir, 80. 37°, 2.

L’opéré revient chez moi le 4 et le 6 janvier 1881 ; pansement avec une mouche de diachylon; il ne reste qu’un lin pertuis au niveau du drain, pas une goutte de pus, mais sérosité sanguinolente. État général excellent ; toute gêne a disparu.

Quelque temps plus tard, j’appris que M. B. paraissait à sa famille et à ses amis dans un mauvais état de santé; il avait pâli, perdu les forces; il avait de la bouffissure de la face, des mains, etc; je ne pus voir le malade que de loin en loin, dans la rue; cet état persista longtemps. Depuis le mois de septembre 1882 seulement, il a repris peu à peu son état normal. En avril 1883 j’ai revu M. B., il paraissait fort bien et disait avoir repris maintenant sa pleine santé.

Remarque. Nous reviendrous sur les accidents consécutifs dont je viens de parler.

OnsEuvATioN XV (Jaques-L. Reverdin).

Goitre parenchymateux suffocant. Extirpation totale. Mort.

Mlle Marie Ray, 28 ans, couturière à Baulmes, canton de Vaud. Elle m’est adressée en janvier 1881 par le Dr Chauvet pour un goitre à marche rapide, qui s’accompagne d’accidents de sulfocation.

La malade a été réglée à l’âge de 15 ans, les règles irrégulières et peu abondantes au début et durant quatre à cinq jours, sont régulières maintenant, mais ne durent plus guère qu’un jour. Elle n’a du reste pas eu de maladies jusqu’ici. Née à Villard-Burquin, où il y a des goitres, elle habite Baulmes depuis deux ans, où il n’y en a pas. Dans sa famille, elle ne connaît qu’une tante qui ait eu le goitre.

La tumeur a débuté dans la partie droite de la glande ; elle a d’abord

{jrussi lenipiiioni; sa marche était irréf'ulière el elle présentait des alteriialives d’aufimenlation et de diminution; généralecnent, elle était plus grosse (pielques jours avant les régies pour diminuer après. Klle était bien supportée au début, mais depuis une année, son accroissement a été rapide et la malade a commenc,é !i é|)rouver une. gène, (jiii a été en croissant, malgré les onctions iodées et l’iodure pris à l’intérieur pendant assez longtemps sur le conseil du Dr Chauvet. Voici en quoi consistent les phénomènes actuels: La \oix est devenue un peu rauque; la déglutition n’est pas très gênée, mais occasionne de la toux ; R. avale très souvent de travers; il y a un peu lie cornage, quoique l’auscultation du larynx et de la trachée ne donne pas d’altération du souille trachéal; la nuit, accès de suffocation qui ont été en augmentant (la nuit qui précède l’opération, ces accès sont fréquent-s^ ; la malade dort cependant couchée sur le dos, un [)eu tournée à droite, mais ne peut dormir sur te côté; .sa respiration est gênée dans la marche, et surtoul en montant ; elle éprouve des palpitations qu’elle rapporte an creux de l’estomac ; l’auscultation du conir ne révèle pourtant pas de bruits anormaux (pas de souille anémique); à ces symptômes se sont jointes des douleurs de tête fréquentes sous forme d’élancements (rien à la nu(|ue) et des douleurs dans l’épaule droite; elles ont débuté il y a déjà sept ou huit ans, mais actuellement elles se prolongent dans le bras et jusque dans les doigts; la malade les compare à des piqftres; depuis peu des douleurs analogues sont ressenlies dans le bras gauche jusqu’au coude.

La tumeur s’étend à droite depuis le voisinage de l’angle de la mâchoire jus([n’aii sternum; elle refoule la carotide derrière le sternomastoïdien; les veines superficielles sont dilatées; cette tumeur a le volume d’une pomme; elle est assez lisse, paraît fluctuante, et suit le larynx; sur la ligne médiane trois bosselures recouvrent la trachée et remontent jusqu’à la partie moyenne du cartilage thyroïde; elles ne descendent pas jusqu’au sternum ; à gauche lobe peu volumineux, masqué par les muscles. Pas de souille, pas de pulsations. L’omoplatohyoïdien fait saillie sous la |)eau des deux côtés, surtout à droite.

(ionir, poumons paraissant sains; digestions bonnes.

Circonférence du cou, 38 c.

