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loi exige , et bientôt la loi elle-même ; conduite qui semble, à défaut de coupables de faits , en vouloir créer comme que ce soit ; et c’est lorsqu’il sera arrivé des malheurs , que le sang aura coulé pour les venger, qu’alors. les agens du pouvoir et les exécuteurs des volontés de la loi seront forcés de remplir strictement leurs devoirs.
(3) Décore le salon de présentation du ministère .
La maladresse des dénonciateurs a été jusque-là, que le ministre de la police-générale a fait intimer à M. Chéry par des ordres exprès, en date des n septembre et 22 novembre 18165 de Renvoyer au ministère le tableau de Saul j dont il s’était dit auteur, et qu’il aurait comme détourné frauduleusement à son profit; le style de la lettre du 22 est fort dur. Ce tableau, réclamé par le ministre trompé , se trouvait alors placé dans la galerie provisoire , et déjà publique de la chambre des Pairs au Luxembourg; il y est encore, et est consigné dans le livret d’explication.
(4) Des juges de la reine .
Une lettre de M. Roi , ministre d’état , èn date dü 16 août 1816, prouve que le ministre de la police-générale était imbu de cette prévention injurieuse à M. Chéry, qu’il aurait été juge de la reine , puisqu’il a dû répondre à M. Roi, sur la demande qu’il voulut bien lui faire des motifs de l’exil de cet artiste : Il a été juge de la reine . Le ministre dinait ce jour-là à la campagne de M. Roi ( la Garenne ) d’où la lettre est datée.
D’après les motifs ci-dessus , M. Chéry, forcé dans le retranchement de sa conscience, doit faire une déclaration publique de ses opinions sur la mort, comme peine établie dans le corps social. En 1791 il publia des lettres philosophiques , dans lesquelles il développait la nécessité & abolir la peine de mort ( en 1791 , cette date est remarquable ), crime qu’en droit naturel et religieux commettent les hommes réunis en corps de société , en établissant des lois de sang. L’homme , par les lois naturelles et par les droits qu’elles lui donnent, ne peut pas plus attenter à la vie de son semblable que ne le font les animaux, chacun dans son espèce; par la religion qui établit que Dieu ne frappa point de mort le fils aîné du premier homme , quoique souillé du meurtre de son frère ; par l’exemple de chefs de nations dont les noms devraient se proclamer de générati on en génération , tel que celui de ce digne Sabaccus , Foi d’Égypte , qui s’opposa constamment à la peine de mort dans ses états , et que personne en effet ne reçut sous son règne fortuné, quels qu 'aient été les crimes commis .
Mais les écrits sont quelquefois en opposition des actions de ceux qui les font.
Ici , cet artiste fier de ses sentimens , peut fournir deux preuves patentes de la conformité de ses actions avec ses écrits.
Un notaire , nommé Chaudot , fut condamné à mort par le tribunal révolutionnaire ; il était de la même section que M. Chéry. Celui-ci , instruit de ce jugement , se présente aussitôt à la barre de la convention natîo-
nale, à la tête de plusieurs milliers de personnes qui eurent le courage de le suivre , et défendit hautement cet infortuné contre ce tribunal de sang * taxant le jury révolutionnaire & ignorance ( la pétition est insérée aux Moniteurs du temps.) L’exécution de cet homme vertueux fut suspendue ; c'est tout ce qu’il obtint , même après une seconde et semblable démarche.
Précédemment encore il s’était présenté à la même barre , à la tête de la commune de Paris dont il avait provoqué la démarche sous le maire Chambon , médecin qui vit encore , et il y défendit le duc d’Orléans traduit devant le tribunal révolutionnaire. Il ignorait que ce prince était condamné d’avance. Mais, dans tous les cas , quelque danger qu’il y eût eu à courir pour lui , il devait dévouement et reconnaissance, au chef de cette maison , des bienfaits qu’en avait reçu une branche de sa famille qui, durant plus d’un siècle et demi, y avait été attachée, et dont il ressentait lui-même les effets par suite d’héritages.
M. Chéry pourrait encore fournir des preuves écrites d’actes conformes à sa pensée , à ses écrits.
D’ailleurs , toutes les pièces relatives au procès de la reine , les noms des juges, des jurés, des témoins à charge, il décharge, enfin tout ce qui concerne cette affaire est imprimé, connu par des feuilles publiques, consigné dans des écrits historiques , déposés dans les archives de l’état, des tribunaux; M. Chéry y est-il dénommé? A-t-il joué le moindre rôle dans toutes ces choses? Non, trois fois non! Donc il n’est pas de plus odieuse accusation qui dénote des âmes plus atroces! Et ce sont des hommes
attaches aux arts et à la peinture 1 art qui doit élever les sentimens au plus haut degré , qui se sont ainsi conduits !
(5) Des tableaux de l’auteur couronnés et connus par des expositions publiques*
La Mort dé Alcibiade, grand tableau pour la réception de M. Chéry, à la ci-devant Académie royale de peinture et de sculpture, et, pour cette cause , fait sous les yeux de quatre commissaires, Lagrénée aîné. Belle père, Brenetet Pajou; exposé ensuite au salon de 1791, sous le numéro Ier, honneur alors tout particulier.
Le préfet de Paris, M. le comte de Chabrol, se le rappelait encore naguère , et en faisait la description de parties à l’auteur.
Le Traité de paix d* Amiens, ouvrage qui , dans le concours célèbre de l’an XI où parurent les plus habiles artistes de France , obtint , au jugement de l’Institut , }e premier prix de 12,000 fr.
La distribution des récompenses militaires faite par Bonaparte , le lendemain de la bataille d’Iéna * le prince d’Elmul présent , et lui remettant la liste des officiers blessés à la veille ; tableau annoncé dans le livre du salon de 1812 , de valeur de 6,000 fr.
Tableau poi'trait de quinze pieds sur neuf, contenant on %e personnages en pied, de grandeur naturelle, de la famille de M» de C*** , pour lequel M. Cliéry a une inscription de 12,000 fr. sur cette maison, ^ui-
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vant P estimation de l’Institut, confirmée par jugement cP Appel , M. de Séguier, président.
On peut joindre à ces ouvrages ceux destinés pour le salon : Alcibiade che% Hipponicus se mettant nu devant lui pour en recevoir la peine due à l’insulte qu’il lui avait faite la veille , il en reçoit au contraire la fille en mariage. — Une vierge de douleurs . • — Les esquisses et les études terminées de la mort de Charondas , ou le Respect à la loi , ouvrage de vingt-cinq pieds d’étendue, qui a coûté quinze ans de recherches : tout ce travail a disparu. Le gouvernement avait prêté un local pour faire ce tableau : des lettres officielles le constatent*
(6) Des manuscrits qui ont disparu .
M. Chéry travaillait depuis plus de vingt-cinq ans à la continuité de ses recherches sur les mœurs et usages des peuples de l’antiquité , dont il a déjà publié deux forts volumes in-ép ; les manuscrits et les dessins y joints, faits sur des autorités antiques , ont disparu.
M. Chéry, pour plus de sûreté , a remis entre les mains de M. Bergez , commissaire de la Préfeeture-de-Police , chargé spécialement de la partie qui concerne ce genre d’affaires , un mémoire en date du 7 avril 1816, sous l’adresse de M. le préfet comte Angles , pour être recommandé par ce magistrat près M. Bellard, procureur-général du Roi. Son arrestation, ses prisons, son exil ne lui ont pas permis de suivre cette affaire.
Copendant les minutes existent et sont en régies.