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((‘empoisonne toute une vie et détruit, dans leur germe, « les plus beaux éléments d’avenir.» (°°)
Contre ces tentations, contre ces déchéances, il n’est qu’un remède: la certitude de bien savoir son méuex, accompagnée de la volonté fière de le bien faire, et de la couscience des valeurs morales que nous avons déjà exa minées précédemment. C’est un devoir envers la colicrtivité et un devoir envers soi-même.
En dehors de ces devoirs du médecin envers lc monde extra-médical, il existe aussi des devoirs de confraternité à l’intérieur même du corps médical. Ces devoirs, le Professeur Schüizenberger les définit dans un discours prononcé le 4 Juillet 1867 à la séance annuell» de la société de médecine de Strasbourg. D’abord il définit ainsi le mot confrère : (Les malfaiteurs de « toute espèce peuvent s’unir entre eux pour être plus « forts et pour atteindre plus sûrement leur but. Ce « n’est que par dérision qu'ils se donneraient le nom de « confrères. La haute moralité du but commun qui ere: « les liens de la solidarité est la source même, le prin « cipe et l’essence de la vraie confrateruité. Ce seii- « ment ne se développe que sous forme d’une branche « ennoblie, greffée sur le tronc commun de la fra'-r- « nité et de la solidarité humaine. On ne peut être cou- « frère qu’à la condition de travailler en commun à « une oeuvre de bienfaisance humanitaire. Ceux-là seuls « qui font profession de dévouement en vue d'assurer « à leurs semblables un bien moral, intellectuel ou ma- « tériel, se désignent légitimement entre eux de cette « noble appellation. Certes, elles n’appartient pas ex- « clusivement aux médecins; mais dans aucune profes- « sion le sentiment de la confraternité n’est plus indélé-
« bile.» (?1)
(21) «Fragments de philosophie médicale». (page 447).
Te LEE
Le fondement d’une telle confraternité, c’est, dit- «il, la commune conscience de la valeur et de la dignité « de rotre mission professionnelle, aussi bien que la « commune conscience de notre insuffisance individu- « elle. » (??) et son but, c’est que les médecins trouvent « précisément dans ces associations confraterneiles « le plus sûr des moyens de complèter les condi- « tions essentielles de leur dignité professionnelle. Ces « conditions se résument en peu de mots: capacité sct- « entifique et pratique, moralité, honorabilité. (*).
Car «d’individualisme n’engendre que trop souvent « l’orgueil, et les passions égoïstes se développent sans « frein et sans contre-poids dans l’isolement; le méde- « cin, sans contact avec ses confrères, est disposé à s’es- « timer trop et pas assez haut les autres. De là la ton- « dence au dénigrement et souvent à l’envie. C’est là, « Messieurs, il faut avoir le courage de le dire, le ver « rongeur de notre dignité professionnelle. C’est quand « les médecins ne s’honorent pas assez haut entre eux « que leur honorabilité périclite aussi dans le pu-
« blic. » (24).
Quelle sera la base pratique de cette coufraternité ? Cette solidarité consistera-t-elle en une sympathie garantie uniquement par la bonne volonté de chacun ? Non, il faut que, entre eux et vis-à-vis du monde extérieur, les médecins s'organisent, et s'organisent d’une façon solide, et même hiérarchique. Car il n’est pas question d’un lien purement moral. Le Professeur Schützenberger, qui n’est pas un rêveur, sait que la meilleure garantie de l’union morale est un lien extérieur d’autorité. Seulement la base de l’organisation doit être plus
(22) «Fragments de philosophie médicale». (page 448). (28) «Fragments de philosophie médicale». (page 456). (24) «Fragments de philosophie médicale». (page 457).