La malade demande à être débarrassée de sou goitre à tout prix et elle consent à n’être pai chloroformée. L’opération est pratiquée le 25 janvier 1881 à 10 h. du matin dans notre clinique particulière. Pulvérisateur de Championnière. Anesthésie locale. Incision sur la ligne médiane; la malade très indocile se plaint déjà pendant l’anesthésie locale, et continue à crier ensuite ; couche par couche, sans rencontrer de gros vaisseaux, j’arrive sur la tumeur et je cherche aussitôt à dégager avec le doigt son lobe droit; malgré la longueur de l’incision, ce lobe ayant de larges adhérences profondes, ne peut pas être énucléé à travers la plaie ; ces tentatives assez fougues donnent lieu à de vives douleurs; je me décide à pratiquer une seconde incision latérale droite allant jusqu’au sternomastoïdien et toitd)ant en L sur la partie inférieure de la première; je puis alors peu à peu relever

le boni lii-oit du lobe drdîU saisissant diaqiie vaisseau avec deux pinces et coupant entre deux. Profondément ce lobe adhère par une large et longue base très solidement sur toute la longueur de la trachée; ces adhérences sont sectionnées peu è peu avec les ciseaux on le histouri; pendant cette dissection la malade est prise loiit à coup d’un accès de suHbcation menaçant, dé ])rohablemenl au tiraillement exercé sur la trachée; je me tiens prêt à pratiquer la trachéotomie-, elle n’est pas nécessaire, la respiration redevient régulière; le lobe droit est enfin extirpé, après avoir été lié à sa base avec un fort lil de soie. L’énucléatiou du lobe gauche, plus volumineux qu’il ne semblait, se fait lentement avec moins de difficulté, mais cependant non sans peine. Les ligatures sont faites aussi rapidement que possible; la malade a pâli dèx le début de l’opération, elle a perdu tort jteu de sang cependant ; elle a les extrémités froides, le pouls misérable, la resiiiration accélérée et difficile; un pansement provisoire composé de compresses de gaze iihéniquee et d’ouate fixée avec une bande de Lister est rapidement appliqué sur la plaie suturée au catgut, et dans laquelle on a jilacé trois drains résorbables.

L’opération a duré 2 heures 10 minutes.

Début, 10 h. 35. .

Extirpation du lobe droit. 11 h. 50.

Ivxlirpation du lobe gauche, 12 h. 10.

Pansement terminé, 12 h. 'i-5.

Nombre des ligatures, 53.

La tumeur est du volume d’une très grosse pomme, elle est mollasse, et contient des foyers ramollis, des kystes en voie de formation.

La malade portée dans son lit, oa cherche à la réchauti’er avec des linges chauds; elle n’avale que difficilement un peu de liquide (thé et cognac), et se plaint de violentes douleurs, la voix est éteinte (est-ce faiblesse ou action sur le laryngé?). Le pouls est petit, misérable, très accéléré, la respiration difficile, incomplète, très rapide, l’agitation extrême; an bout d’une heure environ elle se calme un peu; le nez et les mains qui étaient froids reprennent un peu de chaleur, la respiration est un peu moins accélérée. De 3 h. à 4 h. l’amélioration paraît manifeste; la malade avale un peu plus volontiers; la respiration descend à 36 et 32, le pouls s’améliore; aucun suintement ne se fait par la plaie; la malade cependant a de tenq)s en temps un besoin d’expectorer très difficile à satisfaire, et qui occasionne des elforts et une accélération de la respiration. Vers 5 heures, l’étal paraissant décidément meilleur, nous voulons compléter le pansement; la malade qui était dans le- décubitus très relevé, est assise sur le lit; à peine avons-nous pu placer de l’ouate et quelques tours de bande de flanelle, que la dyspnée recommence très intense, la respiration s’accélère d’une façon extraordinaire, devient râlante, le pouls est imperceptible, les mains se refroidissent, se marbrent de taches violacées, la figure devient froide (linges chauds); au bout de dix minutes environ, la respiration devient moins précipitée, mais il y a un fort râle trachéal; cela dure

encore dix minutes et la malade meurt; aussitûlla trachée est ouverle; il s’écoule du saii},' veineux, la respiration artificielle n’arnène aucun résultat. Notons encore ([u’au début de la crise dyspnéique, la main gauche a été prise seule d’une contracture tétanique, le pouce plié dans la paume, les autres doigts fléchis dans leur articulation métacarpophalangienne. les autres articulations dans l’extension forcée; le poignet et l’avant-bras dans l’extension forcée. Un lavement de 2 grammes de bromure de |)otassium a été aussitôt administré ; la contracture a cessé au bout de quelques minutes.

