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état le permit, on le transporia par voie d’eau sur un bâteau spécialement aménagé, jusqu’à son logement, situé rue des Veaux et donnant sur l’Iil, puis on le hissa dans sa chambre au moyen d’un treuil.
Ce malheur qui aurait brisé tant d’autres, ne fit chez ce volontaire qu’exaspérer l’énergie nécessaire pour surmonter les effets désastreux d’une immobilisation et de souffrances interminables. Il fut réduit ainsi à Îa réfiexion et son oeuvre nous montrera ce que nous devons à ces années de souffrance, car sans doute, jamais cet homme d’action n’aurait trouvé le temps de formuler aussi clairement les principes qui devaient guider son enseignement: c’est son infirmité même qui allait developper ses tendances philosophiques. Le jeune docteur : allant à 27 ans, après 4 ans seulement de ee à l’assaut d’une chaire et se mesurant avec Forgei éta mort.
En Schützenberger le penseur vint remplacer provisoirement le combattant.
Déjà il était arrivé à se soutenir et à marcher avec des béquilles, mais avant la fin de son supplice il devait encore subir une complication redoutable qui mit de nouveau sa vie en danger: un dépôt calculeux s'était formé peu à peu dans la vessie. L'opération fut pratiquée per Sedillot. On tenta d’abord la lithotripsie, puis on se vit obligé de recourir à la taille qui fut pratiquée avec succès complet.
Le Docteur Willemin dans son (Œloge du Prof.
Schützenberger», raconte cetie opération et montre quelle capacité de résistance avait le Dr. Schützenberger, a peine sorti du lit où pendant de longs mois il avait été cloué:(5) «Monsieur Sedillot, nouvellement arrivé à
(6) «Eloge du Prof Schützenberger» par le Docteur Willemin, président de la société de médecine de Strasbourg. Ce discours a été lu en 1882 à la séance générale par Monsieur le Docteur Herrenschmidt, vice-président de la Société.
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Strasbourg, lui pratiquait l’opération de la taille, ÿy assistai comme aide. Elle fut-plutôt laborieuse en raison de l’enchatonnement du calcul; le manque d’instruments suffisants obligea à faire deux séances prolongées chacune. On ne connaissait pas alors le chloroforimne. Vous savez tous de quels efforts était capable cette énersique nature, mais les stoïcisme a ses limites, et j’entends encore les cris que la torture arracha au patient.» Après deux ans de souffrance, son énergie rendit possible la reprise de ses consultations privées et de ses fonctions de «médecin de l’hôpital civil». Un tel courage devait être remarqué, en 1845 le ministre lui confia la nouvelle chaire de («pathologie interne et de clinique médicale» qui venait d’être créée à la Faculté de Strasbourg. On n’aurait certes pu choisir plus digne professeur. En 1854 la Légion d'Honneur vint consacrer cette estime.
Ce fut alors la période la plus active et aussi la plus belle, la plus heureuse de sa vie. E. Boeckel nous le décrit dans la «Gazette médicale de Strasbourg» : Pendant plus de 30 ans on put le voir tous les matins appuyé sur ses béquilles, aller pendant deux heures de ‘lit en lit, examinant les malades, questiionnant les élèves, assistant aux autopsies, montrant plus d’ardeur et de persévérance aux recherches scientifiques que beaucoup de jeunes gens qui l’entouraient. »
La Faculté se développait sous l’impulsion de ce grand travailleur qui se préoccupaït des progrès à réaliser pour établir à Strasbourg malgré l’insuffisance des ressources pécuniaires un centre d'instruction capable de rivaliser avec les puissantes Universités des Pays voisins. L’adjonction de l’Ecole militaire, l’ouverture de nombreux amphithéâtres, l’installation du Musée Anatomique à côté des services cliniques, la construction d’un nouveau bâtiment en face de l'Hôpital, pour les