AVANT-PROPOS
La mort du comte Charles Leopardi fut le signal en Italie d'innombrables publications sur Giacomo et sa famille. Etrange phénomène, unique peut-être dans les annales littéraires que cette avalanche d'écrits disparates et fantaisistes! Ils semblaient avoir été préparés dans l'ombre pour paraître tout à coup à la mort du dernier représentant de cette infortunée génération dont lé tort fut d'être sacrifiée à la prospérité de celle qui l'a suivie. Quelques écrivains de mérite, érudits et habiles, se sont mêlés à cette nuée de sauterelles littéraires qui sont venues fondre sur ces mémoires bénies. Je ne veux ici ni discuter les uns, ni démentir les autres; je me suis imposé une ligne que je suivrai sans m'arrêter. Annaliste du foyer, je raconterai au public intelligent et sensé l'histoire de la famille Leopardi, telle que je l'ai entendu raconter durant vingt aos par Charles, par Pauline (morte, hélas ! en 1869), et par la comtesse Hippolyte Hazzagalli, sœur de la première femme de Charles, avec laquelle j'ai vécu jusqu'à sa mort, arrivée en décembre 1878. Je n'ai d'autres archives que la mémoire du cœur^ d'autres documents que les souve-
nin trouvé* dans les pitpîcn 4e MûB nari. l«comie Charla : je nw HMaeU i'ax^aet aux tectilicaûni] qui neportcftMlqvBtfUaAiK.desIitmflda ■ppellalioDS. miia je ■• rénm rMibeoticilé «t U r«)ipoimbitit4 des a omitm ua otwix que je np- |H>rl« ici.
Ma tàcbe serait plus beile, ces pages laniNt plu» irintérét. iielleséuient accooipa^ées rfas précieux (locumenls que je possîrde, nuouscriU iiitéroHsaiiU et iostructi&que la modestie et la Hâeire (lu Churles uiit pu seules cacher ainsi à toutes les curioitit(^«. On y verrait ses études, ses pensées ptiiluHOiihiiiueM, sets extraits d'auteurs classiques, ■Odompogiiés de remarquables commentaires, st ooiTrNIioiiiliiiice complète avec sa première femme, cocrcupinitlnnco si touchante, si pleine d'intérêt et nui vin dos doux cAlés, les lettres qu'il m'a écrites plus iHi'd ii moi-m'^me et celles de sa famille. Tout cela pxinlo, iiiflin 110 verra te jour que selon l'accueil qui nern Init ("i colle véridlque histoire par le public d'iMilo (lour Iwiuol je l'écris.
Si iiiiui nVitirosl point d'accord avec les biograpliii'H |)liiN ou nioins spiriluelles et vraisemblables diiM illin'tnili-ur.i do (îiacomo, je n'en prendrai nul H i, ni'iMi r;i|)|>i)rl.iiit au mot de Ctcéron :
■ 0"<"l ii-riiiii, siiiii'lr.r stiicerumque est, id est fiiilHiir liii,iihii.t iiiriiiiiiiiodatissimum. » (DeOff, I.)