Notons encore qu’au moment de la mort nous n’avons pas troiné la moindre quantité de sang dans la plaie.

.Malheureusement l’autopsie, même partielle, nous a été refusée.

Remarques. Il s’agit dans ce cas d’un goitre suffocant; pendant l’opération nous avons trouvé des adhérences intimes et étendues entre la trachée et la tumeur. La mort n’est point arrivée subitement, mais elle a paru provoquée par le mouvement imprimé à la malade pour l’asseoir; elle a été précédée de tétanie; la trachée n’était point affaissée, et nous attii’ons l’attention sur ce fait'que la plaie était sèche au moment où la trachéotomie a été pratiquée; il n’y avait pas de sang dans le pansement.

Observation XVI (.laques- L. Heverdiii).

Goitre kystique. Extirpation totale. Guérison. Accidents consécutifs probablement hystériques.

(ù’otfaz, Pauline, 20 ans, domestique. Née Saint-Triphon, canton de Vaud, demeurant à Genève. Entrée le 2 mars 1881 à l’Hôpital Cantonal. Sortie le 16 avril 1881.

Père bien portant Agé de 52 ans; mère atteinte de goitre kystique volumineux; elle a quatre sœurs et un frère; deux de ses sœurs âgées de 13 ans et de 10 ans sont atteintes de goitre.

La malade n’a eu précédemment que la scarlatine à l’âge de 7 ans; réglée k 15 ans ‘/«j régulièrement. Elle a aperçu pour la première fois son goitre k l’âge de 11 ans; il n’était pas plus gros alors qu’une petite noix ; il a peu k peu grossi, malgré différentes frictions qu’on lui a fait faire; l’année dernière elle a fait sur mon conseil un traitement par l’eau de Challes, sans grand espoir de succès, la tumeur paraissant kystique ; en effet, le cou qui mesurait alors dans son plus grand diamètre 38 c. en mesure aujourd’hui 40. Elle a remarqué qu’k chaque époque menstruelle la tumeur devient momentanément plus grosse et plus dure.

État actuel. Tumeur unilatérale gauche, du volume du poing, s’étendant en haut, quand la tête est relevée, jusqu’k deux travers de doigts au-

dessous du maxillaire, et se terminant en bas au niveau de la clavicule et. du sternum; elle empiète de 3 c. sur la ligne médiane. Généralement ovoïde, son axe est oblique de haut en bas et de gauche à droite ; elle présente environ 12 c. de hauteur sur 15 c. de largeur.

Elle est Iluctuante, élastique, très facilement mobile. Le sternomastoïdien est un peu étalé à sa surface, la carotide refoulée en arrière ; la tra chée peut être sentie; la tumeur suit les mouvements du larynx.

La déglutition n’est pas gênée, non plus que la respiration, mais la voix est légèrement rauque. Les indications dans ce cas n’ttaienl point tirées des troubles fonctionnels, mais du volume, et de l’accroissement assez rapide de la tumeur, ainsi que de rineffîcacité du traitement médical, en rapport avec la nature de la maladie.

Opération le 4 mars 1881 .

Chloroforme. Méthode antiseptique.

Incision médiane. Arrivé sur la tumeur, l’énucléation s’en fait facilement.avec les doigts, mais il est difficile de la séparer de la trachée; pour gagner du temps et se faire du jour, on lie la tumeur à sa base et on l’excise ; on fait ensuite, l’exlirpation du lobe droit ; elle est rendue très difficile par le grand nombre de vaisseaux à lier, et par les violentes douleurs éprouvées par la malade qui n’est plus anesthésiée, toutes les fois que l’on imprime quelques mouvements à la trachée. Elle localise ces douleurs dans les tempes. La trachée ne présente à l’examen rien de particulier. Néanmoins, la malade est prise d’accès de toux et de suflbeation qui nous engagent à abréger le pansement ; un drain résorbable. 7 sutures au catgut. On recouvre la région de gaze antiseptique et on laisse la malade sur la table d’opération jusqu’au lendemain. Elle se sent très faible. A 11 h. du soir, l’état général est assez bon, la déglutition très douloureuse provoque de forts accès de toux, aphonie complète; douleurs aux tempes, surtout à gauche; suintement sanguin assez abondant, lavage phéniqiié, pansement sommaire. T. 38°.

5 mars. T. 37°, 9. État général meilleur; dysphagie moins vive; on peut asseoir la malade et lui faire un pansement de Lister complet.

