RELATIVES A L’AVANT-PROPOS
(1) Les agen s du pouvoir lui ont suffisamment etc*
MM. B** et F**, avocats, commissaires-interrogateurs Je la Préfecture de Police, ont fait la déclaration présente : Quele dossier concernant M, Chéry, peintre d’histoire contenait plus de trois doigts épais de dénonciations signées d* artistes. Le dernier a dit à M. *** , avocat , allié à la famille du dénoncé , que , tandis qu’il était détenu depuis un mois à la Force ( ayant déjà passé quinze jours au secret de la Préfecture de Police ), on s’était présenté à son bureau, lui faisant la déclaration suivante : Qu’à Y instant même , ( celui où le dénonciateur parlait ), Chéry, le peintre d’histoire , venait de souffleter un vieux chevalier de Saint-Louis , de lui arracher sa croix et de la jeter à la rivière . Gomment cela se pourrait-il ? répondit M. F** à ce misérable? il y a plus d’ un mois que celui que vous accuse % est en prison . Cette déclaration a été renouvelée 'à M. Chéry , par ce même commissaire, lors de sa sortie de la première chambre sombre ( chambre ainsi dénommée de la prison de la Force, vrai cachot dans toute la force du terme )»
Vïjf
M0 V**, premier c o mm issai re- in ter r ogat en r dn ministère de la police-générale ,- interrogeant M. Chéry, par ordre du ministre , le ü3 décembre 1817, lui déclara ce qui suit ( ce sont les propres paroles de Mo Y** quel’on rapport)e : Que ce qui avait donné le premier éveil sur lui, Chéry, était une masse de dénonciations » épaisse au moins de trois doic/ts , et faites par desartistes ; que la plupart étaient sorties de plumes peu exercées avec V écriture* Cependant il a nommé L** qui fait des recueils , et qui , avant de tenir le pinceau et la plume , était valet ; aussi lui pardonne-t-on en cette qualité, les dénonciations étant de son essence.
Le motif de ce dernier interrogatoire fut une dénon-
ciation encore d’un employé en chef de l'administration du Musée Royal du Louvre, furieux de ce que M. Cliéry n’avait pas tremblé devant lui, et avait au contraire relevé en homme d’honneur, verbalement et par écrit y une menace de mort que cet employé s’était permis de lui faire.
(2) Lorsqu'on se saisit de lui avec violence .
L’agent de la Préfecture de Police s’étant présenté au point du jour chez; M. Chéry, accompagné d’un grand nombre d’hommes sans marque d’office , et éprouvant une forte résistance , fut obligé d’appeler le commissaire de police Masson, dont il eût dû d' abord se faire accompagner. Celui-ci, sans écharpe, fut méconnu; il l’envoya chercher, et enfin s’en revêtit; mais que de violences et d’oppositions avant d’en venir à ce point !
C’est ainsi que toujours on élude les formalités que la