ET DE
la chaleur de leur coeur de quoi nous réchauffer, leur énergie n'est-elle pas coirmuuicztive, ei ieur commerce ne nous rend-il pas plus forts et plus volontaires ? Oui, il est bien évident que, si la seience d'aujourd'hui n’a plus rien à apprendre de la science d'il y a cinquante ans, les hommes de maintenant n’en ont que plus besoin de l’exemple de ceux d’auirefois; et il est de plus en plus indispensable à la jeunesse d’aujourd’hui de puiser dans les exemples des grands hommes de science la volonté et la résistance au doute qui esi pour elle une question de vie ou de mort. Or, elle devra les chercher, non seulement dans les oeuvres de ces hommes mais aussi dans leur vie, car il reste du passé, outre les leçons de méthode scientifique ei d’énergie et d’idéalisme professionnels, l’inexprimable et inestimable leçon d’une vie qui fut celle d’un homme, la leçon d’une vie droite, honnête et volontaire. C’est une telle vie, c’est un tel homme que nous aimons et voudrions faire aimer en Charies Schützenberger, professeur de clinique médicale à l’ancienne faculté de Strasbourg, sur lequel noire Maître, Monsieur le professeur CHAVIGNY, guidé par l’idée pieuse de réunir tout ce qui, au cours des siècles, touche à la faculté de médecine de Strasbourg, nous a engagé à écrire ces pages.
Nous voudrions donc dans ce qui suit esquisser d’abord la vie et la carrière du Professeur Schützenberger, puis retenir de ses oeuvres toutes les qualités BERGER, puis retenir de ses oeuvres toutes les qualités d'esprit et de méthode et toutes les valeurs morales qui peuvent aujourd’hui encore nous servir de leçon et de soutien. Et enfin, au delà de ce qui fait de lui un homme de science, ei au-delà de ce qui fait de lui un homme, nous voudrions décrire le citoyen courageux, profondément attaché à l'Alsace et à la France, dont la vie est un exemple de dévouement, non seulement à la
ae ee
science, mais encore à son pays et à l’intérêt commun — exemple qui ne peut, lui non plus, manquer d’être profitable et fécond.
C’est donc un homme dans le sens le plus plein du mot, et le plus beau, que nous voudrions honorer en Charles Schützeuberger, cest-à-dire un homme de science, un homme de coeur et un grand citoyen, un homme pour qui les mots: médecine, devoir professionnel et liberté avaient leur sens le plus plein; et nous verrons quelle qualité, dans ces trois domaines, a fait de lui ce qu'il a été; cette qualité c’est, n’en doutous point, celle dont nous avons, nous les jeunes, le besoin ie plus impérieux, celle qui ouvre toutes les portes et qui brise toutes les résistances: l’Energie. Non pas cette énergie vide qui est synonyme d’entêtement ou de dureté, mais l’énergie féconde, qui s'allie au contraire le mieux du monde à la douceur et à la bienveillance: sa vie et son oeuvre nous en fourniront les preuves.
Ua
S'AUVIE
Le nom des Schützenberger est bien connu et révéré à Strasbourg. Cette vieille famille bourgeoise et protestante d'Alsace a donné au pays des hommes distingués par leur intelligence et par leur dévouement au bien public.
Le frère aîné de Charles Schützenberge-r, Frédéric, ancien maire de Strasbourg et Député du Bas- Rhin à l’Assemblée législative, fut professeur de droit et publia en 1850 une étude, remarquable pour son époque, sur «es lois de l’Etat social.»
Un second frère, Louis, prit plus tard la succession de la Brasserie; Paul Schützenberger,un neuveu, illustra la chimie des colorants à l’Ecole Supérieure des Hautes Etudes à Paris, un autre enfin, compta parmi les peintres alsaciens de l’époque. :
Charles Schützenberger naquit à Strasbourg le ler Février 1809. Il était fils de Georges Schüizenberger, brasseur à la «Patrie» et de Madeleine Lemmermann. Son frère, cité plus haut, plus âgé de 10 ans, dirigea son éducation. Après de bonnes études au Gymnase protestant, il entra comme élève à l'Hôpital militaire d’Instruction, puis démissionna à la suite d’une injustice commise à son égard. (!) Après avoir obtenu la place d’aïde de clinique à la Faculté, il se vit conférer le titre de docteur en médecine en 1832. (2) A cette
(@) Dr. Faudel «Notice biographique sur le Dr. Schützenberger», (page 4).
(2) Thèse : Considérations physiologiques sur le poumon, appliquées
un N lésions dynamiques de cet organe. (30 juillet