On s’aperçoit alors que la malade a été prise de tétanie des extrémités supérieures. Les doigts sont légèrement fléchis, le pouce fléchi par-dessus les doigts. Bromure de potassium. Soir, t. rectale 39°, 7 ; amélioration, elle prend du lait, du vin, etc.

6 mars. T. r. 38°, 6. La tétanie a presque complètement disparu. Soir. 38°,9.

7 mars. T. r. 38°, 3. Soir, 38°,9.

8 mars. T. r. 38°,2. Pansement; la plaie a très bon aspect; une partie des sutures sont résorbées, le drain ne l’est qu’incomplètement ; les douleurs des tempes ont cessé, la dysphagie a diminué, la contracture n’existe plus ; la toux est moindre (kermès) ; l’aphonie persiste. Soir. T. r. 38°, 2.

9 mars. T. r. 38°, 1. Soir, 38°,3.

U) mars. T. r. 38°, I. Pansement; réunion complète, sauf au niveau du

drain qui paraît rosorbé; il s’éroule un liquide épais à son niveau, un peu fétide ; pansement pliéniqué simple dés ce jour. Soir, t. axillaire. 37°.î).

14 mars, l^a température des jours précédents a été de 37”.3 à 37“,o le matin. 37°, S le soir. L’étal frénéral s’est beaucoup amélioré, la malade se. lève, l’aphonie diminue, il n’y a [irescjue plus de toux, l’appétit est bon ; le i)us peu abondant est sans odeur.

17 mars. L’écoulement purulent persiste, mais sans odeur. mars. Cautérisation au nitrate.

Peu à peu le pus diminue ; le bourgeon exubérant est saupoudré d'alun. D’autre part, l’état général laisse il désirer; les règles manquent et ne reparaissent que vers le 10 avril ; elles sont douloureuses pour la première fois ; il y a encore un notalde alfaiblissemenl. la voix revenue est faible et la respiration gênée quand la malade fait un peu d’efforts ou monte l’escalier.

elle quitte l’Hôpital le 16 avril.

Remarque. Depuis lors, divers troubles bizarres se sout manifestés ; nous les décrii’ons en détail quand nous nous occuperons des accidents consécutifs à l’extirpation du goitre.

ünsEuvATioN XVII (.laques- L. Reverdin).

Goilre kystique, supjmruiion au début. Incision. Guérison.

S. Adèle, ilgôe de 27 ans, demeurant à Annemasse. Entrée le 1 1 mai 1881 à l’Hôpital Cantonal, sortie le 4 juin.

Née à Annemasse, demeurant à Annemasse. Pas de goitres dans sa famille, mais sa mère serait à ce qu’on m’a appris à demi idiote^ Bonne santé habituelle, sauf des crises de douleurs abdominales, avec vomissements, assez fréquentes. Réglée à l’âge de 14 ans, régulièrement; mariée à 17 ans, elle a eu 5 couches à terme, les suites en ont été bonnes ; il y a dix mois qu'elle a eu son dernier enfant.

C’est il y a trois ans pendant sa quatrième grossesse qu’elle s’est aperçue qu’elle avait le goitre ; il a pris un plus grand développement pendant la dernière grossesse ; elle n’a pas remarqué qu’il augmentât pendant les époques.

Il y a environ trois semaines que son cou a gonflé et est devenu peu à peu douloureux ; elle a eu de la fièvre, des frissons, de la céphalalgie; puis la respiration est devenue gênée, ainsi que la déglutition ; il y a 15 jours qu’elle est alitée ; la gêne allant en augmentant et amenant de véritables crises de suffocation, elle demande le Dr Dupuis qui lui conseille d’entrer dans mon service à l’Hôpital Cantonal.

L’augmentation do volume du goitre pendant ces trois semaines a été assez considérable, mais elle ne peut lui assigner aucune cause, telle que

coup, l'iVorts, Ole. ; ollo répond à no.s (pie.stions ([u’elle n’;i en aucune indisposition, aucune lièvre avant le déliul do ces accidents.

I.o {Toifro est latéral j,mucIio, ovoïde, du volume d’une très grosse orange, tondu, tluctuant ; la pi'au de la région est chaude, la pression est doidoureuso. et la lumour est le siège de sensations de battements ; la déglutition est génée. et il y a des c.iâ.ses de snIVoration. Fièvre le soir,

Diiiijiiimtir. Kyste lli\roïdien (‘ndammè. (Cataplasmes, frictions mercurielles.

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