‹ Notes brèvesChapitre 18 sur 85 · UN PORTRAIT AMÉRICAIN DE LISZT ^J · texte numérisé non relu

UN PORTRAIT AMÉRICAIN DE LISZT ^J

inspirèrent plus d'une fois, ont eu sur « la musique de l'avenir », ou sur l'avenir de la musique, une très forte influence.

Sans parler de tout le reste de son œuvre, il n'est pas jusqu'aux fantaisies ou transcriptions de Liszt qui ne nous paraissent contenir une part d'invention, de génie personnel et nullement contraire, mais plutôt surajouté, pour ainsi dire, au génie original.

Et puis la grandeur du maître de Weimar n'est pas seulement dans sa musique. Elle apparaît dans ses actes et dans ses écrits, dans son caractère et dans son âme, dans le généreux et constant sacrifice qu'il fit de luimême à ceux-là — dont le plus grand fut Richard Wagner

— qu'il voulait exalter. C'était chez Liszt un besoin et un don de découvrir le mérite et de le proclamer. Sa longue vie s'écoula dans une sorte d'enquête esthétique, passionnée autant qu'infaillible. Critique sans pareil,

— et l'on voudrait, pour lui, donner au mot plus de grandeur, — à l'intelligence parfaite il joignit le parfait amour. Annonciateur de toute beauté, de toute gloire, prophète, précurseur, apôtre, ce maître admirable ne fut pas un moins admirable serviteur.

« Qui donc aidera Liszt? » Qui nous donnera la connaissance complète et définitive de son œuvre, ainsi que de sa vie ? Il y faudrait un orchestre. Nous en avons plusieurs. Il y faudrait un pianiste. Nous en avons un,

et c'est Risler qu'on le nomme. Il y faudrait un écrivain. Souhaitons de l'avoir un jour et que, tous ensemble, ils fassent revivre une des plus grandes, une des plus nobles figures de l'art musical et de l'art absolu, dans le siècle qui précéda le nôtre.

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